CHAPITRE IV. — TISSUS
iVous reviendrons plus tard sur le cambium, que nous ne considérons pas à dessein comme partie constitutive essentielle du faisceau, puisqu'il disparait dans les faisceaux développés de beaucoup déplantes dicotylédonées et de toutes les Mofiocotylédonées.
Deux choses sont à considérer dans Tétude des faisceaux : d une part, la nature et la forme des éléments qui entrent dans leur composition ; d'autre part, la répartition de ces élémenis et leurs rapports réciproques.
!i ]7. FOBME ET RÉPARnTION DES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DES FAISCEAUX. A. ÉLÉMENTS DU LIBER DES FAISCEAUX.
On trouve dans le liber trois sortes d'éléments qui sont par ordre d'importance : les tubes cribreux et les cellules grillagées^ les cellules cambi formes et les fibres libériennes.
Nous avons décrit plus haut les premiers et les derniers de ces éléments ; quant aux cellules cambiformes, ce sont des éléments séreux à parois minces, de forme prismatique, qui ont été signalés pour la première fois par Nsegeli. Dans beaucoup de cas {Crassulacées, Cactées^ Eupkorbiacées succulentn, etc.) où les tubes cribreux sont peu développés et à parois minces, il devient assez difficile de distinguer entre elles ces deux formations.
Les trois espèces d'éléments que nous venons d'énumérer n'existent pas toujours réunies dans le liber des faisceaux. De nombreuses variations se présentent à cet égard. Ainsi par exemple, dans les faisceaux très grêles des extrémités de l'axe on encore dans ceux des dernières nervures des feuilles, les cellules cambiformes paraissent former à elles seules la partie libérienne. Ailleurs, et les exemples en sont nombreux, le liber est uniquement formé de tubes cribreux et de cellules cambiformes. Il reçoit alors le nom de liber mou^ par opposition au nom de liber dur, que l'on donne à cette partie du faisceau lorsqu'il s'y développe des fibres épaisses.
Nous reproduisons (flg. 88) un exemple de faisceau à liber mon, pris dans la tige du Cucurbita maxima. Sur cette coupe,
S08 GUIDE DE HICROGRAPUIE.
on voit en g, en dehors des vaisseaux ponctués v, la section transversale de lubes crîbreui au njveau de leurs cloison) Iransverses. Ces tubes sont entourés de cellules cambironnes à parois minces.
Une semblable association de lubes cribrenx et de cellule-
caœbirormes se retrouve chez beaucoup de Monocotylédonées
(Graminées, par ei.), cbez les £fui-
tetum {fi^. 98 S), ainsi que dan>
beaucoup de Dîcotylédonées, Ke-
nonculacées, Ombellifères {Fœmn-
lum par ex.}, FiVû, Aristolochia,i\.f-
Dans ces exemples, sur les coupes
trans\ers.'ites, on aperçoit les éli'-
-^ ments cribreux à grand diamètre à
•^t' ^'^' l seclion polygonale, accompagnes
^ "C ^ des cellules cambiforroes à seciiin
1 B (> - Coup. i«..T««i. i H» rectangulaire ou carrée. L'arranïe-
fiiieuu de CacurhUa maxma. — meutde ces dcux espèccs d'élément-
ùibnnî. — """viiMeiui poo" 8^' ^'^'i l^^" <:liaque lubfl cribKUl
tMi. — a. viiiKiui unEièi. — s'accole par une de ses faces i
un tube de même nature, par uui
autre face à une cellule cambiforme, el ainsi de suite alUnii-
tivemenL.
Ailleurs, dans le pétiole de VOlea £u>vpxa, par exempli'. dans la tige des Lobelia, des Crassulacées, Cactées, etc.. Vcellules cambiformes constituent des groupes plus ou moiii; volumineux, intercalés dans les tubes cribreux.
Quant aux fibres libériennes, tantôt elles se développent el grand nombre et forment presque à elles seules la partie lil>é riennne du faisceau (tige d'I/elianlkus auiium, de Tifi'i. 4 Dallier, Ug. 89}, tantAt, au contraire, elles n'apparaissent qu'd petit nombre. Lorsqu'elles sont très développées, elles se di^ posent généralement dans la partie libérienne du faisccav sous forme de masses prosenchymateuses qui présentent suri* coupes transversales l'aspect d'arcs àconcavilé tournée verij bois. Si, au contraire, les fibres libériennes sont mélant:é^ en nombre restreint aux tubes cribreux el aux cellules caoïU formes, comme c'est le cas dans un grand nombre de fai