CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
sans doute, simplement juxtaposés à la périphérie du cheveu, avaient disparu, pour la majeure partie.
Quelques coupes, pratiquées transversalement à travers ces nodosités, ont rendu encore plus évidente l’intégrité du canal médullaire et des parties environnantes.
Les parties centrales de ces nodosités, vues sur une coupe transversale, sont formées par un stroma cellulaire semblable à celui qui recouvre leur périphérie et dans lequel on découvre quelques cavités en forme de conceptacles contenant quelques grosses cellules qui sembleraient être des thèques.
En de certains points de ces nodosités, et alors qu’on les examine de leur partie superficielle à leur partie profonde, sur un des cheveux simplement imprégnés dans la glycérine, on rencontre quelques espaces plus clairs, plus transparents, laissant deviner des cavités profondes, tranchantsur le fond brun de la nodosité, espaces qui ne seraient alors que ces mêmes conceptacles recouverts de la couche cellulaire polygonale dont il a déjà été fait mention.
M. Desenne ajoute que rien ne l’autorise à parler de leur déhiscence.
La Canitie sénile est un phénomène pathologique, mais elle peut se produire, suivant certains auteurs, sous l’influence d’émotions morales très vives. Ce fait est incontestable.
On peut voir quelquefois des poils qui, après avoir poussé blancs, poussent ensuite colorés, de sorte que l’on a une sorte'de tigrage du cheveu .
Une autre anomalie, c’est l’albinisme partiel; il est des individus qui présentent une mèche tranchant par sa blancheur sur la couleur foncée du reste de la chevelure. Cette disposition est souvent héréditaire.
DESCRIPTION Dü CHAMPIGNON DE L’ALOPECIE PITYRIASIQUE.
M. le docteur Malassez a étudié avec beaucoup de soin le champignon du Pityriasis simple. Avant de donner les altérations anatomiques des cheveux, nous rapporterons les conclusions du premier mémoire de ce consciencieux micrographe. Le pityriasis simple est une affection très vulgaire, c’est cette maladie qui cause la plupart des calvities précoces. Pour recueillir les pellicules, il suffit défaire peigner au peigne fin et brosser la tête du malade au-dessus d’une feuille de papier. Pour dégraisser les pellicules, il faut les laisser un jour ou deux dans l’éther, en ayant soin d’agiter de temps à autre, et de renouveler plusieurs fois le liquide. On reconnaît que l’opération est terminée lorsque l’éther, déposé dans un peu d’eau sur une lame porte-objet, ne laisse plus voir de granulations graisseuses.
Les pellicules, une fois dégraissées sont conservées dans de l’alcool, celles que l’on garde dans du papier, et sans être dégraissées, s’altèrent. Pour les étudier, on en porte quelques-unes de l’alcool sur la lame porte-objet ; on ajoute quelques gouttes d’eau filtrée pour les
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
laisser s’imbiber ; les plus épaisses doivent être dissociées avec les aiguilles, puis on recouvre avec la lamelle qu’on fixe avec de la paraffine.
Voici quelles sont les conclusions du premier mémoire de M. Malassez :
<c 1° Dans les quelques cas de pityriasis simple que j’ai examinés, j’ai toujours trouvé des champignons microscopiques;
2° Ces champignons sont uniquement constitués par des spores ; ils ne possèdent pas de traces de mycélium. Ces spores sont, en général, ovoïdes et bourgeonnantes, plus rarement sphériques. Elles sont très petites ; les plus grandes mesurent, en y comprenant le bourgeon, de 4 à 5 u. de longueur; les plus petites n’ont que 2 g. de long et larges en proportion. Elles sont formées par une enveloppe et un contenu. Quelques-unes sont vides et paraissent mortes. Elles se distinguent de celles de la pelade, en ce que ces dernières sont habituellement sphériques et plus volumineuses ; de celles des autres champignons connus, en ce que ces dernières possèdent des tùbes de mycélium ;
3° Les champignons du Pityriasis habitent la couche cornée de l’épiderme; ils pénètrent dans les follicules, mais sans arriver au niveau des glandes sébacées.
Ils sont ordinairement très abondants, mais leur abondance n’est pas proportionnelle à l’intensité du pityriasis. Us disparaissent lorsque le pityriasis guérit ;
4° Ils paraissent jouer, dans la pathogénie du pityriasis, le môme rôle que les autres parasites dans celles des affections cutanées, généralement considérées comme de nature parasitaire. Le pityriasis serait le produit et de l’action directe de ce champignon (phénomène d’ordre physique) et de la réaction de l’individu sous l’influence de la présence du parasite (phénomène d’ordre vital). »
Dans un second mémoire, M. Malassez a complété ses premières recherches en étudiant l’anatomie pathologique de l’alopécie pityriasique qui succède au pityriasis chronique du cuir chevelu. Nous passerons sous silence ce qui a trait aux altérations du cuir chevelu pour ne nous occuper que des cheveux et des follicules pileux (1).
Voici le résumé du mémoire de M. Malassez :
Alopécie au premier degré. — Pityriasis capitis et pilaris. — Destruction et dilatation de la partie sus-sébacée des follicules par les pellicules pityriasiques. Quelques follicules pileux vides de cheveux,, mais non encore sensiblement altérés.
Alopécie au deuxième degré. — 1° Hypertrophie concentrique et ascendante des parois folliculaires; naissance des cheveux de plus en plus loin de la papille, au milieu de cellules de la gaine externe ; diminution dans leur longueur et leur largeur ; perte de la moelle, diminution du pigment.
(1) Les cheveux, par suite de Uatrophie croissante des cavités folliculaires,