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PRÉPARATION DES OBJETS UICBOSCOPIQCES

Nous ne nous occuperons dans ce paragraphe que de l.i préparation des éléments et des tissus des végétaux. Les détails nécessaires aux préparations animales que comporte cet ouvrage seront exposés plus loin.

Lorsqu'on veut examiner au microscope un tissu ou quelque partie de pUnte, il faut avoir recours à une série de préparations que nous allons décrire :

1* SiTobjetlt examiner présente une certaine épaisseur, et qu*on veuille en étudier la structure intime, il faut pratiquer des coupes minces sur cet objet, ou faire des dilacératiotiSy s'il y a lieu ;

2* Les coupes doivent ensuite être soumises aux r^a/r^f/5 convenables ;

3* Enfin la préparation doit être montée pour l'observation, c*estrà-dire placée dans un liquide conservateur, recouverte d'une lamelle, que l'on scelle au porte-objet de manière à éviter l'évaporation ou l'altération du liquide choisi comme véhicule .

Nous allons décrire en détail ces diverses opérations :

{• Exécution des coupes minces. — Plusieurs conditions doivent être remplies si Ton veut obtenir de bonnes coupes :

i. Il faut avoir de bons instruments; nous avons indiqué plas haut quelles sont les qualités que Ton doit en exiger;

2. Il faut agir sur des corps d*une consistance déterminée. On n^obtîendra jamais de bonnes coupes sur des corps mous ; ]es corps très durs présentent également de grands obstacles:. Il faut autant que possible agir sur des corps assez consistants pour se laisser trancher sans céder devant Tinstrument, et assez tendres pour ne pas lui résister trop énergiquement.

Pour atteindre ce but, on durcit les corps mous au moyen de réactifs appropriés (voir page 43), et Ton ramollit les corps durs soit par Tébullition dans Teau (graines sèches), suit par macération dans une eau alcaline (bois durs).

Les coupes sur les objets friables sont extrêmement délicates

à opérer. On se trouvera bien de les enrober dans un corps qui

en agglutine les diverses parties (paraffine, gomme, etc., voir

page 41); on agira de même pour les corps pulvérulents

spores, pollen].

Quoi qu'il en soit, lorsqu'on a obtenu la consistance désirable, on peut commencer à pratiquer les coupes. On se rend bien compte du sens dans lequel on veut les diriger et Ton agit comme il suit :

Lorsque l'objet est d'un fort volume, on peut le tenir à la main, mais s'il présente un faible volume, on doit recourir à une installation particulière. Si l'objet n'est pas trop dur, on peut l'enfermer entre deux morceaux de moelle de sureau ou de liège. Voici comment cela se pratique : on prend un cylindre de moelle de sureau assez long pour être facilement tenu entre les doigts, et on le fend en deux. Puis au moyen d'une tige rigide quelconque, on détermine par pression, à l'une des extrémités de l'un des demi-cylindres ainsi obtenus, une petite cavité de grandeur suffisante pour y placer l'objet. Celuici étant logé dans la position exacte qu'on veut lui donner, on superpose par leurs faces planes les deux demi- cylindres de sureau, et les tenant entre les doigts de façon qu'ils ne se séparent pas, on plonge à plusieurs reprises dans l'eau ou l'alcool l'extrémité où se trouve l'objet à diviser. La moelle de sureau se gonfle, presse sur l'objet qu'elle renferme et le main-

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iietlt ainsi solidement fixé (i). On n*a plus qu*à pratiquer les coupes avec le rasoii*. t^our cela, saisissant le rasoir de la main droite, en même temps que la main gauche tient le cylindre de moelle de sureau, on applique la face plane du rasoit- sur la surface libre du sureau,, et d'un premier coup oh enlève une tranche mince. Ce premier coup de rasoir a pour but de bien égaliser la surface à couper; du même coup on obtient une surface bien nette de Fobjet; lls*agit maintenant de mener les autres coupes de telle sorte qu'elles aient dans toute leur étendue la même épaisseur. 11 faut donc que le rasoir dans sa marche suive toujours la même direction. On y arrive assez facilement, si eti même temps qu'on fait avancer la lame, on se préoccupe de toujours en sentir la face plane inférieure en contact avec l'index de la main qui tient l'objet. Avec un peu d'habitude on arrive ainsi parfaitement à donner au rasoir une direction constante. Quand on fait ces coupes à mam tev^, les coudes doivent être parfaitement libres, et rapprochés du corps ; le cylindre de moelle tenu entre l'index et le'pouCe dans une position perpendiculaire au plan de la table sur laquelle on opère, et le plat du rasoir parallèle à ce même plan. On devra toujours tremper le rasoir dans l'eau ou l'alcool avant de pratiquer la section ; on risque sans cela de détériorer les coupes que Ton obtient.

Les commençants ont l'habitude d'examiner chaque coupp qu'ils viennent de faire. C'est là un grand tort; les premières coupes en effet ne sont jamais parfaites. Il faut pour aitisi dire que la main se fasse à l'opération qu'on exige d'elle. Aussi doit-on faire de nombreuses coupes, et l'on verra que les dernières sont toujours bien plus fines et plus propices à l'examen. Cependant, comme il ne faut rien perdre, on aura soin de réunir dans un petit baquet de verre rempli d'eau toutes les coupes que Ton fait, puis quand on en aura fait un |^rand nombre^ on choisira les meilleures pour les observer et les conserver. Les coupes trop épaisses seront également ezami-

(1) Si l'objet s'offre pas beaucoup do résistance, coffime il pourrait ètr^ écrasé par le gonflement de la moelle de sureau, on le place dans ane petite cavité obtenue, non plus par simple pression, mais en enlevant un morceau

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nées, et si on leur trouve quelque intérêt, oh recommencèï'à sur un nouvel échantillon des coupes que l*on s'attachera sûrtout à obtenir. fines au niveau de l'endroit oi!i lès premières avaient été mal réussies.

C^«pe« d«n« lit parafflne. — Lorsque les objets sont très durs, la moelle de sureau ne peut être utilisée; on peut alors opérer de la manière suivante : après avoir desséché Tobjet à préparer, de manière à priver complètement sa surfatc d'humidité, on le trempe dans la paraffine fondue, ou daïis Un mélange de cire et d'axonge (il est bon, quand on se sert de parafioe, de radditionner d*un peu d*axonge). Puis oti le retiré pour laisser solidifier à sa surface une première couche de paraffine. En trempant ainsi le même objet à plusieurs reprises, on obtient bientôt un petit bloc de paraffine contenant le tissu à trancher, dont on a eu soin de déterminer la position exacte, afin de pouvoir plus tard diriger les coupes dans le sens convenable.

Ce Moc de paraffine est encore trop petit pour être aisément tenu entre les doigts; on le fixe alorsau moyen de la même substance fondue sur un bouchon de liège, et on le dispose dans la cavité d'un tube en laiton. On coule autour une certaine quantité de paraffine fondue, et après refroidissement, on retire du tube une petite bougie contenant l'objet à trancher.

Si Ton fait usage du microtome, le cylindre de l'appareil servira de tube où l'on coulera la paraffine.

Pour faire des coupes stir iespotiSy les filaments de lin^ de chanvre, etc., on en forme des faisceaux que l'on trempe dakis la paraffine et que l'on pr^are comme il vient d'être dit.

Lorsque les coupes ont été faites, il faut les débarrasser de la paraffine qui les souille. Pour cela, on les place dans la térébenthine, on les y laisse séjourner quelque temps, puis on les porte dans l'éther, et quand elles sont bien débarrassées du coi^ étranger, on les monte.

c— pc» <•— H, gaiiie. -^'On peut remplacer la paraffine par une solution épaisse de gomme dans laquelle on laisse séjourner l'objet pendant quelques heures. Lorsqu'il est bien impré- ^é de gomme» on le plonge dans l'alcool à 90\ La goiftime

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durcît au bout de quelque temps. On peut alors pratiquer des coupes qu'il suffit de laisser séjourner dans Teau pour les débarrasser de la gomme.

2* Dilacà-ation. — Certains objets ont besoin d*être dilacérés pour être examinés au microscope (filaments de lin, chanvre, etc.)- Cette opération se prépare ^u moyen de réactifs appropriés, et s'effectue au moyen des aiguilles. Pour obtenir de bonnes dilacérations, on doit opérer sur de très petites portions de l'objet. Tandis qu'on le maintient fixe avec une aiguille, on opère avec l'autre des tractions légères et répétées, dans une direction telle qn'on sépare les éléments sans les briser. Cette opération demande une grande patience pour être bien faite.

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