‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 44 sur 114 · INDUSTRIE DU BATIMENT · texte numérisé non relu

INDUSTRIE DU BATIMENT

Menuiserie, charpenterie, ébénisterie. — Les Malgaches jusqu'à ce jour n'ont pas établi de distinction entre les menuisiers, les charpentiers et les ébénistes.

La corporation des menuisiers-charpentiers, une des plus nombreuses de celles qui existent en Imerina, a été organisée autrefois par Andrianampoinimerina. La venue à Tananarive du charpentier français Legros a beaucoup profité aux ouvriers qui, sous sa direction, ont bâti Soanierana' ; Jean Laborde leur a donné également, au point de vue de la charpente, d'excellentes notions d'assemblage; mais tous ces enseignements se sont perdus, depuis. Quant à la menuiserie, ils n'ont eu sous les yeux, comme exemples à copier, que des croisées anglaises à feuillure convenant peu à l'emploi des bois du pays qui ne sont bien secs qu'au bout de plusieurs années. L'outillage local est, du reste, rudimentaire ; l'usage de l'herminette répandu sur la côte est inconnu aux habitants du Centre. N'ayant guère fait jusqu'ici que de la menuiserie de placage, ils ne connaissent, en fait d'assemblages, que l'assemblage droit et ne se servent, comme scie, que de la scie égohine, ignorant l'usage du valet; toutefois, ils manient convenablement le ciseau.

En ébénisterie, les défauts que nous venons de signaler sont encore plus

1. Cette construction toute en bois, ancienne maison de plaisance de la reine, qui tombait de vétusté, vient d'être mise à bas.

INDUSTRIES ACTUELLES

sensibles; en outre, l'emploi de hois souvent verts, presque toujours insuffisamment sees, accentue ces défauts et met rapidement hors d'usa^^e les meubles fabriqués par les Malgaches. L'imitation, servile sur certains points, est défectueuse dans la construction même des parties essentielles.

En somme, les ouvriers indigènes n ont guère eu à leur disposition jusqu'à ce jour que des modèles défectueux et un outillage incomplet. Un des premiers soins de l'École professionnelle de Tananarive a été de fournir aux élèves des modèles mieux appropriés aux besoins locaux et à la nature des bois du pays.

En outre, les élèves sont peu à peu familiarisés avec nos différents outils, on leur apprend des assemblages simples; en un mot, on leur enseigne l'art de la menuiserie. Déjà ils fabriquent des meubles, chaises, tables, armoires, qui présentent toutes les conditions de solidité désirables et ont un certain aspect. D ici peu de temps, la création de l'École professionnelle aura porté ses fruits et les effets de cette institution se manifesteront non plus seulement à l'intérieur des murs de l'École, mais encore dans tout l'Imerina, car l'enseignement, les procédés de fabrication, l'outillage se répandront, et l'indigène, grâce à ses remarquables facultés d'assimilation, exécutera convenablement les différents travaux de menuiserie, de charpente et d'ébénisterie, aussi bien pour le bâtiment que pour le meuble.

D'ailleurs, d'autres Écoles professionnelles ont déjà été établies dans les localités les plus importantes de l'île, notamment à Tamatave, à Fianarantsoa, à Fort-Dauphin, à Ankazobé en même temps que des ateliers ont été créés sur des proportions plus modestes dans certains centres comme Vohilena, Ambohimanga du Sud, etc.

En dehors de ces Écoles et ateliers dont le champ d'action est encore restreint à l'établissement lui-même, les Hovas, plus industrieux et plus intelligents que les autres peuplades de l'île, monopolisent dans l'intérieur les industries dont il s'agit. C'est ainsi qu'à Tananarive, centre industriel le plus important de Madagascar, se fabriquent la plupart des objets d'ameublement que comporte une installation européenne, lits, chaises, tables, armoires, commodes, étagères, buffets, porte-manteaux.

Tous ces articles se vendent en plein air, au grand marché hebdomadaire de la capitale (Zoma). On y trouve même des portes, des fenêtres, etc.

Les prix des différents meubles sont les suivants :

1 lit en bois ô 60 à 20 )) 1 porte-manteau simple . . » 60 à 1 »

1 chaise ordinaire. ... 2 » à 5 )) 1 porte-manteau double 2 »

1 chaise longue 2 » à , 9 » 1 porte en bois, vieille 8 60

1 table 5 )) à 15 )) 2 battants de porte 2 50

1 fenêtre en bois, vieille. ... I 80

Sur le littoral, les métiers de menuisiers, charpentiers et ébénistes sont généralement exercés par des Mauriciens ou des Bourbonnais, ouvriers assez médiocres, que les Hovas ne tarderont pas à surpasser et qui exigent toujours un salaire beaucoup plus élevé.

Voici, d'ailleurs, quel est le salaire habituel des menuisiers, charpentiers, ébénistes dans quelques-unes des régions de l'île :

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