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CHAPITRE XI. — DES SEDIMENTS DE L URINE

son émission, dans un vase conique, on voit se former, après le refroidissement, un léger nuage qui gagne lentement e\ peu à peu le fond du vase. On a donné à ce dépôt léger le nom impropre de mucus, qui implique une simplicité de* constitution qu iln*a pas. M. Robin conserve à ce dépôt le nom d*énéorëme« On recueille cet énéorème à Taide d'une pipette, en prenant la précaution d*attendre qu'il ait gagné la partie la plus effilée du tube, et alors on laisse tomber sur le porte-objet une goutte d'urine. M. Robin conseille d'examiner ce dépôt à un grossissement de 400 à 500 diamètres, en raison de sa ténuité. Le même auteur donne un moyen pratique de faciliter le dépôt des énéorèmes, par Taddition à Turine d'un ou deux dixièmes de son volume d'alcool. Suivant M. Robin, cette proportion ti alcool n'altère pas les épithéliums, les spermatozoïdes, les filaments de mucus, ni même les hématies. Les leucocytes seuls deviennent un peu irréguliers. Gomme on le voit, la composition des énéorèmes est très complexe ; on y trouve quelques rares cellules épithéliales, souvent difficiles à rencontrer. Ces cellules épithéliales proviennent presque toujours de la vessie, nous avons donné les principaux^caractères de ces cellules.

Quelquefois ces cellules épithéliales sont couvertes de fines granulations, qui sont considérées, dit M. Robin, comme des Micrococcus. Outre ces éléments, ces dépôts comprennent encore souvent des leucocytes appelés aussi, par quelques auteurs, globules muqueux (voy. Pus).

Donné a décrit dans son Cours de tnicroscopie (p. 260) des filaments blancs parfaitement distincts, que l'on rencontre dans l'urine normale, au moment où elle vient d'être rendue. La présence de ces filaments, peut inquiéter vivement des personnes ayant eu déjà des afi'ections des voies urinaires. Ils peuvent avoir 1, ou 2, ou 3 centimètres de long, et de i à 3 dixièmes de millimètre d'épaisseur. Us sont constitués par des filaments muqueux, se gonflant peu à peu dans l'urine et quelquefois striés. Lorsque ces stries n'existent pas, on peut les faire apparaître par l'action de l'acide acétique. Ces filaments peuvent contenir des leucocytes, des cellules épithéliales, et quelquefois des zoospermes morts, ou même

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vivants, quand Turine est fraîche. Ces éléments, ainsi que le fait observer avec raison M. Robin, sont plus nombreux chez les individus qui ont eu récemment la blennorrbagie ; c*esl même souvent pour eux une cause d*inquiétude. Donné avûi émis ridée que ces filaments provenaient des canaux prostatiques, mais cet organe ne produisant pas de mucus, M. Robin les fait venir des plis du golfe de Turèthre ou de Lecat, à la jonction des parties membraneuse et bulbaire du canal; c'est en ce point, d*aprës cet auteur, qu*ils se chargeraient de quelques spermatozoïdes, qui se trouvent souvent dans le canal des personnes continentes. Les leucocytes et les cellules épithéliales qui les accompagnent viennent également du canal de Turèthre.

Ainsi que nous Tavons dit, dans le cours de la blennorrbagie. ou peu de temps après sa guérison, on trouve dans l'urine une quantité assez considérable de ces filaments, chargés d'un grand nombre de leucocytes et de cellules épithéliales, venant de Turèthre. Outre ce^ éléments, le dépôt dont nous venons d'étudier les parties constituantes contient encore parfob des urates et des cristaux d'oxalate.

L'urine de la femme contient souvent des cellules épithéliales et du mucus, provenant du vagin.

Dans un article publié le 30 août 1876 jdans le Bulletin de thérapeutique^ M. Méhu a nié l'existence, dans l'urine, du mucus vésical. Cet auteur s'appuie sur ce fait, qu'une urine filtrée et récente ne se trouble pas par L'acide acétique, et par conséquent ne contient pas de mucine (voy. art. Mucus).

Lorsque l'urine, même acide, donne un trouble par l'acide acétique, on est en droit d'y rechercher la présence des leucocytes. Cette présomption devient une certitude, si l'urine se trouble par la chaleur seule.

Pour.M. Méhu, l'expression mucu$ de la vessie a pour signification pus dans la vesrie.

Dans le cas de cystite et de catarrhe vésical, l'urine laisse déposer un dépôt .muqueux et très filant. Pour le recueillir, on est obligé de décanter l'urine et d'en saisir avec des pinces une portion, que l'on porte sur le champ du microscope. Il faut employer pour l'examen un grossissement de 400 diamè-

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