B. XIV. — PRODUITS DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME
Cet animalcule ne se rencontrerait pas dans le mucus vaginal des femmes saines et propres, mais au contraire, il serait fréquent, chez celles qui négligent tout soin de propreté et qui sont affectées d'écoulement suspect. Grâce à la coïncidence de Texistence du trichomonas et des globules de pus, il est assez difficile de retrouver le parasite microscopique qui présente avec ceux-ci, plusieurs points de ressemblance. Ordinairement, il se déplace très peu et n'exécute que de faibles mouvements. Parfois, plusieurs individus se réunissent et forment un groupe, que Ton pourrait prendre pour une agglomération de globules de pus. Donné a fourni ce caractère, qui permet, suivant lui, de diagnostiquer pour ainsi dire, la présence des trichomonades vaginales : quand cet animalcule existe, le mucus vaginal renfermerait des bulles dair qui lui donnent un aspect écumeux, tandis que dans rétat normal, la matière qui le compose est homogène et n'est pas mélangée de bulles gazeuses. Ce caractère serait constant. En regardant du mucus vaginal à un grossissement de 300 ou 400 diamètres, au milieu des globules de pus et des cellules épithéliales, on voit de petits corps qui, à première vue, peuvent être confondus avec des globules de pus. Ils s'en distinguent bientôt par des mouvements propres, indépendants des mouvements de courant et de totalité, que la capillarité et 1 evaporation déterminent. Le doute cesse, quand on voit que ces mouvements volontaires sont produits par Tagitation de petits cils ou filaments, dont l'animal se sert, soit pour se déplacer, soit pour appréhender sa nourriture (Donné). Ce parasite, de couleur grisâtre, a une forme ovale oupyriforme, il porte à son extrémité antérieure, un filament double ou bifurqué, son extrémité caudale est, ou bien arrondie, ou terminée par un filament rigide, de longueur variable, en moyenne de 0°^,0035. Près de l'extrémité antérieure de l'animal et sur Tun des côtés, on voit des sillons, correspondant probablement, à l'ouverture buccale et un certain nombre de cils vibra- Ules courts, animés d'un mouvement vacillant très rapide, dont il est impossible de déterminer la fréquence dans un temps donné, chez un animal parfaitement sain. Dans Tintérieur de la substance contractile homogène, on trouve
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chez la plupart de ces parasites, quelques noyaux, tantôt trè^ uns, tantôt très gros, mais pas de vésicule contractile ; même à un grossissement considérable, on n*aperçoit pas à leur surface de stratifications. La longueur de ces animaux varie entre 0"°,008 et O^^jOiS ; au contact de Teau, cette longueur diminue, le parasite se pelotonnant sur lui-même. Dans bon
Fi g. 36t. — Triehomonoi vaginale (Donné).
intérieur apparaissent des vacuoles ; les mouvements en gcnéral, et ceux des cils en particulier, s'affaiblissent et disparaissent enQn complètement (Gasser, p. 33.) {i).
Haussmann a décrit des parasites qu'il a rencontrés dans le mucus vaginal : ces parasites sont arrondis, d'une dimension beaucoup plus faibl,e que les trichomonas. Ils ont Taspect de deux animaux d'inégale grandeur, accolés Tun à l'autre sut une de leurs faces, se confondant cependant manifestement par leurs deux extrémités^ en un seul animal et qui n'étaient munis que d'un seul appendice.
Parfois encore, ajoute le docteur Gasser, on remarque sur un des côtés de l'enveloppe du trichomonas, une cavité cupuiiforme. Outre ces parasites, on en rencontre encore de complètement recouverts de cils fins et courts, se dirigeant tous Ter> l'extrémité caudale et se distinguant par une absence totale de mouvements, des cils qui entourent l'ouverture buccale de^ filaments ciliaires qui les recouvrent. Ces parasites d'un dia* mètre de 0°"°,(j033, se distinguent des autres infusoires par leur complète immobilité. Salisbury en a fait une nouvillc espèce sous le nom de Ciliaris bicaudalis. Cependant, à part Ie> cils dont ils sont entièrement recouverts, leurs appendices no diffèrent pas de ceux qui ont été décrits dans les formes précédentes (Gasser).
(1) Voir les recherclies microscopiques sur U nature des mucus et h tière des divers écoulements des orgaoes génitaui urinaircs, etc., etc., pv D' A. Donné. Paris, 1«37. Leeuwenhoeck (ln-4*, 17221, p. 1,S3, avait ewnle mucus vaginal et en avait décrit les cellules épitliéliales (syiMMM/tfl-
eu. XIV. — PRODUITS DBS ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME. oTI
D après cet auteur, les mouvements des trichomonas s'observent non seulement à la température normale du vagin, mais persistent encore assez longtemps, à une température inférieure à 20° centigrades; au sein d'une masse abondante de mucus qui les protège contre Tévaporation, les mouvements s'observent bien plus longtemps ; mais au contact de Teau, dune solution de tannin, d*acide chromique, de sublimé, etc., les mouvements s'arrêtent et le parasite devient rigide. C'est ce qui explique pourquoi on trouve des trichomonas immobiles, chez les femmes qui ont recours aux injections. Le travail de l'accouchement leur est aussi préjudiciable que les injections, ou tout autre traitement local ; car de même que les parasites accidentellement déposés dans les organes génitaux, ils sont ou détruits ou expulsés. Au sixième ou au septième jour de la puerpéralilé, ils peuvent cependant reparaître aussi bien dans les lochies, que dans le canal vaginal (Gasser).
Uaussmann (voir Gasser, p. 34, loc. c<V.), sur 200 femmes grosses, a trouvé 75 fois des trichomonas, ce qui donne la proportion de 37 p. iOO, et sur 100 femmes malades, mais non enceintes, la proportion s'est élevée à 40 p. 100.
Hennig prétend n'avoir jamais trouvé de trichomonas avant la puberté, ni après 40 ans ; sous ce rapport il serait en contradiction, d'après le docteur Gasser, avec les autres observateurs, qui l'ont rencontré chez les petites filles de six à sept ans et chez des femmes ayant dépassé l'âge de la ménopause. On s'explique du reste pourquoi Hennig n'a pas trouvé de trichomonas chez les femmes âgées, c'est qu'à cette période de l'existence, la muqueuse vaginale ne présente plus des conditions aussi favorables à son développement (D' Gasser). Ce serait dans le catarrhe virulent des organes génitaux, accompagné d'une sécrétion muco-purulente abondante, à réaction fortement acide, qu'on en trouverait le plus ; dans ce cas, le dixième environ de ce muco-pus se compose de parasites vivants, accolés les uns aux autres.
Le Bacierium iermo (V. Yibrioniens, art. Sang, p. 379) a été rencontré dans les liquides des organes génitaux ; d'autres vibrioniens y auraient été également trouvés. Les parasites des organes génitaux appartiennent surtout au
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règne végétal; ce sont principalement des champignons elde> algues microscopiques.
§ III. — DES TACHES LAISSÉES PAR LE LIQUIDE AMTtlOTIQCE.
Avant la naissance, l'enfant est contenu dans une sorte de sac sans ouverture^ constitué par plusieurs enveloppes, dont la plus interne est Tamnios ; le fœtus baigne dans un liquide fourni par Tamnios et que Ton appelle liquide amniotique. On peut dans certains cas être chargé de déterminer si des taches trouvées sur du linge ont été produites par du liquide amniotique. Quand la poche des eaux se crève brusquement, le liquide est quelquefois projeté assez loin entre les jambes de la parturiente, et alors, il peut laisser des taches formées presque exclusivement de liquide amniotique. Si, au contraire, le liquide amniotique s'écoule petit à petit pendant le travail et en assez grande quantité, au moment de l'expulsion de l'enfant, on a alors un liquide mélangé à du sang et aux produits de la sécrétion vaginale, si abondante pendant l'accouchement. Dans le pre* mier cas, la détermination de la nature des taches est cho^ délicate; dans le second, la complexité des éléments qui entrent dans la constitution de la tache, peut mettre sur la voie, en ce sens que l'on pourra trouver des éléments anatomiques facilement déterminables, mais qui masqueront complètement les caractères déjà si confus du liquide amniotique.
Le liquide amniotique est généralement très fluide, tantôt d'une couleur un peu jaunâtre ou citrine, tantôt d'une couleur légèrement verdâtre. Lorsque l'enfant a souCfert dans la c^ vite amniotique et qu'il y a rendu son méconium (Voy. ce mot), le liquide amniotique devient vert et laisse des taches assez facilement reconnaissables. Quand on laisse déposer du liquide amniotique, il abandonne parfois, dit M. Robin, un dépôt grisâtre composé de cellules épithéliales cutanées, et même du rein ou de la vessie. Il contient de plus quelques leucocytes, avec de petits flocons de mucosine. On y trouve également des noyaux des cellules épidermiques foetales, by< pertropbiés et détachés. Suivant l'observation de M. Robin, les cellules les plus superficielles de l'épiderme fœtal, ont n i