ACCOUCHEMENS , MALADIES DES FEMMES ET DES ENFANS
Je n'ignore pas que les accouchemens et tout ce qui s'y rapporte , forment , avec l'hygiène et \a. médecine légale, la matière du quatrième examen que subissent les élèves à la faculté pour parvenir au grade de docteur. Aussi ne les aurais-je point séparés del'article précédent, si l'extension donnée depuis quelques années à. la science ainsi qu'à l'art des accouchemens, ne m'avait fait une loi pour ainsi dire, d'en agir autrement. J'en appelle aux élèves eux-mêmes : ils n'étudient point la médecine légale ou l'hygiène, seulement pour faire dans leur pratique de l'hygiène ou de la médecine légale ; mais il n'en est pas de même des accouchemàns qu'ils cultivent, réellement pour" les pratiquer, et je pense en effet qu'ils ne peuvent trop s'adonner à cette étude, surtout à la partie pratique, à laquelle on ne peut se familiariser qu'à Paris.
La France est très-riche en ouvrages sur les, accouchemens. Sous ce rapport, elle n'a rien à envier aux nations voisines, qui reconnnaissent, elles-mêmes notre supériorité dans cette partie d.e la médecine. Comme de tous les ouvrages.
qui ont le plus contribué à nous donner cette espèce de suprématie en accouchemens , celui de Beaudelocque est, sans contredit, le plus recommandable; il est trop juste qu'il soit le premier offert aux études de l'élève.
Beaudelocque. - A, Vart des accouchemens; 3 vol. in-8% 4^ édition.
Avant l'ouvrage du professeur Beaudelocque, qui parut pour la première fois en 1781, on peut dire que les accouchemens n'avaient poinç encore été présentés sous une forme aussi savante et aussi méthodique. Cet ouvrage , au moment de sa publication , fut accueilli avec une sorte d'acclamation ; et chez Fctranger comme en France, il eut un véritable succès d'enthousiasme. Cette réputation ne s'est point affaiblie depuis, et malgré le mérite incontestable de plusieurs écrits publiés dans ces derniers temps, sur la même matière, celui de Beaudelocque n'en conserve pas moins le rang que lui assure son mérite éclatant.
L'ouvrage lui-même est divisé en quatre parties. Dans la première se trouvent renfermés tous les objets relatifs à la connaissance des organes sexuels de la femme, ainsi qu'aux fonction^
qui en dépendent, telles que la génération, la conception et la grossesse. L'iilstoire complète du fœtus termine cette première partie. La seconde est consacrée à l'exposition du mécanisme de l'accouchement naturel, considéré dans toutes ses divisions ; la délivrance ainsi que les soins à donner à la mère et à l'enfant, complètent cette seconde partie y les deux dernières renferment les accoucliemens, dont la nature seule ne peut effectuer la terminaison , et qui exigent absolument les secours del'art. Beaudelocque les divise (et c'est ici le point défectueux de son ouvrage, au moins quant à la division) en accouchemens contre nature et en açcoucliemens laborieux. Des discussions très-étendues sur la préférence que l'on doit accorder à l'opération césarienne , sur celle de la symphise, discussions qui pouvaient avoir leur importance à l'époque où elles fureur, publiées , mais qui sont sans intérêt aujourd'hui , occupent une grande partie du second volume , ainsi qu'une longue querelle avec un accoucheur obscur. Quoi qu'ilen soit, l'ouvrage du professeur Beaudelocque n'en est pas moins un traité complet sur l'art des accouchemens j les préceptes qu'il renferme sont ceux d'un grand maître, auxquels d'ailleurs la pratique la plus étendue im-
prime une sorte d'autorité , que le temps n'a fait qu'affermir de plus en plus.
jB. Nouveaux Elémens de lu science et de ïart des Accouchemens , suivis du Traité, des maladies des femmes et des enfans 2 vol. in-8°, 2^ édition.
Quoique je sois loin d^ méconnaître le mérite incontestable de plusieurs ouvrages qui ont paru depuis quelques années sur les accouchemens , j'ai pensé que celui que j'ai publié sur la même matière pouvait , avec celui de Beaudelocque^ suffire à l'instruction des élèves.
Mon ouvrage diffère peu , ainsi que ceux de mes savans confrères, de celui du professeur. Beaudelocque , quant à la distribution générale : peut-être cependant y trouvera-t-on une théorie plus éclairée , des points de physiologie mieux exposés et en général plus, de méthode et, de clarté ; mais un mérite que nous avons sur Beaudelocque, c'est d'avoir renfermé en un seul corps de doctrine , non seulement tout l'art dea ■jccouchemeùs, mais d'y avoir fait entrer égale- Tiient les maladies des femmes pendant la gros-; sesse et après l'accouchement , ainsi que celle^ nies enfans nouveau-nés.
Oardien, — Traité complet accoucheriiens ^ de maladies de femmes et des enfans ; 4 yol, , 2^ édition. — Capuron. Cours d^accouchemens, théorique et pratique ; I vol, in-S*', 2« édition,