AM\I AIX
jauno pair : los >ïal^a('Iios emploient cctlc ci rlo, ainsi qiio I(!s loiioiirs pliiiiios du tlos, coiniMc j)ai'iii'o. Un proverbe fait allusion à celte unilorniilé de plumage : « Il a un hahilleinent immaculé comme le vorompotsy, mais il ne le conserve pas, car il le niet en lambeaux ». Son habitude de suivre les bœufs en troupes est signalée dans un autre proverbe : « Ne cherchez pas à être en nombre comme le vorompotsy ». Et, encore, la pénétration de sa vue est notée dans un autre : « Je l'épie, mais il a l'œil fixé sur moi ».
Quant aux treize autres hérons, presque tous sont connus par les indigènes sous le nom générique de vano, soit sous cette simple forme, soit combiné avec diverses épithètes. Vano semble venir d'un mot malais et javanais, b(in(jo (héron) ; mais, en réalité, sa signilication primitive est inconnue. Un autre nom local de ces oiseaux, qui est largement répandu, est celui de langoro ou dangoro, qu'on trouve aussi composé avec d'autres mots. Ainsi, nous avons vandanilm (le héron du ciel), vanohc ci langorobc {\c grand héron), vanomainlij et langoromainty (le héron noir), vanofolsy et lancjorofotsy (le héron blanc) et encore langorovalala (le héron des sauterelles), langorovoana (le héron aux vers) et folsy elalm (le héron aux ailes blanches). Ce dernier oiseau a encore reçu un autre nom étrange, celui de fanyalamolivoay « qui nettoie l'œil des crocodiles », probablement parce qu il rend aux crocodiles les mêmes bons offices que les vorompotsys aux bœufs. Le héron huppé [Ardea comata) est appelé fiandrivodilatatra (celui qui attend près des fourrés), un autre {Ardea a/ricapilla) vorompalsa (oiseau nain) et un autre [Ardea bulbucus) voronosy (oiseau des chèvres).
2"* La famille des cigognes comprend à Madagascar trois espèces, dont l'une est particulière à l'île. La plus connue est le takalra ou l'ombrette huppée. C'est une cigogne brune, aux pattes longues, que l'on rencontre fréquemment dans les marais et les rizières de l'imerina, aussi bien que dans diverses parties de l'Est. Cet oiseau construit un innnense nid, qui est visible à une distance considérable et qu il place, soit à la fourche d'un gros arbre, soit (la plupart du temps) tout au bord d'un rocher à pic; ce nid est composé de branchettes et maçonné à l'intérieur avec une épaisse garniture de boue. 11 a de l'",50 à 2 mètres de diamètre et est recouvert d'une sorte de dôme; il est divisé en trois chambres dans l'une desquelles l'oiseau dépose ses deux gros œufs; l'entrée, qui est ménagée sur le côté, est disposée en tunnel étroit et placée de telle sorte que l'accès en soit difficile, quoique le nid lui-même soit très facile à approcher. Ce nid si remarquable, ainsi que la démarche calme et grave du takatra quand il cherche sa nourriture, ont fait naître autour de cet oiseau à Madagascar mille superstitions. Par exemple, celui qui détruit son nid est de ce fait condamné à devenir lépreux. Lorsque les Ho vas et les tribus du Centre étaient encore idolâtres, une croyance populaire voulait que, si un takatra prenait son vol dans le sentier le long duquel les idoles avaient été disposées, ce fût un signe de malheur; en ce cas, chacun s'empressait de rentrer dans sa case. Une autre superstition dit que, si le takatra enlève les cheveux que l'on a coupés sur la tète d'une personne et qu'il s'en serve pour la construction de son nid, cette personne deviendra chauve.
criDE DE L'IMMIGRANT A MADAGASCAR.
Un nombre considérable de proverbes indigènes se rapportent au takatra; quelques-uns méritent d'être traduits. 11 y est fait allusion, en ces termes, aux plumes ou mieux à la crête qui se trouve sur sa tête : « Il s'incline et montre la tête comme un takatra qui marche derrière une grenouille » ; et « Il a les cheveux touffus comme le plumage d'un takatra ». Ses habitudes sont notées dans la phrase suivante : « 11 va le long d'un cours d'eau comme le takatra »; et « Un takatra, sur le bord de l'eau, ne dort pas, mais est plongé dans ses réflexions » . Et à propos de son nid : « Le takatra construit son nid en entier, tandis que le hibou se pavane » : et encore : « Un nid de takatra envahi par un hibou est comme l'avare insulté par le diable lui-même ». Il y a un jeu de mots dans les deux dictons : Izaij takatry 7îy aina, hoy ilay namahan-T xKMiw y c'est-à-dire « faisons le mieux que nous pouvons, proclame celui qui s'est entretenu avec un takatra », et Toy ny alahelon- Takatra, raJia faly ?/uVrrr/ -MiTOKAKA; raha ory, miara mitokiky, c'est-à-dire « recherchez la sympathie du takatra; quand vous êtes gai, il rit avec vous; quand vous êtes triste, il songe avec vous » ; ce qui veut dire, je suppose, que, quoiqu'il vous arrive, cela lui est égal, car son cri ne change jamais.
En plus du takatra, il y a deux espèces de cigognes « au bec ouvert » : l'une, V Anastomufi lmnelli(jerus\ suivant M. Pollen, se trouve toujours en compagnie de quelques ibis et d'autres oiseaux de rivage. Elle vit par compagnies de six à douze individus, à l'embouchure des fleuves, se nourrissant de crustacés et de mollus(iues, ce (jui lui a fait donner le nom de famakiakora ou « casseur de coquilles ». Ce bec-ouvert ne se conline pas au littoral, mais se rencontre encore dans le voisinage du lac Alaotra, dans la province d'Antsihanaka. L'autre espèce (Anasiomus madaqascariensis) se trouve dans l'Ouest. Le bec ])arliculier de ces cigognes ;i donné naissance à un autre de leurs noms, falamakavava . Ouant nu nom de takatra (qui signifie joindre, atteindre à), on l'adonné à rombielte, paire cpi'elle allonge son cou et ses pattes pour attraper sa nouri iture.
7f II y a à Madagascar une espèce de spahile [PlaUdca tcnuirostris). Ses noms indigènes de soirovava et de sofrosony signifient, comme leurs divers noms européens, « bec en l'oi ine de cuiller » ; criui de faïujadiamhava veut dire « boucher aplatie ».
Les espèces d'ibis sont au nombre de ciiKj. Quant à l'une d'elles, le Lophotibis cristaiiis, qui appartient à un genre particulier, M. Grandidier dit que ses proportions très dissemblables en font un type tout à fait distinct du groupe si homogène des véritables il)is; c'est un oiseau d'une couleur brun-chàtain avec du blanc et une crête d'un vert métallique.
L'ibis au bec en faucille [Ibis falcinelhis) est assez commun.
L'ibis sacré est blanc, avec la tête noire et des plumes de même couleur aux ailes et à la queue. M. Pollen dit qu'il vit généralement en couple, court avec une extrême rapidité et qu'il vole dans l'air aussi rapide qu'une flèche. Vers le soii', il va percher sur des arbres et pousse, pendant la nuit, des cris perçants qui ont une certaine ressemblance avec ceux des hiboux. Ces ibis
1, L'exislnnce de cette espèce à Madagascar n'est nullement certaine.
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aperroiviMil-ils danger, ils se iiietlent aussitôt à coiii ii', haussant à
clia(|ue instant la tète, coniino font les vanneaux, ce (jui les rend très dilTiciles à tuer. Les indigènes en |)rennent souvent pour les mettre dans leur bassc-eour avec la volaille. L'ibis nain est blanc avec des teintes roses.
Nous allons indiquer brièvement les noms indigènes de ces oiseaux. Dans plusieurs d'entre eux, on voit revenir des mots qui signifient « chèvre », comme manaraiinsy (l'oiseau des chèvres), fitilibengy (le gardien des chèvres) et voronosij (l'oiseau des chèvres). L'ibis au bec en laucille a le nom bizarre de fitosivy (sept-neuf); Tibis à crête est appelé akoholahinala (coq de foret) et akohovohUra (volaille de village). Les noms comme lampirOy niefo et kobabeo sont obscurs. Le mot manarana semble avoir été pris comme nom générique pour tous les ibis et aussi pour les cormorans ; mais est-ce le même mot que le verbe manarana qui signifie « avoir de rindulgence, récompenser, etc. », c'est ce qu'on ne saurait dire.
4" Le dernier oiseau dont nous ayons à nous occuper, dans l'ordre des hérons, est un flamant (Pliœnicopterus minor). Cet oiseau, d'après M. Grandidier, n'est pas très rare sur les cotes Ouest et Sud, bien qu'il le soit tout à fait au Nord et à l'Est. M. Cory dit : « On trouve cet oiseau dans Llmerina, particulièrement sur les bords du lac Itasy, où je l'ai vu assez souvent. Sa chair a un goût exquis; je n'en ai jamais trouvé qui Légale. Son nom indigène [Samaka) est particulièrement approprié et descriptif, car il signifie « désuni, fendu » ; il se rapporte à ses pattes si démesurément longues. Son autre nom, sama ou samabé, signifie « au large bec. » M. AVilson fait la remarque suivante à propos du flamant : « Le samabé ou anjombona (ainsi appelé à cause de son cri éclatant qui rappelle le son de l'anjombona, gros coquillage, casque ou triton, que les indigènes enqjloicnt comme trompette), est, comme on peut le voir dans le Mandridrano, un magnifique oiseau. Son corps est blanc et le dessous des ailes est teinté du rose le plus délicat. Chez le màle adulte, on peut observer sur les ailes une rangée de petites plumes rouges. La région supérieure du cou est de même couleur, mais un peu paie.
« Je possédais autrefois un flamant adulte qui n'avait pas moins de r"ôO de haut, et il n'était point arrivé à son complet développement. Ces oiseaux sont beaucoup plus grands que n'importe quel héron. Quand ils sont sur la défensive, ils poussent un cri assez aigu, ouvrant et fermant avec rapidité leur bec, qui est long et puissant et avec lequel ils peuvent faire de terribles blessures. Je n'ai jamais vu plus de neuf de ces oiseaux ensendjle sur les bords du lac Itasy. Quand ils volent, ils s'élèvent à des hauteurs énormes. »
En parlant des marais de la côte Est, M. G. Scott-Eliott dit : « A l'occasion, bien que rarement, on voit une troupe de flamants marchant serrés les uns contre les autres et en Ugne comme une armée. La ligne d'un blanc immaculé que font leurs corps est visible à 1 500 mètres de distance. Quand ils sont tout près, c'est alors seulement qu'on distingue sur leurs ailes la tache semi-circulaij'c d'un rouge vif qui tranche sur la blancheur uniforme de leur robe. »
ir. - 4
VII. — Palmipèdes, pélicans, oiseaux de mer, plongeurs, espèces disparues et oiseaux apprivoisés. — En parlant dans le chapitre précédent des oiseaux de marais, nons avons fait remarquer que Madagascar remplissait tontes les conditions physiques exigées par les habitudes de cette classe d'oiseaux. Cette observation peut s'appliquer aussi bien à l'ordre suivant. Il y a dix espèces de canards sauvages et de sarcelles vivant dans l'île, où tous ces oiseaux trouvent les conditions appropriées à leur existence. Ils peuvent, en etîet, se procurer une nourriture abondante dans les nombreux marais et petits lacs que possèdent presque toutes les parties de Madagascar, aussi bien que dans les immenses lagunes de la côte Est. Deux de ces canards sauvages forment des espèces à part, mais le reste appartient à des espèces largement répandues. Dans quelques régions de Tîle, les palmipèdes vivent en nombre considérable, surtout dans les inmienses marécages qui couvrent la plus grande partie du sol peu accidenté de la province d'Antsihanaka et qui prouvent qu'un lac d'une immense étendue dont aujourd'hui le lac Alaotra n'est qu'une parcelle, qui diminue, du reste, petit à petit, couvrait autrefois toute la vallée. Au cours de mon voyage circulaire au Nord-Ouest de la province, en 1874, je fus étonné de voir une aussi grande quantité de canards et sarcelles sauvages dans toutes les directions, qui passaient en volant audessus de ma téte et formaient de véritables nuages qui obscurcissaient presque le jour.
Un Hova intelligent, qui a vécu pendant trois ou quatre ans dans le pays d'Antsihanaka, donne la description suivante de la population volatile du lac Alaotra et de son voisinage : « Les oiseaux, dit-il, y sont excessivement nombreux, mais ceux qui forment les plus vastes bandes sont les taliia (Dendrocijgna major ou canards-percheurs) et les tsiriry [Dcndrocygna viduata), qui sont du même genre. Ils vont par troupes de trois à quatre cents, et aussi, le soir quand ils s'abattent sur le rivage, il est impossible d'aller se promener sur les bords de l'eau, car le sol en est littéralement couvert. Il en est d'autres qui vont aussi en grand nombre, ce sont les vorontsara (Nellapus auritus) et les sadakely {Anas erythrorhyncha) , qui vont également par bandes, mais un peu moindres, quelquefois même ne dépassant pas vingt à trente individus. Il y en a d'autres qui ne restent pas toujours sur le lac, où ils ne viennent qu'en été et en automne; on les appelle sama. Le flamant ou sama est un oiseau blanc, d'un beau plumage, nuancé de rose brillant; beaucoup plus haut sur pattes que le héron, il a une taille presque double. Ces oiseaux s'en vont en ligne le long du rivage, rangés, connue des soldats, pour y chercher leur nourriture. Bien d'autres oiseaux aquatiques fréquentent le lac Alaotra, par exemple Varosy, le faralambotra eiVangaka (variétés de canard), Votrika (foulque), la talevana (poule sultane), le voromhemainty (héron), le famakisifotra (ibis), le miombonkomana, le vivy (grèbe) et le kitanotano (bécasseaux et courlis). L'oiseau, appelé miombonkomana , se couvre la tête avec les ailes pendant qu'il mange, jusqu'à ce qu'il ait fini. »
Voici quelques détails sur trois espèces de canards sauvages. Le Sarcidiornis rnelanotus. ou canard à bosse d'Afrique, est un oiseau très comnmn