FÉVRIER
1" Territoire militaire.
Cercle d'Ambatondrazaka. — Aucun événement militaire important n'est survenu dans la région d'Ambatondrazaka, où les inondations, qui augmentent considérablement chaque année à cette saison la surface du lac Alaotra, empêchent de poursuivre les bandes rebelles qui occupent encore les massifs montagneux situés à l'ouest du lac.
Cercle d'Ambohidrabiby. — Dans le secteur d'Ambatomainty, des fractions de la bande de Rabozaka ont attaqué sans succès le poste d'Analabé, les 12 et 15 janvier.
Ce même jour, une patrouille du poste d Andranomalaza est entourée par une bande très nombreuse et ne réussit à se dégager que par une charge à la baïonnette, après avoir eu 2 blessés. Une sortie vigoureuse, faite aussitôt par le poste, met les rebelles en fuite; 8 fusils restent entre nos mains.
Le 19, le blockhaus de Nosivato, entre Analabé et Anjozorobé, est également attaqué avec acharnement. Le sergent Laquerbe, qui le commandait, est tué dans la lutte, et les tirailleurs malgaches n'arrachent son corps aux assaillants qu'avec les plus grandes difficultés.
Les attaques répétées de Rabozaka démontrant l'urgence d'opérer contre ses bandes, M. le colonel Combes renforce tout d'abord le réseau de surveillance qu'il a installé dans la vallée du Mangoro, entre Merimitatatra et Mandialaza.
Un peloton de la 7" compagnie de tirailleurs algériens est chargé d'occuper à cet effet plusieurs blockhaus, sur la lisière orientale de la forêt. En même temps, M. le capitaine Marcajoux, de la 2'' compagnie de tirailleurs malgaches, reconnaît le pays compris entre la route d' Anjozorobé, Tanifotsy et le coude de la Mananara; enfin des blockhaus sont installés de ce côté de la foret.
Le colonel Combes rassemble ensuite les troupes mobiles dont il dispose et qui forment plusieurs groupes sous le commandement des capitaines Lucciardi, Rémond et Marcajoux.
Cercle de Moramanga. — Au nord de la ligne d'étapes, une battue faite dans les environs d'Ambohidray par M. le capitaine Lemoine, avec un détachement de tirailleurs haoussas, a pour résultat la destruction de quelques campements que les rebelles venaient de réinstaller à la lisière de la grande foret. Cette reconnaissance, faite malgré les difficultés résultant des inondations, achève d assurer la sécurité de la vallée moyenne du Mangoro.
Dans le sud du cercle, aucune opération importante à signaler. Le 20 février, cependant, le sergent-major Fauclière, de la 7*^ compagnie d'Algérie, ayant reconnu, à divers indices, que les rassemblements devaient se trouver non loin de son poste d'Ambatosana, parvient à atteindre, avec 10 tirailleurs seulement, un camp assez nombreux. Abordés à la baïonnette et complètement surpris, les rebelles sont mis en pleine déroute, après avoir subi quelques pertes et abandonné plusieurs fusils.
Cercle d'Ambatomanga. — Tandis que les troupes mobiles du cercle prenaient part aux opérations de la colonne Hurstel, les postes de la partie centrale, Antanetibé, Lazaina, Ambohitromby, avaient dû limiter leur action à la protection de la zone déjà pacifiée.
Une notable partie de la population du Sisaony, entraînée par quelques chefs influents, était réfugiée dans la région de Nosibé-Iharamalaza, où elle se croyait à Tabri de toute attaque. Sous peine de compromettre les résultats acquis, une action immédiate s'imposait contre ces bandes.
A la téte d'une colonne, composée de détachements de la ô'' compagnie d'infanterie de marine, de lal""^ compagnie de la légion (capitaine Flayelle), des 2*" et 8*" compagnies de tirailleurs algériens (capitaines Talion et Yuillemin), de conducteurs sénégalais et d'une pièce de 80 millimètres de montagne (lieutenant Charbonnel), M. le chef de bataillon Drujon enlève, le 6 février, le village fortifié de Nosibé. Un canon en fer forgé, 21 fusils à tir
HISTOIRE
rapide et une grande quantité d'armes blanches sont abandonnés par l'ennemi.
Une poursuite vigoureuse achève de disperser un groupe de rebelles qui tentaient de fuir vers Tlkopa; beaucoup se noient en cherchant à franchir cette rivière.
Le 9 février, le commandant Drujon marche sur Ambohimarina, autre point d'appui très soigneusement fortifié par les chefs insurgés, qui, n'osant pas le défendre, le brûlent et Tévacuent à Tapproche de la colonne.
Pendant ce temps, les reconnaissances des capitaines Flayelle et Vuillemin, continuant à battre la région, recueillent de très nombreuses soumissions.
Le 19 février, le lieutenant Raudey détruit, à l'est deNosibé, le camp d'mi petit chef de bande. Dans la nuit du '25 au 26, le capitaine Flayelle détruit également, près de la route d Ainbohidrafito à Beparasy, le camp du chef rebelle Ramarakoto, tandis que le lieutenant Dérigoin surprend une autre bande aventurée dans un village, hors de la forêt, lui enlève plusieurs fusils et lui fait 50 prisonniers.
Plus de 1000 soumis se présentent encore, à la suite de ces opérations incessantes, aux commandants des postes du secteur de la Varahina.
Dans le secteur du Yoromahery, le chef rebelle Ramampanjaka étant venu rejoindre Kainibetsimisaraka dans la foret, au sud de la Sahatoai^endrika, le capitaine Deleuze a pris immédiatement ses dispositions pour marcher contre ces deux bandes.
A la tète d'une colonne composée d'une section de légion étrangère, d'un peloton de la 11^ compagnie de tirailleurs malgaches et d'un détachement de milice, il atteint les rebelles le 22 février aux sources de la rivière Mananjary. Ceux-ci prennent la fuite vers le Sud après avoir incendié les campements considérables qu'ils occupaient.
Ce succès a la plus heureuse influence sur les populations du Voromahery, qui, en quelques jours, remettent volontairement 115 fusils, dont plus de la moitié à tir rapide.
Au commencement de février, de nombreuses bandes de dissidents provenant du Mamolakazo, de l'Ambodirano et du Marovatana occupent le Valalafotsy, où aucune troupe française n'a encore pénétré.
Dans la nuit du 12 au 15, le lieutenant Sabaton, à la tète de 54 hommes d'infanterie de marine et de quelques miliciens, surprend une de ces bandes, au village d'Amboniriana, sur la Masiaka, lui fait subir de très grosses pertes et lui enlève 14 fusils, 159 armes blanches, plus des munitions et approvisionnements de toute nature.
Le 27 février, M. le commandant Reynes réunit à Ambohijanamasoandro une colonne composée d'un peloton de la 5® compagnie d'infanterie de marine, un peloton de la 5^ compagnie sénégalaise, un détachement de milice et une pièce de 80 de montagne. Le 28, il se porte sur Soalaka, poussant devant lui de gros rassemblements, qui ne lui offrent pas de résistance sérieuse et se réfugient sur la rive gauche de la Masiaka et à Fenoarivo même, où il va bientôt les attaquer.
Cercle de Babay." — Dans le nord du Vonizongo, un groupe de rebelles a été signalé, le 19 février, aux environs de Kiangara. M. le capitaine Robin, de la D'' compagnie sénégalaise, a réussi à le surprendre à la suite d'une marche rapide qui lui a permis de faire une quarantaine de prisonniers et d'enlever plusieurs fusils.
Quelques jours après, le lieutenant Sapliore, do la 5'' compagnie d'infanterie de marine, surprend à son tour, au village de Mandanja, au nord-ouest d'Ankazobé, une autre bande qui laisse entre nos mains 50 prisonniers et 9 fusils Snyder.
Ces deux heureux coups de main ont achevé d assurer la sécurité de la route de Majunga.
Dans le secteur de Tsimahafotsy, des reconnaissances incessantes ont réussi, pendant le mois de février, à empêcher les bandes des lieutenants de Rabezavana de venir se réinstaller sur la rive gauche de la Sahasarotra.
Territoire civil.
A la suite des troubles qui avaient éclaté à Mananjary, résidence de Lamby, la 8'' compagnie de tirailleurs malgaches, sous les ordres du capitaine Delort, est envoyée dans cette province. Pendant tout le mois de février, elle parcourt la région côtière sans rencontrer aucune résistance de la part des insurgés.
Dans le nord de Tile, la 6' compagnie de tirailleurs malgaches, sous les ordres du capitaine Clavel, se porte de Maroantsetra à Befandriana, sans autres incidents que ceux qui résultent de la mauvaise saison et de la difficulté des chemins.