V. p. aOO. Première partie
382 GUIDE DS MICROGRAPHIE.
par leur résistance à Taction de la potasse caustique et de l'acide sulfurique; on les distingue des vibrioniens qui se formenl dans le sang putréfié, à ce que ceux-ci sont doués de mouTements spontanés ; en outre, les Bacléridies charbonneuses se détruisent par la putréfaction. Les Bactéridies existent principalement dans les vaisseaux capillaires, surtout dans ceux du foie et de la rate. Elles semblent quelquefois rares dans le sang du cœur, mais on les trouve alors en grande quantité, dans des concrétions fibrineuses placées le plus souvent entre les colonnes charnues ou dans les oreillettes. Elles se développent aussi dans le corps muqueux de la peau de rhomme, constituant la pustule maligne (1;.
M. Davaine a également décrit les Bactéridies intestinale» (Y. iMatières fécales).
lY. Genre splrlllnm (Ëhrenberg). — Corps filiforme contourné en hélice non extensible, quoique contractile (Dujardin).
L'article de M. Davaine contient sur ce genre des détails fort intéressants ; nous y renvoyons le lecteur qui voudrait deplQ> amples développements sur ce sujet.
Nous ne voulons pas davantage entrer dans Texamen du rôle physiologique des Yibrioniens : ce serait d'abord sortir du cadre de cet ouvrage, et de plus on peut dire que cette question est encore à Tétude. Des conclusions différentes sont chaque jour fournies par des hommes émincnts, et il nous parait sage d'attendre que Taccord se fasse sur ces questions si dil&ciles et si importantes.
§ 12. HÉMATOZOAIRES DE L'hOMME.
Tout ce qui suit a été emprunté au bel ouvrage de M. Djvaine, qu'il faut toujours consulter chaque fois que l'on ve*.: déterminer les parasites de l'homme ou ceux des animaux f
On ne connaît pas en Europe d'entozoaire qui fasse son >'
(1) Voir Bulletin de C Académie de médecine, GommaoîcatioiM de MU. P-^* tcur et Colin. Séance du 30 avril 1878.
(2) Traité des entozoaires et des maladies vermineuset de i*hommf et ' • animaux domestiques, par C. Davaine. Paris, 1877.
joar normal dans le sang de rhotnme, mais en Egypte on aHrès souvent constaté, 117 fois sur 363 autopsies, la présence d'un ver du genre dislome que Ton rencontre fréquemment dans les vaisseaux des organes abdominaux.
Nous devons faire ici une remarque générale, à propos des
hématozoaires, nous parlerons souvent de leur présence et de
l'apparition de leurs œufs dans Turine. Il nous a semblé plus
naturel de signaler au moins ces faits dans ce chapitre plutôt
que de les reporter à l'article Urine. C'est ainsi que les œufs
du distome hœmatobiey se rencontrent souvent dans Turine des
sujets qui portent ce parasite (Y. la description dans Davaine,
p. 319, et chapitre des Parasites). Ce n'est pas impunément,
que la vessie peut renfermer de ces œufs. On les a vus, en
effet, constituer le noyau de graviers ou de pierres, dont les
'ouches extérieures sont formées d'acide urique. Ces graviers
se rencontrent dans les reins, dans l'uretère et dans la vessie.
Lorsqu'on se trouvera en présence d'une hématurie, ou de
ajmpiômes du côté des reins et de la vessie dont on n'aura
pas Texplication, il sera prudent de rechercher la présence des
ovules du distome haemaiobie, soit dans les urines, soit dans les
matières fécales (1).
Le disiome hépatique^ ainsi que cela a été démontré par quelques observations concluantes, peut être rencontré acciden- Utilement dans les vaisseaux sanguins de l'homme. Quelquefois, ces distomes, comme l'a observé M. Davaine, entraînés par le torrent circulatoire, sont arrêtés dans les capillaires, soit à la tête, soit aux pieds. Leur présence détermine l'apparition d'une petite tumeur, formée selon toute apparence, par ranimai lui-même gorgé de sang, ou par des caillots sanfrnjns (T. Parasites).
Les états intermédiaires de ces parasites peuvent également ^e rencontrer dans les divers liquides de l'économie.
On a également constaté la présence dans l'Inde, d'Hémato- 'oa/res nématoîdeSy existant soit dans le sang, soit dans l'urine, t ditfërents états de développement. Ces parasites produisent
l; Outre rhématurie simple, accompagnée ou non de gravelle urique, le i^u^me liematobie donne lieu également & Turine chyleuse ou albumino-
384 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
des désordres plus ou moins graves. Le D' Lewis qui les a découverts leur a imposé le nom de FUaria sanguinù kominis (fig. 222) : mais, d*après M. Davaine (hc. cit., p. 9i9), aucun des caractères de ces helminthes, ne prouve qu'ils appartiennent aux
Fig. îii. — Filaria tanguinis hominis.
Filariens. Ces entozoaires, d'après Lewis, ont la forme de peliU serpents, qui s'agitent vivement sans avancer, parmi les corpuscules sanguins. Leur corps est cylindrique, très long et trc^ aminci à l'extrémité postérieure.
Particularité digne de remarque, ces vers sonl enveloppé^ dans un tube très délicat, fermé aux deux bouts, dans Tinterieur duquel ils peuvent s'allonger et se rétracter, même jus- <iu'à la moitié de leur longueur. Ce tube, parfaitement trans> parent, dépourvu de structure apparente, ne se distingue du liquide ambiant que par sa réfringence.
Ces parasites sont très communs chez les animaux dome"^tiques. Nous renvoyons à l'ouvrage de M. Davaine, qui en a fait une étude complète.
§ 13. DKS GLOBULES DANS DIFFÉRENTES ESPÈCES AMMALKS. I
Les notions qui vont suivre ont une grande utilité, au p<^»ir *i de vue de la détermination de l'origine des globules sanguin ^ En médecine légale, il est de la plus haute importance de s^^ voir, si, par exemple, une tache de sang provient d'un mam u^ . l'ère ou d'un oiseau. Ce n'est pas que les globules du sang cl>^* i les mammifères ne présentent pas des caractères distinc t :~^ faciles à constater à l'état frais, mais il faudrait bien se gar^l • - 1 de se contenter de la mensuration des globules pour conclura , parce que, ainsi que nous l'aTons vu, sous des influence^^ 4*:j
CUtP. IX- — DU SANG AU POINT DB VUE HICROSCOPIQUR. 385 verses, les globules sanguins peuvent affecter des formes difréreotes. Leur facile altérabilité au contact des liquides, de l'air, doit rendre l'observateur très circonspect.
Cbez presque tous les œaaiiQifères, les globules sanguins KDt circulaires ; les cbameaux et les lamas font exception à cette règle, car leurs globules sanguins sont elliptiques. Leurs dioaensioQS sont très variables. Cbez quelques animaux, tels que le chien et le lapin, il y a peu de différence avec les glo-
jiiks rouges de l'homme, et leur diamètre esl égal environ i .'. de millimètre; cbez la cb^v^e, ils n'ont plus qu'un ^ do :>:.limètre; enlîn chez le chevrotain ils n'atteignent plus qu'enirno îli de millimèlre (Milne-Edwards). Voici d'après Kœl- Ler, le chiffre exact de quelques mensurations.
Chtmem et Itma (elliptiqaej
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3S6 GUID8 DIE MICROGRAPHIE.
HoQton ^,0
Chèvre *M
Cochon d'Inde ï|i,>
Elarement les corpuscules sanguins sont plus gros que cem de l'homme, cependant, ceux de l'élépbant mesurent 9|x,4.
Les globules sanguins des oiseaux sont elliptiques, et aiuDi> d'un noyau arrondi. Ils ont de 12 à 14^ de longueur; 6.3 à 8,ude laideur (flg. 224).
Les globules sanguins des poissons sont (gaiement elMpii-
Fig. î!4. — Globula tugniit d» pouwni.
ques et ont un noyau (flg. 224). Us sont plus volumineui qut ceux des oiseaux. Ils ont en général de 13-17(t de longneui. ceux des Plagiostomes, mesurent de 23 à 33|i; ceux des Lè^-doriens ont 41|x en longueur et 29 en laideur.
C'est chez les Amphibies nus et les reptiles, que l'on rencontre les globules les plus gros. Ils ont de 15 ft 58(1 en longneu-. et renrerment des noyaux sphériques et elliptiques (Knlliker Les globules de la grenouille ont de 31 & Hy. de longueur se: 55(ii de largeur. Le TrUon eristatut 29(i de longueur >a." 19i« de largeur ; Salamandre 37|x de longueur sur 23(^8 <i« laideur. Le Proteta angui'neui a des globules énormes, puisqu'ils mesurent 58(1 de longueur, sur 35)1 de largeur.
MUP. II. — DU SANG AU POINT DE VUE MICROSCOPIQUE. 381 Les globules sanguÎDsdes invertébrés ressemblent aux gto-
^'iIk blancs des animaux supérieurs et sont presque toujours
incolores.
g ti, DU SANG EITBAVASÉ.
Lorsque le sang, par une cause quelconque, a été rejeté 'D dehors de la circulatiou, ses principaux éléments subissent des modifications, plus ou moins profondes, suivant lae le sang chassé des vaisseaux, est resté emprisonné dans !(s organas et soustrait à l'action de l'air, ou suivant qu'il 1 été répandu au dehors. Nous plaçant dans la première hn*othËse, nous allons rapidement étudier les altéra- Dfins que l'on rencontre le plus souvent. Nous avons vu 'ine la ptasmine se dédoublait et qu'il y avait Tormation 'l'on caillot. Suivant que cette coagulation s'est accomplie i^K lenteur ou avec rapidité, le caillot présente un aspect ■lifférent. Dans le premier cas, en vertu de leur poids spécifllue, les globules du sang ont gagné la partie la plus déclive de la 'mlé qui les renferme, et la Qbrine, en se rétractant, n'en a rttenu que peu ou point. Si, au contraire, cette coagulaUon ^'est elfectuée rapidement, la fibrine a emprisonné les globules.
38S GUIOK DK MICROGRAPHIE.
Gomme le fait observer M. Robin, le caillot, ferme dans le premier cas, est mou dans le second ; parce 'qu'alors il y a plus de globules que de fibrine.
Nous avons vu quels pétaient le^ caractères présentés par la fibrine dans les caillots, mais lorsque le coaguliim sanguin s*est formé au contact des parois d*une veine enflammée, la fibrine ne présente plus Tétat fibrillaire, elle prend alors l'aspect grenu, et tend à se ramollir plus rapidement que lorsqu'elle est à rélat strié (Robin). Cette grande facilité de ramollissement, a pu faire croire à la présence du pus dans les caillots. L'examen microscopique démontrera que Ton a sous les yeux de la fibrine réduite à Télat de granulations moléculaires, en suspension dans le liquide. C'est ce que M. Robin appelle le pseudo-pus fibrineux. Quand on trouve des leucocytes dans ces conditions, c'est qu'ils préexistaient dans la veine, dans le cas de phébile par exemple, et qu i:> ont été emprisonnés par la fibrine.
Nous avons vu que, dans le cas de formation lente du caillot, la fibrine n'emprisonnait pas les globules, et qu'on avait alors des caillots incolores ; toutefois, il est important de savoir qu'un coagulum formé dans des conditions différentt^ pourrait à la longue devenir également incolore, par la résorption lente des hématies (Robin).
Quand le sang a séjourné dans une cavité close, il ne tarde pas à prendre une coloration rouge-groseille (Robin). Les hématies se sont ramollies, et leur oxygène a été remplacé pa' de l'acide carbonique. Elles ont perdu la forme de disque H ont pris l'aspect sphérique. Le caillot tend alors à revêtir un^* coloration se rapprochant de la couleur de la rouille, et ensuite une coloration jaunâtre, analogue à celle de Tocre. Le> changements de coloration, dit M. Robin, sont la conséquence d'un commencement de séparation de Vhématosine des globules (Y. plus loin les détails que nous donnons sur la composition chimique de la matière colorante du sang) ; on trouva même des granules d'hématosine, arrondis ou ovoïdes, qui sont épars entre les fibrilles du caillot, et pénètrent même dans les éléments des tissus ambiants.
La fibrine persiste plus ou moins longtemps, suivant le
CBIP. IX. — DU SAHG AU POINT DE VUE MICROSCOPIQUE. 380 milieu qui la renrerme. C'est ainsi que la fibrine et les hématies disparaissent rapidement dans le tissu de l'ovaire, tandis
/•Té"
lltwuii*. — t. Tétnudrc du eooligu d lidr. -
qoe dans le cerveau, les hématies s'étant rapideifient résorbées, la Sbrine peut conserver pendant dix-buit mois au moins, son aspect flbrillaire.
Afanl d'étudier maintenant comment on pourra reconnalire la présence du sang épancbé bors de l'économie et adhé-
rant soit à des vêtements, soit à tout autre objet, nous devons rappeler en peu de mots quelle est la constitution chimique du globule sanguin.
L'hémoglobine ou hématocristalline constitue la matière :olorante du globule sanguin ; suivant que ce corps a été relire lu sang d'espèces animales différentes, il présente des variétés
390 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
dans.Ia forme cristalline. Par sa composition, Thémoglobinc se rapproche des matières albuminoïdes, mais elle s*en écarte par le fer qu'elle contient et par la facilité avec laquelle c\U cristallise. Lorsque, placée dans les conditions que nous avon>
ir M
Fig. 2i9. — HématocristaHine (cochon Fig. 230. — Uéuiatocrifttallîne (écurc^ I ■
d'Inde). Tétraèdres. Plaques beiaédriqoei.
examinées précédemment, Thémoglobine se décompose, elle donne naissance à une substance albuminoïde que Ton appelle hématine.
Les cristaux d'hémoglobine sont colorés en rouge et appartiennent au système rhombique. Il y a une exception pour les cristaux provenant du sang de Técureuil, qui appartiennent au système hexagonal (Gorup-Besanez). L'hémoglobine est soluble dans Teau, mais sa solubilité varie muvant les espèces de sang dont elle a été extraite. Les cristaux d'hémoglobine, provenant du sang humain, sont parmi Icr> plus solubles; ceux extraits du sang du cobaye le sont for: peu.
Les solutions aqueuses d'hémoglobine, se décomposent trè^ facilement au-dessus de 0*".
L'hémoglobine est soluble dans les alcalis et dans les carbonates alcalins très étendus. L'ammoniaque en soluliua très étendue la dissout également. D'après le Iraducteor de Gorup-Bcsanez, le docteur L. Gautier, les cristaux d'hémoglobine sont solubles dans l'urine normale, dans les solatiuc^ albumineuses très étendues, dans les liquides séreux, dao» U bilo, dans la glycérine aqueuse et dans certains sels neutre»
CMAP. IX. — DO SANG AU POINT DE VUE MICROSCOPIQUE. 39i
ils sont insolubles dans Talcool, Véther, la benzine, les huiles grasses, dans le chloroforme, dans Talcool amylique et dans le sulfure de carbone. Ils peuvent se conserver longtemps dans Talcool absolu, sans changer notablement de forme ; mais perdent leur couleur, leur éclat et leur pouvoir bi-réfringent (L. Gautier).
D'après Preyer (V. Gorup-Besanez, p. 106), pour obtenir rapidemeni des cristaux d'hémoglobine, afin de les soumettre à lezamen microscopique, on mélange quelques centimètres cubes de sang déiibriné, avec une quantité d'eau suffisante, pour que le mélange donne une solution limpide, souvent une goutte de celle-ci, recouverte par le couvre-objet, fournit immédiatement, en Tévaporant à froid, des cristaux d'hémoglobine. Dans le cas contraire, on ajoute à la dissolution environ i/4 de son volume d*alcool, et Ton place le mélange dans une capsule de platine ou d'argent, contenant un mélange, réfrigérant.
Ce serait sortir de notre cadre que de parler des propriétés optiques de l'hémoglobine. Nos lecteurs savent quel parti on a tiré pour la détermination du sang, de la propriété que possède rhémoglobine de fixer l'oxygène,. et de donner ainsi un spectre particulier. Nous renvoyons aux traités de physique et de chimie biologique, pour tout ce qui concerne cette question.
On a trouvé des cristaux d'hémoglobine dans le tube intestinal de certains animaux qui se nourrissent de sang, et en particulier dans celui de la sangsue (Rouget). On en avait déduit, en ce qui regarde la sangsue, que, d'après les caractères différents, revêtus par les cristaux d'hémoglobine, on pourrait reconnaître l'espèce animale sur laquelle la sangsue avait vécu. Mais, d'après M. Vaillant, cette détermination serait plus que problématique, en raison du temps considérable que les sangsues mettent à éliminer le sang qu'elles ont absorbé.
L^hématine est un produit de décomposition de l'hémoglobine, dont elle diffère par l'absence de globuline. Elle est considérée comme la matière colorante propre du sang. L'hématine diffère encore de Ihémoglobine par ses qualités optiques, et Fon a mis cette précieuse propriété à profit, pour déterminer
392 GUIDE DB MICROGRAPHIE.
Tezistence de petites quantités de sang, altéré ou ancien. L*hématine se forme spontanément dans le sang épanché arcidentellement dans les tissus. On en trouve également dans les matières fécales, lorsque du sang a traversé le tube digestîK
Lorsque le sang a longtemps séjourné dans un vase, on y trouve également des granulations d'hématine. Ce corps n'est pas cristallisé. Voici, d'après M. Robin, ses principaux caractères : « Il se présente sous forme de granulations amorphes. d*un rouge foncé, presque noir, insolubles dans Teau, la glycérine, Talcool, Téther, la soude, la potasse, Tammonia que, les acides acétique, azotique, chlorhydrique. L*acidi* sulfurique, placé directement et sans addition d*eau sur ci> globules, les dissout en colorant en rouge jaunâtre le réactif et le tissu examiné; cette action met de quinze à vingt minutes à se produire; puis, au bout de quelques heures, la coloration disparaît en passant au violet bleuâtre, puis verdàtre plus ou moins foncé (Ch. Robin). » Ces prapriétés négatives seraient insuffisantes pour caractériser microscopiquemont rhématine, aussi a-t-on recours à un artifice qui consiste à la convertir en chlorhydrate d*hématine, qu'on appelle improprement hémme.
Le procédé le plus certain, pour obtenir ces cristaux de chlorhydrate d'hématine, consiste à dessécher du sang ou an liquide, qui est supposé en contenir et. à le chaufTer avec dr Tacide acétique cristallisable et une trace de chlorure de sodium Lorsque Tévaporation est complète, on aperçoit des cristaux, appelés d'abord cristaux de Teichmann^ du nom de l'auteur qui j découvert cette réaction. On peut également obtenir ces cristaux par d'autres méthodes, par exemple, en traitant le sanc par de Téther alcoolisé, contenant de Tacide acétique ou de Xtcide oxalique (V. Gorup-Besanez, p. 114). Ces cristaux se présentent sous forme de lamelles rhombiques, ordinairement très petites ; elles sont d'un brun noir ou rouge-brun ; quelquefois, elles ont aussi la forme d'aiguilles rhombiques apl^ ties et fréquemment croisées.
Voici les principales réactions des cristaux d'bémine :
Ils sont insolubles dans l'eau, l'alcool et Téther, ainsi qt:o dans le chloroforme.
COAP. IX. — DU 8ANC AU POINT DE VUE MICROSCOPIQUE. 393 L'acide rblorhydriqiie, l'acide acétique, n'exercent à froid locuDe action sur les cristaux; à cbaud, ils les dissolvent en partie. L'acide azotique ne les attaque pas h la température ordinaire, tandis qu'au-dessus de 100 degrés, ces cristaux sont complètement décomposés. L'acide sulfurique étendu est
ICDIBI d'an tache d< MDg tn\u d'une Uek« àt ung
>ans action sur eux, l'acide.suirurique concentré les dissout, au contraire, à la température ordinaire et la solution prend oae coloration rouge-violet.
Le carbonate de soude en solution aqueuse et étendue csi. >ans action sur l'hémine, qui est dissoute, au contraire, par .c!> aicaU$ cautligues. L'ammoniaque dissout ces cristaux sans les décomposer.
Etessécbés, ou suspendus dans un liquide incolore, ils se présentent sous forme d'une masse bleu noirâtre, chatoyante, à éclat métallique, paraissant brune par transparence. Lors- ■ju'on Trotte ces cristaux sur de la porcelaine, ils laissent sur '■eile-ci une empreinte brune. Les réactions qui précèdent sont ennpruntées à l'ouvrage de Gorup-Besanez.
Nous avons Tait pressentir tout à l'heure l'importance des réactions de l'hématine envisagée au point de vue de la méitecîne légale, nous allons donner maintenant la marche à tuivre ponr mener à bien ces délicates recbercbes.
M. le D' P. Cazeneuve, dans son remarquable travail sur 'hématine (4), a étudié avec beaucoup de soin tous les détails
, Xf Reditr^et dt chimie midicale itir l'hématine. Parte, G. Htiton, )87i>.
394 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
de cette opération. Nous allons résumer ses indications. Étant donnée une tache, dit M. Gazeneuve, que Ton soupçonne être du sang, Texpert découpera le tissu sur lequel elle se trouve et raclera avec précaution la surface de l'objet que l'on suppose avoir été taché de sang. Ces parcelles ont un aspect variable suivant leur origine ; on les dépose dans un petit tube, dont la partie inférieure a été effilée à la lampe et fermée. On introduit de Teau dans ce tube un peu audessus de la partie effilée. Au contact de Teau, lorsque le^ particules recueillies proviennent réellement d*une tache de sang, la matière colorante, la matière albumineuse, et un petit flocon fibrineux se détachent. On caractérisera la fibrine par ses réactions, et Ton pourra rechercher la présence deThémogIobine,parle spectjroscope.Nouslaissons ce point de côté. Sour mettre en évidence les cristaux de chlorhydrate d*hémâtine, on opère de la façon suivante : on prend un tubt que Ton effile à la lampe, sur une longueur d*un centimètre, de telle façon que la partie rétrécie du tube retienne Teau par l'effet de la capillarité. On verse de Teau distillée dans le tube, en s'arrêlant un peu au-dessus de la partie renflée de celui-ci. Le fragment de tissu supportant la tache, ou les particules recueillies à la surface d*un objet quelconque, sont mis dans le tube, en contact avec Teau distillée. Après quelques instants dr macération, on voit se détacher de la surface du liquide, de> stries de matière colorante qui le teintent en se diffusant. Soufflant alors par la grosse extrémité du tube, on dépost une goutte de' ce liquide sur la lame porte-objet, puis on j ajoute une goutte de solution de chlorure de sodium à 1/1000". Ceci fait, on évapore doucement presque à stcctU. I laut éviter de chauffer trop, afin que le liquide ne se troubl< pas par la coagulation de Talbumine qui entraverait la form^ tion des cristaux. On recouvre la faible quantité de liquida: restée sur la lamelle de verre, par une plaque couvre-objet c. on fait pénétrer, entre les deux lamelles, une goutte dVtct acétique cristallisable. On chauffe avec précaution ju^qu ^ /*bullition, et Ton regarde au microscope. Si Ton ne voit pa^ (le cristaux, on répète le traitement par Tacide acétique eL« grâce à celte précaution, les cristaux caractéristiques d'bémiof .,
^>u de chlorhydrate d'hématine apparaissent, quand la tache iraitée était réellement formée par du sang. Dans le cas où les iristaux ne se formeraient pas, M. Cazeneuve conseille de répéter une troisième fois le traitement par Tacide acétique, ( omroe il a été dit plus haut.
Voici quelles sont les conditions préalables pour que cette réaction réussisse; il faut éviter d'employer un excès de < Morure de sodium, dont la cristallisation en masse engloberait la matière colorante. L'acide acétique doit être monohydraté, de telle sorie que la décomposition du chlorure de 'odium soit plus rapide. L'emploi d'un acide trop dilué peut faire complètement échouer l'opération. Avant de faire pénétrer l'acide acétique entre les deux lamelles, il faut préalablement avoir fait évaporer l'eau, au moins en partie, aûn qu'au contact d^un excès d'eau, l'acide acétique ne s'hydrate pas trop. Si le sang, en raison d'un commencement de putréfaction, était très alcalin, il faudrait saturer cet excès d'alcalinité par de l'acide acétique, avant de faire évaporer le liquide sur la lamelle porte-objet.
Lorsque le sang a été coagulé antérieurement à la recherche, il faut immédiatement traiter la tache par Tacide acétique et la chaleur, de manière à dissoudre la matière albuminoïde. Od ajoute ensuite une goutte de solution de sel marin à
I 1000', etl'on évapore comme précédemment, jusqu'à siccité. <in recouvre de la lamelle et l'on fait intervenir l'acide acétique cristallisable.
Les cristaux une fois obtenus^ on les déterminera par leur forme, et leurs principales réactions.
Lorsqu'on n'a à sa disposition qu'une très petite tache de sang, on supprime Tartiflce du tube eftilé, et Ton agit directement sur la tache portée sur la lamelle porte- objet. Quand le tissu a abandonné la matière colorante, on ajoute une
II è> faible quantité de la solution titrée de chlorure de sodium, et l'on poursuit la série d'opérations comme il a été dit.
On doit se servir pour cette recherche d'un grossissement 3e trois cents diamètres environ, parce que ces cristaux sont quelquefois très petits.
Aucune autre substance que l'hématine ne peut donner
396 GUIDE DB MICUOGRAPHIB.
des cristaux semblables à ceux que nous venons de décrire. Des tissus teints avec de Tindigo, traités par de Facide acétique, donnent également des cristaux, mais ceux-ci sont colorés en bleu, et leur forme est tout à fait différente (Gorup- Besanez, p. 416).
Lorsque le sang est épanché en dehors des vaisseaux el qu*il séjourne dans un espace clos , Thématine subit une modification dans sa composition et dans sa forme, et Tod a alors Vhématotdme. Ce corps diffère de Thématine, en ce qa'il renferme un équivalent d'eau en plus, et un équivalent de fer en moins.
D*après MM. Duval et LerebouUet, Thématoîdinc se présente sous forme de cristaux très petits, prismes rhomboîdaux obliques, ou parfois de fines aiguilles, de couleur très pure, jaune rougeâtre, ou rouge de rubis, quand ces cristaux sont ou pU^ volumineux ou superposés ; ils sont rtine. - i . GiobuUs rouges msolubles dans leau, 1 alcool, létber, Kranuuui. - 2. Pri.ine8 la glycérine, l'acîde acétiquc ; solubles
rhoroboédriques a hématoi- o ^ i -»
dine. — 3. Aiguilles crU- daus 1 ammouiaque. Les acides azoti-
'•"*""• que ou chlorhydrique concentrés, di>-
solvent ces cristaux; étendus d*eau, ilsn*ont plus d*action sur
eux La potasse et la soude ne les dissolvent pas ; ils se fen-i
dillent sous Taclion de ces deux réactifs.
Il est de la plus haute importance de noter que les réac | tions précédentes, quand elles fournissent un résultat faii»rablo entre les mains de Topérateur, ne leur donnent qu'un suul ordre de preuves, c*cst-à-dire, témoignent uniquemectl do Texistence du sang. Quant à Torigine de ce sang, elle di^ peut ôtro définitivement établie que par la présence des globules, et encore, ne faudrait-il se prononcer qu*avec la pli.> extrême réserve, et en tenant compte des altérations que ! (lossiccation et le contact de Tair font subir aux globules. Parfols, dos circonstances secondaires pourront mettre sur \à\ voie; c'est ainsi que le sang provenant de Técoulement meo^^H Iruel pourra, dans quelques cas, être déterminé par la pre« sonce de débris d*épithélium de Tutéruseldu vagin.