A. INSTRUMENTS POUR FAIRE LES COUPES
Les objets que l'on observe au microscope sont généralement trop épais pour pouvoir être examinés sans préparation par la lumière transmise. On les réduit alors en tranches minces au moyen d'instruments divers appropriés au volume de> objets et à leur dureté.
!• Rasoirs. — Les rasoirs employés à faire les coupes des tissus animaux et végétaux doivent être d'excellente qualité et bien trempés. Il est bon de les choisir avec une face plane ; le tranchant des rasoirs s*use rapidement, et comme on ne peut faire de bonnes coupes qu'à la condition d'avoir un tranchant très fin, il est nécessaire de les affiler à chaque préparation. Le plus souvent il suffit de les passer plusieurs fois sur une bonne pierre à aiguiser, puis sur le cuira affiler. Mais de temp^ en temps il faut aiguiser son rasoir à fond, si l'on peut s'cxpri -
mer ainsi, et il n*est que trop vrai de dire qu'il n'existe à Paris aucun fabricant d'instruments de chirurgie (ce sont eux qui fabriquent les rasoirs en question), qui soit capable de livrer un rasoir en bon état. Il vaut bien mieux s'habituer soi-même à ce traTaîl ; Toici un excellent procédé que M. Duchartre enseigne dans ses conférences au laboratoire de botanique de la Sorbonne et que nous ne saurions trop recommander. On se procure un disque de verre dépoli, et deux ou trois numéros des plus fins tripolis. Le rasoir ayant été aiguisé sur une bonne pierre, on le passe successivement sur deux ou trois pâtes de plus en plus fines de tripoli et d*huile, puis finalement sur le disque de verre dépoli recouvert d'une mince couche d'huile. On essuie le rasoir, et si l'opération a été faite avec soin, on obtient un excellent tranchant.
2* Microtomes. — Le rasoir est un bon instrument pour faire les coupes sur les^ objets qui n'offrent pas une trop grande résistance. Mais si l'on a affaire à des corps durs (tiges, racines, etc.), la résistance qu'opposent ces corps au rasoir devient un obstacle fâcheux. La main qui dirige le rasoir, tout occupée à vaincre l'obstacle, change insensiblement de direc* lion, et Ton obtient des coupes d'épaisseur diverse en différents points, et obliques plus ou moins par rapport à la direction qae l'on désire leur donner. D'autre part il est difficile de maintenir entre les doigts l'objet qui résiste au rasoir; aussi a-t-on construit divers instruments qui tendent à supprimer ce^ causes d'imperfection des coupes. Le plus simple, et à coup sûr l'un des plus commodes, est le microtome à main de M. Itanvier. Cet appareil se compose d'une platine circulaire en métal recouverte^ ou non d'une lame de verre. Au centre de cette platine est une ouverture circulaire qui est en même temps l'orifice d'un cylindre de laiton fixé perpendiculairement au-dessous de la platine. C'est dans ce cylindre que 1 on place la préparation fixée, comme on le dira plus loin, dans la moelle de sureau ou la paraffine. A la partie inférieure do cylindre se trouve une vis graduée terminée supérieurement par un plateau sur lequel repose l'objet à diviser; on tient l'instrument à pleine main par le cylindre, et en tournant la vis d'une quantité convenable, on fait affleurer l'objet au
36 GUIDE DE HICROflRAPHIB.
niveau du plan de la platine. Ateo un rasoir à face plane oa Tait nna première coupe pour égaliser la lurTace de l'objet I puis en tournant la vis, on soulève l'objel. La face plane dn rasoir étant exactement maintenue appliquée sur la platine, on coupe tonte l'épaisseur de l'objet qui dépasse au-dessut de la platine. On peut obtenir ainsi des coupes aussi Bues que l'on veut, et si l'objet a été bien assujetti dans le cylindredumicrotome, il ne ae dérangera pai, mâme s'il présente une certaine dureté, £t U p- jg coupe conservera le
sens qu'on aura voulu lui donner. On livre avec le microlorae des cylindres de cuivra de plus petite ouverture qu'on introduit dans le précédent lorsqu'on veut agir sur de petits objets qu'il serait difQcile de maintenir dans un cylindre d'un trop grand diamètre. Le microtome de M. Nacbet que nous reproduisons ici (flg. 19) repose sur les mêmes principes.
B. ACCESSOIRES DIVEH3.
f ■ pinces, ciseaux, aiguiUei, etc. — Quand on fait des préparations microscopiques, il faut être muni de pinces diverses, les unes droites, les autres courbes ; de ciseaux qui ne sont autres d'ailleurs que ceux qu'on emploie en général dans les dissections. Enfla pour dissocier les éléments sur les porteobjels avant de les examiner, ou pour les dissections i U loupe, on se sert d'aiguilles montées qu'il faut cboisir infiexihUs et & pointes très-acérées. On se sert également dans certains cas d'aiguilles tranchante», dans le genre des aiguiltu à eataraeti et d'aiguilles courbes ou termina d'un crochet à leur extrémité.
2* Crùîallismr^^ verfê$demoiUre, ele. — Oti emplmera piMir placer les eotip^ ayant dé les motiter de petits baquets de r^rre setublaM^ à des cristallisoirs^ ou des verres de môlitre. Tantôt on y laisÂsra les coupes pdur tear Mre subir riàfloeate de réactifs dÎTers, tantôt pour qu'elles s'y étalent à Tnise dans le Téhieule choisi, avant d'être placées sar le porto-objetv
3* Piaqnet on kmet de verre, — On en emploie dedenznMtes : les unes, sur lesquelles on dépose Tohget à observer, reçoivent le nom de lames porte^bjets; les antres, qui servent à reeouTrir les prépnratiûtos sont, appelées lamelke ou couvre-oèjetë.
Lames porte-objets.
Hles doivent être en verre parfaitemeift fioli et phmes rar les deux faces. Leur épaisseur ne doit pas dépasser i A fi ttdlimètres. Elles sont généralement taillées sous forme de bandes de 7â à 75 millimètres de longueur sur 24 à 25 millimètres en largeur. D'ailleurs ces dimensions peuvent être augmentées suivant les
Lamelles ou couvre-objets.
Ces lamelles sont carrées ou circulaires. Leinr épaisseur doit être appropriée au grossissement que l'on Mnploie. Les plus minces seront réservées pour les forts grossissements.
La délicatesse même de ces lamelles exige oertaines préoaiUtiens dans leur maniement. Gomme les porieK>b}els, les couvreobjets doivent, avant d'étfe employés, être soigneusMieat nettoyés afin qu'aucune poussière ou impureté ne les souille. Les porte-objets sont faciles à nettoyer. S'ils sont gras, une goulle d'alcool lenr rendra leur transparence. Pour les couvreobjets, on devra, après les avoir plongés dans l'eau ou Tâlcool, les étendre sur plusieurs doubles de papier buvard^ les y laisser sécher, puis les passer délicatenMBt sur uh linge fin tenu enlfe le pouce et l'index. Avec un peu d'habitude on «prive Ipès vite à les nettoyer sans les briser.
L'utilité des lamelles dans les observations microscopiques e<i incontestable. Non seulement elles protégeât les préparations contre la poussière, mats encore elles empéchetit l'évaporation ou l'altération des véhicules employés peur mon-
38 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
ter les préparations. Enfin et surtout, l'usage essentiel des couvre-objets est de faire que, dans les préparations vues à Taidè de la lumière transmise, la surface d*entrée et la surface de sortie des rayons lumineux soient parallèles. Sans le cou- Tre*objets, la direction des rayons sortant de la préparation pour pénétrer dans l'objectif ne serait pas parallèle à la direction de leur incidence; ils seraient déviés à leur émergence dans Tair en diverses directions, proportionnellement aux courbures et à l'irrégularité des surfaces des objets qu'ils traversent. Tous nuiraient plus frapper l'objectif, ou, ne lui arrivant plus parallèlement, ils ne donneraient qu'une image confuse des corps. Il est du reste facile de le constater en examinant successivement la même préparation à découvert, puis avec une lamelle.