‹ Guide de l'étudiant en médecine, ou, Essai d'une méthode analytique appliquée à l'étude de toutes les branches de la médecineChapitre 14 sur 18 · THÉRAPEUTIQUE OU MATIERE MEDICALE , ET PHARMACOLOGIE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE OU MATIERE MEDICALE , ET PHARMACOLOGIE

Desbois de Kochefort. Cours élémentaire de matière médicale ; 2 vol. in-8° , 2* édition , revue et mise au jour par le doct. Winslouw.

L'ouvrage de Desbois de Rochefort jouit, depuis plus de trente ans , d'un succès qu'il doit à l'excellente méthode que l'auteur a suivie, à la clarté, à la précision du style 5 mais surtout a la manière, aussi savante que lumineuse, avec laquelle il a su déterminer l'emploi de toutes les substances médicamenteuses propres à la guérison des maladies. Desbois de Rochefort a su éviter un inconvénient dans lequel les auteurs de matière médicale sont trop souvent tombés , c'est de vouloir faire entrer dans leurs ouvrages, l'histoire générale de toutes les substances connues , ignorant que ce n'est pas à la multiplicité des ordonnances , mais au sage emploi de quelques médicamens choisis , que le véritable médecin doit la guérison des maladies.

L'ordre suivi par Desbois de Rochefort est celui de l'époque où il vivait, c'est-à-dire, que les médicamens sont rangés dans son ouvrage d'aprçs des doûnées asseï arbitraires, il est vrai ,

mais que l'usage avait consacrées , et qui donnent d'ailleurs beaucoup de facilité pour l'étude de la matière médicale.

Il s'occupe d'abord du règne minéral, dont il expose successivement les diverses substances, telles que la nature les présente , en indiquant avec beaucoup de précision , et les circonstances variées qui en réclament l'usage, et la manière de les administrer , ainsi que les doses dans lesquelles il faut les employer. Le règne végétal vient ensuite j les médicamens dont il se compose sont distribués en quatre classes générales. La première comprend les évacuans ; la seconde les altérans ; la troisième les spécifiques, et la quatrième les poisons. Chaque classe est ensuite subdivisée elle-même en plusieurs paragraphes , dans lesquels l'auteur examine alors d'une manière détaillée les diverses substances qui s'y trouvent renfermées. L'étude du règne animal termine l'ouvrage ; parmi les animaux dont il se compose et qui sont employés en médecine , les uns le sont en totalité , les autres en partie seulement.

Mais l'étude et la connaissance même des médicamens ne sont rien sans la manière de les employer. C'est pour remplir cet objet que

Desbois de Pvocliefort a placé à la fin de son ouvrage , im petit traité extrcmement précieux sur l'art de formuler, et qui ne peut être étudié avec trop d'attention.

Alibert. — ■ B, Nouveaux éléniens de tliera^ peutique ; 2 vol. in 8% 3" édition.

Malgré le mérite du cours de matière médicale de Desbois de Rocliefort, cette partie administrante de la médecine attendait une main habile, qui, en la mettant en harmonie avec l'état actuel de nos connaissances et surtout avec les belles lois de la physiologie moderne, la sortit enfin de l'espèce de chaos et de confusion dans laquelle elle était plongée. Les brillantes données de Bichat , touchant l'action des médicamens sur notre économie, ne permettaient plus, en effet j de la laisser dans l'état d'imperfection , dans laquelle elle se trouvait sous ce rapport.

Le docteur Alibert , qui peut être considéré comme un de ceux qui, d-î nos jours, ont le plus puissamment contribué à accélérer les progrès de la médecine, a eu l'heureuse idée de faire pour la thérapeutique, ce que Bichat et M. Richerand ont fait pour l'anatoniie et la ph^^*

sioloj^âe. Guidé par les mêmes principes, éclairé par les mêmes découvertes , il a considéré , non les usages des médicamens dans telle ou telle maladie, mais l'action plus ou moins vive, plus ou moins énergique des substances médicamenteuses, sur leâ divers systèmes d'organes dont se compose notre économie. C'est ainsi qu'il traite d'abord des substances médicamenteuses , qui agissent sur les organes destinés aux (onctions assimilatrices. Il pa^se ensuite à ceux qu'on dirige sur les voies urinaires, et sur les sys^ tèmes circulatoires et respiratoires; il continue par ceux qui se rapportent aux fonctions de relation et de la reproduction, et termine cette savante distribution par ceux qui agissent sur le système cutané ou tégumentaire. Dans cet ouvrage, le docteur Alibert ne se borne pas à cçxnsidérer l'action d'un seul médicament, ou,,iïiGme de plusieurs sur tel ou tel organe , mais il passe successivement en revue tous ceux que fournissent les trois règnes de la nature , en .con>mençant par le règne végétal et terminant par le règne animal.

Afin de n'omettre rien d'essentiel , et surtout à l'exemple de Desbois de Rocbefort , le docteur Alibert a consacré la fin de son deuxième

volume à tracer le tableau d'une pharmacologie complète. Le jeune praticien ne peut trop la méditer, par lesprit de sagesse et de discernement, qui préside à la composition des diverses formules qui s'y trouvent exposées.

Barbier. — C. Principes généraux de pharmacologie. I vol. in-8^

Le docteur Barbier , animé du désir de porter leflambeau de l'analyse dans l'étude, ainsi que dans la classification des médicamens, a publié ces principes de pharmacologie 5 et comme son ouvrage jouit d'une véritable faveur, je vais le faire connaître en peu de mots. L'auteur envisage tout médicament sous deux points de vue généraux et il distingue deux sortes d'effets dans leur action : 1 ° un effet immédiat ou pharmaceutique : a" un effet secondaire ou thérapeutique. Le premier est assez constamment toujours le même, quelle que soit la différence des tempéramens , etc. Le second est moins régulier; il est soumis à plusieurs circonstances qui ne permettent pas de savoir au juste quels seront les résultats de cette action secondaire. La sagacité, l'expérience du médecin peuvent seviles r éclairer sur les effets thérapeutiques

(l'un médicament quelconque. Après ces préliminaires , l'auteur entre en matière.

Dans une sorte d'introduction, il parle d'abord de la pharmacologie en général , et de ses rapports avec les autres branches de la science médicale j ensuite, dans trois articles séparés , il traite successivement de l'histoire naturelle, pharmaceutique et médicale des médicamens , ce qui le conduit à la classification des médicamens , sous le rapport de leur emploi en médecine : il en fait dix classes principales, dans lesquelles les substances médicamenteuses sont rangées d'après des usages qu'il a cru pouvoir leur assigner, et qui se rapprochent beaucoup de l'ordre suivi dans l'ouvrage de Desbois de Rochefort.

Cadet. — T>. Formulaire magistral^ enrichi de notes, par le docteur Pariset. i vol in-i8, 5® édition.

La rapidité du débit de ce petit ouvrage annonce assez son importance et même sa nécessité. Ici point de raisonnement sur les usages ou les effets plus ou moins connus des médicamens j l'auteur, pharmacien distingué, avait surtout en vue de présenter^ dans un cadre resserré, plusieurs formu-

ks accrédiices et mises en usage parles meilleurs praticiens. Parmi ces formules, les unes, plus anciennes, nont besoin d'aucun éloge, elles sont revêtues d'une sorte de sanction médicale consacrée par le temps ; les autres , composées par des médecins contemporains , n'en sont pas moins précieuses cependant, puisque les noms de leurs auteurs , justement recommandables , sont tous connus par une pratique que couronnent des succès journaliers.

L'ordre suivi par M. Cadet dans son formulaire est très-simple ; il consiste en une distribution , par ordre alphabétique, de toutes les formules renfermées dans l'ouvrage, qui est terminé par un mémorial pharmaceutique , dont les jeunes praticiens retireront beaucaup d'avantages.

Bourgeoise. — E. Vade-mecum du jeunç médecin; i vol. in-i8«

Quoique ce petit ouvrage ne soit pas spécialement destiné pour des élèves, et qu'il leur fût difficile de tirer un grand parti de sa lecture, je ne laisse pas que de le comprendre dans la bibliographie médicale de l'étudiant. Au mérite de renfermer un grand nombre de

formules, qu'on retrouve, il est vrai, dans le Formulaire magistral de M. Cadet, il joint l'avantuge de présenter un tableau raccourci des maladies pour lesquelles on les met en usage. Ce n'est point un ouvrage, dans Tacception rigoureuse de ce mot, sur la médecine ou sur la pharmacologie : c'est un compendium ) une espèce d'abrégé de plusieurs ouvrages d'un mérite non-contesté , et dont la lecture peut être profitable au jeune praticien. ^^"^^

Scnvv'iLGuÉ. — Traité de matière médicale , i^édition , augmentée de notes , par le docteur Njsten. — Bouiixon-Lagrange. — MaHUel du ^Pharmacien ; i vol. in-S''. — Peyki^m:. • — Tableau méthodique d^un cours d'histoire naturelle médicale ; 2 yol- in-8.^^ 1^ ^édition. — Roques. — - VlaïUes usuelles; 2 voJ.in-80, 2^ édition.

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