TRAITÉS PARTICULIERS DE MEDECINE
Alibert. — A. Traité des Fièvres pernicieuses; I vol. in-8^, 4*^ édition.
Cet ouvrage , du docteur Alibert , fut composé dans le principe pour sa thèse inaugurale. L'excellente doctrine qui s'y trouvait renfermée, les faits précieux que l'auteur y avait rassemblés , et l'ordre qu'il a suivi , donnèrent beaucoup de succès à cette production , qui n'était alors qu'une brochure de 120 pages.
Les augmentations successives dont il a enrichi son premier travail, en ont fait un ouvrage important et un traité complet sur les fièvres pernicieuses.
Après avoir fait connaître les causes variées et la nature particulière des fièvres pernicieuses j le docteur Alibert décrit , avec une rare exactitude , la marche, le développement et la terminaison de toutes les espèces de fièvres qui
présentent ce caractère , pour le traitement desquelles Fauteur insiste surtout , d'après les observations des plus grands maîtres , sur l'emploi du quinquina donné à fortes doses.
L'ouvrage est terminé par une dissertation très-savante et très-instructive , sur toutes les espèces connues du quinquina.
On peut juger de la vérité des tableaux que le docteur Alibert a tracés dans l'ouvrage que nous analysons , par le fait suivant. L'auteur , dont l'imagination trop ardente était comme exaltée par la peinture vive et animée des maladies qu'il décrivait, fut lui-même atteint d'une fièvre pernicieuse dont les suites, fort heureusement pour l'art, n'ont pas été aussi funestes que la plupart de celles dont il nous a ■fait connaître l'issue malheureuse.
Le Traité des fièvres pernicieuses , comme tous les autres traités particuliers que nous allons faire connaître , ne doit être l'objet des études de l'élève , que lorsqu'il s'est déjà familiarisé avec la lecture d'un traité général quelconque de médecine, Ce conseil, que nous donnons pour l'étude de la médéeine proprement dite , s'applique également à toutes les autres branches de la science médicale. Tout
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ce qu'on pourrait objecter contre cette manière d'étudier en général est dénué de raison , et s'éloigne absolument de la véritable méthode d'apprendre.
HuxAM. — JB. Essai sur les différentes espèces de fîèpres y traduit de l'anglais j i vol. in-i 2.
L'ouvrage d'Huxam ne peut être comparé à celui de Sidenham , ni pour l'étendue , ni pour le rare mérite des descriptions. Huxam s'est en effet borné à tracer l'histoire , admirable il est vrai , de quelques fièvres , de celle surtout à laquelle il a eu l'heureuse idée de donner le nom de lente nerçeuse ; mais son ouvrage , de peu de valeur en apparence , sous le rapport de l'étendue , n'en est pas moins extrêmement prér cieux sous celui des excellentes choses qu'il renferme,
CoRVTSÀRT. — C. Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur et des gros vaisseaux ; I vol. in-S"* , 2* édition. — Noupelle méthode pour reconnaître les maladies internes de la poitrine , par la percussion de cette cai^ité , traduit du latin d'Avenbrug-. ger ; 1 vol in-8°,
Avant M. Corvisart , les histoires et les obser- Tations des maladies du cœur se trouvaient répaiidueSjS ans ordre et sans méthode , soit dans quelques traités généraux de médecine, soit dans des recueils de faits relatifs à l'anatomie pathologique. Le savant professeur que je viens de citer est le premier qui en ait fait un corps de doctrine. Riche de ses observations particulières et d'un travail assidu de plusieurs années , sur tout ce qui pouvait éclairer le dia7 gnosiic et l'histoire des maladies du cœur , il a enrichi la littérature médicale d'un des ouvrages les plus remarquables de l'époque actuelle. Voici le plan qu'il a suivi , et qui est textuelle^ ment copié de l'ouvrage même.
Les différens états pathologiques par où le cœur peut passer forment les bases des divisions générales de Fouvrage. Dans la prernière se trouvent les affections des enveloppes membraneuses du cœur 5 la seconde comprend celles de la substance musculaire ; dans la troisième sont exposées lei lésions du tissu fibreux ou tendineux ; les affections qui intéressent divers tissus du cœur , et les états contre nature , qui peuvent être considérés comme maladies de l'or* gane , sont placés dans la quatrième ; la ciu"
quième enfin renferme une histoire abrégée des anévrismes de l'aorte.
A la fin de l'ouvrage , l'auteur résume , sous la forme de corollaires, les principaux points du diagnostic , et les présente dans un ensemble qui en offre les caractères généraux. Presque toutes les observations renfermées dans l'ouvrage ont été suivies des ouvertures cadavériques faites à l'hospice de la Charité , sous les yeux de l'auteur et d'un grand nombre d'élèves qui avaient suivi les maladies dans tous leurs développemens.
L'ouvrage d'Avenbrugger sur les avantagés de la percussion de la poitrine , pour reconnaître les maladies de cette cavité, traduit et commenté par M, Corvisart; , ajoute encore et confirme la vérité des observations pratiques du traité sur les maladies du cœur. Les élèves ne doivent point réparer la lecture de ces deux ouvrages ; ils se prêtent un mutuel appui et ne peuvent être séparés.
Quelques personnes , comme je l'ai dit plus haut , trouverônt peut-être extraordinaire que je place à l'article Médecine^ des ouvrages qu'elles auraient voulu voir à celui d^Anatomie pathologique. J'ai cru devoir en agir autrement ,
par la raison qu'on \w peut plus, dans Fétat actuel des connaissances médicales , séparer Thistoire des maladies de celle des ouvertures cadavériques , et qu'une pratique médi-^ cale qui n'est point basée sur cette double connaissance , n'est que de la routine et une suite continuelle de tâtonnemens et d'erreurs. C'est donc avec intention et en y réfléchissant mûrement que non-seulement l'ouvrage du professeur Corvisart se trouve parmi les ouvrages de médecine pratique , mais que j'ai cru devoir y placer également les phlegmasies chroniques de M. Broussais.
Broussais. — Histoire des Phlcgmasies ou Inflammations chroniques y 2 vol. in-8" , 2^ édition.
Cette nouvelle édition des Phlegmasîes est en tout conforme à la première , dont elle ne diffère que par la date.
L'objet de Touvrage du docteur Broussais est de déterminer l'origine, la nature, les progrès et les terminaisons d'un genre de maladies souvent inconnues dans leur principe. Voici comment rauteur a disposé son travail : Il commence par donner une idée générale de Tinflam-
tnation, de la manière dont elle devient chronique, et des troubles qu'elle occasionne dans cet état. C'est à cette occasion qu'il présente le tableau des indurations et des inflammations chroniques , succédant à la péripneumonie et â diverses autres maladies inflammatoires des principaux organes de la poitrine et du basventre. Des observations et des ouvertures cadavériques viennent à l'appui des principes de Fauteur, qui partout se montre praticien exercé et observateur habile.
Cet ouvrage , qui fait beaucoup d'honneur aux talens du docteur Broussais , demande d'être lu avec une grande attention par les élèves, s'ils veulent en saisir l'ensemble et de cette manière en apprécier les détails. Digne, en effe t, d'une distinction particulière, cet ouvrage jette de vives lumières sur une matière difficile et qui exigeait , de la part de l'auteur , des connaissances étendues en anatomie.
Alibirt. Précis historique et pratique sur les maladies de la peau ; i vol. in-S". — PiNEL. Traité médico-philosophique sur V Aliénation mentale y i vol. in- 8°, 2^ édition.