DE L'HYGIENE ET DE LA MEDECINE LEO A LE
De l'iiygiene.
Nous possédons en France plusieurs ouvrages sur l'hygiène publique ou privée ; mais la plupart de ces ouvrages se bornant à traiter des
points isolés, touchant la conservation de la santé, ne peuvent, par cela même, être mis entre les mains de jeunes étudians , qui doivent surtout s'habituer à considérer les objets de leurs études dune manière générale, je dirais presque sco* lastique. Dans cet état de choses, nous ne pouvons leur indiquer qu*un seul ouvrage, dont ils puissent tirer quelque parti j c'est celui de Tourtelle. Mais qu'ils se pénètrent bien de cette vérité : il n'en est pas de l'hygiène comme des autres branches de la médecine ; elle n'a point , comme ces dernières, de principes fixes et invariables, et l'importance qu'on a voulu lui donner pourrait bien n'être qu'imaginaire, de même que ses divisions, ses subdivisions, ses plans, ses prétendues méthodes de classifications sont trop arbitraires peut-être j l' hygiène enfin est un peu la médecine du bon sens. Il n'en est pas de même cependant lorsque , embrassant un champ plus vaste, elle considère, comme le fait le savant Hallé, les grands principes sur lesquels reposent la santé générale et la salubrité publique, indique les effets généraux des saisons el des climats sur le maintien de la santé chez l'homme , lui révèle l'importance et la dignité de son espèce , se rend l'interprète et le ministre de la Divinité qui
le forma, en lui faisant connaître tout ce qm peut concourir à sa félicité sur la terre. Mais quelle estime peut-on avoir pour ces prétendus traités d'hygiène, où Von ne trouve que des redites éternelles et des répétitions fastidieuses sur les vertus merveilleuses de l'eau et sur les mauvais effets du café ou du chocolat ; dans lesquels on croit fort important de s'occuper de' la quantité de sel et de poivre qu'un homme peut manger en un jour! Dans cette espèce de pénurie, et eu attendant d'ailleurs que le fruit des laborieuses veilles du professeur Hallé soit mis au jour, occupons-nous du seul ouvrage qui, sous ce rapport , mérite quelque attention.
To URTELLE. — A. Elémens dliygîène ; a vol in-S*», 5® édition.
Tourtelle définit l'hygiène, de V influence des choses physiques et morales sur l'homme et des moyens de consen>er la santé. Parlant de cette donnée générale, il dispose ses matières de la manière suivante. L'ouvrage entier est divisé en sept sections ou divisions principales. La première traite de la vie, de la santé en général et des forces qui animent l'homme j
Ces considérations préliminaires ont pour but d'examiner quels sont les effets différens que Tâge, lesexe et les diverses constitutions doivent apporter sur la vie et sur les forces qui l'entretiennent. Dans les cinq sections (Jui suivent , l'auteur examine successivement Vinfluence que les choses physiques et morales peuvent avoir sui' la santé de l'homme. Enfin dans la septième et dernière, il traite de l'hygiène publique; mais je dois faire remarquer que ce dernier chapitre, soit que Tourtelle ne l'eût point encore composé , ou que les éditeurs aient négligé de le comprendre dans les deux volumes qui portent le nom à^Elémcns d'hygiène , ne se trouve point dans l'ouvrage que j'ai sous les yeux^ et qui se termine au contraire par la section qui traite de l'action du physique sur le moral et du moral sur le physique.
Itard. — Hygiène domestique , traduit de l'anglais du docteur Wilich, i vok in ,8^
De la médecine légale.
^ 11 n'en est pas de la médecine légale comme de l'hygiène; nous possédons en France plusieurs ouvrages sur cette matière, qui ne le
cident point en mérite à ceux qui ont été publiés chez nos voisins, particulièrement chez les Allemands, qui se sont occupés avec beaucoup d'ardeur et même de succès de la jurisprudence médicale. Les intérêts dont s'occupe la médecine légale nous touchent de si près , l'honneur et la vie ont été si souvent compromis par la mauvaise administration des preuves et les inductions trop souvent funestes, qu'en ont tiré les tribunaux , qu'on doit peu s'étonner de la multiplicité des ouvrages publiés sur une matière aussi importante. Voici ceux qui me paraissent devoir être mis de 'préférence entre les mains des élèves.
FoDÉRÉ. -- A. Traité de médecine légale etdliygiènepuhlique;Ç}No\. iu-8°, 2^ édition.
On avait applaudi aux premiers efforts du docteur Fodéré; on avait trouvé que les trois volumes qui formaient la première édition de sou ouvrage, contenaient avec assez d'exactitude toi:t ce qu il importait de savoir en médecine légale. En publiant une deuxième édition de son livre, l'auteur a cru pouvoir l'augmenter du double de volumes ^ mais on a observé qu'il avait trop compté peut-être sur l'importance du
sujet , et qu'il avait même un peu abuse' de son premier succès. Quoi qu'il eu soit, voici l'ordre de ses matières et le plan très-étendu qu'il a cru devoir suivre; tous les objets traités dans son ouvrage se rapportent d'une part k la médecine légale criminelle, et de l'autre à la police de santé. Mais il est des sujets en médecine légale, qui appartiennent également à l'une comme à l'autre de ces deux grandes divisions , et qui cependant sont du ressort de la jurisprudence civile. Ils forment une division isolée, distincte des deux autres , à laquelle le professeur Fodéré donne le nom de médecine légale mixte, c'est-à-dire, de médecine légale, également applicable au civil, au criminel et à la police de santé ; elle forme la première partie de son ouvrage. Les objets qu'elle renferme sont en général très- variés; ils ont rapport aux divers âges de la vie, à sa durée relative ou absolue , à plusieurs circonstances qui tiennent â des dérangemens, soit au physique, soit au moral, mais que les tribunaux doivent connaître cependant , en raison des conséquences fâcheuses qui peuvent en résulter. Viennent ensuite le mariage et tous ses effets, la grossesse et tous ses accidens, l'accouchement et toutes ses suites : la naissance naturelle, pré-
fcoce ou tardive de l'enfant , et quelques autres objets, plus ou moins intéressans , sur lesquels d'ailleurs notre auteur jette beaucoup de variété, terminent cette première partie.
La seconde traite spécialement de la médecine légale criminelle. C'est dans cette seconde partie que se trouvent nécessairement les objets les plus importans ; et quand on veut les juger avec connaissance de cause , çe sont ceux qui exigent impérieusement la présence des hommes de l'art. La troisième partie , beaucoup plus générale , traite de la médecine légale sanitaire, qui comprend également la police médicale et l'hygiène publique. Tout ce qui tend à conserver l'homme en santé, soit en éloignant de sa personne les nombreux objets qui peuvent lui nuire, soit en l'éclairant sur ce qu'il doit faire pour y parvenir, compose cette troisième et dernière partie. Je ne puis entrer dans tous les détails qu'elle renferme ; mais, comme je le disais plus haut, ils sont aussi variés qu intéressans , et leur connaissance ne peut être que très-profitable. Telle est , d'une manière fort abrégée sans doute , l'analyse de l'ouvrage du docteur Fodéré , qui mérite d'être lu avec attention^
Metzger. — B. Principes de médecine légale ou judiciaire; ouvrage traduit en français par J. J. Bàllard, Docteur en médecine. I vol. in-S",
Cet ouvrage qui jouit en Allemagne d une grande réputation , et qu'il mérite sous plusieurs rapports , n'offre pas ce haut degré d'intérêt qui caractérise un ouvrage du premier ordre. Les élèves doivent cependant ne point en négliger la lecture , d'abord parce qu'il leur donnera une idée assez exacte de l'état de la médecine légale chez nos voisins d'outre Rhin ensuite parce qu'il renferme beaucoup d'érudition (genre de mérite dont ils abusent peut-être ), et que, sous ce rapport , il sera extrêmement utile à ceux qid auraient l'intention de faire des recherches suivies sur cette partie de la médecine. L'ou- ^Tage est divisé en sept sections. La première présente des considérations générales sur les qualités que doit posséder un bon médecm légiste, et sur les connaissances qu'il doit avoir non-seulement en médecine légale , mais autsi sur d'autres branches accessoires. Dans la seconde , l'auteur passe en revue les divers genres
de ïnort violente susceptibles d'informations judiciaires. Il passe, dans la troisième, à l'examen de tout ce qui appartient à la grossesse , et dé toutes les circonstances plus bu. moins extraordinaires ou fâcheuses qui peuvent l'accompagner. La quatrième est consacrée aux maladies simulées et aux effets de l'aliénation mentale. Il traite, dans la cinquième , de l'âge de l'homme et de la durée de la vie humaine. La sixième est relative au viol et au coït illicite, ainsi qu'à la grossesse. Enfin, dans la septième, il est question des facultés génératrices. L'ouvrage est terminé par des notes sur chaque section, qui forment à elles seules presque la moitié du volume , et qui sont destinées àéclaircir plusieurs points douteux ou difficiles traités dans le corps de l'ouvrage.
Belloc; — C. Cours de médecine légale ^ théorique et pratique. \ vol. iu-8°.
Quoique les deux ouvrages que je viens de faire connaître soient suffisans pour donner aux élèves les connaissances qu'ils doivent posséder en médecine légale , je crois devoir cependant les engager à lire celui de Belloc. Il n'offre pas^
il est vrai, une instruction très - profonde m jurisprudence médicale; mais il présente des faits bien exposés j il annonce un médecin versé dans la rédaction des actes médico-juridiques, et familiarisé avec la pratique médico-légale. Sous ce rapport, il convient infiniment aux jeunes médecins et chirurgiens qui débutent dans la carrière médicale, en leur traçant en peu de mots la marche qu'ils doivent suivre, lorsqu'ils sont requis par l'autorité pour faire un rapport sur un fait quelconque de raédecine légale.
Mahon. — Médecine légale ou police médicale (ouvrage très-rare), 5 vol. in-8° — Marc. De V Autopsie cadai^crique et de la Docimasie pulmonaire ; traduit de l'allemand du docteur Rose , par le docteur Marc , 1 vol.in-8°— -Orfila. Toxicologie générale ; 4 vol. in-8^. — Chaussier. Consultations mebrochure in-8°^