CHAPITRE VI. — STRUCTURE DE LA RACINE
Telle est la structure de la racine dans la période primaire chez toutes les plantes vasculaires. Les différences que Ton observe consistent principalement dans le nombre des faisceaux ou rayons vasculaires et libériens qui forment le cylindre axile. Au nombre de deux (racines binaires) chez un grand nombre de Dicotylédonées : Gmdfères (Brassiea, liaphanus), Fumaria, Caryophy liées, Vitis^ Uriica, Ombellifëres {Anihrûcus cerefolium, Fœniculum^ Petroselinum sativunij Canon carviy Coriandi'ian^ Daucns, Pastinaca sativa^ etc. (Van Thiegem), Chenopodées (Beta airiplex, mirabilis), Centranthus et Volerimaj Tagetes erecta, on en trouve généralement quatre chez les Cucurbltacées, les Euphorbiacées (£up/tor6ta, Ricinus, Mercurialis^ Tropœolum majw), etc. Chez les Papilionacées leur nombre varie avec les espèces. Il y en a deux dans Lupinus varius, Trigonclla ; trois daos Pisum sativum, Orobus vemus. Vicia saliva, Medicago saiiva, Ervum Uns; quatre dans Phaseolus, Dolichos lignosus, Cicer arietinum; cinq, sept et même douze dans Vicia faba (Van Thiegem). D*après le même auteur, ce noni))re est également sujet à varier pour la même espèce dans divers Pins, où on en peut trouver de trois à sept.
Le nombre de ces parties vasculaires et libériennes (de 2 à 20 et même 50) varie également chez les Monocotylédonées et les Cryptogames. Parmi ces dernières, les petites racines sont généralement binaires {Cyatkea meduUaris), Les grosses racines présentent 3 ou 4 kffles Tasculaires et même jusqu'à 15 et 20 dans les racines volumineuses de Marattia et d!Angiopteris (Van Thiegem) .
Mmmm rMs«»ipèBe (flg. 110, m, r). — Les fonctions propres à la zone rhizogène établissent un premier caractère distinctif qui sépare complètement les racines des Cryptogames de celles des Phanérogames (Van Thiegem). Chez les Phanérogames, en effet, c*est cette assise qui devient le point de départ deia formation des radicelles. Les groupes de cellules génératrices sont alors généralement placés en face des faisceaux ou rayons Tasculaires (i). Chez les Cryptogames, au contraire, cette assise reste inactive ou même manque totalement (Prêles), et c*esi Tendoderme qui produit les radicelles (Fougères, Marsi-
(1) H. Van Thiegem cite cependant qnelques exceptions à cette règle: chez les Graminées, d'une part, la membrane rhizogène s'interrompt d'une îàçan régaiière en face des vaisseaux, de sorte que les radicelles se prodiLiseni en f^ice des faisceaux libériens. D'autre part, chez les Ombellifères et les Araliacées, la membrane rhizogène est creusée en face des faisceaux Ta&colaires et des faisceaux libériens par des canaux sécréteurs qui empêchent la formation des radicelles. Celles-ci naissent alors entre les parties Ubérienne et vasculaire. Chez le Pittosporum, enfin, elles naissent en face des fsiseeaiiz libériens, la zone rhizogène étant interrompue en dehors des fatsceanz Tasculaires par on arc de canaux sécréteurs.
252 GUIDE DE MICROGRAPOIE.
Hacées). Chez les Prêles, Tendoderme caractérisé par les parois plissées de ses cellules forme l'aTant-demière couche do parenchyme cortical, il joue uniquement un rôle de protection, et c*est une assise plus interne qui engendre les radicelles. Mais dans aucun cas, chez les Cryptogames (i), la membrane rhizogëne ou péricambium n'intervient dans la formation des radicelles.
Si maintenant on examine l'orientation des faisceaux des radicelles relativement aux faisceaux de la racine principale, on trouvera une nouvelle différence caractéristique entre les Cryptogames et les Phanérogames. Chez les Ciyptoeame<. quand la structure de la radicelle est binaire, le plan de st> faisceaux est toujours en croix avec Taxe de la racine mère. Chez les Phanérogames, au contraire, le plan des faisceaui de la radicelle passe par Taxe de la racine mère.
Le mode d'origine et Torientation des faisceaux des radicelles fournissent donc des caractères distinctifs très nets entre les racines des Cryptogames et celles des Phanérogames Quant aux caractères distinctifs entre les racines des Monocotylédonées et celles desDicotylédonées, ils sont essentiellement fournis par l'apparition de productions secondaires chez ce< dernières, productions qui altèrent profondément leur structure primitive et qui déterminent souvent un accroissement considérable en épaisseur. Chez les Monocotylédonées. au contraire, la racine ne s'épaissit pas, et cohserve ses premier^ caractères de structure (il en est de même chez les Cryptogames). Les seules modifications consistent dans l'épaississe ment fréquent des parois radiales et internes des cellules d< l'endoderme ou couche protectrice (fig. 112), dans la forma tion d'un hypoderme ou d'une couche subéreuse à la pén phérie du parenchyme cortical, enfin dans des dégradations d^ structure qui arrivent même, dans les cas extrêmes (Ia/w»' m, Lemmacées), jusqu'à faire disparaître le faisceau vascu taire axile, dont la place est occupée par une grande lacune
PÉRIODE SECONDAIRE dans le développement des racines des Dk^y tylédonées. — A la période primaire^ avons-nous dit, succcd
(\) Let Lycopodiacëes et les Ophiogloisées ne produisent eeUci latérales. Elles se ramlflent par dichotomie.
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