‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 32 sur 114 · CONTRAT DU 2 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

CONTRAT DU 2 DÉCEMBRE

Entre S. Exc. Rainilaiarivony, premier ministre et commandant en chef de Madagascar, agissant au nom de S. M. la Reine de Madagascar, d'une part, et M. Léon Suberbie, chevalier de la Légion d'honneur, d'autre part,

Il a été convenu et arrêté ce qui suit :

Article premier. — S. Exc. Rainilaiarivony voulant faire exploiter des gisements d'alluvions et de terrains aurifères pour le compte du Gouvernement malgache, M. L. Suberbie s'engage à fournir tout ce qui sera nécessaire pour l'exploitation desdites mines, soit en machines généralement quelconques, chemins de fer Decauville pour le transport des terres, mercure, maisons, maffasins, etc., en un mot, toutes les installations nécessaires pour l'exploitation prompte et rapide des mines que lui désignera S. Exc. le premier ministre.

PROnriTS MINKR.VUX.

Art. 2. — Tous les frais de construction, machines, etc., seront à la charge de M. !.. Suherbie. Les salaires des ingénieurs et surveillants seront éfialement à ses frais.

M. L. Suherbie s'cngajie également à payer tous les travailleuis indigènes qu'il jugera nécessaires pour mener promptement lesdites exploitations et qui lui seront fournis par S. K\c. le premier ministre.

Ain. 5. — M. L. Suherhie est autorisé à prendre à ses frais, dans les forêts environnant les mines des terrains aurifères où sera faite l'exploitation, tous les bois nécessaires exclusivement aux constructions des maisons, magasins, canaux, etc., affectés auxdites exploitations.

Ces coupes seront faites sagement, sans détruire les forêts où elles seront faites, et les bois coupés ne pourront pas être détournés de leur destination pour les mines.

Art. 4. — Comme les terrains et les mines où sera faite l'exploitation par M. L. Suherbie sont la propriété du Gouvernement malgache et que l'exploitation est faite pour son compte, il est bien entendu que M. L. Suherbie n'aura aucun frais de location à payer pendant la durée de la présente concession.

Art. 5. — S. Exc. Rainilaiarivony conservera la haute surveillance des exploitations qui seront dirigées par M. L. Suherbie ou ses ingénieurs.

6. — M. L. Suherbie s'engage à commencer les travaux d'exploitation des mines qui seront indiquées par S. Exc. Rainilaiarivony dans un délai de six mois à partir du janvier 1887.

Ar.T. 7. — Le Gouvernement malgache fournira les gardiens nécessaires pour la garde des exploitations afin que les travaux soient faits en toute sécurité, et M. L. Suherbie s'engage à donner le logement et une somme convenable pour l'entretien de ces gardiens.

Art. 8. — Usera prélevé 10 pour 100 sur le produit brut de l'exploitation par le Gouvernement malgache, et le restant sera partagé en deux parties égales dont l'une reviendra à M. Suherbie.

Art. 9 — Toutes les machines, voies ferrées, mercure, etc., qui seront destinées auxdites exploitations, ne payeront également aucun droit d'entrée à la douane.

Art. 10. — La durée de la présente convention est faite pour cinq années, à partir du jour où sera commencée l'exploitation générale, c'est-à-dire à partir du 1" juillet 1887.

Art. 11. — A l'expiration des cinq années, tout le matériel, machines, canaux, réservoirs, maisons, magasins et voies ferrées, deviendra de plein droit la propriété du Gouvernement malgache.

Art. 12. — La commission d'études qui sera envoyée par M. L. Suherhie sur les mines indiquées par S. Exc. Rainilaiarivony dans le présent traité, après avoir étudié les alluvions, donnera son appréciation sur la valeur des gisements, avant de commencer les travaux.

Dans le cas où les gisements seraient trop pauvres pour les frais à faire, Son ExceUence ordonnerait d'étudier un autre terrain plus productif où seraient commencés les travaux.

Fait en double et de bonne foi à Antananarivo, le huit asombola (2 décembre) mil huit cent quatre-vingt-six.

Signé : Rainilaiarivony, Premier Ministre et Commandant en chef.

Fer. — Le fer se rencontre presque partout à Madagascar. Il se présente sous forme de minerai magnétique, de fer oligiste, d héniatite, de magnétite, etc. C'est à l'oxydation de la magnétite en grains, qu'est due la couleur rouge du sol de Madagascar. Cette magnétite est généralement assez riche, elle contient en moyenne 75 pour 100 de fer métallique, du moins dans les principaux centres d'exti action.

Les Malgaches connaissent depuis longtemps lait d'extraire et de travail-

1er le fer. Cette industrie semble remonter à Andriamanelo qui commandait à Alasora, vers la fin du xvi" siècle. Les preinicrs instruments qui furent fabriqués finenl sans doute des sagaies.

Le manque de bouille a jusqu'ici empècbé la métallurgie du fer de prendre une grande extension. Cette industrie n'existe qu'en hnerina et dans le Betsileo, où elle n'a lieu que le long de la forêt, à cause du combustible.

Elle avait pris une certaine importance, et donné de bons résultats, sous l'habile direction de Jean Laborde à Mantasoa, qui y avait créé des établissements considérables et installé un haut-fourneau; mais, depuis la mort de notre compatriote, les indigènes sont revenus à leurs anciens procédés de fabrication, qui sont absolument rudimentaires comme nous allons le voir. Aussi, le fer obtenu actuellement est-il d'une médiocre qualité. En outre, la fabrication a perdu de son importance et, aujourd'hui, malgré la grande quantité de minerai que renferme l'île, le fer produit ne suffit pas aux besoins de la consommation locale; de plus, il est de qualité inférieure et mal travaillé.

Voici, du reste, le détail de cette fabrication telle qu'elle se fait actuellement à Marorangotra (entre Ankeramadinika et Andrangoloaka, au Nord-Est de Mantasoa), centre d'exploitation le plus iuqiortant ou du moins l'un des plus importants de l'île. La méthode qu'emploient les llovas n'est autre que la méthode catalane, réduite à sa plus simple expression.

L'extraction du minerai et son lavage sont exécutés par les femmes, qui descendent dans les galeries exploitées jadis par Laborde, galeries qui suivent l'inclinaison des fdons, ce qui n'est pas sans danger, la voûte n'étant pas très solide et n'étant pas étayée; elles montent le minerai dans des paniers et se livrent au triage et au bocardage à l'air libre. Pour ces deux opérations, elles procèdent de la manière suivante: le panier de minerai est vidé sur le sol; la poussière, plus ou moins mélangée d'argile ou de quartz fin, est remise dans le panier, les morceaux de roche de la grosseur d'une noix sont concassés sur le sol à l'aide d'un morceau de bois, puis également remis dans le panier. Les morceaux plus gros, ou qui sont trop durs, sont rejetés; ce sont cependant ces morceaux qui forment la partie la plus riche du minerai. Tel est le bocardage des indigènes.

Lorsque la quantité de minerai réunie est jugée suffisante pour une fonte, les femmes le descendent en bas du mamelon pour le lavage.

Pour procéder à cette opération, elles s'accroupissent, les pieds dans l'eau en arrière d'un barrage placé sur une rigole, qui est à claire-voie, l'eau pouvant être interceptée à volonté par un tampon d'herbe. Le minerai est \idé en arrière et contre le barrage, puis, le tampon étant enlevé, l'eau se répand dans la masse qui est remuée avec les mains ; l'argile est entraînée par l'eau ainsi qu'un peu de quartz. Le tampon est alors remis en place, le minerai relevé, et Topération continue jusqu'à ce que le degré de propreté voulu soit obtenu.

Le minerai, après avoir été lavé, est étendu à l'air pour être séché. Lorsqu'il est sec, le travail des hommes commence. La réduction s'opère par le procédé catalan, mais en deux opérations (réduction et affinage), au lieu

l'ROnUITS MINKH\i:\.

(riino soulo. La rrcliictioii ost prodiiilc dans un foiirnoan coiislniil avec du laitier et de Tariillc, de la f(»riii(' indi(jii(''(' par la li^iirr ci-coiilic.

Tout au lond du i'nurncaii csl placée une épiiisse couclie de clnirhoii ; puis le niinei'ai est raii^c' contre les parois du l'ouriieau sur une épaisseui' de 10 à \ h centimètres, et l'espace, laissé libre à Tintérieur de la gaine ainsi formée par le minerai, est rempli de cliarhon. La hauteur du f'oui neau au-dessus du sol est de 70 centimètres, la largeur la plus grande de 55 centimètres; le fourneau ainsi cliai'gé est allumé et la combustion est activée par la tuyère d'un soufflet malgache à deux cylindres (placée en 0). L'opération dure environ de quatre à cinq heures; sous Faction de Toxyde de carbone, le minerai d'oxyde de fer est réduit; mais une faible partie, sous forme de protoxyde, se combine avec la partie de la gangue qui n'a pu être enlevée complètement et qui est composée de silice et d'argile, et donne un silicate double d'alumine et de fer fusible qui coule au fond du fourneau et est retiré au fur et à mesure de sa production par un orifice placé en face de la tuyère et un peu plus bas. L'opération étant terminée, on laisse le fourneau se refroidir lentement, on le brise, et le produit est retiré sous forme d'un manchon spongieux comprenant 80 pour 100 de fer, 10 à 15 pour 100 d'acier et le reste de fonte blanche ; la température obtenue n'est pas, en effet, suffisante pour produire de la fonte seule.

L'affinage se fait dans une forge ordinaire. Le manchon obtenu dans l'opération précédente est concassé et les morceaux sont placés sur des charbons ardents, dans l'ordre suivant : fer, acier et fonte. Au rouge blanc, l'acier et la fonte achèvent de se réduire et se réunissent au fer qui coule le premier au fond de la forge. Comme la réduction n'a pas été complète et qu une partie du laitier est restée dans la masse, il fond le premier et est retiré par une ouverture latérale qui est pratiquée au-dessous du foyer. L'ouvrier, armé d'un ringard en fer, soulève la loupe pour la réunir; puis, il la porte sur une enclume où elle est cinglée au marteau. Les scories achèvent de disparaître et l'on obtient un lopin de fer, mesurant environ 0 m. 05 x 0 m. 07 x 0 m. 12, mais qui n'est pas homogène.

Pendant ces deux opérations, réduction et affinage, il a été perdu environ un tiers du minerai lavé. Si l'ouvrier veut obtenir du fer en barres, les lopins sont corroyés sur l'enclume et amenés progressivement à la forme de barre, en soudant deux lopins ensemble, puis les barres deux à deux, suivant les dimensions qu'on veut leur donner; pour un angady, il suffit d'un seul lopin, qu'on corroie sur l enclume, puis on fait l'œil, et i'angady est terminé par la paume.

L'angady ainsi obtenu est brut et livré tel au prix de 2 à 5 francs ; un autre ouvrier lui donne la concavité voulue et le lime.

Le procédé employé est très défectueux, car il y a une perte considérable

de chaleur; la réduction et l'affinage pourraient être faits en une seule opération. l*endant l'affinage, il y a encore perte de chaleur, car, pour obtenir chaque lopin, il faut un quart d'heure à vingt minutes de chauffe et de travail. L'ouvrier le laisse refroidir ensuite, au lieu de le corroyer aussitôt.

Cette exploitation emploie environ J20 forgerons, plus une cinquantaine de femmes et de 40 à 80 bûcherons. Les forgerons proviennent en grande partie de l'ancienne corporation de Moronkay, laquelle fournissait autrefois tout le fer employé en hnerina ; ils sont dirigés par Rainiketabao, ancien chef de la corporation, et ils travaillent pour le compte de M. Bouts.

Une exploitation analogue existe à Mangantany, dans le cercle d'Anjozorobé; elle est également dirigée par un indigène.

A Marorangotra, M. Bouts .n'exploite pas directement. Pour l'extraction du minerai, comme pour sa réduction et pour la production du charbon nécessaire, les indigènes travaillent à leur guise, et ils sont payés d'après la quantité de fer produite.

Piûx de revient du kilogramme de fer. — Chaque fonte produit environ 50 à 60 kilogrammes de fer affiné, qui coûtent :

francs

Extraction — 2 journées de femme » 60

Lavage — 1 journée de femme » 50

Charbon (fonte et corroyage) — 8 j. d'homme. 4 80 Construction du four et charg. — 1 /2 j . homme . » 50

Réduction — 5 journées d'homme 3 »

Affinage et corroyage — Ajournées d'homme. 5 »

Total de la dépense : 12 »

l)our 60 kilogrammes environ. Le prix de revient pour 100 kilogrammes est donc environ 20 francs ou 20 centimes pour 1 kilogramme.

PiHx d'achat du fer. — M. Bouts achète le fer 25 francs les 100 kilogrammes, pris à Marogangotra, et 27 francs, rendus à Tananarive.

Principaux objets fabriqués. — Pendant quatre jours de la semaine, les forgerons fabriquent des barres de fer pour M. Bouts, d'un poids total d'environ 250 à 270 kilogrammes (chiffre fourni par le surveillant de l'exploitation). Pendant les trois autres jours, ils sont libres de travailler pour leur propre compte; ils ne font alors que desangadys. M. Bouts prélève sur le nombre de ces angadys 20 pour 100 pour lui. Cinq ouvriers font 9 à lOangadys par jour. Quant aux barres, ils en produisent 50 en quatre jours, chacune d'elles pesant environ 8 k. 500.

Qualité du fer. — Le minerai contient des traces de cuivre, ainsi qu'il est facile de le constater dans les manchons à la sortie des fourneaux et, pendant l'affinage, à la flamme verte du foyer.

Il est difficile de se prononcer sur les autres impuretés, l'analyse du minerai et du fer lui-même pourrait, seule, donner un résultat certain. Mais il semble que le fer ainsi obtenu contient un peu de phosphore, car il est

PROIiriTS MINÉRAI X.

pailleiix et cassant : ces drlaiits, il est vrai, proviomient poiit-ètrc ])lut()t d'un cori-oyago défoctiRMi.v et du luanque d'hoinogéiiéité, les moyens doni disposent les Malgaches étant trop insuffisants pour leur permettre de le hien travailler.

Le fer est doux et légèrement aciéreux, dur à travailler, hrùhmt facilement; les soudures sont à surveiller de près. M. Bouts a fait fabriquer des barres de 1 mètre environ sur 0 m. 05 -h 0 m. 04 pesant 8 kil. 500. Le fer ainsi obtenu n'est pas parfait, le eorroyage fait défaut; mais c'est déjà un résultat.

Richesse du minerai. — Le minerai est un oxyde probablement mélangé de carbonate. 11 est assez ricbe, puisqu'il peut se traiter malgré 55 pour 100 environ de perte par la réduction et l'affinage. Il n'est pas très riche, puisqu'il donne 50 pour 100 de perte au lavage, en tant que minerai extrait, mais il est abondant.

RicJiesse du gisement. — 11 semble que le gisement du secteur de Mantasoa est très riche. La colline qu'on exploite ne contient que du fer, il y en a même en affleurement. Une exploitation rationnelle par galeries bien ouvertes donnerait vraisemblablement d'excellents résultats.

Ce gisement a été autrefois exploité par Laborde, ce sont ses galeries qui sont encore exploitées aujourd'hui; elles l'ont même été, paraît-il, par les indigènes avant lui.

Tels sont les procédés encore usités aujourd'hui, qu'il serait facile de perfectionner; on pourrait même aisément, en utilisant certaines chutes d'eau, installer une usine métallurgique où le fer serait travaillé et forgé dans des conditions analogues à celles des établissements d'Europe. Xous avons vu que Jean Laborde avait, dès 1860, établi à Mantasoa un haut-fourneau, permettant de retirer du minerai une plus grande quantité de métal, et qu'il avait montré aux indigènes de nombreux perfectionnements; mais sa mort a entraîné la ruine de tous ses établissements et les indigènes se sont empressés de revenir à leurs méthodes primitives.

Principaux gisements. — Nous allons passer rapidement en revue les principaux gisements de fer actuellement connus dans la Grande île.

L'Extrême Nord de Madagascar (provinces de Diego-Suarez, de Nossi-Bé, d'Analalava et de Vohémar) paraît renfermer peu de fer; aucun gisement important n'y a encore été signalé. Dans la région d'Analalava, cependant, les variations brusques et anormales de l'aiguille aimantée au cours de certains itinéraires ont révélé la présence du fer sur plusieurs points. En outre, plusieurs rivières de cette province, la Sofia notamment, charrient des particules de ce métal.

Les provinces de Maroantsetra, de Fénérive et le cercle d'Ambatondrazaka ne paraissent pas plus riches que l'Extrême Nord et l'on n'y connaît ni exploitations, ni gisements.

Dans le Bouéni, aux environs de Maroadabo (sur la rive gauche de la Mahajamba), le fer est très abondant et se rencontre presque à l'état pur. A deux reprises, la reconnaissance du capitaine de Bouvié (mars 1897) ne put se servir de la boussole.

Dans le 4' territoire militaire ( Ankazobc), un minerai, paraissant très riche, a été signalé dans le secteur d'Ambohimanjaka. Ce minerai, dont nn long sillon traverse un lot de colonisation (lot n" '2), affleure à la surface du sol, sur le versant de l'Analamanantsiva.

La présence de minerai de fer a été signalée dans le cercle d'Ankazobé, notamment dans la vallée de la Mananara, où, sur plusieurs points, il affleure à la surface du sol. Dans le secteur d'Ankazodandy en particulier, on rencontre, près d'Antsahambavy, un minerai paraissant assez riche, qui se présente sous la forme de rognons entourés d'une gangue pierreuse dont ils pourraient être facilement débarrassés: il semble que la proximité de la foret en permettrait l'exploitation. Le minerai de fer existe aussi près de Moratelo. Chacun de ces gisements a environ un hectare de superhcie. Celui de Moratelo a été exploité par le gouvernement malgache, du temps de Jean Labordc. On en rencontre encore sur la lisière Ouest du cercle, notamment dans la région de Manohilahy, où un indigène se propose d'établir une exploitation.

Dans le cercle de Moramanga, la vallée de Lohasaha (sc^cteur de Beparasy) contient du fer en assez grande quantité pour que Jean Laborde ait trouvé avantage à y installer une usine métallurgique. Cette vallée appartient d'ailleurs à la région ferrugineuse par excellence, qui, s'étendant à TEst du cercle de Tsiafaliy en bordure de la forêt, comprend la partie orientale du secteur de Manjakandriana, d'Imerinarivo et d'Andramasina, et qui paraît être la plus riche de l île en minerai de fer; c'est aussi celle oii ce métal a ét(* de tout temps le plus exploité ; elle s'étend des sources de la Varahina Sud à Ankazondandy en longueur et, en largeur, de Mahatsara (sur la Varahina Sud) à Lohasaha, comprenant les vallées des deux Yaï ahina jusqu'à leur confluent, la liante vallée de la Mananara et la vallée de la Lohasaha. Il est à remarquer : 1" que ce rectangle allongé s'étend sur l'arête faîtière de l'île; '2° qu'il recouvre une partie de la région signalée conime riche en or et située sous forêt entre Ambohiuianga du Sud et Ankeramadinika.

Dans le secteur de Manjakandriana, le fer se rencontre surtout à Marorangotra, à Ambatolampy et à Mantasoa. Mantasoa était, comme on le sait, le centre des établissements et le lieu de résidence de Jean Laborde. On retrouve en outre, dans les environs d' Ambatolampy, de nombreux vestiges de fonderies primitives. Aujourd'hui, le centre d'exploitation le plus important de toute la région est, comme nous l'avons dit, Marorangotra.

Dans le secteur d'Imerinarivo, M. Pillaz a établi une exploitation à Ambohibazaha. Les indigènes ont des installations de forges à Mahatsara (Varahina Sud), où travaillent de nombreux ouvriers.

D'ailleurs, le fer se trouve partout dans le secteur, dont la plupart des habitants sont forgerons, surtout ceux des districts d'hiierinarivo, d'Ambohitrandriamanitra, d'Ambohinaorina et d'Amboronosy. Leurs principaux centres de fabrication étaient And^ohibazaha, Ambiaty, Ambohibé, Tsiazompaniry, Amboronosy, Mahatsara; mais une grande partie du minerai était perdue par suite de leurs procédés de fabrication défectueux et de leur mode de préparation du charbon de bois. Ils se contentaient, en effet, pour fabri-

PRODUITS MINKUAUX.

qurr Itnir cliarhon, de mettre le feu à la foret: parcelle niélli(Hle, ils pro- (iiiisaicnt un mauvais charbon, tout en ruinant la foi'èl.

Aujourd'hui cependant, instruits par nos soldats, les indigènes commencent à connaître et à appliquer nos procédés.

Dans le secteur d'Andiamasina, les principaux gisements connus sont ceux dWmbohimanoa, de Manarintsoa, d'iharamalaza et de Tsiazompaniry (sur la Varahina Sud). Une concession de plus de 500 hectares a été accordée à un négociant de Tananarive dans les environs de ce village, pour rexj)loitation du fer. Le métal obtenu revient sur place à 20 francs les 100 kilogrammes.

Un certain nombre d'autres gisements existent encore à l'Est du secteur, sur la lisière de la forêt.

A Textrémité Sud dn cercle, dans le secteur de Tsinjoarivo, on trouve un peu de fer: mais il n y a aucune exploitation.

Dans le 2' territoire militaire, les recherches faites par M. Lemarc, négociant, ont amené la découverte, à deux étapes au Nord-Ouest de Tsiroanomandidy, d un gisement de minerai de fer paraissant assez riche. Le cercle de Miarinarivo a été parcouru en tous sens et la vallée du Kitsamby a été particulièrement visitée.

La région de Soavinandriana parait renfermer également du minerai de fer.

Plus au Sud, sur le versant Ouest de UAnkaratra, on rencontre quelques mines, mais elles ne sont pas exploitées et ne Tout, du reste, croyons-nous, jamais été.

Dans la province de Tamatave, il a été fait une déclaration de découverte de minerai de fer, mais il n'est pas encore exploité et il n'existe dans toute la province aucune installation minière.

Le fer se rencontre à peu près partout dans la province d'Andévorante, mais on n"a pas encore apprécié si le minerai est assez riche pour donner lieu aune exploitation rémunératrice. Les quelques Betsimisarakas qui fabriquent des haches et des angadys achètent, à Tamatave, le fer nécessaire et font le charbon. Leurs forges, peu nombreuses, sont actionnées par des soufflets formés de deux troncs d'arbre creusés dans lesquels se meuvent des pistons. Dans les districts de Yatomandry et de Mahanoro, aucun gisement n'a été signalé jusqu'ici.

Des mines de fer existent dans le Betsileo, elles ont donné lieu à quelques exploitations minières, notamment au Nord-Est d'Ambohimaha. Les Betsileos fabriquent des angadys.

Dans la province de Earafangana, il n'existe aucune exploitation minière. Cependant, le minerai de fer abonde dans le voisinage d'Ankarana, mais on n'a aucun renseignement sur sa richesse.

La présence de minerai de fer n'a pas été signalée dans la province de ïuUéar.

Le fer semble assez commun dans l'extrémité Sud de la province de Fort- Dauphin. On le rencontre notamment sous la forme magnétique, au sounnet de la chaîne de 1 500 mètres qui sépare les vallées du Tsimandao et du Fan-

dramanana, et sous la forme globuleuse aux environs de Tangainony, dans la vallée du Manantanana.

Plomb. — Il existe du plomb à Ambatofangehana (district d'Ambositra). mais on ne l'y trouve plus qu'en petite quantité, le gouvernement malgache ayant autrefois exploité ce gisement pour la fabrication de ses munitions de guerre.

La présence de ce métal n'a été jusqu'ici signalée sur aucune autre partie de l'île. On sait cependant que, dans le secteur de Miarinarivo (cercle de Tsiafahy), la plupart des sources dans le voisinage de la forêt, notamment à Ambohibazaha, présentent une saveur sucrée, indice probable de la présence de sels de plomb.

Cuivre. — Des mines de cuivre existent à Ambatofangehana (district d'Ambositra) et à \ ohinana ; mais elles ont été exploitées par le gouvernement malgache et elles semblent presque épuisées aujourd'hui. Le charbon nécessaire au traitement du minerai était fabriqué à une journée de marche et apporté à dos d'homme.

Le gisement présente la forme de deux chapeaux séparés par un banc micaschisteux de plusieurs kilomètres. Le minerai est de la malachite d'une teneur variant de 10 à 45 pour 100 de métal; il est parfois même beaucoup plus riche.

D'autres gisements ont été signalés dans la région de Betafo. Dans le secteur d'Imerinarivo (cercle de Tsiafahy), on a aussi constaté la présence du cuivre sous forme de pépites.

Les gisements rencontrés dans le Vonizongo renferment un métal presque pur.

La région du lac Kinkony (Maliavavy) passe depuis longtemps pour être riche en cuivre; MM. Bénévent et Prince en ont rapporté récemment des échantillons. Toutefois, on ne peut encore se prononcer sur la richesse des gisements.

Enlin, d'après des renseignements assez vagues, on aurait trouvé des traces de cuivre dans la province de Yohémar.

Etain. — Une seule déclaiation de découverte de gisements d'étain a été reçue au service des Mines. La région d'Ambatofangehana en renfermait une petite quantité, mais l'exploitation qui en a été faite par le gouvernement malgache l'a presque complètement épuisée. D'après des renseignements récents, la présence de ce métal aurait été signalée dans le district d'Ambohimanga du Sud.

Argent. — Aucun gisement argentifère n'a ^té signalé jusqu'à ce jour à Madagascar.

Zinc. — D'après certains renseignements, il y aurait des gisements de minerai de zinc dans la région de Betafo.

PRODUITS Ml.NÉRALX.

Antimoine. — Des pyrites (ranlimoine ont été signalées dans le secteur criiiierinarivo (cercle de Tsial'ahy).

Mercure. — Le service des Mines a reçu deux déclarations de découverte de gisements de mercure. Des échantillons flottés de minerai de mercure ont été trouvés dans la rivière dWmpitsopitsoka, affluent de droite du Mahajilo. Mais, quoique la présence du métal ait été révélée d'une façon certaine par les analyses, les études ne sont pas suffisantes pour permettre de se prononcer sur la valeur du gisement.

Le bruit a couru dernièrement que des Indiens de Maintirano ont fait, v.Ts la fin de l'année écoulée (1897), le commerce du mercure.

Soufre. — Le service des Mines a reçu une déclaration de découverte de ■ isements de soufre. (Voir les sources d'Antsirabé.)

Platine. — D'après les dires des indigènes, il existerait du platine dans le .Sud-Ouest de l'île, dans le pays des Mahafalys.

NickeL — D'après le P. Piolet, M. Guinard aurait trouvé un fragment de liiinerai de nickel, mais la présence de ce métal n'a pas été signalée de nouveau.

Bitume. — On n'a pas découvert de bitume à Madagascar, sauf, toutefois, la source insignifiante d'Ambohitsolika, dans l'Ambongo. L'étage correspondant à cette minéralisation fait défaut dans la Grande île.

Pétrole. — L'existence de sources de pétrole n'a pas été constatée à Madagascar. La raison en est la même que pour le bitume.

Minéraux divers.

Houille. — Nous avons vu qu'il n'existe pas, ou presque pas, à Madagascar de terrains des époques géologiques de l'âge primaire, on ne doit donc pas trouver de bouille. Un bassin prétendu houiller a cependant été signalé au Nord-Ouest de l'île, dans la presqu'île qui s'étend au Sud de Nossi-Bé, entre la baie d'Ampasindava et Port-Radama. La qualité et l'étendue du gisement on donné lieu à une polémique qui n'est point encore terminée aujourd'hui et il semble que le dernier mot n'est pas dit. Quoi qu il en soit, nous allons, en raison de l'intérêt qu'elle présente, en résumer brièvement les phases.

Depuis bien longtemps, les ouvrages qui ont été écrits sur Madagascar, le? relations des explorateurs qui ont parcouru cette île, mentionnent l'existence de gisements houillers sur la côte Nord-Ouest.

En 1856, M. d'Arvoy, ancien consul de France à Maurice, a été assassiné comme il commençait fexploitation du bassin dont il s'agit.

En 1863, M. Guillemin, ingénieur de la Compagnie de Madagascar, a été chargé de reconnaître la richesse et l'emplacement de ce bassin. Il a rédigé un rapport dont nous détachons les pages suivantes :

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