CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
2° Atrophie du derme, hypertrophie du tissu graisseux souscutané.
Alopécie au troisième degré. — Calvitie . — • 1° Oblitération ascendante d'un grand nombre de follicules pileux ainsi transformés en cordons fibreux lesquels se rétractent. Disparition de la membrane interne ; diminution croissante dans les dimensions des cheveux ; chute définitive d’un grand nombre ; atrophie de quelques glandes sébacées et de quelques muscles pileux ;
2° Atrophie croissante et aspect cicatriciel du derme ; augmentation du tissu graisseux sous-dermique ; développement des glandes sudoripares.
L’ordre dans lequel ces lésions se sont produites, les rapports évidents qui existent entre plusieurs d’entre elles, peuvent nous donner
diminuent peu à peu de longueur, leur bulbe se rapproche de plus en plus de la surface cutanée. En même temps et pour la même raison, leur diamètre devient de plus en plus petit. Voici au point de vue du diamètre des cheveux, les changements que M. Malassez a constatés dans ses différentes
préparations :
Maximum
Minimum
Alopécie 1er degré
— 2e degré
— 3e degré
Leur structure est également modifiée ; la couche épidermique persiste, mais la substance corticale perd plus ou moins son pigment, la moelle disparait et le bulbe change complètement d’aspect. Toutes ces modifications paraissent se produire à partir du moment où le cheveu n’est plus en rapport avec la papille ; elles sont très certainement la conséquence de ce départ. A l’état normal et tant que le cheveu est en rapport avec la papille, le cheveu naît de cet amas de jeunes cellules qui coiffe la papille et compose le bulbe. Les plus périphériques d’entre elles se transforment rapidement pour constituer la gaîne interne : couche externe d’abord, puis ensuite couche moyenne ou de Huxley et couche interne ou épidermique. — Les autres cellules font former le cheveu : épiderme substance corticale, substance médullaire; cette transformation se fait d’une façon très régulière.
Lorsque le cheveu a quitté la papille, il naît au milieu d’un amas de cellules appartenant à la gaîne externe. — Son extrémité bulbaire est ramifiée à la façon des racines d’un arbre ; cet aspect est très net sur les coupes colorés au picro-carminate, le bulbe et ses ramifications étant colorés en jaune vif et tranchant ainsi sur le fond rouge orangé de la masse cellulaire. — La formation des cellules du cheveu n’est plus régulière et localisée comme à l’état normal; les cellules qui doivent se transformer en cellules corticales ne sont plus réunies en un même point, elles sont disséminées au milieu des autres et leur transformation ne se fait plus simultanément. Les cheveux présentent parfois des renflements sur leur tige. — On trouve à ce niveau des fentes longitudinales, mais pas le champignon comme dans la tricophytie. — Ce sont des cassures indiquant une plus grande friabilité du tissu. Les cheveux en forme de pinceau que Ton observe fréquemment aussi ne sont que des cheveux brisés de cette façon. (Malassez, Avchiv. de Physiolog., 1874).
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
quelques explications sur la pathogénie de l’alopécie. Dans la théorie la plus généralement admise, la chute des cheveux résulte d'un défaut de nutrition par suite de l’atrophie delà papille ; lorsque cette atrophie est définitive, le cheveu ne se produit plus, et le follicule s’oblitère. Cette théorie n’est pas en rapport avec les faits que nous venons de passer en revue : il n’existe pas d’atrophie de la papille au début du moins ; le cheveu se produit encore alors qu’il n’est plus en rapport avec la papille ; sa chute définitive ne précède pas l’oblitération du follicule.
Le processus est tout autre, il se produit une irritation des parois folliculaires se manifestant par la chute des cheveux et l’hypertrophie des parois des follicules, et c’est cette hypertrophie qui amène l’oblitération de la cavité, la transformation fibreuse du follicule et consécutivement la chute définitive du cheveu (Malassez, krch. de physiolog ., 1874).
Coupes horizontales des cheveux.
On avait fondé, au point de vue anthropologique, des espérances assez sérieuses sur l’examen des coupes microscopiques pratiquées sur des cheveux ayant appartenu à des individus de différentes races. Nous tenons de source certaine que les résultats de très longues et de très patientes tentatives ont été très inconstants. Si dans une coupe pratiquée dans les cheveux d’un nègre on trouve des caractères différentiels assez nets, sur la tête d’un même individu on rencontrera également tous les intermédiaires, de telle sorte que l’observateur même le plus exercé, n’aura jamais entre les mains des éléments d’une détermination véritablement scientifique.
La coupe verticale des cheveux, dit Hager, donne des résultats différents et sa forme n’est pas caractéristique pour l’espèce de cheveux. Les cheveux d’un même individu peuvent donner une coupe ou ronde, ou ovale, ou triangulaire. Cette forme dépend entièrement de celle de l’ouverture à travers laquelle le cheveu a poussé.
Jusqu’à ces dernières années, c’était une opération très difficile que d’obtenir des coupes de cheveux parfaitement horizontales, mais grâce à l’emploi du collodion (Latteux), ou de la gélatine (Malassez), on obtient facilement ce résultat.