MARS
1"' Territoire militaire.
Cercle d'Ambohidrabiby. — Le 8 mars, le camp de Mampidongy est enlevé par la colonne du capitaine Lucciardi. Les bandes de Rabozaka, mises en complète déroute, se heurtent à la colomie du capitaine Marcajoux et sont rejetées dans la forêt, après avoir subi de fortes pertes.
Dans la journée du 9, le capitaine Lucciardi se lance, avec 90 tirailleurs, sur la piste suivie par le principal groupe de fuyards. Il Tatteiiit en pleine forêt et lui inflige de nouvelles pertes. 20 fusils à tir rapide, des armes blanches, des troupeaux restent entre nos mains, ainsi que 60 prisonniers.
Afin d'empêcher Rabozaka de rejoindre Rabezavana, le colonel Combes prend aussitôt ses dispositions pour pousser ses postes à l'ouest de la ligne Ambatomainty-Tanifotsy. Le capitaine Dubois occupe Ambohimpanompo, le 16 mars; le 18, le capitaine Remond occupe Manohilahy, après un court engagement.
Enfin, M. le capitaine Staup prend, le 27 mars, à Takoderaina, le commandement d'un groupe destiné à opérer contre Vohilena.
HISTOIRE
Cercle de Moramanga. — Une série de reronnaissancos exécutées dans les secteurs d'Analahé, de Merimitatatra et de Moramanga ont peiinis d'infliger des pertes sensibles aux rebelles et de leur enlever un certain nombre d'armes.
Au sud de la ligne d'étapes, quelques petites bandes se sont montrées dans le massif du Fody, où elles auraient pu devenir un danger pour les convois, si elles n'avaient été vigoureusement poursuivies par les garnisons des postes d'Andakana et de Sabotsy.
Dans la région d'Anosibé, un agitateur a l'ait, sans succès, plusieurs tentatives pour recruter des partisans parmi les Betsimisaraka.
Cercle de Babay. — Le 4 mars, le lieutenant Lacoste, de la 4' compagnie sénégalaise, partait du poste de Soavimanjaka avec 55 tirailleurs et surprenait, dans la nuit du 4 au 5, sur la rive gauche de l'ikopa, la bande du chef rebelle Rainijirika; après une lutte assez vive, il s'emparait de 59 fusils et délivrait environ 5500 indigènes que Rainijirika maintenait de force dans la rébellion. Les indif^ènes rentrèrent dans leur villaues à la suite du détachement, ramenant avec eux plus de 6 000 têtes de bétail.
Le 11 mars, le chef Rainimasongy venait faire sa soumission à Ankazobé. Le 22, son lieutenant, Rakotobesoka, venait également se rendre avec 76 hommes qui ont remis 20 fusils à tir rapide.
2' Territoire militaire.
Cercle de Tsiafahy (Ambatomanga). — Une bande de rebelles, composée en grande partie des assassins de M. Duret de Brie, occupait, depuis quelque temps, la haute vallée de l'ikopa et inquiétait constamment les postes du secteur de Maroandriana ; il devenait indispensable d'ai^ir contre elle au plus vite.
Le 5 mars au matin, trois détachements, comprenant ensemble une centaine d'hommes de la 6" compagnie d'infanterie de marine et de la 1'*^ compagnie de légion, partent d'Andramasina, d'Ambohimanjaka et de Manjakalanitra pour converger vers Manarintsoa. La bande ennemie, surprise et complètement cernée, tente en vain de s'échapper; elle est entièrement détruite; 150 prisonniers et une grande quantité d'armes de toute nature tombent au pouvoir des trois détachements.
Les jours suivants, plusieurs postes sont installées dans la haute vallée de rikopa, où 1580 indigènes font leur soumission et livrent 58 fusils.
Un peloton de la 12' conqDagnie du régiment colonial, sous les ordres de M. le capitaine Michclangeli, a occupé la lisière Est de la forêt, de concert avec les connuandants des postes établis à Andakakely et à Beparasy par le commandant du cercle de Moramanga.
Pendant ce temps, des détachements de la 2"^ compagnie du bataillon de la Réunion, de la 2*^ compagnie de tirailleurs algériens et de la 1'"^' compagnie de légion, avec une section d'artillerie de 80 millimètres de montagne, se concentraient à Imerinarivo et à Nosibé, pour battre la lisière Ouest. Les
24, 25 et 26 mars, tous les campements des rebelles installés de ce côté ont été détruits.
Dans le secteur du Voromaliery, une petite colonne composée de 130 tirailleurs malgaches et de quelques légionnaires, sous les ordres des capitaines Deleuze et Compérat, a quitté Tsinjoarivo, le 24 mars, pour reconnaître les sentiers qui conduisent à la vallée du Mangoro. Après une marche des plus laborieuses à travers la grande forêt, qui n'exige pas moins de cinq jours pour la traversée, le détachement débouche près du village betsimisaraka de Mahatsara, puis fait sa jonction sur le Mangoro avec une reconnaissance venue d'Anosibé, sous le commandement du lieutenant Grillo.
Tandis que le capitaine Compérat poursuit sa marche sur Mahanoro par Ambohimanga, où il doit installer le lieutenant Grillo en qualité de chancelier, le capitaine Deleuze établit des postes à Sandrananda, sur le Mangoro, et à Ambohimilanja, où il laisse le capitaine Pichon.
Cercles-annexes de Betafo et d'Arivonimamo. — Aucun événement militaire important ne s'est produit dans le cercle annexe de Betafo.
Un peloton de la 12'' compagnie de tirailleurs malgaches occupe maintenant Inanatonana, point de départ de la principale voie de pénétration vers le Ëetsiriry, et une ligne de postes de milice et de villages armés complète la ligne de la surveillance établie à la limite occidentale de la partie habitée de cette province pour en protéger les habitants contre les incursions périodiques des Sakalavcs.
Il ne s'est produit aucun fait militaire méritant d'être cité dans le cercle annexe d'Arivonimamo, où il ne reste, non plus, comme troupes régulières, que des fractions des 5^ et compagnies d'Algérie, chargées de la surveillance des deux versants de l'Ankaratra.
Cercle de Miarinarivo. — Le 2 mars, le commandant Reynes s'empare de Fenoarivo, que les rebelles évacuent en toute hâte à l'approche de la colonne.
Quelques jours plus tard, Tompomanandrarina tombait entre nos mains. L'occupation du Valalafotsy devint ainsi un fait accompli.
Dans le Mandridrano, au sud du lac Itasy, plus d'un millier d'habitants sont venus, dans la première quinzaine de mars, faire leur soumission aux différents postes installés par le capitaine Schaeffer.
Le 12, une opération très heureuse a été exécutée par M. le capitaine Robert, de la 5*^ compagnie d'infanterie de marine, contre les derniers rassemblements de rebelles, qui se maintenaient encore dans le Valalafotsy. Campés sur les bords de la Jangoana, au nord-ouest de Fenoarivo, ces rebelles se croyaient hors de portée de nos troupes et se refusaient à venir faire leur soumission.
Renseigné d'une manière précise, le capitaine Robert réussit d'abord, le 12 mars, à surprendre, avec 40 hommes de sa compagnie, de grosses bandes qui se dispersent sans lui opposer de résistance sérieuse ; le lendemain par une habile manœuvre, il accule plusieurs milliers d'indigènes au
HISTOIRE
cours débordé de la Masiaka et les oblige à faire en bloc leur soumission. Il ramène ainsi à Fenoarivo plus de 4000 habitants qui sont autorisés à réintégrer leurs villages. Ce succès semble avoir marqué la lin de l'insurrection dans le Valalafotsy.
Territoire civil.
La compagnie Clavel, poursuivant sa marche vers la côte Ouest, est arrivée, le l*^' mars, à Befandriana que les rebelles venaient d incendier la veille en l'évacuant.
Le 4 mars, tandis que M. le résident Pradon installait un chancelier et un détachement de milice à Befandriana, le capitaine Clavel se mettait à la poursuite de la bande ennemie que Ton savait s'être maintenue à petite distance. Il l'atteignait, le 6 mars, à Ampamoto, où elle venait de faire sa jonction avec une bande chassée de la côte par les opérations du Météore et de la milice de M. l'administrateur Troupel.
Après une heure d'un engagement très vif, les rebelles étaient mis en complète déroute et s'enfuyaient dans les bois, abandonnant sur le champ de bataille 5 canons, 4 drapeaux aux armes de la reine, 52 fusils, 210 sagaies, 54 sabres et 41 barils de poudre, ainsi qu'un gros approvisionnement de munitions; tous les bagages de la bande et une partie de ses troupeaux. L'ennemi avait plus de 150 hommes hors de combat; mais, de notre côté, sur 100 hommes présents, nous comptions un tirailleur mortellement blessé et neuf caporaux ou tirailleurs plus ou moins grièvement atteints.
Le 8 mars, le lieutenant Bastard occupait Antsohihy avec une section; le 13, le capitaine Clavel atteignait Andranosamonta d où il pouvait évacuer ses blessés sur Nossi-Bé.