‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscope à l'histologie végétale, à la physiologieChapitre 470 sur 504 · CHAPITRE XXII. “ EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. “ EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS

Procédé de Latteux.

« Supposons que l’on veuille obtenir des coupes transversales de cheveux, on prend une plaque de verre et on dépose à l’une de ses extrémités une goutte de cire à cacheter, puis saisissant le cheveu dont on veut faire la coupe, on le fixe sur la cire en le faisant pénétrer au moyen d’une tige de fer ou d’une aiguille qu’on chauffe à la lampe. On fait de même pour un second et un troisième qu’on fixe les uns à côté des autres.

On prend ensuite un morceau de diachylon de la largeur de la plaque de verre et on l’applique à son extrémité opposée. L’adhérence a lieu facilement en appuyant avec la pulpe du doigt. On y dépose également une goutte de cire à cacheter et, reprenant chaque cheveu un à un, on le fixe avec la tige chauffée, par son autre extrémité, de façon à le faire adhérer à la bandelette de diachylon .

Chaque cheveu est disposé à côté de son voisin de façon qu’ils soient tous bien parallèles. Ils sont alors placés de la même manière que les cordes d'un violon. Il s’agit de les fixer dans un milieu suffisamment solide pour les maintenir tels qu’ils sont placés et de façon qu’ils ne puissent revenir sur eux-mêmes et devenir onduleux. Pour arriver à ce résultat nous avons essayé beaucoup de substances, mais aucune ne vaut le collodion. Voici comment on opère : les cheveux étant disposés de la façon décrite ci-dessus, on verse une couche de collodion entre les deux points où l’on a déposé les gouttes de cire. L’éther ne tarde pas à s’évaporer et il reste sur le verre une couche plus ou moins épaisse contenant les cheveux dans son épaisseur.

Il arrive quelquefois à ce moment, que les cheveux se détendent et deviennent flexueux. C’est alors qu’on détache le diachylon et le soulevant légèrement, on le fixe un peu plus loin en tirant sur les cheveux et en les tendant doucement.

On verse une nouvelle couche de collodion et on continue à opérer de la sorte jusqu’à ce qu’on ait une membrane d’un millimètre environ d’épaisseur.

On comprend que les cheveux seront disposés d’une manière tellement fixe qu’ils ne pourront aucunement bouger quelle que soit la manœuvre imprimée à la couche de collodion.

On la laisse bien sécher et on procède à la coupe de la façon suivante :

Bien qu’on puisse à la rigueur se servir du microtome ordinaire, nous préférons de beaucoup cependant l’instrument de Lelong, qui permet de maintenir plus solidement l’objet à sectionner.

On coupe dans la plaque de collodion contenant les cheveux un petit carré de un centimètre environ et on l’enferme entre une petite planchette de bois tendre et une plaque de moelle de sureau ; puis on fixe le tout entre les mors de la pince de façon que le système

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

dépasse un peu le bord du plan incliné, mais soit maintenu bien fixe et bien immobile.

On opère alors pour faire la coupe, comme s’il s’agissait d’un objet ordinaire et l’on comprend facilement que le rasoir qui appuie contre la plaque de bois, ne peut manquer de couper nets les cheveux puisqu'ils ne peuvent bouger ni dans un sens ni dans un autre, maintenus qu’ils sont par le collodion qui les entoure rigoureusement.

On est sûr de la sorte d’avoir des sections absolument perpendiculaires au grand axe de chacun.

On obtient par les coupes de petites lamelles de collodion renfermant dans leur épaisseur des tranches de cheveux. On les mouille alors dans la glycérine ou mieux dans le baume de Canada, mais dans ce dernier cas, il faut éviter de les mouiller avec de l’essence de girofle, qui dissoudrait le collodion et permettrait aux coupes de venues libres de se déplacer et de perdre leur position horizontale. »

Latteux, Technique microscopique , p. 239.

Il est du reste assez facile de voir si les coupes de cheveux sont parfaitement horizontales. Lorsque l’on déplace l’objectif avec lequel on examine une coupe de cheveux, celle-ci change de plan. Si les deux surfaces de section ne sont pas parfaitement perpendiculaires entre elles, on distingue deux images; la supérieure donne une image qui se projette sans se confondre avec l’image de la section la plus inférieure. Plus la coupe est oblique, plus les surfaces de section sont éloignées l’une de l’autre. Si, au contraire, les deux surfaces de section sont parfaitement perpendiculaires entre elles, on ne voit qu’une seule image horizontale, même en faisant varier le point.

Caractère des poils appartenant à quelques animaux et en particulier à ceux qui vivent auprès de l’iiomme.

Il est une foule de circonstances dans lesquelles il est de la plus haute importance de donner la preuve scientifique d’une erreur d’appréciation sur l’origine de poils trouvés soit sur des vêtements, soit sur des instruments. C’est ainsi qu’on a pris pour des cheveux humains, des poils de cheval qui adhéraient à un talon de botte, qu’on a confondu des poils de lapin avec des cheveux blancs, et que c’est grâce à l’intervention

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