INDUSTRIE DE L'ALIMENTATION
Conserves de viande. — La fabrication de conserves de viande dans la province de Diego-Suarez est, avec Lexploitation minièi e de la Compagnie Suberbie, la plus grande entreprise industrielle de Madagascar. A ce titre, nous allons en parler avec quelque détail.
Cet établissement industriel, situé à Antongombato, à 15 kilomètres d'Antsirane, a traversé deux phases que nous allons étudier successivement et qui sont séparées par l'expédition de 1895, époque à laquelle la première Société a cessé son exploitation.
Premicre pJiase. — Le 9 juin 1889, le ministre de la guerre a accordé, en adjudication publique, un marché de 17 millions de francs pour 12 millions de boîtes de conserves devant provenir de Madagascar.
A la suite de ce marché, une Société, sous le nom de Graineterie française, a commencé à Antongombato la construction d'une immense usine pour la fabrication de conserves de bœuf. Construit sur une très grande échelle, de 1890 à 1892*, installé dans d'excellentes conditions et outillé d'après les perfectionnements les plus récents, cet établissement était susceptible de traiter 500 bœufs par jour.
Yoici, du reste, la description de cet établissement de premier ordre, d'après M. Locamus qui en a dirigé la construction :
« Les abattoirs, composés de vingt échaudoii s mesurant h mètres sur 5 mèti'es, soit 25 mètres carrés chacun, permettent de dépouiller et dépecer cinq bœufs à la fois. Les bœufs sont lancés et énei vésdans deux couloirs spéciaux et amenés alternativement à un échaudoir de gauche ou de droite, toutes les minutes, à l'aide de waijons d'abata^îe. Toutes les \\\yA minutes, le même échaudoir re(^'oit un nouveau bœuf. Toutes les deux heures, chaque échaudoir a reçu, saigné, dépouillé et fendu 5 bœufs qui sont enlevés par
1. La construction des établissements d'Antongombato a demandé deux ans et demi et a coùlé 5 millions.
INDUSTRIES ACTCEMES.
les wagons à viande ot transportés à l'usine. Kn six heures, Tabata-re l'onmit ÔOO hœul's. A l ahaltoii- se tiouve adjoint un Tondeur de suit' de la maison Egrot.
« L'usine piineij)ale mesure 7 000 mètres earrés avec un sous-sol de 5000 mètres earrés. 1/aile droite eompiend : l^une antichambre où est logée une machine IIoll, l'om nissant par heure 70 000 pieds cubes d'air à 55" audessous de zéro; cette antiehambre mesure 10 mètres sur 20 mètres; 'i'* la salle réfrigérante, mesurant '20 mèires sur 2') mètres, soil 500 mètres carrés, capable de contenir 500 bœufs fendus en deux ; la température de cette cham- I)re, munie d un couloir circulaiie d isolement. peut être amenée à — 15"; au-dessus de la chand)re réfrigérante, numie d'un double plafond, se trouve le dépôt des boîtes vides, mesurant 1 800 mètres cubes et pouvant contenir un million cinq cent mille boîtes vides d un kilogramme; 5'' la ferblanterie, mesurant 20 mètres sur 50 mètres, soit 600 mètres carrés, contenant les machines à équarrir, à découper, à estamper, à rabattre et à agrafer les plaques à souder, les bains des soudures, etc. Cette salle peut contenir deux cent cinquante ferblantiers; 4° la salle des carburateurs Monier, au nombre de douze, fournissant par la carburation de l air, le gaz nécessaire pour chauffer vingt plaques, trois cents fers et éclairer l'usine; au-dessus se trouve une chambre mesurant 10 mètres sur 20 mètres, soit 200 mètres carrés et 1 000 mètres cubes, contenant les boîtes vides pour les sous-produits.
« Dans la ferblanterie, se trouvent des ventilateurs fournissant l'air nécessaire pour faire chalumeau sur les plaques et dans les fers à souder.
« Le centre de l'usine comprend : 1° une chambre de chauffe, séparée du reste de l usine par un mur en maçonnerie, éclairée et aérée par quatre grandes fenêtres, desservie par trois portes cochères, mesurant 10 mètres sur 60 mètres, soit 600 mètres carrés, et logeant : dix grands générateurs perfectionnés de 50 chevaux, de la maison Fouché, de Paris ; un grand collecteur recevant la vapeur de dix générateurs ; un petit générateur vertical de 20 chevaux indépendant ; deux petits chevaux et deux giffards pour alimenter les générateurs.
c< 2*^ Une salle de 80 mètres sur 40 mètres, soit 5 200 mètres carrés, contenant : a) Parallèlement aux générateurs, douze chaudrons pour le blanchiment des viandes, de 2100 litres chacun, chauffant à la vapeur, avec tuyautage d eau (iltrée, de vapeur, d'eau de condensation, etc., pour chaque chaudron. — b) Quatre chaudrons autoclaves verticaux, pour la dégélatinisation de^ os, le tout avec passerelle en fer strié, palans différentiels et de roulement, bassines d'eau chaude pour les lavages, robinets d"eau fraîche, etc. — c) Dix chaudrons autoclaves de 2 100 litres, avec chemin de fer et paniers de roulement, contenant chacun six cents boîtes d'un kilogramme, les dix autoclaves verticaux, pour Tébullition des boites, avec réservoirs superposés, recevant l'eau chaude à chaque fin d'opération et la restituant à chaque reprise. — d) Table de découpage des viandes, de pesage, d'emboîtage, d'ajutage, de fermeture et de soudure des boîtes pleines. — e) Un appareil pour éprouver les boîtes vides à Lair comprimé. — f) Huit bers à vapeur pour éprouver les boîtes pleines et rechercher les fuites. — g) Concasseur
à os, scie circulaire et à rubans pour couper les os. — h) Machine de 50 chevaux, actionnant tout le matériel, arbres de couche, poulies et transmissions de la maison Auber, de Paris. — i) Monte-jus, pour envoyer le bouillon aux évaporateurs.
« 0° Une salle d'évaporation, mesurant 10 mètres sur 40 mètres, soit 400 mètres carrés, contenant des évaporateurs lenticulaires, de la maison Chenailler, chauffés à la vapeur; des chaudrons d'évaporateur à air libre, en cuivre; un évaporateur dans le vide, appareil pouvant évaporer 5 000 litres de bouillon par heure.
« L'aile gauche comprend :
« 1" L atelier de réparations, mesurant 20 mètres sur 20 mètres, soit 400 mètres carrés, comprenant huit forges, tours de mécanicien, perceuses, poinçonneuses, raboteuses, une machine de 20 chevaux indépendante et actioimant tout l'outillage de l'atelier, arbres, poulies, transmissions, etc.; 2° les autoclaves décrits à l'article ci-dessus; o'* une chambre des boîtes du jour, mesurant 20 mètres sur 50 mètres, soit 600 mètres carrés.
« Dans le sous-sol, divisé en compartiments de 5 x 10 = 50°"^ X 5"" = 150 mètres cubes, sont logés : 1° les ateliers de montage des caisses pour boîtes ; 2° la tonnellerie pour le montage des barriques pour le suif et des barils pour les salaisons ; 5^" l'outillage de rechange; V les pointes, vis, fer-blanc et approvisionnements de ferblanterie; ces divers ateliers ou dépôts prennent 20 compartiments sur 55 que possède l'usine, laissant 55 compartiments vides pour le travail de la charcuterie, des salaisons et des viandes congelées.
« Un grand magasin, récemment construit dans le voisinage et sans utilité présente, pourrait permettre de porter à 45 le nombre des compartiments disponibles.
« Cette usine employait de 2 000 à 5 000 travailleurs.
« Elle n'est pas complètement terminée; une véranda do 5 mètres sur sa grande façade et de 100 mètres de long, avec étage au niveau du sol de l'usine, doit être établie pour faciliter les travaux d'emballage, de chargement des wagons, etc.
« L'outillage de cette usine est des plus perfectionnés. Les contremaîtres américains venus de Chicago, pour conduire la fabrication, et qui ne sont restés qu'un mois à Diego, l'ont trouvé supérieur.
« Les spécialistes, qui ont eu à s'occuper de cette usine depuis qu'elle est en vente, ont estimé, d'après l'examen des boîtes, des plans et devis, de Uoutillage, que l'œuvre avait été bien conçue et bien conduite comme installation.
« Le dernier directeur, qui a séjourné à Diego, est amené à reconnaître la supérioi'ité du choix du montage de cet important outillage, en déclarant que c'est une affaire industrielle de premier ordre, qui sera remise en activité après l'expédition.- »
Tel est, dans ses grands traits, l'établissement industriel créé à Antongombato pour la fabrication des conserves. Comme on le voit, l'usine avait été construite sur un plan vaste et dans des conditions d'installation et d'outillage
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qui semblaient do nature à lui assurei' le succès; d'autre part, le hétail abonde à Madagascar et il est d'excellente qualité. On était donc l'ondé à al'tii iner, comme l'a fait M. Frot, ancien directeur, que c'était une alîaire industrielle de premier ordre, tant pour la Société que pour la colonie elle-même. Comment alors expli(|uer son insuccès ?
La véritable, l'unique cause, d'après le créateur même de cette usine que nous venons de nonuner, en est à l'incapacité du cbef de fabrication et à l'incompétence complète de la direction, tant à Paris qu'à Madagascar. Il faut le dire bien baut : la nature du pays, son régime tant administratif que douanier, la quantité et la qualité du bétail, les exigences du ministère de la guerre ne sont pour rien dans la ruine de cette entreprise, sur laquelle on avait, à bon droit, fondé les plus belles espérances. Cette création était d'un bomme clairvoyant qui, au milieu de l'inconnu qui enveloppait alors la Grande île, avait su découvrir sa principale source de ricbesse. Nous reviendrons, d'ailleurs, plus loin sur cette vérité qui éclate aujourd'hui aux yeux de tous ceux qui connaissent quelque peu notre nouvelle colonie.
Quoi qu'il en soit, au commencement de 1895, l'usine a été réduite à fermer ses portes. Peu après, a eu lieu l'expédition contre les Hovas, et il ne pouvait être question, pendant la période des hostilités, de reprendre les travaux.
Deuxième phase. — Après la guerre, et dès le rétablissement de l'ordre en bnerina, à la suite des premières mesures prises par le général Gallieni, un grand industriel de Paris, M. Gueugnier, appréciant sainement le nouveau régime politique de l'île et les immenses avantages de l'entreprise d'Antongombato, s'est rendu acquéreur des anciens établissements de la « Graineterie française » et a constitué pour l'exploitation de ces usines une Société au capital de 2 millions de francs, entièrement versé, sous le nom de « Compagnie coloniale française d'élevage et d'alimentation de Madagascar ».
Le conseil d'administration de cette Société était composé de la manière suivante : MM. L. Orosdi, industriel, président; P. Lavigne, négociant, aâministrateur délégué: H. Frot, négociant, secrétaire; A. Helbronner, J.-J. Carnaud, E. Laillet et R. Bandony, industriels.
Dans le courant de juin 1897, la nouvelle Société a rouvert les portes de l'usine et, après avoir apporté à son installation et à son outillage certaines améliorations, s'est remise à l'œuvre en opérant prudemment et sur une petite échelle au début. Au commencement de juillet de cette même année 1897, l'administrateur de Diego-Suarez a visité l'usine et constaté la reprise de la fabrication dans d'excellentes conditions. Voici dans ses traits essentiels quel est le fonctionnement actuel de l'usine, aujourd'hui placée sous la direction de MM. Léopold, directeur administratif, et Gallai, directeur technique.
Il est intéressant de remarquer tout d'abord que les animaux abattus sont tous en excellent état, gras et bien portants. Depuis l'abatage jusqu'à la mise en boîtes, les opérations se succèdent dans l'ordre suivant. L'animal ayant été mis à mort, après énervement par une piqûre à la nuque, est immédiatement saigné et dépecé, par les soins d'un personnel spécial, dans un abattoir où l'eau coule en abondance pour entraîner les détritus et maintenir la pro-
prêté. De l'abattoirS la viande est portée dans une chambre froide oii elle est conservée pendant vingt-quatre heures ; la nouvelle Société a dû réduire de moitié les dimensions de cette chambre, qui, par suite de ses dimensions exagérées, ne conservait pas l'air suffisamment froid, et le résultat de cette modification a été des plus heureux.
Au sortir de la chambre froide, la viande est livrée aux bouchers, qui la séparent des os, enlèvent les graisses et les tendons et la découpent en morceaux. Chaque partie de fanimal a sa destination, mais on ne garde pour la mise en boîte que la chair de première qualité.
Un wagonnet conduit cette viande dans des appareils où elle est soumise à l'action de la vapeur jusqu'à parfaite cuisson: c'est une des parties les plus délicates de l'opération et c'est là que le savoir-faire du chef de fabrication joue un rôle important.
Après la cuisson, on procède à la mise en boîte.
Chaque boîte contient une proportion déterminée de viande et de bouillon et pèse 1 kilogramme net. La nouvelle Société a remplacé en totalité le matériel de fabrication et de mise en boîte de l ancienne « Graineterie ». Les boîtes lui arrivent de France toutes préparées; il ne reste qu'à les fermer sur place. Cette opération se fait au moyen d'un appareil spécial manœuvré par un seul homme qui peut en fermer jusqu'à 5 000 par jour; ce perfectionnement réalise une économie considérable de personnel et d'outillage.
Enfin les boîtes subissent une stérilisation en passant à l'autoclave oii elles sont soumises pendant une heure et demie à une température de 115*^.
Au début, l'usine traitait seulement 12 bœufs par jour; depuis, elle a augmenté peu à peu son rendement, au fur et à mesure que l'expérience de son personnel se développait, que ses relations s'étendaient dans le pays et que les débouchés se produisaient, et, dès le mois suivant (août), elle débitait 20 bœufs par jour.
Outre la fabrication de fendaubage proprement dit, tout ce que fournit l'animal abattu est utilisé :
Les cuirs sont vendus (à raison de 7 fr. 50 l'un) à un négociant d'Antsirane, qui les dirige sur Salonique ;
Les bas morceaux servent à la fabrication du liebig;
Les graisses et les suifs sont extraits, et ces derniers sont vendus à Antsirane pour la fabrication des bougies;
Les os longs, les sabots et les cornes sont vendus pour la coutellerie, la marqueterie, etc., tandis que les autres os, broyés et réduits en poudre, sont expédiés sur Maurice pour l'engrais des champs de canne à sucre;
La boyauderie est préparée pour la vente aux fabi icants de colle ;
Les langues, queues et bosses sont mises en boîtes;
Les salaisons sont également faites avec beaucoup de soin. En un mot, suivant la règle industrielle moderne, tous les sous-produits sont utilisés.
Pour profiter de la fraîcheur, l'usine est mise en marche environ deux heures avant le jour; à onze heures, les travaux sont arrêtés, et, l'après-
1. L'abattoir et les parcs à bœufs sont établis à 300 mètres de l'usine.
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midi, le personnel est employé à l'entretien cin matériel et aux soins de propreté.
La Société se propose d'apporter encore certaines améliorations à son matériel, principalement en ce qui concerne les générateurs et rinstallation des l'umivores.
Pendant les mois de janvier et de février, Télévation de la température ne permettant pas de continuer la fabiication des conserves dans de bonnes conditions, rex|)loitation a été suspendue. Pendant ce temps, les ouviiers ont été occupés à faire des salaisons qui sont expédiées sur Maurice et la Réunion.
Pour l'expédition de ces produits, l'usine est reliée à un petit poste situé dans le cul-de-sac Gallois par un decauville de 60 centimètres, qui a une longueur de 9 kilomètres. En outre, l'administration vient de faire construire une route de 4 kilomètres environ pour relier Anlongombato à Anamakia, point qui est lui-même relié à Antsirane pai' une bonne route.
Il nous reste à parler de la qualité des produits. Des écliantillons ont été examinés au commencement de janvier 1898 par la commission locale de réception des denrées alimentaires. Cet examen a porté sur des conserves de jus de viande, de langue cuite, de bœuf bouilli, et sur des salaisons diverses; les conclusions formulées par la commission ont été des plus satisfaisantes. D'après la commission, les produits de l'usine française d'Antongombato réunissent toutes les conditions requises pour l'alimentation des troupes.
Les conserves de jus de viande, de langue et de bœuf peuvent être consommées immédiatement et conviennent, par conséquent, pour la nourriture des troupes en campagne.
Les salaisons sont également de très bonne qualité ; mais la préparation qu'elles exigent ne permet de les employer avantageusement que poui- les troupes en station.
En résumé, Lusine d'Antongombato exploitée par la Compagnie coloniale française d'élevage et d'alimentation de Madagascar est aujourd'hui en pleine activité et paraît en mesure de satisfaire dans d'excellentes conditions au service des subsistances militaires.'
Salines. — La plus grande partie du sel consommé k Madagascar vient de Marseille, de Liverpool ou de Hambourg. Mais, en dehors de ces impoi'tations, la colonie en produit elle-même une certaine quantité, qui provient, soit de marais salants et salines (sur la côte), soit du traitement de plantes salifères qui croissent dans l'intérieur sur quelques points bien déterminés. Ce dernier sel est employé exclusivement par les indigènes.
Salines. — Sous l'ancien, gouvernement malgache, les Hovas avaient établi d'importantes salines dans l'estuaire de la Betsiboka. sur le territoire de Kandrany, chef-lieu du roi Salim. Ces salines, qui donnaient de fort beaux produits, avaient attiré une certaine population dans la région; plusieurs familles hovas notamment s'y étaient fixées.
Dans la province de Diego-Suarez, trois Sociétés se livrent actuellement à l'industrie salinière. La première a installé son exploitation sur la côte occidentale, dans la baie du Courrier* ; les deux autres sont établies dans la baie même de Diego-Suarez. Ces deux dernières dénommées l'une « Compagnie des salines de Diego-Suarez », l'autre « Société des salines de Diego-Suarez », méritent une mention spéciale.
Compagnie des salines de Diego-Suarez. — La fondation de cette Société remonte à 1887, époque à laquelle M. Richon, armateur, obtint du ministre des colonies une concession de 500 hectares de salines à Diego-Suarez, à titre de compensation pour des pertes qu'il avait subies pendant la guerre de Chine. Elle a aujourd'hui à sa tète le docteur Pichon.
Aux termes du contrat passé en 1887 avec la colonie de Diego-Suarez, cette Société s'est engagée à payer à la colonie un droit de 1 franc par tonne de sel fabriqué, lorsque sa production atteindra 55 000 tonnes. Ce chiffre n'a point encore été atteint.
Société des salines de Diego-Svarez (Société anonyme française, marque des Maques). — L'origine de cette Société remonte également à 1887. Le 25 novembre de cette année, M. Lefèvre-Rioult, armateur à Granville, a obtenu du gouverneur de Diego-Suarez une concession de 258 hectares. Cotte concession comprend : 1" 500 hectares de salines naturelles, sises au Nord de la plaine d'Anamakia, entre l'embouchure de la rivière de la Main et les hauteurs qui bornent à l'Ouest la vallée de la rivière d'Anlomboka ou des Maques ;
2° 50 hectares de terrain de cultures situés au-dessus du niveau des hautes marées ;
0** Une bande de 103 hectares de palétuviers séparant les salines de la mer.
M. Lefèvre-Rioult s'engageait, vu la nature générale de sa concession, à payer au budget local de Diego-Suarez une redevance de 1 franc par tonne de sel recueilli dans ses salines. Mais la Société actuelle n'a été fondée qu'en 1892 et, après trois années consacrées à la mise en état de la concession, elle est entrée réellement en exploitation en 1895. Dès l'année 1896, elle a produit 4 200 tonnes de sel; cette production a atteint 12 000 tonnes en 1897; elle s'élèvera bientôt, au dire de la Société, à 24 000 tonnes. L'exonération de la redevance de 1 franc par tonne de sel recueilli a été accordée à la Société en 1897.
Le sel obtenu dans ces salines est d'une belle blancheur et semble d'excellente qualité. D'après l'analyse chimique à laquelle il a été soumis, sa composition est la suivante :
Chlorure de sodium 98,97
Chlorure de magnésium 0,1 '2
Sulfate de chaux 0,54
Divers ' 0,57
Dès le mois d'avril 1897, la Société demandait à être chargée de la