‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 2)Chapitre 77 sur 89 · CALME · texte numérisé non relu

CALME

Avril 1892 à Mars 1895

Avril 1895 à Mars 1894

Avril 1894 à Décembre 1894

b) Morondava. — Le climat de Morondava n'est ni plus ni moins insalubre que celui des autres points de la côte Ouest. Sans doute la fièvre y est fréquente; les indigènes eux-mêmes y sont sujets; mais ces fièvres sont généralement sans gravité. Le littoral constamment battu par les vents du Sud- Ouest ou du Nord-Ouest est plus sain que l'intérieur.

Le plus mauvais mois de l'année pour l'Imerina est le mois de septembre, époque de la pousse des arbres et de la floraison (Tarokazo)

KTHNOGRAl'UIE.

De "défembrc à la fin de mars, le soleil est très chaud et oblige h de grandes précautions. Les accès provenant d'insolation sont en effet particulièrement dangereux.

Les indigènes distinguent quatre saisons : Tété (Asara) ou la saison des pluies, de décembre à fin mars: Taulomne (Tararano), d'avril à juin; l'hiver (Asotry), de juin à fin août; le printemps (Fahosa), de septembre à novembre. Il fait très chaud de décembre à fin mars; d'avril à mi-juin, la température est agréable ; de mi-juin îi fin août, il fait relativement frais, surtout pendant la nuit.

c) Nosy Vé. - Latitude Sud 25''58' 58".

La pression barométrique donnée dans les annuaires météorologiques de l'Observatoire de Tananarive paraît trop élevée; cela lient probablement à ce que l'anéroïde de Nosy Yé, comparé au bureau central météorologique de Paris, a dù subir en route quelques chocs qui l'ont déréglé. Malgré l'erreur systématique de l'instrument, nous pouvons suivre la marche du baromètre dans cette île.

Deux fois Tan, la pression atmosphérique se rapproche de la moyenne annuelle, aux mois de mai et d'octobre; elle va en décroissant depuis octobre, novembre, décembre et baisse rapidement en janvier pour atteindre son minimum en février; puis elle remonte d'environ 1 millimètre par mois et atteint son maximum de hauteur en juillet.

La température moyenne de Nosy Yé égale 26*^; elle est donc plus élevée que sur la côte Est de Madagascar. Le thermomètre durant le mois de février y monte jusqu'à 55^ et le minimum ne descend qu'à 16° au mois d'août. Cette chaleur est tempérée par la mousson qui longe la côte et souffle le plus fréquemment du Sud d'une manière modérée. Comme sur toute la côte Ouest de Madagascar, la quantité de pluie tombée est relativement faible : 418 millimètres en 1891, 227 millimètres en 1892.

YllI RACES

Hovas. — Caractères 'physiques. — Les Hovas ont la peau claire, les cheveux droits; les traits du visage se rapprochent plutôt de la race mongolique que de la race nègre. Ils sont de stature grêle. Au point de vue pathologique, ils sont à peine plus résistants que la race blanche et sont infectés de syphilis à un bien plus haut degré que les populations au milieu desquelles ils vivent. Les autres Malgaches sont assez différents entre eux: les populations de la côte Ouest en particulier doivent au sang nègre une physionomie assez particulière; mais, Sakalaves ou Betsimisarakas, Betsileos, Tanalas, Baras ou Antankaras, se ressemblent beaucoup plus entre eux, qu'ils ne ressemblent aux Hovas. Tous sont des négroïdes, les Hovas seuls n'en

sont pas, encore qu'on soit embarrassé de dire à quelle race ils appartiennent.

Diffusion. — Les Ilovas sont groupés autour de l'Ankaratra, le plus haut sommet de Madagascar, dans la province d'Imerina. Antaimerina ou Merina est, à proprement parler, leur véritable nom, car celui de Ho va ne s'applique qu'à une caste que nous appellerions les hommes libres. Ce sont les individus au teint clair que non* appellerons les Ho vas, pour nous conformer à l'usage prédominant dans l'Imerina; mais beaucoup de Merinas ont la peau noire et les cheveux crêpés ; ceux-ci constituent d'ailleurs une classe spéciale, socialement inférieure, et que les Hovas appellent la classe des mainty, c'est-à-dire des noirs.

Les Merinas ont essaimé sur la côte Ouest; mais dans leur colonie du Bouéni, de l'Ambongo, du Betsiriry, les Hovas proprement dits sont rares ; les colonies merinas dans ces pays torrides et fiévreux sont presque entièrement composées de noirs. Le Ho va à teint clair ne prospère réellement que dans l'air salubre des hauts plateaux.

Histoii^e primitive. — La légende a conservé le souvenir très net de la conquête des noirs par la race claire. Elle nous apprend que l'Imerina était originairement peuplée de Yazimbas (suivant toute vraisemblance, les ancêtres des mainty ou noirs).

Au milieu des Sakalaves et confondus avec eux, vivent encore, à l'emboufhure du Manambolo, des tribus vazimbas. Le roi ho va qui les assujettit dans rimerina s'appelait Andriamanelo, et il dut sa victoire à ses sagaies à pointe de fer; les indigènes n'avaient que des épieux à pointe en terre cuite.

H est donc évident que les Hovas sont des étrangers d'une civilisation un peu supérieure, venus en conquérants. Nous connaissons d'ailleurs la descendance, et même, dans une certaine mesure, la généalogie d'Andriamanelo ; autant qu'on peut faire d'une généalogie de souverains successifs la base d'un calcul chronologique, l'établissement des Hovas dans l'Imerina ne paraît guère remonter à plus de deux siècles. En admettant une erreur à peine vraisemblable d'une centaine d'années, les Hovas restent donc des nouveaux venus à Madagascar.

Origine. — Il est généralement admis qu'ils sont venus de Malaisie ; mais cette opinion, si répandue qu'elle soit, n'est pas encore scientifiquement établie d'une manière absolue.

La langue malgache est certainement très proche parente de la langue malaise ; elle fait partie de cette immense famille malayo-polynésienne qui s'étend de Formose à la Nouvelle-Zélande et de Tahiti à Madagascar.

Mais au wif siècle, du temps de Flacourt, elle était déjà ce qu'elle est aujourd'hui, et ce ne sont assurément pas, comme l'a fait remarquer M. GrandidierS les Hovas qui l'ont importée à Madagascar. Au contraire, ils ont certainement adopté la langue des vaincus au milieu desquels ils

1. M. Grandidicr a montré dans plusieurs Mémoires que, contrairement à ce qu'on pensait et disait, le fond de la population malgache est formé de nègres océaniens (et non pas africains), ayant apporté avec eux les usages de l'Extrême Orient et la langue d'origine malayo-polynésienne qu'on parle et qu'on a parlée de tout temps à Madagascar.

ETHNOGRAPHIE

vivaient. Par conscqiiont, que les îlovas soient Malais ou non, l'introduction de la langue malgache ne peut leur' être attribuée, et de ce (jue les Ilovas parlent malayo-polynésien, nous ne sommes pas autorisés à conclure qu'ils sont Malais puisque leur idiome ne leur appartient pas. Il ne faut pas, en elîet, oublier que l'arrivée des Ilovas à Madagascar est toute récente, qu'elle s'est produite en pleine période historique, c'est-à-dire à une époque où nous savons pertinemment que File était fréquemment visitée par les Arahes et les Hindous. Mais nous n'avons jamais entendu dire qu'un seul bateau malais ait jamais poussé jusque-là. En somme, la. question de l'origine des Hovas n'a pas encore été résolue. Nous savons seulement qu'ils sont étrangers et nouveaux venus.

Qualités de la race. — Ils sont par nature supérieurs aux autres Malgaches. Mayeur, qui les a vus en 1776, a été frappé de trouver, au centre de l'île, des indigènes aussi « policés », à une époque où les Hovas n'avaient pas encore pris le contact avec les Européens.

L'existence d'une immense rizière d'un seul tenant, Betsimitatatra, chose rare dans un pays de montagnes et de vallées étroites, a permis l'agglomération, sur un petit espace et dans les villages environnants, d'une population très dense. Et cette agglomération, unique au milieu de petits royaumes et de petites tribus, a permis la constitution d'un pouvoir central fort et ohéi. A partir de ce moment où tout l'Imerina fut réuni dans la main d'un seul roi Andrianampoinimerina, mort en 1810, et qui reste la plus grande figure de toute l'histoire hova, l'Imerina eut la chance d'être gouverné par une succession de souverains et de ministres énergiques et habiles, mais cruels et tyranniques : il suffit de citer Radama I, Ranavalona I, Rainilaiarivony.

Dons naturels, caractère du pays, développement historique, tout a donc contribué à faire des Hovas le premier peuple de l'ile.

Quoiqu'on ait exagéré l'importance pratique de l'assistance donnée aux Hovas par le gouvernement anglais d'abord, et par les Missions anglaises ensuite, cette assistance a été réelle. N'ayant pas de passé et pas de traditions, malgré leur vanité très vive, les Hovas se sont jetés sur les nouveautés européennes, tandis que les tribus voisines sont restées profondément attachées aux coutumes de leurs ancêtres. Il est vrai, cependant, que malgré leur bonne volonté ils ont au fond peu d'aptitudes assimilatrices. On leur a reproché, avec raison, d'être fourbes, cu[)ides, cruels et poltrons; ils sont naturellement antipathiques. Il n'en est pas moins vrai que, seuls entre tous les Malgaches, les Hovas ont su se constituer un gouvernement et des institutions, et que leur Imerina, qui est la plus aride des provinces de l'île, n'en est pas moins la plus cultivée et, par conséquent, la plus riche. Ils semblent avoir, en eux, un germe de développement spontané qu'on chercherait vainement ailleurs.

Les Hovas sont tout au plus un million ; leur nombre semble en voie d'accroissement, autant qu'on peut en juger en l'absence de statistiques comparatives.

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