‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 2)Chapitre 39 sur 89 · COTE OUEST, RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

COTE OUEST, RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX

Aspect général. — La côte Ouest de Madagascar est montagneuse, volcanique et fortement découpée, depuis le cap d'Ambre jusqu'à la baie de Mahajamba; puis elle s'abaisse très rapidement et devient tout à fait plate et nue. , A partir du cap Saint-André jusqu'au Sud, la côte est basse, uniforme et généralement couverte d'arbres, qui s'aperçoivent d'environ 8 ou 10 milles.

Rivières. — Cette côte est coupée de nombreuses rivières que ne peuvent guère remonter que les embarcations légères.

Cependant quelques-unes, telles que la Loza, la Betsiboka, leManambolo, la ïsiribihina, la Morondava, le Mangoka, l'Onilaby, etc., dont le cours n'est pas encore très bien connu, sont navigables sur un plus ou moins long parcours pour les embarcations et même pour des bâtiments de faible tonnage. Quelle que soit leur importance, il iaut profiter du flot et le plus souvent de la pleine mer pour franchir la barre sablonneuse qui obstrue toujours leur embouchure. De plus, dès que la houle se fait sentir, il faut se défier de ces barres dont l'apparence, par beau temps, est souvent trompeuse et dont la configuration se modifie avec les saisons et les crues de l'hivernage.

Mouillages. — On peut mouiller en pleine côte, à des distances des différents estuaires variant de 1 à 2 milles, par des fonds de 8 à d2 mètres, généralement de bonne tenue; mais rien n'y abrite de la houle ni du vent qui, d'ailleurs, n'est pas très fort en dehors de quelques rares périodes de mau vais temps.

Climat. — Le régime climatérique change très nettement à partir de la baie de Fanemotra, un peu au nord du tropique du Capricorne, et la côte Ouest se divise, à ce point de vue, en deux zones assez bien délimitées.

Du cap d'Ambre à la baie de Fanemotra, chaleur humide ; brises généralement faibles du Nord-Ouest au Sud-Ouest, surtout dans le nord du cap Saint- André; mer belle, petite houle.

De la baie^de Fanemotra au cap Sainte-Marie, régime des moussons, brises fraîches de la partie Sud, dépendant de l'Est pendant la saison sèche, et de l'Ouest pendant rhivernage; mer souvent assez grosse. Les orages sont fré-

GÉOGRAPHIE

quents à rintéricur, comme au bord de la mer, pendant toute l'année, mais particulièrement dans la saison des pluies.

Marées. — Les marées sont très nettement accentuées sur la cote Ouest : il y en a deux par jour. La mer marne de 4"\50 à 5 mètres aux sizyf^ies et de 2 mètres aux mortes eaux depuis Nossi-Bé juscpi'au Mangoka.

De part et d'autre de ces points, le marnage diminue progressivement; il n'est plus que de 5"\20 à "2'", 20 dans la baie de Saint-Augustin, de 5 mètres dans le nord de la baie de Befotaka et de 2"", 50 au cap Sainte-Marie. L'établissement du port varie de quatre heures et demie à cinq heures de Nossi- Bé au cap Saint-Vincent.

Gourants. — Les courants de marée, assez faibles au large, prennent une grande importance à l'embouchure des rivières, où ils atteignent souvent 2 nœuds en flot et 5 nœuds en jusant. Ces vitesses sont très rarement dépassées, en jusant, lors des grandes crues de l'hivernage.

Du cap d'Ambre à la baie de Bombétoke on rencontre de beaux ports, dont les principaux sont : port Radama, Tembouchure de la Loza, les baies de Narendry, de Mahajamba et de Bombétoke.

Dans ces baies débouchent des rivières plus ou moins navigables; en saison des pluies, naturellement plus qu'en saison sèche, malgré la violence des courants qui y régnent alors, la Loza et la Betsiboka sont profondes et d'accès facile. Les ports et mouillages naturels sont nombreux. Aussi cette côte devrait-elle être prospère et commerçante; malheureusement, elle est pauvre et peu peuplée et ne regarde que l'Afrique orientale, dont l'évolution commerciale commence à peine .

Ports Robinson, Jenkinson, Liverpool. — Après le cap d'Ambre, on trouve les ports Robinson ou Lotsoina, Jenkinson ou Ampanasina, Liverpool ou Arnbavanibé. Ce sont des enfoncements perpendiculaires à la côte, d'entrée et de sortie difficiles, à cause des roches; fonds de 15 à 16 mètres; ce ne sont que des mouillages pour réparation, car les bords en sont déserts

Baie de Befotaka. — La baie de Befotaka a 26 milles d'ouverture jusqu'au cap Saint-Sébastien ; elle est encombrée d'îlots et de récifs. Aussi y va-t-on peu, d'autant qu'elle est en dehors de la route des navires. Elle renferme une anse appelée baie du Courrier, où Ton peut mouiller près de terre. De ce point de débarquement au fond de la baie de Diego-Suarez, la distance est petite; aussi avait-on, au début de l'occupation de Diego-Suarez, lorsque les navires à vapeur de faible puissance doublaient difficilement le cap d'Ambre, l'intention de faire porter par là le courrier de France, d'où le nom de cette anse.

Plusieurs projets avaient du reste été proposés pour faire communiquer la côte occidentale avec la baie de Diego-Suarez, et éviter ainsi aux navires de doubler le cap d'Ambre ; trois ont été mis à l'étude :

1" Canal réunissant la baie du Courrier à la baie des Cailloux blancs en

coupant un récif de 35 mètres de hauteur; il devait avoir 7 kilomètres de longueur,-

2° Canal réunissant la baie du Chancelier à la baie des Cailloux blancs, de 5 kilomètres de longueur, et coupant un récif de 54 mètres de hauteur;

3° Enfin, canal de 4 kilomètres 1/2 réunissant la baie d'Ambavanibé à la baie des Cailloux blancs et coupant un récif assez épais de 54 mètres d'altitude.

Dans la baie des Cailloux blancs, on a des profondeurs de 10 mètres très près de la côte ; il en est de même dans les baies de la côte Ouest, du Courrier, du Chancelier et d'Ambavanibé.

Cap Saint-Sébastien. — Du cap Saint-Sébastien à Nosy Faly, la côt-e s'enfonce dans l'Est, formant une grande baie, où l'on peut mouiller partout. Elle est sans importance à cause de la pauvreté de ses bords ; il y débouche de nombreuses rivières; une seule, le Fasy, a été remontée assez facilement, à 7 milles, par une baleinière du Sagittaire,

Rivière Fasy. Nosy Mitsio. — Devant le milieu de cette baie se trouvent les îles Mitsio ou Minow, avec quelques bons mouillages, mais peu fréquentés. Il n'y a que de faibles courants.

Nossi-Bé. — Nossi-Bé, ou mieux Nosy Bé, est une île volcanique de 22 kilomètres de longueur sur 15 de largeur, séparée de la grande terre par un détroit de 10 kilomètres. Fertile et autrefois Horissanle, grâce au:: plantations de café et de canne à sucre, elle est aujourd'hui bien déchue. Poui tant les mouillages faciles y sont nombreux : autrefois les voiliers qui emportaient le sucre de l'île mouillaient devant chaque usine.

Le seul endroit fréquenté actuellement est Ilell-Yille, chef-lieu et centre administratif ; la rade est superbe, d'accès extrêmement commode. C'est un point de ravitnillement naturel pour les bâtiments de guerre et une rade admirable où pourrait tenir la Hotte la plus puissante.

La mer y est toujours belle et les courants ne dépassent pas 2 nœuds, bien que les marées y atteignent 4 mètres. On accoste à toute heure de marée, grâce à une jetée terminée par un petit feu rouge. L'entrée et la sortie de nuit, à llell-Ville, sont facilitées par les deux feux de Nosy Yoronaet deTanikely.

Baie d'Ampasindava. — Dans le sud de Nossi-Bé, s'ouvre une très grande baie, appelée baie d'Ampasindava, extrêmement facile comme navigation, avec de bons mouillages partout. Les courants, aux embouchures des rivières qui y débouchent, ne dépassent guère 2 nœuds 1/2 et les vents n'y développent pas de grosse mer. Les principaux mouillages sont ceux d'Ambodimadiro et des îles Mamoko. Il y débouche deux rivières : le Sambirano, qu'on ne peut remonter facilement, même avec une baleinière, à cause des bancs qui obstruent l'entrée. On remonte, au contraire, avec de grosses embarcations la rivière Jangoa.

r.KOCRAPIllK

Les rives de cette ])aie sont très riches et la navigation dans la haie est rehitivement active ; on transporte des hois, du riz, des cotonnades.

Baie d'Ambavatoby. — La haie dWmhavatohy est très commode, cahne et peu soumise aux courants; elle était autrefois fréquentée par les voiliers, qui y faisaient de l'eau, du hois et s'y réparaient même.

Baie de Rafala ou Rafaralahy, Anorontsangana. — D'Amhavatohy, la côte descend dans le Sud et va former par 14*^ Sud une haie dans laquelle il y a de nombreux récifs, mais pourtant accessible, étant donné que l'hydrographie de la région est bien faite. On y trouve le mouillage d'Anorontsangana, accessible aux navires tirant 5 mètres. Ce point a joué un grand rôle dans la révolte des Sakalaves, en 1897: on y était en sécurité, malgré le courant et le clapotis gênant qui se manifestaient quand le vent Nord-Ouest ou talio soufflait fort. Au fond de la baie Rafala débouchent deux rivières, malheureusement obstruées : la Sahabé et la Beampongy.

Port-Radama — Port-Radama est un bras de mer extrêmement important, de '25 milles de profondeur; il s'enfonce d'abord dans l'Est, puis descend sous la forme d'une grande rivière, dans le Sud, se terminant par un cul-de-sac, où arrive un cours d'eau qui, dit-on, irait dans le Sud rejoindre la grande rivière Loza.

On V entre assez facilement par plusieurs passes, entre les îles Radama, qui sont très fertiles.

Les très gros navires, tirant 7 mètres, peuvent remonter le port Radama jusqu'à 16 milles de l'entrée; le Mc'tdore, qui tire 5'°,'20, a été jusqu'à '20 milles, et aurait pu aller plus loin, grâce à la marée, mais au risque de s'échouer. On peut mouiller presque partout, en toute sécurité; les courants, tout à fait au fond du port, ne dépassent jamais 4 nœuds. La rivière citée plus haut, qui va, dit-on, jusqu'à la Loza, laisse dans l'Est le village d'Andranosamonta, jus(ju"où la vedette du Météore a pu remonter. La partie Est de Port-Radama re(;oit une autre rivière impraticable : la Berondra-

Rivière Loza. — On peut considérer que la rivière Loza débouche dans la grande baie de Narendry; elle a été explorée par le Météore qui déclare que c'est une voie de communication excellente. Quand on a franchi la passe comprise entre la terre et Nosy Lava, on entre dans la rivière simplement en se tenant au milieu des deux rives; on peut mouiller à l'embouchure, à Analalava, à 800 mètres de terre, entre la pointe de la rive gauche et le village hova; on y a un fond de 2() mètres (vase), très bon; le seul inconvénient résulte du gros courant qui, arrivant avec jusant contre le vent, crée un clapotis gênant pour les end)arcations. Analalava est très fréquenté par les boutres arabes venant des Comores ou d'Afrique; s'il devient un centre administratif et commercial, les navires y pourront facilement accéder. Le La Pérouse qui tire 6 mètres y a mouillé deux fois sans la moindre difliculté.

Les navires de 7 mètres de tirant d'eau remontent la Loza, à toute heure de

marée, jusqu'à 14 milles de l'entrée. Les courants ne dépassent pas 3 nœuds, et on se trouve là dans une espèce de mer intérieure, large de 1 mille, qui forme un magnifique port. Dans le nord de cette mer intérieure arrive la petite rivière qui rejoint Port-Radama, laissant dans l'Est, à une heure de marche, le village d'Andranosamonta, tandis que, dans le Sud-Est, on trouve le village de Mevarano, avec l'importante rivière de même nom, malheureusement peu connue, mais sans doute navigahle sur un assez long parcours. Le régime des vents dans la Loza est toujours Nord-Ouest dans la journée, quelquefois frais, Sud-Ouest ou calme la nuit.

Nosy Lava. — Devant l'embouchure de la Loza est Nosy Lava, île d'un accès facile et présentant un bon mouillage fréquenté par les Loutres qui s'y échouent sur la plage.

Baie de Narendry. — La baie de Narendry a 18 milles d'ouverture et 26 milles de profondeur, dans le sens Nord-Est Sud-Ouest; ses côtes Ouest sont très saines et on peut y mouiller partout sans avoii' de gros courants. La côte Est est moins bonne ; on ne peut y mouiller qu'à 2 à 5 milles de terre.

Baie de Mahajamba. — La baie de Mahajamba est divisée en deux parties par un goulet assez étroit. Elle n'a pas une très grande importance pour de gros navires, les rives n'offrant que peu de ressources; elle est cependant assez fréquentée par les boutres arabes.

La partie située au nord du goulet est très saine, otfre de bons mouillages avec des courants modérés ; pourtant le vent du Nord-Ouest y cause parfois de forts clapotis.

La partie Sud est peu praticable, encombrée de hauts fonds vaseux ou sablonneux qui augmentent et s'avancent continuellement dans le Nord. 11 n'y pourrait pas entrer de navires de plus de 400 tonneaux. Plusieurs rivières y débouchent : la Mahajamba, qui a donné son nom à la baie et dont Fembouchure, masquée par des palétuviers, est peu visible, quoique les embarcations àii Météore l'aient remontée, non sans quelques difficultés, jusqu'à 1,5 milles, au village de Antsinjomitondraka, situé à 55 milles de la côte, et quelques autres cours d'eau qui, excepté la Sofia, paraissent n'avoir aucune importance.

Baie de Bombétoke et Betsiboka. — La baie de Bombétoke est, comme celle de la Mahajamba, divisée en deux parties par un grand goulet assez large et praticable. Mais la deuxième partie de cette baie, la partie Sud où se jette la Betsiboka est autrement importante que celle de la Mahajamba. La partie Nord va de la mer aux pointes d'Ampirimpirina et de Maroloha. Elle est d'un accès facile, grâce aux bouées qui signalent les bancs de l'entrée et sont bien placées.

Quand on aura installé le bateau-feu, sur le banc du Marinier, qui se trouve à 21 milles dans le Nord, un autre feu sur la pointe de Majunga, on pourra entrer et mouiller de nuit sans difficulté.

GÉOT.RAPHIE.

Dans lo Nord de la l)aie, se trouve le port de Majunga, d"iin grand avenir commercial ; il est vaste et commode avec des fonds (de vase) de 9 mètres pour les grands navires, de 5 mètres pour les petits, respectivement à 800 et à 500 mètres de Tappontement construit sur la pointe de sal)le.

Les courants à Majunga sont violents; ils atteignent 5 nœuds dans les fonds de 8 mètres, mais sont bien moindres dans les fonds de 5 mètres. On peut toujours communiquer avec la terre. Le régime des vents est celui tle la côte Nord-Ouest, plus ou moins frais dans l après-midi, Sud-Ouest ou orage, et Sud-Est le soir et pendant la nuit.

Betsiboka. — La se:onde pailie de la baie, au sud de la pointe Ampirimpirina, peut être considérée comme le delta formé par la Betsiboka, qui reçoit un grand affluent, Tlkopa. Un cbenal accessible à toute marée aux navires de '2''\50 laisse dans TOuest tout ce delta, composé de nombreuses îles basses et sablonneuses, et arrive jusque devant Tarroyo de Marovoay (71 kilomètres de Majunga), qui est très praticable: en se tenant au milieu des deux rives, il permet, à condition de s écbouer aux basses mers, aux navires de 2™, 50 d'aller mouiller devant Marovoay même. C'est Tentrepôt où les boutres de 50 h 60 tonneaux viennent déposer les marcliandises, que viennent prendre les pirogues pour les transporter dans le baut de la rivière. Le courant de Larroyo ne dépasse jamais 4 nœuds; il gène assez peu la navigation. La rivière est encore navigable, sans grosses difficultés, jusqu à Bevory (147 kilomètres de Majunga), point accessible en toute saison aux navires tirant 1 mètre d'eau.

Mais ensuite, jusqu'au conllucnt de l lkopa. et plus loin jusqu à Maevatanana, un navire de 1 mètre de tirant d'eau ne peut naviguer que pendant la saison des pluies; on a alors h lutter contre de gros courants qui, à certaines époques, après les orages et en certains endroits resserrés, atteignent de 8 cà 9 nœuds. On a vu, avant l'install ition d'un service à vapeur, des pirogues mettre deux mois pour faire le trajet de Marovoay à Suberbieville (250 kilomètres de Majunga).

Dans la saison sècbe, au moment des basses eaux, un navire de 0'",00 de tirant d'eau peut atteindre Marovoalavo (220 kilomètres de Majunga) et, pour arriver sûrement jusqu'à l'importante station de Suberbieville, un navire ne doit pas tirer plus de 0'",40.

A 211 kilomètres de Majunga, l lkopa, qui prend sa source sur le plateau de rimerina, se jette dans la Betsiboka après avoir passé par Suberbieville; au delà de ce point, il n'est plus navigable. En somme, de Majunga à Suberbieville, on a une belle route fluviale qui pourrait être améliorée, approfondie en certains endi'oits et élargie en d'autres.

M. Suberbie a installé, entre Majunga et Suberbieville, un service de bateaux à vapeur qui assure la traversée en 25 lieures en movenne, arrêts compris.

Tôt ou tard, Majunga deviendra, à cause de la facilité des communications, le grand port de Tananarive.

Mayotte, les Comores. — Quoique Mayotte et les Comores aient été administrativemeiit détachées de Madagascar, on ne doit pas perdre de vue que ces lies constituent, surtout à l'époque actuelle, un point stratégique de premier ordre. Jetées au milieu du canal de Mozambique comme les sentinelles avancées de la Grande île, à égale distance de ^'ossi-Bé, station navale, et de Majunga, grand centre commercial, elles commandent le passage et protègent la côte Ouest.

C'est, en cas de guerre, un point d'observation incomparable et une base d'opérations pour les éclaireurs. 11 y a mouillage dans toutes les Comores : mais le seul bon port est celui de Dznoud/i à Mayotte.

Les divers mouillages au sud de Majunga sont énumérés ci-dessous.

Baie de Boina. — La baie deBoina est accessible aux petits bâtiments; on y rencontre une double barre sur laquelle il reste 5'", 50 à mer basse. Il faut atterrir sur l'îlot Makamby qu'on laisse dans le Sud pour faire route au Sud-Est, sur la pointe Est de l'entrée de la baie, que Ton doit ranger de près.

Rivière de la Mahavavy. — A cin(j milles environ de la pointe Ouest de la baie, on rencontre la rivière Mahavavy. avec les bras d'Andamoty; elle paraît avoir une certaine importance, alimente le lac de Kinkony, mais n'a pas été explorée. Un peu plus loin, la rivière de Namakia avec le bras de Yonilahy se déverse dans le même lac : ces rivières ne sont accessibles qu'aux embarcations. Bon mouillage.

Baie de Maroambitsy. — Cette baie est l'estuaire de la rivière de même nom, à 6 milles au large de laquelle s'étendent des bancs de sable, formant une barre qui change aux diverses époques de l'année.

Un grand navire doit mouiller au large, à 1 mille l/'I dans le Nord du sommet Boteler, par 9 ou 10 mètres de fond.

Un petit bâtiment peut pénétrer dans la baie et mouiller par 5 ti 7 mètres de fond, après avoir reconnu la passe qui est coudée presque à angle droit: mais il est préférable, comme l'a fait le Mclcore, de franchir la barre de la rivière, sur laquelle on ne trouve pas moins de 2"", 70, à mer basse, et de mouiller à l'intérieur, à Maroambitsy, par 11 mètres de fond. Ce dernier mouillage est excellent et des mieux abrités.

Baie de Baly. — La baie de Baly est accessible aux navires de tous tonnages. La passe est invariable et bien repérée. Bon mouillage par 8 mètres de fond, à égale distance et à 5 milles de Baly et de Soalala. Les petits bâtiments peuvent mouiller à 1 mille 1/2 de l'un ou l'autre de ces points. L'accostage en embarcation y est facile, à marée haute, et pénible à basse mer.

Rivière Ranomavo ou Andranomavo. — La rivière de Ranomavo est accessible aux embarcations en dehors de la mer basse; elle est navigable pendant ih milles pour les canots à vapeur.

Les rivières de MarokaOry, Kimanjy, Hehara, Fola, Manombo, Belohaka, Kasenjy, Vilaiiiatsana ne sont accessibles qu aux eiiiharcalions et à haute niei-.

Les grands bâtiments peuvent mouiller, en face de ces rivières, à 1 mille au moins au large, par des fonds de 7 mètres environ. Le mouillage choisi sera toujours facile à reconnaître à Laide des sonunets remarquables, dont la position est suffisamment déterminée sur la carte.

Banc de PraceL — A partir du cap Saint-André, entouré lui-môme de récifs, jusqu'au 19'' parallèle Sud, s'étend un immense banc de corail à fonds très variables, connu sous le nom de banc de Pracel. Il a été exploré tout juste assez pour permettre aux navires de naviguer en sécurité, sans s'éloigner des routes connues.

Ile Juan de Nova. — Au large du banc de Pracel, en face de sa partie médiane, se trouve Lile Juan de Nova, qui, vue du large, se présente sous l aspect d'une île basse, de 4 à 5 mètres de hauteur environ.

Cette île présente de légères ondulations et est loin d'être aussi dépourvue d'arbres et de verdure que Lindiquent les anciens rapports. Les bouquets darbres y paraissent nombreux; la pointe Ouest semble même très boisée. En venant du Xord-Ouesl, on aperçoit, du côté de la pointe Est, deux cocotiers, Lun assez élevé, dont la tête domine les arbres voisins, l'autre très bas qui ne se voit que lorsqu'on est très près ; ce sont les deux seuls cocotiers de l'île.

La côte Nord de Juan de Nova, entre les deux pointes extrêmes, montre une ligne blanche de dunes de sable, couronnées de verdure. Dans le Sud, les bords de l'île, de couleur sombre, sont coupés à pic et couverts de broussailles.

Ln récif de corail, découvert à mer basse, entoure l'île du côté Sud et se prolonge d'une façon très apparente au Nord-Est et au Nord-Ouest.

Entre ces prolongements Nord-Est et Nord-Ouest, qui sont en partie recouverts d'un sable légèrement ondulé, le récif, formant cuvette, s'abaisse en pente douce depuis le rivage juscprau large, ainsi que l'indiquent les sondes. C'est là que se trouve le meilleur mouillage, à 1 mille ou 1 mille l/'2 environ des cases des pêcheurs, par 1") à 18 mètres. Le fond est assez inéj^al et il faut veiller à ne pas laisser toucher l'ancre sur les petits plateaux de corail qui émergent au-dessus du sable dont ce fond est généralement formé et qui sont d'ailleurs faciles à reconnaître, au moins par beau temps, car ils forment des taches plus sombres, qui se voient parfîutement au fond de la mer.

Au mouillage un navire est bien abrité des vents de la partie Sud; mais la tenue doit être médiocre. La mer marne plutôt de 2 mètres que de l'^joO, comme on La cru jusqu'à présent.

Dans le Sud-Ouest, l'île offre une petite crique, où les endjarcations pourraient peut-être pénétrer à marée haute. Par mer très belle, elles peuvent accoster la plage Nord; mais il faut être très prudent et, en général, il sera préférable de se servir des pirogues des pêcheurs.

Juan de Nova est en effet habitée pendant six mois de Tannée par des pécheurs de tortues. Ce sont des sujets duchef Ahdy, de Maintirano, hommes libres et esclaves ; ils sont amenés par un boutre dans le courant de juillet, au nombre d'une trentaine environ, y compris des femmes et des enfants. Yinijt hommes, montant dix pirogues, se livrent à la pêche, qui se poursuit usque vers la fin de la saison pluvieuse (jusqu'à l'époque du Ramadam); un peu avant cette fête musulmane (qui commence ces années-ci vers la mifévrier), un boutre vient prendre le personnel et les produits et les ramène à Maintirano. L'écaillé est ordinairement vendue aux marchands arabes d'Ambanoro (Nossi-Bé). Les belles tortues à écaille sont très rares; la tortue comestible, au contraire, est très abondante. Au dire des pêcheurs, chaque pirogue prendrait en moyenne par jour deux ou trois tortues. A toute occasion, et environ tous les deux mois, un certain nombre de tortues comestibles sont envoyées à Maintirano, où elles sont vendues en moyenne 10 francs.

Le maïs vient parfaitement dans File; on en fait deux récoltes par an: I herbe pousse presque partout épaisse et drue et I on pourrait certainement y élever un certain nombre de bœufs, si Teau douce y était en quantité suffisante. 11 y a dans l intérieur, vers le milieu de l'île, deux puits creusés dans le corail qui donnent une eau quin'a rien de saumàtre ; mais elle est d'un goût médiocre et peu abondante, au moins pendant la saison sèche. Les arbres sont assez nombreux; une essence appelée « befangana » par les indigènes, domine toutes les autres ; c'est avec le bois très sec provenant de cet arbre que les pécheurs d'Alidy font du feu, à la fayon des peuplades sauvages de l'Océanie.

Il y a aussi quelques « famata » (euphorbe arborescente) et divers arbrisseaux, notannnent le cotonnier sauvage ; aucun arbre n'est propre à la construction. L'Ile est couverte d'une terre sablonneuse, d'une couleur légèrement l'ougeàtre. Le sous-sol est du corail aggloméré, qui a fréquemment l'aspect d'un calcaire tendre ; cette pierre pourrait être utilisée pour la fabrication de la chaux, mais non pour bâtir, car elle est trop friable.

Les oiseaux de mer ne sont pas en aussi gi'and nombre que le faisaient croire les anciennes relations de voyages; peut être faut-il attribuer ce dépeuplement à une épidémie qui en a détruit beaucoup, car la partie Est de File était couverte, tout dernièrement, de cadavres de ces oiseaux.

Quelques courlis, quelques corbeaux, une espèce de perroquet et quelques chats sauvages complètent la faune de Juan de Nova.

Nosy 'Voalavo. — Au Sud des récifs dangereux du cap Saint-André, s'ouvre, à l'embouchure de deux rivières inexplorées, l'anse de Nosy Yoalavo, où un poste militaire sera prochainement installé.

Rivière Reravina. — Sur la rive gauche de ia rivière Beravina, est installé un poste militaire. On mouille en côte à 2 milles du poste et à Imille des brisants, par 8 mètres de fond (sable et vase). Pour connaître le mouillage, les amers sont deux touffes de cocotiers au Nord et au Sud du village de Beravina et les collines de Tsibala.

GÉOGRAPHIE

Nosy Vao. — A 10 milles de la côte, sur le banc de Pracel, on voit Nosy Vao, île petite, basse, noirâtre, entourée par un récif de 1 mille à 1 mille 1/2 de large. Il est dangereux de s'en approcher du côté du Nord- Ouest et du Sud-Ouest, à cause des bancs de corail qui s'en détachent ; on n'y connaît aucun mouillage; mais on peut jeter l'ancre en face, à 2 milles de la côte, devant Tomboharana, à l'embouchure de la rivière inexplorée de Maiiambao.

Tomboharana, Rivière de Manambao. — Tomboharana est un poste militaire sur la rive droite du Manambao, à 1 200 mètres de l'estuaire ; on mouille à 2 milles au large de la côte et à 1 400 mètres des brisants et d'une passe étroite dans les récifs, par 7 mètres de fond (vase).

Les amers du mouillage sont : une petite dune dans le nord de l'estuaire, des toutïes d arbres, dont une, rousse, est en face de la passe et dont l'autre est dans le sud de l'estuaire, et le village indigène.

Maintirano. — Maintirano est un centre de la côte sakalave assez important, comme population et commerce. C'est de là qu'on exporte les produits du Menabé, consistant principalement en ébène et en bœufs.

La rivière de Maintirano s'épanouit près de la côte en une vaste lagune qui communique avec la mer par trois passes principales, précédées chacune d'une barre : ce sont les passes de Kirarondrano au Nord, de Demoka au Sud, et de Maintirano au Centre.

A pleine mer, et de préférence le matin, la barre du Maintirano est praticable pour les embarcations et pour les boutresqui vont s'échouer de chaque côté de Tilot de Maintirano, dans l'Ouest, en face des maisons des traitants et, dans l'Est, en face des comptoirs indiens.

Par beau temps, les grands navires mouillent à 2 milles et les petits à 1 mille de la côte, respectivement par 10 mèties et 6 mètres de fond (vase).

Nosy Lava, Nosy Maroantaly (lies Stériles). — Avec la brise fraîche de la partie Ouest, comme on n'a pas la ressource de dérader la nuit, si le temps se gâte, à cause des îles et des récifs, il est prudent de se mettre à l'abri en face, au mouillage de Nosy Lava ou de Nosy Maroantaly.

Sahoany. — On atterrit sur la rivière et le poste de Sahoany, en gouvernant sur une sorte de promontoire de couleur foncée, assez facile à distinguer et situé au nord de l'embouchure.

En 1807, il n'y avait là aucun village. On aperçoit seulement une dune de sable presque ininterrompue, doublée au second plan d'une haie élevée et épaisse de palétuviers, dans laquelle l'embouchure est marquée par une [)etite coupure et par des rochers noirâtres.

La barre ne marque pas toujoui s et semble devenir assez facilement impraticable: on y trouve, à pleine mer, de 4 à 5 mètres d'eau et, lorsqu'elle est fianrliie, on lencontre un chenal de 5 à 4 mètres au moins, à mer basse, navigable jusqu'à 10 milles dans l'intérieur.

Mouillage à 5 milles au large de la barre par 7 à 8 mètres de fond (vase molle).

Manambolo. — Le Manambolo est une rivière profonde dont le delta, assez peu exploré jusqu'ici, a deux bras importants : ceux de Mafaindrano et de Benjavilo. On atterrit sur des cocotiers situés près de la bouche de Mafaindrano, puis sur la maison à toit rouge du poste, qui est située sur une dune, entre les deux bouches, un peu plus près de celle du Nord. Dans le Nord, on aperçoit le cap Kimby avec des taches blanches très remarquables.

On distingue aussi dans l'Est, au-dessus de la barre, au deuxième plan, une colline à crête allongée, surmontée d'une sorte de dôme peu accentué. Bon mouillage par 8 mètres d'eau à 2 milles des brisants en relevant :

La barre de Benjavilo, située à 3 milles au Nord du poste, est praticable aux embarcations à toute heure de marée, sauf aux basses mers de syzygies. Un canal qui longe la côte à l'intérieur permet aux boutres de communiquer par là avec Benjavilo, à mer haute, et de rejoindre le Manambolo à 4 milles au-des-

La bouche de Benjavilo se trouve ainsi reliée à celle de Mafaindrano ; mais cette dernière, d'après les renseignements du Pourvoyeur (1897), parait préférable .

Tsiribihina. — La Tsiribihina est un des fleuves les plus importants de Madagascar et remonte, comme nous l'avons vu, profondément dans l'intérieur, où elle prend sa source non loin du plateau de Tlmerina.

Elle forme un delta large de 10 milles, dont les bras aboutissent au milieu de brisants, au Nord à Vakivao et Soarano, au centre à ïsimanandrafoza et Mandelikia, au Sud à Namangoa. Les bras extrêmes sont à peine accessibles aux embarcations et leur approche est dangereuse à cause de la houle continuelle qui déferle sur la barre.

Le Boursaint, en 1888, a trouvé une passe où il n'y avait pas moins de 6 mètres d'eau à mer basse, conduisant au bras de Mandelikia, qu'il croit franchissable pour les petits navires.

Le Pourvoyeur, chargé, en 1897, de la même reconnaissance, n'a pas retrouvé cette passe, mais a donné des renseignements précis sur l'entrée du bras le plus important et le plus facile àaborder : celui deTsimanandrafozana, qui se reconnaît de loin à une touffe de cocotiers qu'on doit relever au Nord 60"" Est. Il y a mouillage dans cette direction à 1 200 mètres des brisants, par 7 à 8 mètres de fond : le toit rouge d'une maison appartenant à un Indien constitue aussi un bon amer.

On trouve sur la barre 1 mètre d'eau environ, en deçà et au delà, des fonds de 3°", 50 à 4"\50 à mer basse. L'entrée est presque complètement barrée par une île de sable couverte de palétuviers ; deux passes permettent

Cocotiers . . .

Poste

Milieu de la passe

Sud 31 Est Sud 66 Est Nord 55 Est

sous du poste.

GÉOGRAPHIE

Taccès de la rivière : l une au Nord, avec 1 à "2 mètres d'eau, à uier hasse, conduit juscju a Tsinianandrafozana, niais assèche devant le village; l antie au Sud, beaucoup plus directe, avec 1 à 5 mètres d'eau à nierl)ass(>, doit être prise de préférence. La houle est généialement forte dans ces parages et constitue un danger sur la barre. Néanmoins, dans des circonstances favorables de temps et de marée, un bâtiment de 4 mètres de tirant d'eau, comme \e Pourvoyeur, peut franchir la barre à 5/4 de flot et mouiller dans la rivière. Le courant y est violent et peut dépasser 5 nœuds dans les fortes crues de Thivernage.

La rivière est navigable jusqu'à Ambiky pour un petit bâtiment. On y trouve des fonds de ô à 4 mètres; mais il y a un chenal qui n'a pas encore été balisé et dont il ne faut pas trop s'écarter. Les fonds, à certains endroits, dépassent 15 mètres. Au delà d'Ambiky, les grosses embarcations peuvent remonter jusqu'à Bevily et probablement beaucoup plus loin.

Heures des marées. — Les heures des pleines mers sont les mêmes à Majunga, à Maintirano et à Morondava. La mer marne de 4", 50 aux grandes marées.

Bosy. — A 10 milles environ au Sud de l'embouchure de la Tsiribihina se trouve le village de Bosy et, à petite distance dans le Nord du mouillage, l'entrée de la rivière.

Bon mouillage par 7 mètres de fond (sable) à 1 mille dans l'Ouest du village.

A 2 milles au sud de Bosy, on rencontre le village sans importance de Belengo, un peu dans le Nord d'une rivière non explorée.

Morondava. — La rivière Morondava est un cours d'eau important qui traverse h; Menabé Sud, en le fertilisant. Elle a donné son nom au port de Nosy Miandroka, où elle se jette à la mer. C'est un centre commercial où les -Messageries maritimes ont créé une station.

A 10 kilomètres de la mer, au poste d'Andakabé, qu'on appelle aussi quelquefois Morondava, la rivière se partage en plusieurs bras, formant un delta fertile, peuplé et bien cultivé. Entre Nosy Miandroka et Andakabé, se trouve la mission luthérienne de Betelina, desservie par des Norvégiens.

Les bras principaux de la Morondava sont ceux d'Ambato ou d'Andranofotsy au Nord, de Lovobé au Sud, d'Ambondro et de Nosy Miandroka au centre. Il se produit, entre ces trois derniers bras, une oscillation par laquelle chacune des embouchures l'emporte successivement sur l'autre pendant un temps plus ou moins long. Autrefois la plus importante était Ambondro, puis Lovobé, aujourd'hui c'est Nosy Miandroka : il paraît d'ailleurs que cette embouchure est menacée à son tour.

La Morondava est arrêtée à son embouchure par un banc de sable long et étroit, qui l'endigue dans la direction du Nord-Est. L'extrémité Nord-Est de ce banc est séparée de Nosy Miandroka par un îlot de sable qui forme deux

passes. La passe principale est située entre le banc et l'îlot : il y reste 50 centimètres (l'eau à mer basse ; l'autre n'est accessible qu'à haute mer.

La barre peut être franchie par des embarcations en prenant les précautions ordinaires.

Il y a bon mouillage pour les petits navires, à 1 mille 1/2 au large, par 6 mètres de fond (vase), dans l'alignement du mât des Messageries mariimes par le mat français (maison Samat), et pour les grands bâtiments dans la même direction, à 2 milles, par 10 mètres de fond (vase).

Les courants sont assez faibles et inférieurs à un nœud.

La côte, aux environs de Morondava, est très plate et présente de nom- ])reux bancs à une distance de terre de 2, 5 et 4 milles, notamment le banc d'Ankaramay, découvert par M. Grandidier en 1867, à 9 mdles de terre, par le travers de Taolampia. En général le mouillage (sable et vase), aux embouchures des rivières, n'est pas mauvais. Il est rare que les navires chassent. Les plus mauvais mois de l'année sont, dans la bonne saison, juillet, août et septembre, à cause des grands vents du Sud-Ouest qui font grossir la mer, mais la barre est toujours praticable pour les pirogues. A ce sujet on ne saurait trop engager les voyageurs et les marins à se servii', par tous les temps, plutôt de pirogues que de baleinières pour le va-et-vient du bord au rivage, et mieux encore de goélettes ou de boutres. Pendant l'hivernage, janvier et février sont les plus mauvais mois et amènent de fréquentes bourrasques.

Belo. — La baie de Belo n'est qu'un estuaire, encombré de bancs et impraticable même pour un bâtiment de faible tirant d'eau. On peut, à mer basse, en franchir la barre avec 4 à 5 mètres d'eau et mouiller dans une fosse intérieure où il reste 4"\o0 à mer basse, mais on a tout juste la place de l'évitagc.

Bon mouillage par lo mètres de fond (sable et vase), à 2 milles 1/2 au Nord 20*^ Ouest de l'îlot de Belo et, par beau temps, par 7°', 50 à 500 mètres des bancs et à 1 mille 1/2 au Nord du village sur une lagune de sable à l'extrémité de laquelle se trouve l'épave de la goélette Solitaire de Boston.

Rivière Ambararata. — A o milles au Nord-Est du village, la rivière Ambaraiata, obstruée par de nombreux bancs, coupe la ligne continue de la côte sablonneuse. Une touffe de fdaos, située à 3/4 de mille dans le Sud- Ouest de cette embouchure, est un bon amer pour le mouillage.

Baie d'Ampasilava. — Au sud de Belo, on rencontre, après le bras de mer d'Antanga, la petite baie de Mitehina dans laquelle se jette la rivière Lampaolo, encore inexplorée. Là commence la baie d'Ampasilava, qui offre dans le Sud plusieurs mouillages :

1" Sous l'île d'Amdriamitaroka, à 5/4 de mille dans l'Est, par 10 mètres de fond (sable et vase).

2" A Angoba, à 1 mille 1/2 de la côte, par 7 mètres de profondeur (sable et vase).

GÉOGRAPHIE

A Ampasilava, à 3 milles au iNonl de la côte, an largo de laquelle s'étend jusqu'à 1 mille \ft une série de hancs. Bon mouillage par 10 à 15 mètres de fond (vase). Le bras Est du Mangoka aboutit à Ampasilava.

Mangoka. — D'après les récits des explorateurs, le Mangoka est un fleuve très important, dont le bassin supérieur serait profond, tandis que le cours inférieur, au contraire, se déverse en plaine, par des sauts et des cascades, en s'élargissant au point qu'à 50 milles de son embouchure on pourrait, pendant la saison sèche, le traverser avec de l'eau jusqu'à mi-corps seulement.

A l'embouchure il est praticable, à mer haute, pour les bâtiments de faible tirant d'eau.

On y trouve un ])on mouillage pour les grands navires, à J mille 1/2, et pour les petits à 1 500 mètres au Nord de l ilot de l'entrée.

L'atterrissage de l'embouchure du Mangoka se fait, aisément en venant du Nord, sur la mission norvégienne, la dune jaune indiquée dans l'Est avant d'arriver à la bouche d'Andalanda, enfin la case Gaston et la case Pépin.

Le delta du Mangoka se compose de quatre bras d'inégale importance dont les plus intéressants sont le Mangoka proprement dit et la rivière d'Antony ou bras d'Andalanda.

Un troisième bras, le Marohata, quitte le Mangoka en face du village de Tamboholava, et se jette à la mer à 5 milles dans l'Est. Il est, dit-on, praticable aux embarcations. Les branches du delta se modifient suivant les saisons, de sorte qu'il est important de vérifier fréquemment le chenal.

La principale embouchure se trouve à 2 milles dans le nord-est du village d'Andalanda. Elle a été explorée en canot à vapeur juscpi'au village d'Ankazoabo, à 17 milles de la mer; on y a trouvé un chenal sinueux et étroit, où la profondeur a toujours été supérieure à 2 mètres.

La barre du Mangoka, sur laquelle on trouve seulement de 20 à 40 centimètres aux plus basses mers, est protégée des vents du Sud et du Sud-Ouest et offre un passage plus facile que celle de la Tsiribihina.

La rivière d'Antony, ou bras d'Andalanda, quitte le Mangoka au-dessous d Ankazoabo ; elle est très étroite en cet endroit (20 mètres) et traverse pendant 10 kilomètres un pavs cultivé, puis elle s'élargit progressivement au milieu de palétuviers. Elle a 10 milles de long. Un bras, aujourd'hui desséché, se séparait autrefois du Mangoka au-dessous d'Anka/oabo, près du bras d'Antony, et remontait à Ambohibé.

Actuellement le Mangoka ne communique plus avec Ambohibé que par un petit canal très étroit, praticable aux pirogues, qui se sépare de la rivière d'Antony à 1 mille de son embouchure, près de Sampantelo.

L'estuaire du Mangoka a 2 milles de large de l'Est à l'Ouest, dans sa plus grande dimension.

Il se termine au Nord-Est par la pointe d'Ankotakotaka et est bordé de palétuviers : seuls, les sables de la barre sont dénudés. Une langue de sable

partage Testuaire en deux cuvettes; celle du Sud est marécageuse et impraticable, celle du Nord n*a pas de grands fonds. Le chenal du grand bras, où l'on trouve 3 mètres au delà de la barre, suit la partie Nord-Est de l'estuaire (rive droite), du côté d'Ankotakotaka. Les goélettes trouvent là un bon mouillage.

Baie de Tsingilofilo. — La baie de Tsingilofilo s'étend de la pointe Andefitra au cap Tsingilofilo. Elle est très vaste, limitée par la Grande terre à l'Est, et à l'Ouest par une série de récifs, d'îlots et de roches qui l'abritent contre la mer du large. Elle se divise en deux parties distinctes : Tune au nord de la ligne de Nosy Trozona-Cap Morombé, dont le régime paraît être purement marin, et la deuxième au Sud, où des apports considérables de vase et d'alluvion décèlent l'ancienne existence de la grande rivière Saint-Vincent ou Mangoka qui se jette maintenant beaucoup plus au Nord (Grandidier).

On y trouve deux mouillages :

Un bon pour les grands navires à 5/4 de mille à l'Ouest du village, par 9 mètres de fond (vase) ; l'autre excellent, un peu plus au Sud, appelé mouillage du Cap, formé par presque toute la partie de la baie au Sud de la ligne Nosy Trozona-Cap Morombé (fond de vase).

Nosy Hao. — On trouve à l'est de Nosy Hao un bon mouillage, par 12 à 15 mètres de fond (sable et coquilles); mais on n'y a aucun abri contre les vents du Sud.

Nosy Andrahombava. — Nosy Andrahombava, ou l'île du Tombeau, ofl're un mouillage plus sûr, à 1/5 de mille dans l'Est, par 17 mètres de fond (sable et coquilles).

Baie de Fanemotra ou des Assassins. — La baie de Fanemotra a 6 milles de profondeur, mais plusieurs bancs réduisent à 1/2 mille seulement la largeur de l'entrée. Bon mouillage au nord et en dedans de l'entrée, par 8 mètres de fond (vase), à 600 mètres en dedans de la pointe Nord.

Climat, Vents. — A partir de ce point les conditions climatériques paraissent être les mêmes que dans la baie de Saint-Augustin. Les vents du Sud et du Sud-Ouest sont souvent frais et soulèvent une grosse mer. Ceux du Nord, annoncés par l'humidité et une tendance à la baisse du baromètre, amènent la chaleur et le beau temps. La brise de terre souffle la nuit, très rarement forte. Il y a quelquefois des coups de vent d'Ouest pendant l'hivernage.

Récif. — De Fanemotra à Tulléar, la côte est défendue par un large récif, distant de 1 à 4 ou 5 milles. Plusieurs coupures donnent accès à des embarcations et même à de petits navires et leur permettent de naviguer à l'abri de la mer entre la côte et le récif*

Rivière Manombo, Baie de Ranobé. — La baie de Ranohé, lon^rue de 7 milles et lai ge de i, est le premier mouillage qu'on rencontre après Fanemotra. Il est très sûr, mais on n'y trouve malheureusement ni ressources, ni centre de population.

La baie renferme un ceitain nombre de bancs de coraux, faciles à distinguer avec un bon éclairage. La passe d'entrée, appelée Fanandomotra, est très nette; sa largeur est de 750 mètres de récif à récif; mais sa partie véritablement saine n'a que 550 mètres; on la franchit en tenant la coupée de Manombo au Nord 40° 50' Est. Les fonds passent de 25 à 15, puis à 9 et à 10 mètres. Bon mouillage par 10 mètres de fond (sable); courants violents dans la passe, à cause de son exiguité, faibles dans la baie.

Tulléar, Rivière Fiherenana, Baie de Saint-Augustin. — De tous les mouillages connus entre le cap Saint-André et le cap Sainte-Marie, le meilleur et le plus sûr est celui de Tulléar, dans le delta de la Fiherenana. Bien protégée par le récif du large, la baie est très spacieuse, accessible à toute heure de marée aux navires du plus fort tonnage et son fond de vase assure une tenue excellente.

A l'entrée d'une immense plaine, dont les terrains sont réputés riches, sous un climat sain, Tulléar ne tardera pas à devenir un port de premier ordre, si l'on utilise les ressources dont la nature l'a favorisé.

En face de la côte d'Afrique, dans une admirable situation géographique, Tulléar est appelé à devenir le centre commercial, l'entrepôt et le grand marché de la côte Sud-Ouest de Madagascar avec le Sud de l'Afrique. C'est, en outre, un excellent point de ravitaillement pour la guerre de croisière.

Deux passes, repérées par le relèvement de la montagne de la Table, conduisent au mouillage de Tulléar, par 8°", 70 (sable et vase) : Table au Sud 12' Est; Toit Jacquelin au iNord 48'^ Est.

La passe Nord a 500 mètres de large ; courir sur la Table au Sud 08*^ Est jirsqu'à ce que la pointe Anosy soit au Nord 77" Est, puis faire route au Sud 46" Est, en se tenant de préférence du côté du grand récif qui est sain.

La passe Sud ou de Sarodrano a 1 500 mètres; courir sur la Tabhî au Nord 59" Est, jusqu'à ce que la pointe Sarodrano soit au Sud 8" Est, puis gouverner au Nord 'I' Ouest.

Tulléar est un des points dont l'éclairage de nuit s'impose à bref délai.

Salara, Rivière Onilahy. — On peut mouiller à 1/2 mille de Salara, dans l'Ouest de rend)0uchure de la rivière Onilahy, par 17 mètres de fond (vase noire). Ce mouillage n'est pas abrité des vents du Nord et de l'Ouest et doit être évité pendant l'hivernage, où l'on ne peut mouiller à moins de 1 mille 1/2 de terre.

Nosy Vé. — Nosy Vé, îlot distant de 2 milles de la Grande terre, a 1 500 mètres de long et 500 mètres de large. Il est bas, formé de sable et de corail très blanc, sans arbres, sans eau et recouvert, du côté Ouest, de brousses peu élevées. C'était, dans les derniers temps, avant la conquête de

Madagascar, un entrepôt important, parce que les traitants y trouvaient nne sécurité qui n'existe pas sur la Grande terre. Aujourd'hui les étahlissemenls de Nosy Yé n'ont plus de raison d'être et se transportent à ïulléar.

L'îlot est prolongé par un récif, orienté comme lui au Nord 3" Ouest. On peut mouiller par 10 mètres de fond (sable et corail), dans le Nord-Est de l'île.

A partir de Nosy Vé la côte est peu connue et toujours bordée par des récifs jusqu'à Androka. La nuit, on peut mouiller' en pleine côte de façon à attendre le jour pour atterrir.

Itampolo. — On trouve à Itampolo, petite baie insignifiante, un mauvais mouillage.

Androka ou baie des Masikoro, Rivière Ilinta. — Au centre du cap xVndriamanao on trouve l'embouchure de la rivière Ilinta, qui débouche dans un petit port, appelé Androka ou Lanirano, en face d'un îlot Nosiml)orona ou Baracouta. On y trouve un assez médiocre mouillage, par 9 à 11 mètres de fond (sable vaseux), au milieu de récifs encore mal délimités. Un peu phis au Sud la côte forme une entrée qu'on appelle le port Cruizer ou Ambohibola. Du port Cruizer à la pointe Fenaiidjosy, où Ton trouve Nosy Manitsa ou l'île Leven, s'étend la baie d'Ampalaza. C'est un mauvais mouillage, dangereux par les vents du Nord et de l'Ouest.

De la pointe Fenand)osy au cap, s'étend le banc de TÉtoile, qui suit la côte en se prolongeant jusfpi'à 15 et 28 milles au large.

On trouve sur ce banc de 25 à 55 mètres de fond, près de la côte, et de 48 à 57 mètres, sur la limite extérieure. On peut mouiller, au cap Sainte- Marie et sur c(îtte côte, par beau temps; mais on n'y trouve aucun abri des vents du Sud et de TOuest; il faut ctic toujours |)rét à déradcr.

En résumé, de la baie d'Androka à Foi t-Daupbin (tous deux sous le même parallèle), on ne rencontre qu'une côte désolée, sauvage, très dangereuse et ti'ès peu fréquentée.

« Beaucoup de navires faisant route pour Natal ou pour le cap de Bonne- Espérance s'approchent du sud de Madagascar afin de reconnaître lem* position; mais aucun, que je sache, n'a, avant 1886, osé s'aventurer sur cette côte aride et inhospitalière. Une ligne de dunes dénuées de végétaux, des bancs de rochers qui s'étendent à lleur d'eau, à une grande distance du rivage, et qui sont continuellement battus par les flots d'une mer furieuse, nulle trace d'habitation, rien ne semble en effet attirer les navires dans un pays aussi déshérité » (Grandidier).

FORÊTS

Page 1