‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 43 sur 114 · I.NDLSTHIES ACTUKLLES · texte numérisé non relu

I.NDLSTHIES ACTUKLLES

produit sucre jaune, (|ui se vend sur plaee 17 IViuies les 50 kilojiçrammes, et du sucre blanc, au pri.v de '2^2 fr. hi) les 50 kilogrammes'.

A l époipie où l industric sucrièrc était llorissante dans nos colonies, d'importantes usines existaient dans l'ile de Nossi-Hé; les plus prospères étaient celles d Androadi oatra, de l asina, d Antorotoro et de Solaina. Le sucre était, en elVet, le [)riii('ij)al produit de cette possession; mais, aujourd'hui, la fabrication du sucre de betterave a tué cette industrie, et les planteurs de Nossi-Bé ont dù renoncer à la culture de la canne à sucre pour s adonner aux autres cultures tropicales : vanille, cacao, etc.

Rhumeries. — A l'époque où l'industrie sucrièrc était florissante dans nos colonies, de nombreuses plantations de cannes avec usines et distilleries avaient été créées à Xossi-Bé; la plupart de ces exploitations ont aujourd'hui disparu. iSossi-Bé ne fait presque plus de sucre; c'est à peine si quelques usines font encore du rhum. Les planteurs depuis ces dernières années tournent, en ellet, leur activité vers la culture de la vanille, du cacao, etc.

Si aux deux ou trois rhumeries de Nossi-Bé on ajoute les deux usines de Melville et de « l'Avenir », dans les environs de Tamatave, et celle de M. Delacre, dans les environs de Vatomandry, on aura toute la liste des exploitations actuellement en activité.

11 est juste de remarquer toutefois que, si les établissements de Nossi-Bé sotit en pleine décadence, les quelques usines de la côte Est que nous venons de citer paraissent, au contraire, jouir d une certaine prospérité.

L'usine de Melville, sur Flvondrona, à l'est de Mahasoa et à 20 kilomètres de Tamatave, appartient actuellement à MM. Bonàme et C'*^; elle dispose de plantations ayant une superhcie de 100 hectares environ et est aujourd'hui en pleine exploitation.

Il en est de même de l'usine « l'Avenir » établie sur l lvolina, à 25 kilomètres de Tamatave, et qui est la propriété de M. Dupuy.

Quant à la rhumerie de M. Delacre, elle est située sur le Marololia, à 50 kilomètres de Vatomandry, et ses produits pourraient rivaliser avec ceux des colonies voisines.

Ajoutons que, dans le district de Mahanoro, deux colons se proposent de créer une grande sucrerie et rhumerie dans la plaine d'Ampotaka, qu'ils planteront en cannes.

En dehors de ces usines, exploitées par des Européens, il y a lieu de mentionner, à titre de renseignement, les produits malgaches, qui, comme l'on peut penser, sont de qualité tout à fait inférieure et sont connus sous le nom de « toaka » et de « betsabetsa ». Le toaka, souvent appelé par les indigènes « toaka gasy » ou rhum malgache, est une sorte de rhum presque incolore, obtenu par la fermentation et la distillation des jus sucrés extraits de la canne. Nous avons déjà indi(pié, dans le chapitre des « Produits végétaux », t, II, p. 102, le procédé enq)loyé en Imerina pour la fabrication du toaka.

1, Ces deux usines ne font plus aujourd'hui que du rhum. Il en existe une troisième à Vatomandry, l'usine de la Providence, propriété de M. Delacre, et actuellement en pleine prospérité.

Les Ilovas aromatisent généralement leur toaka, en y faisant infuser ou macérer diverses plantes, notamment de Técorce de badiane ou anis étoile.

Chez les Tsimihetys, le procédé de fabrication est tout aussi rudimentaire; chaque village a son pressoir et son alambic, aussi primitifs qu'originaux. Le pressoir se compose de deux troncs d'arbre; l'un, reposant par quatre pieds sur le sol, a sa moitié antérieure creusée en forme d'auge et sa moitié postérieure évidée suivant deux ou trois rainures longitudinales qui aboutissent dans l'auge; sur cette deuxième partie repose le second tronc d'arbre, massif, façonné en rondin rudimentaire et muni d'une ou de deux poignées.

Les cannes sont placées entre ce rondin et la partie du pressoir qui n'est pas creusée; on imprime aux poignées un mouvement de va-et-vient dans le sens parallèle au réservoir; les cannes s'écrasent sous le poids du rouleau et le jus, par les rainures pratiquées en rigoles, s'écoule dans l'auge où il est recueilli avec un puiset quelconque.

L'alambic ne le cède pas en ingéniosité, ni en simplicité, à ce pressoir modèle, lise compose également d'un tronc darbre creusé en forme d'auge; deux ou trois tubes en bambou, dont les cloisons intérieures ont été crevées, traversent cette auge, et leurs extrémités aboutissent à deux récipients en terre.

Dans l'une, on met le jus de la canne ou d'une sorte de groseille h maquereau appelée « voantseva » ; quelquefois les doux mélangés; dans l'espace que le liquide laisse vide à la partie supérieure, on place les extrémités des bambous et l'on bouche le tout aussi hermétiquement (pie possible avec de vieux chiffons, des feuilles de bananiers, etc. On fait chauffer ; la vapeur ne trouve d'autre issue pour s'échapper que les tubes où elle s'engouffre ; elle se condense en traversant la partie qui plonge dans l'eau du réservoir et s'écoule sous foi nie de toaka dans le second récipient qui est placé à l'autre extrémité des tubes pour la recevoir.

Ce ne sont plus les femmes, mais les enfants qui s'occupent de la fabrication de ce toaka.

Le toaka se fabrique dans la plupart des régions de l'île. Sa fabrication est la seule industrie du cercle d'Ambatondrazaka, industrie peu développée d'ailleurs; c'est dans ce cercle que tout dernièrement un détachement de tirailleurs, lancé à la poursuite d'une bande de voleurs de bœufs, a surpris, en pleine campagne, un groupe de femmes et d'enfants occupés à la fabrication de ce merveilleux breuvage. De même, dans la région de Manankasina (cercle d'Ankazobé), on rencontre de nombreuses distilleries indigènes. Dans le cercle de Morainanga, chez les Bezanozanos, il en existe partout ; leurs appareils, non moins primitifs que ceux que nous venons de décrire, ne fournissent qu'un rendement restreint, variant entre 5 et 10 litres. Dans la province de Maroantsetra, cette industrie est de beaucoup la plus importante.

Quant au betsabetsa, ce n'est autre chose que du jus de canne à sucre fermenté. L'appareil, ou sorte de moulin, à l'aide duquel on obtient ce jus, est tout aussi primitif que les précédents. Il se compose essentiellement d'une sorte de table de bois creusée d'une rigole qui se termine par un bec : sur cette table, on fait rouler à la main un tronc d'arbre. On n'obtient ainsi

INDUSTRIES ACTUELLES

qu'un écrasement très imparfait des cannes sur lesquelles on opère et ce moulin n'exprime qu'une infune partie de leur jus.

La fabrication du betsabetsa est fort en honneur dans toute; la partie de l'île occupée par les FWtsimisarakas, partie centrale du versant Est et ilc Sainte-Marie; dans la province de Tamalave notaunnent, il s'en fabrique une grande quantité. Les Detsimisarakas, fort enclins à l'ivrognerie, en font un usajze immodéré. Le betsabetsa se vend 15 francs la barrique à Vatomandi y, à Tamatave, etc. ; à Sainte-Marie, il vaut 10 centimes le litre.

Sur certains points de File, les indigènes fabriquent aussi une boisson alcoolique avec le chanvre. C'est ainsi que dans les environs d Ambohimanga, à Amboatany, où le chanvre pousse sans culture, surtout dans les anciennes fosses à bœufs, les habitants en tirent une boisson enivrante dont ils sont très amateurs.

Endn, les llovas fabriquent encore, en faisant fern^enter et en distillant le miel, une liqueur alcoolique nommée « loaka-tantely » [toaka, rhum, et iantely, miel).

Saindoux. — Le procédé de préparation du saindoux employé par les Malgaches est sensiblement le même que celui usité en Europe. Le lard, découpé en petits morceaux, est fondu dans un récipient et comprimé pour en séparer la graisse et les impuretés.

La graisse est ensuite placée dans des bidons de 5, 10 et 20 livres qui sont vendus aux maisons européennes de la côte pour le commerce d'exportation.

Le cours actuel est d'environ 65 francs les 100 livres. La ville de Tananarive peut, à elle seule, fournir près de 500 kilogrammes de saindoux par jour.

Les pays producteurs par excellence sont l'Imerina et le Betsileo, qui exportent soit sur Tamatave et Yatomandry, soit sur Mananjary.

Huile (fabrique d'). — Nous avons indiqué au chapitre des « Produits végétaux » les principales plantes oléagineuses qui croissent à Madagascar : arachide, ricin, cocotier, pignon d'Inde, raharaha, olivier et un arbre indigène mal connu.

Les Malgaches ne font pas d'huile d'arachide. Sur le littoral, ils font un peu partout de l'huile de coco, qu'ils vendent environ 1 fr. 25 le litre.

Nous avons, dans le chapitre précité (t. II, p. 90), traité la question de Thuile de ricin. Il nous reste à parler de l'huile de pied de bœuf, de l'huile de raharaha et de l'huile de pignon d'Inde.

L'industrie de l'huile de pied de bœuf est très peu développée ; elle n'existe qu'à proximité des principaux marchés où l'on abat le bétail. Les quatre pieds valent de 10 à 20 centimes dans le Nord-Est, 40 centimes dans l'Est, 50 centimes en îmerina; partout ailleurs, ils sont sans valeur et jetés comme débris. Pour fabriquer l'huile de pied de bœuf, les indigènes emploient le procédé rudimentaire qui consiste à découper les pieds en petits morceaux, à les faire bouillir dans l'eau et à recueillir l'huile qui surnage à la surface.

L'huile de pied de bœuf se vend 40 centimes la bouteille dans le Nord, le Sud et l'Ouest: elle atteint 1 fr. 25 dans les régions du Nord-Est et 1 fr. 45 dans le Centre, où il s'en fait la plus grande consommation.

Le pignon d'Inde, comme nous l'avons dit, fournit une graine oléagineuse dont l'huile est employée par les Antaimoros pour s'enduire les cheveux et le corps. C'est de cette plante que s'extrait l'huile de croton tiglium dont les propriétés vésicanles sont bien connues.

Le raharaha, qui croît sur certains points du littoral, notamment dans la région d'Andévorante, produit aussi une graine oléagineuse de la grosseur d'un œuf, qui est employée par les Betsimisarakas pour la fabrication d'une pommade dont ils oignent leur chevelure et qu ils emploient aussi dans le traitement des éruptions cutanées.

Nous avons indiqué encore dans le chapitre des « Produits végétaux » un arbre importé en 1878 dans la région d'Andévorante qui atteint une hauteur de 4 mètres et produit de grosses olives dont les indigènes extrayent une huile; son nom ne nous est pas connu. Il n'existe, d'ailleurs, que sur une propriété et ses fruits n'ont fourni (pi une trop petite quantité d'huile et par des procédés trop défectueux pour qu'il soit possible de se prononcer sur sa valeur industrielle.

Quant aux oliviers récemment introduits à Madagascar sur deux points seulement, on n'a pu encore tirer parti de leurs fruits.

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