III
A 1 kilomètre à l'Ouest de Bevato, on rencontre une deuxième fois l'Ampasindava qui, longeant le pied Sud du mont Bevato, va se jeter dans le Manambolo, à l'Ouest de cette montagne.
Le chemin, au débouché de l'Ampasindava, suit une large crête et l'on arrive à la rivière, le Kionfay, qui est encaissée entre des berges de 2 mètres de hauteur et qui doit être infranchissable au moment des grandes crues de l'hivernage; mais, comme elle est très rapprochée de sa source, elle doit, en quelques heures, renti er dans son lit habituel.
Au delà du Kionfay, le chemin monte en pente douce jusqu'au village d'Avaradrano, point culminant entre Bevato et Tsiroanomandidy et marquant la partie la plus étroite du défdé formé par le mont Bevato au Nord et le massif de l'Ambohiby au Sud.
A partir de cette localité jusqu'au gîte d'étape, de larges plateaux, coupés de quelques rivières sans importance, présentent un parcours facile. Parmi ces cours d'eau, il convient de citer le Marotia, le plus large et aussi le plus rapproché d'Avaradrano .
Le parcours de Bevato à Tsiroanomandidy est facile.
Tsiroanomandidy, gîte d'étape. Logement pour Européens et pour 100 bourjanes. Eau à proximité, bois, grand commerce de bœufs; le riz doit être devenu rare; on trouverait 40 ou 50 bourjanes à recruter dans la région.
6e Etape: De Tsiroanomandidy au blokhaus Bruneau (25 kilomètres). — La piste muletière se prolonge au delà de Tsiroanomandidy, en longeant au Nord la ligne de partage des eaux entre le Manambolo et le Mandalo. Elle franchit, non loin de leur origine, de nombreux affluents du Manambolo qui n'offrent aucun obstacle à la marche. Les rives de ces cours d'eau sont bordées d'une rangée d'arbres, parfois d'une belle venue.
A 4 kilomètres environ avant le blockhaus Bruneau, on laisse au Sud de la piste les ruines de Marovatana, ancienne colonie ho va.
Le parcours de Tsiroanomandidy au blockhaus Bruneau est facile.
7e Etape : Du blockhaus Bruneau au blockhaus Sisoko (28 kilomètres).
A la sortie du blockhaus Bruneau, la piste gravit péniblement le mont Tsimahabeomby et, à partir de ce point, suit très sensiblement la ligne de partage des eaux entre le Mandalo et le Manambolo : elle s'infléchit parfois vers le Sud, coupant les têtes de quelques affluents du Mandalo.
A 20 kilomètres environ du point de départ, elle se heurte aux monts Ampamanta et s'infléchit brusquement vers le Sud, courant à flanc de montagne sur un sol rocailleux, où piétons et animaux ont de la peine à avancer. Elle reprend bientôt la direction de l'Ouest jusqu'au blockhaus Sisoko et, au milieu d'un paysage semé de nombreux bouquets de bois, on distingue, se profilant sur les crêtes, quelques troupeaux de bœufs sauvages.
Le parcours du blockhaus Bruneau au blockhaus Sisoko est assez facile, sauf à la montée de Tsimahabeomby et aux monts Ampamanta.
8e Etape : Du blockhaus Sisoko au blockhaus Marolaka (25 kilomètres). — La piste présente les mêmes caractères que les jours précédents.
9U Etape : Du blockhaus Marolaka à Ankavandra (24 kilomètres). — A
VOIES DE COMMUNICATION
la fin de cette étape, on arrive sur la crête la plus* occidentale du Bongo- Lava. La descente vers la vallée du Manambolo est absolument impraticable aux animaux chargés et elle est des plus pénibles même pour les piétons. Le convoi de mulets qui a fait le ravitaillement de la gérance d'annexé d'Ânkavandra a dû être déchargé sur la crête, et ce n'est qu'avec les plus grandes peines que les animaux à vide ont pu descendre le versant occidental du massif.
Une seconde route de pénétration dans l'Ouest par Tananarive et Ambohibeloma vient rejoindre la précédente à Tsiarifarana.
Route d'Ambohibeloma à Tsiarifarana. — lre Étape : D'Ambohibeloma à Andranomasina (huit heures de filanjana).
Ambohibeloma. Village situé sur une hauteur boisée; nombreuses cases: écoles catholique et protestante, permettant de loger plus de 100 hommes; eau excellente, mais au pied de la hauteur.
A 3 kilomètres d'Ambohibeloma, traversée de l'Onibé (pirogues), difficile pour les mulets pendant la saison des pluies. A 2 kilomètres plus loin, traversée de rAnkerondrano, assez difficile.
La route est ensuite excellente jusqu'à Andranomasina; elle traverse de nombreux villages et un marché très important, le zoma de Bealoka.
Andranomasina, gite d'étape et poste militaire, chef-lieu du sous-gouvernement d'Ambohitrondrana ; grand marché le samedi (marché couvert), à 500 mètres du poste; grand commerce de bœufs; cases pouvant loger 50 bourjanes ; logement pour les Européens de passage; eau excellente, mais dans la rizière; très peu de bois aux environs.
2e Etape : D Andranomasina à Tsiarifanana par Antambiazina (sept heures et demie). — D'Andranomasina à Antambiazina, la route la plus courte traverse de nombreuses vallées très encaissées ; elle peut devenir impraticable pendant la saison des pluies.
Une route meilleure, mais un peu plus longue, au Sud de la première, conduit à Antambiazina, ne traversant qu'une vallée, et va rejoindre la route de Miarinarivo à Antambiazina au nord d'Ambohimandroso.
Route de Miarinarivo à Fenoarivo (Valalafotsy), puis àMakarainga.
— On peut suivre deux itinéraires.
1er Itinéraire par Ambohijanamasoandro. — Cette route n'est pas praticable pour les mulets ou les piétons européens pendant la saison des pluies.
lre Etape : De Miarinarivo à Ambohijanamasoandro (dix heures de filanjana). — De Miarinarivo à Andranomasina, quatre heures ; cette route est excellente et la même que la route de Miarinarivo à Antambiazina.
D'Andranomasina à Ambohijanamasoandro, six heures. La route traverse de nombreuses rivières et est quelquefois tracée dans leur cours (source de la Manahasana) ; un quart d'heure avant d'arriver à Ambohijanamasoandro, on traverse la Manandriana sur un pont.
Amboliijanamasoandro , chef-lieu du sous-gouvernement du Valalafotsy, poste militaire et gite d'étape ; centre peuplé, auprès d'une montagne boisée
(Ambohitraina) ; de nombreux villages voisins permettraient de loger une centaine de bourjanes. A une demi-heure d'Ambohijanamasoandro, marché de Talata de Bemanandaza, sur la rive droite de la Manandriana (Mamolakazo). A une heure à l'est d'Ambohijanamasoandro, marché d'Alakamisy d'Ambohibalala. La région est maintenant très riche en bœufs et contient des rizières très étendues qui fourniront, après la récolte, de grandes quantités de riz ; eau excellente.
2e Étape : D'Ambohijanamasoandro à Fenoarivo (onze ou douze neures de hïanjana). — Cette route est complètement impraticable pour les mulets pendant la saison des pluies ; elle traverse les rizières de la haute vallée de la Manandriana et le marais de Mangarano sur les bords de la Masiaka. En route, auprès de Fenoarivo, il faut traverser à nouveau la Masiaka qui est quelquefois infranchissable.
2e Itinéraire par Ankadimena et Soaloka.
lre Etape : De Miarinarivo au blockhaus Scotti par Anlambiazina (six heures). — Route très bonne jusqu'à Antambiazina ; à partir de ce point, elle coupe les diverses vallées des sources de la Manitoa vitra, lesquelles sont très encaissées. Les pentes sont très fortes, mais les mulets peuvent néanmoins les gravir.
Blockhaus ScotlL poste militaire et gîte d'étape. Logement pour 50 bourjanes et pour les Européens de passage. L'eau se prend dans des vallées très profondes. Peu de bois. Pas de ressources en viande. Petit marché le jeudi, à 50 minutes du poste.
2e Étape : Du blockhaus Scotti à Fenoarivo (neuf heures de filanjana). — Route muletière ; une demi-heure après le départ, traversée du Pokendra; montée sur la ligne de crête du Bongotsara, descente dans la vallée du Voabazaha et arrivée à Soaloka, quatre heures après le départ.
Soaloka, poste militaire; logement pour 40 bourjanes et les Européens de passage; marché du zoma, commerce de bœufs.
De Soaloka à Fenoarivo, la route est bonne.
Fenoarivo, poste militaire et gîte d'étape; marché d'Alatsinainy.
Route de Fenoarivo à Makarainga. — Six jours de marche, 2 postes intermédiaires, il est indispensable d'emporter une tente, et d'èlre escorté.
Ie Étape : Sept heures trente-cinq minutes. — Départ de Fenoarivo; traversée de la Jangoana, deux heures vingt-cinq. Obemay, une heure quarante-cinq; rAntsorandrano a 45 mètres, courant rapide. Arrivée au campement situé entre l'Antsorandrano et la Yakiondraka, une heure quarante.
2e Étape : Six heures. — Passage du Saonjo, trois heures trois quarts. Arrivée au pied de l'Anipandrana, une heure vingt-cinq. Arrivée à la bifurcation des chemins conduisant, l'un à Makarainga (route du Sud), l'autre à Ambararatamalandy, quarante minutes. Gîte d'étape au blockhaus d'Ambakireny. Case pour les passagers.
5e Étape : Sept heures quarante minutes. — Départ du blockhaus d'Ambakireny. Passage de la Manamido, deux heures. Rivière Iavakely, coulant dans un vallon très boisé, trois heures dix. Halte indiquée. Arrivée
VOIES DE COMMUNICATION
à un campement sur les bords de L'Ampandrana, deux heures et demie.
4e Étape : Sept heures quarante minutes. — Départ du campement. 1er passage de la rivière Tanimbaritrara, trois heures dix. 2e passage, deux heures et demie, halte indiquée. Arrivée à la Mahavavy, deux heures; le blockhaus est sur la rive gauche; bois de rafias en abondance; logement pour les passagers.
5e Étape : huit heures vingt-cinq minutes. — Départ du blockhaus de la Mahavavy. Halte indiquée au pied de l'Ambatomitsinimbiry, cinq heures vingt-cinq; campement à Bezavona, trois heures.
6e Étape : Quatre à cinq heures. — Départ de Bezavona, arrivée à Makarainga, poste militaire ; logement pour les passagers ; bœufs en grande quantité; bois.
De Makarainga à Ampiakarandrafito. — lre Étape : Neuf heures dix minutes. — Départ de Makarainga. Passage de la rivière Antondra, trois heures trois quarts, difficile, avec berges argileuses très glissantes; sentiers à peine frayés; passage de la rivière Belohaolona, cinq heures trente-cinq, où Ton campe; une forêt d'environ 100 mètres de large longe la rivière.
2e Étape : Deux heures cinq minutes. — Départ du campement. Arrivée au village de Belohaolona (village du chef Baboa), deux heures cinq (région d'Ampiakarandrafito ) rizières ; 5 à 6 villages situés sur les deux rives; bois en abondance; bœufs nombreux. La région d'Ampiakarandrafito a été souvent parcourue par les chasseurs de bœufs sauvages.
Communications avec Ankazobé. — De Miarinarivo à Ankazobé, deux jours de marche.
lre Étape : De Miarinarivo à Antamboho par Andranomasina , dix heures.
— De Miarinarivo à Andranomasina, quatre heures; d'Andranomasina à Antamboho, six heures. Route assez bonne.
Antamboho, poste militaire et gîte d'étape ; logement pour 40 bourjanes. A une heure et demie au Sud, marché le vendredi.
2e Étape : D' Antamboho à Ankazobé. — Un quart d'heure après le départ, on passe l'Ikopa à gué ou en pirogue (nombreux crocodiles). Au delà de l'Ikopa, on se trouve dans le cercle d' Ankazobé.
Communications avec le Mandridrano. — De Miarinarivo à Soavinandriana, deux routes, l'une passant à l'Est du lac Itasy, par Ieraua, l'autre à l'Ouest du même lac par Ambonitavy.
De Miarinarivo à Soavinandriana par l'Est du lac Itasy, six heures.
— Route muletière de Miarinarivo à Jerana, deux heures; d'Ieranaau passage de la Matindrano, une demi-heure (grand marché du zoma : poissons, porcs, bœufs, savon, riz) ; traversée des marais de Fitandambo (passage de la Jangoana et de l'Ampitandambo), une heure. Cette partie du trajet est faite dans un terrain marécageux, et les digues, qui sont peu élevées, doivent probablement être impraticables pendant la saison des pluies. Cette partie du trajet est faite dans le cercle d'Arivonimamo.
Après la sortie de cette région marécageuse, la route monte par une pente assez raide pour atteindre le plateau du Mandridrano, en longeant, à flanc de coteau, le massif d'Ainbohitrandriamanitra; et elle atteint Soavinandriana par une route muletière après un parcours de deux heures et demie.
Soavinandriana. Chef-lieu du sous-gouvernement du Mandridrano, poste militaire, logement pour les passagers européens; grand marché le lundi : vente de bétail et riz; peu de bois; eau à vingt minutes du poste; on peut facilement loger 50 bourjanes chez les habitants.
De Miarinarivo à Soavinandriana par l'Ouest du lac Itasy, sept heures et demie. — Cette route emprunte le parcours de la précédente pendant une heure jusqu'au petit marché (lundi) d'Ambatobodo, elle se dirige ensuite vers l'Ouest pour atteindre, deux heures et demie après le départ, le pied de la montée Taniaomby, montée très pénible qui permet d'atteindre le plateau qui sert de base à l'Ambohimiangara. La route est ensuite très bonne jusqu'au passage de la Lily que l'on atteint en cinq heures de fîlanjana, après le départ de Miarinarivo.
Halte au petit village d'Ambohitrakanga entre la Lily et le poste d'Ambonitavy, situé sur une hauteur. La Lily a 20 mètres de large, et est guéable pendant la saison sèche; il y a de nombreux crocodiles; des pirogues permettent le passage pendant la saison des pluies, sur l'autre rive se tient le marché important d'Ampefy (Sabotsy : bœufs, riz, poissons); de la Lily à Soavinandriana, la route est très bonne, deux heures et demie de marche.
Routes dans le Mandridrano. — De Soavinandriana partent trois routes allant, l'une vers le Sud dans le cercle de Betafo, par Masindray; la seconde conduit vers le Betsiriry par Bezezika ; la troisième à Tsiroanoinandidy et Ankavandra par Ambalavato.
De Soavinandriana a Fenoarivo ( VakirC Ânkaratrà). — Sept heures et quart par Masindray.
De Soavinandriana à Masindray, deux heures et demie, gros village, route excellente. De Masindray au Kitsamby, quarante-cinq minutes, la route descend en pente excessivement raide, souvent tracée en escaliers que les mulets pourront difficilement parcourir dans la saison des pluies.
Le Kitsamby, large de 15 mètres et guéable pendant la saison sèche, déborde à la saison des pluies; il y a une pirogue.
Du Kitsamby, la route grimpe par des chemins tracés en escaliers pour atteindre, en trois heures de marche, Yoabazaha, groupe de villages assez importants, où il y a des ressources en riz; marché le mardi. De Voabazaha à Fenoarivo (cercle de Betafo), une heure de marche; route bonne; on traverse le Sahaomby.
De Soavinandriana à Bezezika par Mahatsinjo, dix heures et demie. — La route est très bonne jusqu'à Mahatsinjo, malgré des pentes très raides. une heure et demie; elle suit ensuite des sentiers qui conduisent à Andranomafana (sources chaudes où les Malgaches vont se soigner pour les maladies de peau) et atteint, toujours muletière, les sources de la Sahamita. D'Andranornafana à Ankisabé, la route ne rencontre aucun village, c'est plutôt une
VOIES DE COMMUNICATION
piste; pendant la saison des pluies, cette route ne sera probablement pas praticable aux mulets. Ankisabé est un village peu important.
Tamponala est à deux beures un quart à l'Ouest d' Ankisabé; Bezezika est, par une route très bonne, à une heure vingt au Sud-Ouest d' Ankisabé.
De Soavinandriana à Tsiroanomandidy par Âmbalavato et Antanimandry. — 108 kilomètres, trois jours de marebe. 11 faut emporter une tente et trois jours de vivres.
lre Étape (Neuf heures et demie) : Départ de Soavinandriana, passage à Ambalavato, deux heures et demie (eau, bois, ressources de toutes sortes), route bonne; d'Ambalavato au gué du Sakay, sept heures de marche, route pénible dans la région volcanique, qui suit les mouvements de terrain à liane de coteau. Le campement se trouve sur la rive gauche à environ 400 mètres du Sakay, sur un éperon assez élevé; eau bonne, bois en petite quantité (moustiques).
2e Étape (six beures) : Passage du Sakay en pirogue (60 mètres de largeur) ; six heures de marche, en bonne route, jusqu'à Antanimandry, ancien village abandonné; campement au Nord du village, sur la rive gauche de l'Imanga, qui a 30 mètres de largeur et est guéable.
3e Étape (40 kilomètres) : De l'Imanga à Tsiroanomandidy, il faut huit heures et demie; la grande halte peut être faite n'importe où, les différents ruisseaux traversés ayant du bois à proximité.
Observations. — Les bourjanes du cercle ne sont pas aussi robustes que les bourjanes de métier employés à Tananarive, et la charge qu'ils portent normalement est de 25 kilogrammes.
Pendant la saison des pluies, avant de se mettre en route, lorsqu'une forte pluie est tombée la nuit, il est bon de s'informer auprès des habitants du régime spécial des rivières à traverser et de régler son départ de façon à arriver aux passages des cours d'eau, lorsque l'écoulement des eaux les a rendus guéables.