‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 39 sur 114 · I.NDLSTIUKS ACTI KLLKS · texte numérisé non relu

I.NDLSTIUKS ACTI KLLKS

0" Lnmbds dliafoh'd. — Los laiiil)jis d liarotia, dits laiiihas « sai iiiiho », sont tissés avec riialolia, soi'te de tihic tirée de Técorce de Tai-hre du même nom. Ils son! smioul eonl'erliomu'S dans le Betsileo.

i° Lauibds de /ils de bananiera. — C'est encore dans le Betsileo (|iie >r lissaient en t»rand nomhic autrefois et que se tissent encoi'e en petit nombre aujourd'hui les lambas « sarikas », qui sont fabriqués avec les fibres d une variété de <irand bananier, 1' « afantsy », et, très ap|)réciés des anciens llovas, sont devenus rares aujoui d liui.

Soie betsileo. — I/étotTe, uénéralenient connue sous le nom de soie belsileo et employée babituellement à la confection des vêtements d bomuies (l'iuropéens), provient du tissage de la soie du landibé, bombyx indigène vivant en plein air et se nourrissant le plus fréqueunnent des feuilles d ambrevade. C'est de cette éducation et de cette alimentation que provient la teinte gris brun de l'étoffe. Quant à ses rugosités, elles résultent, ainsi que nous l'avons dit, de ce que le cocon n'est pas dévidé, mais tout simplement lilé comme le coton. Cette étoffe est excessivement résistante.

Elle se fabrique dans la région d'Arivonimamo et surtout dans le Betsileo, dans les villages d'Ambohimandroso, de Fanjakana, d lkalamavony, d"Ambohimahasoa, d'Ambalavao, d'Ambatotinandrahana et à Fianarantsoa.

Jabo. — Nous avons vu qu'on fabriquait autrefois dans certaines régions, notannnent dans le pays de Manankasina, des tissus dont la chaîne était en ratia et la trame en coton. Cette industrie existe encore aujourd'hui dans le Voromaliery, mais le jabo fabriqué actuellement a la trame, non plus en coton, mais en soie.

Ce tissu se confectionne à Tananarive, à Ambohidrapeto et chez les castes nobles des Andrianamboninolona et des Andriandranando, qui ont leurs villages particuliers au Xord-Est de Tananarive ( Soamanandrarina et Betsizaraina).

Nous avons vu comment s'obtiennent les difïérentes nuances que présentent les lambas. Cette coloration est d une fixité extraordinaire, elle est pour ainsi dire inaltérable. On a retrouvé dans les tombeaux des anciens rois, en particulier dans celui d'Andrianampoinimerina, à Amboliimanga, des étoffes de soie teintes par ces procédés, qui, en dépit des agents de destruction auxquelles elles ont été soumises, sont restées en parfait état de conservation, bien qu'enterrées depuis plus de cent ans. Ces étoffes figurent aujourd hui au musée historique de Tananarive.

Industrie cotonnière et chanvrière. — Le cotonnier réussit très bien dans la plupart des régions de Madagascar, même dans la région centrale; aussi, y était-il cultivé autrefois dans des proportions assez importantes et les indigènes tiss;dent-ils eux-mêmes leurs vêtements L'importation des cotonnades américaines à très bas prix a fait abandonner, il y a une cinquantaine d'années, cette culture et l'industrie à laquelle elle donnait lieu. L'industrie cotonnière n'existe donc plus à Madagascar.

Il y a lieu de signaler, cependant, ne fut-ce qu'à titre d'indication, une

industrie assez bizarre, sans grande importance d'ailleurs, que l'on trouve dans certaines régions relativement froides, à Antsirabé par exemple. Dans ce secteur, où, comme nous l'avons vu, la température est parfois assez basse, les indigènes ne trouvent pas suffisamment cliaudes les cotonnades américaines que l'on rencontre presque exclusivement à Madagascar; ils parfilent donc les tissus américains, puis triplent ou quadruplent les fils, avec lesquels ils confectionnent de nouveaux lambas très appréciés, mais qui ne font pas l'objet d'un commerce. Ces lambas sont souvent mélangés de chanvre.

Ajoutons que le chanvre, lui aussi, était autrefois tissé sur certains points, notamment dans les régions du Manalalondo et de l'Ankisatra (ancien cercle d'Arivonimamo). Cette industrie est^aujourd hui abandonnée dans ces régions, où l'on trouve toutefois encore quelques maigres cultures de cette plante textile, dont le produit est vendu dans le Yakinankaratra où se fabriquent quelques lambas de chanvre solides, mais grossiers et peu appréciés des indigènes. Un lamba de chanvre ne vaut guère que 1 fr. 50 ou !2 francs.

Industrie des rabanes. — La rabane est une étoffe tissée avec la fibre du rafia; cette fibre, qui est solide et qui résiste longtemps à l'humidité, est employée pour attacher les plantes à leurs tuteurs, pour lier les ceps et les sarments, pour clisser les bouteilles et surtout à la fabrication de tissus faits dans le pays par les indigènes et appelés rabanes. Le rafia ne poussant que très difficilement sur les hauts plateaux, on confectionne peu de rabanes enimerina; elles sont généralement fabriquées chez les Betsimisarakas et dans le Yonizongo; c'est cette dernière région qui approvisionnait presque entièrement les marchés de Tananarive, mais, ayant été presque totalement dépeuplée au cours de l'insurrection de 1890, elle n'en fournit que très peu et, jusqu'à ces derniers temps, cet article est demeuré assez rare en Jmerina. Actuellement l'industrie des rabanes semble reprendre et, àFihaonana notamment, des ateliers de fabrication ont été réinstallés. Toutefois, le prix de ces tissus est encore assez élevé sur le marché de Tananarive, où la petite rabane fine se vend 1 fr. 40, tandis qu'à Andévorante la pièce de cinq mètres se vend 80 centimes et qu'à Tamatave ce prix varie de 60 à 80 centimes. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, cette industrie est très répandue chez les Betsimisarakas; dans la province d' Andévorante, on trouve dans chaque village un certain nombre de métiers à tisser, et, même dans les hameaux de trois ou quatre cases, il y en a au moins un qui passe de ménage à ménage et sert à faire des « tenona », tissus en rafia avec lesquels on fabrique les rabanes, qui présentent souvent des dessins tracés au moyen de fils de couleur. Ce travail est réservé aux femmes. Les différentes colorations données aux fils de rafia s'obtiennent d'une façon très simple ; en les faisant bouillir avec des cendres, ils deviennent franchement jaunes; on obtient les différentes' teintes de vert avec les feuilles elles petites branches de V « engitra », qu'on fait bouillir plus ou moins longtemps.

Ces étoffes servent à la confection des vêtements de fatigue. Le costume de route des bourjanes comprend toujours une chemise courte en rabane, qui forme le vêtement de dessous. La rabane forme aussi le fond du vête-

INDISTRIES ACTUELLES.

mont (les Betsiniisarakas, hoiirjancs on non, en raison de la température un peu plus élevée de la eote. Les rabanes grossières sont cousues pour former des sacs, qui servent à remballage de certaines denrées, sucre, café, sel, etc. ; on en exporte de grandes quantités à la Réunion, pour cet usage.

Les rabanes plus (ines présentent des dessins de couleur et se terminent par de longues franges; elles sont expédiées principalement en France, où elles servent à faire des rideaux et des tentures.

Enfin, comme nous Lavons déjà dit, les Hovas tissent certaines étoffes composées de rafia et de soie; dans quelques-unes la chaîne est en soie et là trame en rafia.

La résistance des fibres de rafia tissées, soit en cordeau, soit en étoffe, a fait l objet d'intéressantes expériences au laboratoire de l'établissement d aérostation militaire de Chalais-Meudon ; elles ont été soumises à toute la série d'épreuves qu'on fait subir d ordinaire aux matières textiles et aux tissus avant de les mettre en œuvre. Voici, d'après le procès- verbal, le résultat d'une de ces expériences faite le 14 juin 1897 :

1° Essai d'un cordeau en rafia. On a confectionné avec des fibres de rafia une éprouvette de cordeau d'une longueur de 67 centimètres, qui pesait 15 gr. 95 (poids du mètre '20 gr. 10, diamètre 7 millimètres).

Ce cordage se rapproche, comme poids, du cordeau n"* 2 en chanvre et, comme diamètre, du cordeau n° 4.

Résistance : 150 kilogrammes; coefficient de résistance : 7 460.

Nota. Les fibres employées pour faire Léprouvette avaient environ un mètre de longueur; leur largeur varie entre 1 et 2 millimètres.

Poids du mètre moyen, pris sur vingt fibres de 80 centimètres de longueur, 0 gr. 05 ; résistance : 1 kilogramme à 1 kil. 200.

2*^ Essai d'une étoffe en rafia :

Poids du mètre carré 259 grammes.

Résistance ^ chaîne 66 kilogrammes

/ trame 55 —

Nombre de fib

chaîne 25 trame 1 1

Nous ignorons si le cordeau et l'étofïe essayés avaient subi une certaine préparation ou s'ils étaient le produit brut de la manipulation indigène habituelle. Quoi qu'il en soit, le coefficient de résistance, assigné au tissu de rafia par l'expérience précitée, le classerait au-dessous des étoffes de chanvre et de ramie, mais au même rang que les étoffes confectionnées avec des cotons de bonne qualité.

Le métier est, comme nous Lavons dit, du même modèle que celui qui sert au tissage des étoffes de soie.

En dehors du jabo, ïananarive ne produit aucune rabaue; le gros bourg d'Ambohimalaza (secteur de Manjakandriana) confectionne, à la vérité, quelques rabanes multicolores qui sont vendues, soit à Tananarive, soit à Tamatave; mais la plupart des rabanes, pour ne pas dire toutes celles que l'on rencontre en Imerina, viennent du Vonizongo, de Fihaonana et des environs

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