‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 37 sur 114 · INDUSTRIE DU VÊTEMENT · texte numérisé non relu

INDUSTRIE DU VÊTEMENT

Industrie séricicole. Magnan et araignée. — 1. Maoa.n : l'industrie séricicole était très j)rospère, à Madagascar, avant la campagne de 1895. Depuis la campagne, cette industrie a repris une certaine importance ; mais elle est susceptible d'un développement bien plus considérable, et tout porte à croire qu'elle sera dans quelques années une des principales sources de richesse du pays, surtout loi'sque, exploitée par nos compatriotes, elle aura été dotée des perfectionnements mécaniques utilisés en Eui ope. Elle est en effet pour le moment exclusivement aux mains des indigènes qui, malgré la simplicité toute primitive de leurs procédés, obtiennent cependant de beaux et bons produits. En raison de son importance présente et surtout future, nous l'étudierons avec quelque détail.

L'industrie de la soie est surtout répandue en Imerina et dans le Betsileo ;

INDUSTRIES ACTUELLES

elle existe encore sur divers points (h; la cote Onest, principalement dnns les régions de Marovoay, d(! Maevarano et dans Tile de Kihondro (dans la haie de Bomhétoke).

Xons allons exaniinci* les procédés d'élevage et de tissage (employés dans les principaux centres de |)roduction : Iinerina, Maroandriana (secteur d'Andramasina, cercle de TsiaFahy).

Région de Maroandriana. — On trouve dans la région deux sortes de vers à soie : le « landihé », bombyx indigène qui vit à Fétat sauvage, et le « landikely », bombyx européen que les indigènes élèvent de préférence.

Le ver à soie de Chine ou hond)yx du nuirier n'existe pas dans cette région; celui qui s'en rapproche le plus, et qui n'en est qu'une race, est le landikely.

Landihé. — Le landibé [Borocera madagascariensis) se nourrit de feuilles d'ambrevade, plante qu'on cultive dans les champs; la graine est semée en décembre, et la tige grandit en un an. Au moment de son plus grand développement, cet arbuste atteint environ 2 mètres de hauteur; sa frondaison est bisannuelle et sa culture ne demande aucun entretien; sa ixraine, sorte de lentille, entre dans l'alimentation des indij^ènes. Il serait possible, avec quelques soins, de créer de véritables nourrisseries. où les vers pourraient être élevés en nombre considérable et avec une grande facilité.

Le landibé se trouve surtout dans les environs d'Andramasina et d'Ambohitromby.

A l'état adulte, la chenille du landibé mesure environ 70 millimètres. La couleur de cette chenille est moirée, tachetée de jaune: le dessous du corps est recouvert de poils bruns. Les indigènes n'ont pu fournir aucun renseignement sur l'époque et le nombre des mues.

Les autres transformations ont été mieux observées, elles se succèdent

dans l'ordre suivant :

Époque de la ponte en mars.

Durée de la ponte 15 jours.

Travail du cocon 8 jours.

Chrysahde 1 mois.

Durée du papillon 15 jours.

Couleur du papillon gris.

Couleur du cocon grisâtre.

La soie de ce cocon est très solide; on l'emploie dans la fabrication des lambas betsileos, des étoffes pour vêtements et pour linceuls.

Les cocons sont expédiés à Tananarive; ils se vendent 5 francs les 2 000.

La soie dévidée vaut, en écheveaux, 5 francs les 1400 mètres.

L'étoffe tissée a une largeur d'environ 1 mètre; son prix est de 10 francs le yard (0 m. 91).

Les indigènes ne connaissent pas de maladie attaquant cette chenille.

Landikely, — Le landikely a beaucoup de rapports avec le ver à soie de

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