AVRIL
1" Territoire militaire.
Cercle d'Ambatondrazaka. — En vue d'assurer l'occupation du pays situé à l'ouest du lac Alaotra, M. le commandant Bouland a constitué deux petites colonnes, l'une à Imerimandroso, sous les ordres du capitaine Chieusse, l'autre à Ambatondrazaka sous ses ordres directs.
Franchissant le lac, le 15 avril, en face d'Imerimandroso, le capitaine Chieusse s'est emparé tout d'abord, dans la journée du 16, du village fortifié d'Ambohijanahary, où il a installé un poste. Il s'est porté ensuite sur Ampandrana par une marche rapide, tandis que le commandant Rouland, à la tète du 2^ groupe, s'emparait successivement d Amparafaravola et d'Ambohilona, refoulant devant lui les bandes assez nombreuses de Marofotsy et de Menalamba.
Les deux colonnes ont fait leur jonction, le 25 avril, près d'Ampandrana, après avoir repris aux rebelles d'immenses troupeaux qu'ils avaient volés l'année précédente dans le pays des Sihanakas. Le commandant Bouland,
revenant alors à Amparafaravola, y créa un poste, puis se dirigen sur Morafeno, qu'il a enlevé après un court engagement. La colonne est rentrée à Ambatondrazoka après avoir installé des blockhaus à Ambohitromby et sur la ligne des hauteurs qui s'étend entre Amparafaravola et Morafeno, afin d'achever, du côté de l'Ouest, la protection du pays antsilianaka.
Pendant ce temps, une demi-section de tirailleurs malgaches occupait le centre important de Didy, au sud-est d'Ambatondrazaka, achevant ainsi la liaison avec les postes établis sur la rive gauche du Mangoro.
Cercle d'Ankazobé. — Les opérations préparées, dans le courant de mars, par le colonel Combes, ont eu pour résultat, le 12 avril, l'occupation du point important de Yohilena, dont le capitaine Staup s'est emparé après une légère résistance.
Cette occupation a d'ailleurs été précédée de l'organisation de toute une série de postes, formant un demi-cercle complet, autour de la zone où se tenaient encore les rebelles et qui s'étendait d'Analaroa à la Betsiboka.
Partant peu après de Vohilena, le colonel Combes a poussé une pointe vigoureuse jusqu à Antsatrana et y est entré, le 28 avril, sans coup férir. Ce mouvement avait été combiné avec une démonstration exécutée sur la rive gauche de la Betsiboka pai* les forces disponibles du Vonizongo, de manière à empêcher les bandes qui refluaient devant la colonne du colonel Combes de se rejeter vers l'Ouest.
Le lendemain de l'occupation d'Antsatrana, le capitaine Laborie, de la "^^ compagnie du 15^ régiment, franchissait la Betsiboka, et exécutait, dans le massif du Vombohitra, une série de reconnaissances qui ont décidé à la soumission une fraction notable de la population sakalave de cette région.
Cercle d'Ambohidrabiby. — Des détachements de la 0'' compagnie sénégalaise ont occupé, le 5 avril, les deux points d'Anjiro et de Faralahitsidiso, au nord de Tanifotsy, et ouvert ainsi une nouvelle voie de communication, à travers la forêt, entre la haute vallée du Mangoro et le bassin de la Maliajand)a.
A quelques kilomètres de Tanifotsy, un détachement de la 2* compagnie sénégalaise a attaqué, le 13 avril, un groupe de campements qu'il avait réussi à découvrir au cœur de la foret. Bien que la bande fût peu nombreuse, la lutte a été des plus vives, et nous avons eu 1 tirailleur tué et 5 blessés.
Cercle de Moramanga. — De nombreuses reconnaissances n'ont cessé de poursuivre l(>s petits groupes de rebelles qui se maintenaient encore dans la zone forestière qui borde la vallée du Mangoro.
Dans le secteur d'Analabé, M. le capitaine de Châteauneuf a détruit de nombreux campements et fait subir des pertes sensibles aux rebelles. Un important mouvement de soumission a été la conséquence de l'activité déployée par les postes de ce secteur.
Du coté de Beparasy, une surprise de nuit habilement conduite par le
HISTOIRE
lieutenant Grémillet a fait tomber entre nos mains, le 17 avril, 12 prisonniers d'une bande qui tenait depuis longtemps le pays, au sud de la ligne d'étapes.
Une autre reconnaissance, partie d'Andakakely le 24 avril, a sur|)ris, au nord-ouest de Sabasoa, un autre camp où ont encore été faits d«' noudjreux prisonniers. Enfin, le 27 avril, le lieutenant Pernot, officier de renseignements du cercle deMoramanga, tombant à l improviste, avec (piebjues tirailleurs haoussas et miliciens, sur les campements du chef battu, le 17, par le lieutenant Grémillet, réussit à détruire ses campements et à faire plusieurs prisonniers.
Le lieutenant Comiot, de la 2*^ compagnie de la légion étrangère, commandant le poste d'Ambodifiakarana, a surpris, le 18 avril, le campement du chef rebelle Ramampanjaka, auquel il a enlevé plusieurs hommes, pris douze fusils et tous ses bagages.
Le capitaine Deleuze a surpris de son côté, le 25 avril, un campement de Rainibetsimisaraka, lequel a eu quelques hommes tués, a perdu six: fusils et son mulet de selle. Le lendemain, des patrouilles capturaient la mère de Ramampanjaka, son frère et plusieurs autres membres de sa famille. Le 27, ce chef rebelle faisait lui-même sa soumission au lieutenant Comiot, avec un certain nombre de ses partisans. Enfin, un des principaux lieutenants de Rainibetsimisaraka allait se rendre avec cent quatre-vingts personnes au poste de milice de Morarano, à la limite orientale du cercle de Retafo.
2" Territoire militaire.
Cercle de Miarinarivo. — Le lieutenant Rocheron, de la 5*" compagnie de tirailleurs sénégalais, a occupé Ankavandra, le 24 avril, avec une section de sa compagnie. Cette occupation pacifique était prévue, le chef sakalave de cette localité étant venu à Tananarive peu de temps auparavant pour demander la protection des troupes françaises.
3' Territoire militaire.
Un incident, sans importance par lui-môme, s'est produit aux environs de Tananarive et a mis en évidence la vigilance des commandants de secteur et même des simples soldats d'infanterie de marine commandant les petits postes répartis sur un grand nombre de points du 5" territoire militaire.
Le 6 avril, dans la matinée, une petite bande, refoulée des bords de la Sahasarotra par les opérations du colonel Combes et qui avait profité de la nuit pour dérober sa marche au poste de Tsimahafotsy, se présentait à Limproviste devant Imerimandroso et réussissait à y pénétrer par surprise, sans doute avec la connivence de quelques indigènes.
Les habitants fidèles se barricadèrent dans l'église, tandis que l'alarme fut donnée^au sanatorium d'Ambatoharana, où se trouvaient alors quelques convalescents d'infanterie de marine. Sous la conduite du soldat Rasset,
ceux-ci se portent résolument à l'attaque de la bande, installée dans le village, et qui les reçoit à coups de fusil. Ils réussissent cependant à déloger les rebelles qui se dispersent dans la campagne et sont vigoureusement poursuivis par le lieutenant d'artillerie de marine Thiébeaux, accouru d'Ambohimanga avec un détachement d'artillerie et de miliciens, ainsi que par des groupes de quelques hommes de tous les autres petits postes du secteur.
La petite bande est entièrement prise ou détruite et perd tous ses fusils.
Le lendemain, 6 avril, alors que le secteur d'Ambohimanga avait été renforcé d'une section d'infanterie de marine, de la garnison de Tananarive, et d'une brigade de gendarmerie à cheval, de nouveaux débris de bandes du chef Ramasana se présentent sur le front Nord du secteur; mais ils se heurtent à un réseau de petits postes beaucoup plus complet encore et sont dispersés presque sans combat.
Territoire civiL
Les troupes stationnées en territoire civil n'ont pris part à des opérations actives que dans le nord-ouest de l'île. Le 20 avril, le lieutenant Level, de la S*' compagnie de tirailleurs malgaches, a réussi à attirer dans une embuscade une bande venue de la région de ïsiafabazaha et lui a fait subir de grosses pertes, bien qu'elle ait ouvert le feu avec deux canons se chargeant par la culasse.
Dans le Bouéni, M. le capitaine de Bouvié a entrepris une série d'opérations rendues urgentes par l'attaque du poste d'Ambato, le 21 mars.
Parti de Marovoay, le 7 avril, à la téte d'un détachement de tirailleurs haoussas et de miliciens, il s'est porté directement sur les points de la Mahajamba qui lui étaient signalés comme refuges des bandes ennemies; il envoyait, en môme temps, l'ordre au lieutenant Laflcur de quitter Marololo avec une section de Haoussas pour venir le rejoindre.
Le 19 avril, il occupait sans combat Maroadabo, sur la rive gauche de la Mahajamba; le 25, il attaquait à Analavakivoto un nombreux parti de rebelles et le mettait en complète déroute. Le capitaine de Bouvié, remontant ensuite la Mahajamba, entrait, le 24 avril, à Tsaratanana, où il installait immédiatement un poste.