ALTÉRATION DES GLOBULES BLANCS
Nous ne pouvons comprendre sous ce nom, les nombreu^'*'^ variations numériques des globules blancs, dans divers état^ pathologiques, dont le plus typique est la leucocythémie. D. • ^
celte affeciioD, le nombre des globales blancs est considérablement augmenté, et le sang peut prendre un aspect presque laiteux. Dans un cas observé par MM. Gornil et Ranyier^ le nombre des globules blancs, dépassait celui des globules roQges. Quand on examine une préparation de sang leucémique, sans y agouter d*eau, on voit les globules blancs, sous la forme de corpuscules granuleux, dont la dimension varie entre 7 et 12^ ; après addition d'eau, ces globules se gonflent, de- Tiennent plus transparents, et Ton distingue dans les uns tantôt un seul noyau, tantôt deux, quelquefois plus (Gomik et Ranvîer).
La seule altération proprement dite, qui ait été observée dans les globules blancs est la dégénérescence graisseuse loederholm). MM. Gharcot et Yulpian ont également observé dans un cas de leucocythose, que les globules blancs étaient infiltrés de granulations, à bords réfringents, ne se dissolvant pas dans l'acide acétique (Duval et Lereboullet) (i).
§ iO« CRISTAUX DE CHOLESTÉRINB DANS LE 8 ANC.
Voy. Cholestérine.
'1 . « Le Journal de médecine et de chirurgie pratiques ^ de novembre 1878, rapporte, d'après le New-Oriean* médical Journal, les constatations faites par - D' J. Jones, an sujet de taches de sang. 11 s'agissait d'un meurtre commis «ar un Tieillard, au moyen d'un instrument contondant, qui avait amené •iiif fracture du cr&ne, avec perte de sang considérable. Le coupable sup- ;>•<>•} fm arrêté, portant sur ses vêtements des taches qu'il prétendait être* produites par de la peinture. Les pièces du vêtement furent envoyées au D' Jones, qui les examina au microscope et constata tout d'abord, que ces ' tches étaient bien constituées par du sang humain ; mais, de plus, il crut i»'\f>ïr préciser et annoncer, que le sang provenait d'un sujet qui avait eu rercmment, ou qui avait encore au moment du meurtre, des atteintes d^; . taUria. Il se fondait pour cela surtout, sur la grande quantité de globules (f'.n<-» qu'on y rencontrait. Le D'' Jones, appelé devant la cour, donna une ':• monstration évidente de ce qu'il annonçait. Or l'enquête prouva, par de ■rimbreax témoignages, que le vieillard assassiné, avait à Tépoque du T.ATirtre, des accès de fièvre intermittente. Aussi la conviction des juges jt-eU** complète. L'accusé dont les vêtements portaient des taches de sang, • •nvaincu de son crime, fut condamné k la peine capitale. »
<>ette opinion est évidemment exagérée, car le vieillard en question aurait OQ avoir, dans son système sanguin, une grande quantité de globules blancs, •"Kifl 1 influence de divers états pathologiques complètement différents.
378 GUIDE DE MICROGRAPaiB.
§ If . INFUSOIRES CONTENUS DANS LE SANG.
Dans certaines maladies inreclieuses, spontanées ou provoquées, et même dans certains empoisonnements, on a constata depuis longtemps la présence dMnfusoires filiformes (1).
Le rôle joué par les infusoires dans ces affections, n'a pa> encore été très bien déterminé et Ton a beaucoup agité h question de savoir, si ces éléments sont la cause ou Teffet do la maladie, et sMls peuvent reproduire par introduction dans un organisme vivant, un milieu septicémique, semblable à celui dans lequel ils se sont développés.
Pour certains auteurs, les Bactéries ne seraient que des témoins d'un état putride, sans pouvoir servir à le caractériser.
Cependant quelques observations prouvent que ces infusoires, lorsqu'ils apparaissent, produisent en raison de Texcrcice de leurs fonctions vitales, des troubles considérables dans Thématose. M. Pasteur a fait sur ces différents points de la science des recherches très approfondies, dont les résultai^ n'ont pas encore jusqu'ici force de loi.
Pour faire avec succès Texamen de ces infusoires, il faut m? servir d'un grossissement assez considérable, 500 D. emiron ; souvent même, il est nécessaire de se servir d'objectifs à immersion (Duval et Lereboullet) et l'on est forcé de recourir à l'emploi de divers réactifs pour les caractériser.
D'après M. Davaine, {Art. Bâcleriez Dict, Dechambre) il e5>t nécessaire pour distinguer les vibrioniens, de corps filamenteux ou de cristaux en aiguilles, de les soumettre àcertains réactif>. L'acide sulfurique et la potasse caustique ne détruisent pa^ immédiatement les vibrioniens ; ces filaments p&lissent^ ma.^ ils résistent longtemps, quelquefois indéfiniment, à leur action. L'iode les jaunit et les rend plus apparents. Leur mort déterminée par un changement de milieu, par une température éî-*vée, amène en peu de temps leur destruction. Suivant le con^ donné par MM. Duval et Lereboullet, on peut pour rendre ]*<•' servation plus facile, additionner le liquide d'une goutte i!.carmin ou de fuschine. 11 faut bien se garder de confondre L^
(I) Dans rcmpoisonncment par la cyclamine on trouve dana le »ang ugrande quantito de vibrions.
Tibrioniens avec des granulations élémentaires ^ que Ton rencoDtre parfois dans le sang, et qui ne sont que le résultat de la destruction plus ou moins complète soit des éléments du sang, soit de certains tissus (Duval et LerebouUet).
daMiAmtioB des iribrioBiens. — Yoici d'après M. Davaine la classification des Vibrioniens(l) :
Rlamenu droit» ou inlléchi». | »^' *7"*f"' , ( J-^gî^^f ••• Bacterium
f spontanément { flexués. . . . Vibrio
mais non tournés en hélice immobiles Bacteridium
Kilaments tournes en hélice Spirillum
I. CSemre Bactérie. — Corps filiforme raide, devenant plus 00 moins distinctement articulé, par suite d*une division spontanée imparfaite ; mouvement vacillant non ondulatoire ;Dajardin).
B. termOy apparaît au bout de fort peu de temps dans les matières végétales ou animales en putréfaction. D'après M. Pasteur, ce vibrionien vivrait en absorbant l'oxygène des snbstances avec lesquelles il est en contact.
B. Catenula, B. chaînette, ainsi nommé, parce que les filaments filiformes et cylindriques qui le forment, sont souvent assemblés par trois, quatre ou cinq. On le trouve chez les malades atteints de la fièvre typhoïde et dans certaines infusions fétides.
B. PtUredinis. B. de la pourriture (Davaine), se présentent sous trois états différents. Les bactéries de la pourriture peuvent être desséchées sans périr, elles gardent alors leur vitalité pendant plusieurs mois. M. Davaine a fait, au sujet de cette bactérie, des observations fort curieuses que nous allons rap porter : elles déterminent dans les plantes une pourriture ordinairement plus humide que celle qui est causée par le mycélium du champignon ; quelquefois ce sont des ulcérations sèches.
La pourriture débute généralement par la racine et envahit ensuite toute la plante. M. Davaine Ta observée dans des végétaux à parenchyme très tendre, comme la balsamine et dans les plantes grasses trop fortement arrosées. Elle peut se trans-
m; Voir sur le môme sujet les renseignements donnés p. 398 et suivantes Première partie).
:<S0 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
mettre par inomlnlion, aux tiges et ans feuilles d'un graml nombre de ces ])IanLes. Cette pourriture est arrêtée par l'e^p^tsilion du v6f,'élal envjihi, à une lonnpératurc de 5i° cpiîI, à .").")" cenl. (l)cuiu-(Hip de plantes grasses peuvent. miIv^itiI
M. Davaiiio.supporlercetlo tenipéraliifo sin- en èlre allT'ive- . 1..- Ilari.-nn,,, /„.lr,-ll„/s clian.u'f (h- Un-niti sni\;inl le v.'-,'li! -'lrlc'((ldilsV^ld.'volMp|>,■■.
11. Ui-nre Vihri»». —CnL'ps lilil'nrtno plil<^ i>li nluins ili-liiK'-
>u>re[ilil)le d'un niouvenu'nl lunfDhiloirf rnninie un siTpnit (l)ujardin-.
\,l,ri., Ihu-uin — Vjltn.iii Hun.!,. Miillur.. rnrps r> lin^iri <[urj. un iii'ii niifli^ an milieu, d.'iix yn\ Irois fois plus l.m> i|iu' l:irL'<-. ;i<s('rnlii(''s par deux ou trois, en nue li^ue tr^
iiillc\ii>ii,. ihi li's a rcuronlri'B dans dos infu>ii>nB M-t:''!-'''"' :uri>i cp„■,l^,n-lepu^ de- rliiinrre, de la verge et de la xih.-
IV',,.,, n,..,,,!,, Aljill,.,.), — Viluinii Hugule, t;orpsdiapb.iiK-.
CflAP. IX. — DU SANG AU POINT DE VUE MICROSCOPIQUE. 381
en fils alternativement droits ou flexueux de cinq à huit inflexions se mouvant avec vivacité en ondulant ou en serpentant; a été trouvé dans les matières intestinales de l'homme Leeuwenhoeck) et dans les déjections des cholériques (Pouohet).
On trouve le Vibrion baguette (Vibno bacillui) dans la matière blanche qui s'amasse autour des dents (Leeuwenhoeck), ainsi que dans les intestins de différents mammifères (Davaine).
LeVibrionlactique (4) (Pasteur), en raison de son importance ^era décrit à l'article Lait. Si nous avons donné ici la description très succincte, de quelques vibrions autres que ceux que 1 on rencontre dans le sang, c'est dans le but de conserver à ce • hapitre si spécial des vibrioniens, plus d'homogénéité.
m. Cieart» Bactérldie (Davaine) Bactertdium — Corps filiforme, droit ou infléchi, plus ou moins distinctement articulé, par suite d'une division spontanée imparfaite, toujours immo -
iMie.
1. Baciéridie charbonneuse (Davaine). — Filaments droits, îoides, cylindriques, quelquefois composés de deux, trois et 1res rarement quatre segments, offrant alors des inflexions à
Fi g. 221. — Sang charbonneux.
tugles obtus, en rapport avec les articles ; très minces relative- (leni à la longueur. Dans la pustule maligne, les filaments impies ont jusqu'à O'^^jOi de longueur, dans le sang des gros aisseaux ; ils sont ordinairement courts et atteignent leurs >lu8 grandes dimensions dans la rate.
On peut distinguer les Bactéridies, des cristaux en aiguilles