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Boutures. — Il a été ivmarqiié, plus haut, que la uiultiplicalion par bouture était loin d'être aussi prompte et aussi assiu'ée que celle par semis. Les produits obtenus sont moins rustiques, moins vigoureux, ils s'enracinent moins profondément et souflVent beaucoup plus de la sécheresse, mais, conune ils permettent de multiplier directement les espèces existantes, le mûrier multicaule et ses variétés par exenq)le, sans avoir recours à la greffe, et que, de plus, les conditions climatologiques de l île se prêtent assez bien à ce mode de nndtiplication, il convient de remployer au moins concurremment avec les semis.
Le bouturage du mûrier se pratique de différentes façons : par « boutures en rameaux » , par « boutures avec talon » , par « boutm'es semées » .
La bouture par « rameaux », qui est la plus courante, se pratique comme il suit : on choisit des rameaux nés l'année précédente, et on les coupe par fragments de 20 à 25 centimètres de longueur environ, chaque extrémité de la bouture devant être terminée par un bouton. On les plante au moyen d'un plantoir dans un terrain riche et meuble, en lignes espacées d'environ 20 centimètres; elles doivent être enfoncées en terre, de façon que deux bourgeons seulement soient hors du sol.
Le bouturage par « rameaux avec talon » se fait à peu près de la même façon; mais, au lieu de couper le rameau à une certaine distance du point où il s"unit à la branche, on le coupe tout près et on l'enlève avec le talon qui se trouve à sa base. D'autres fois, au lieu de couper le rameau, on l'arrache avec effort de manière à enlever une petite portion du corps ligneux de la branche sur laquelle il est né; mais ce dernier moyen, qui est cependant le meilleur, occasionne de nombreuses plaies à l'arbre sur lequel il est pratiqué. Aussi, est-il d'usage de couper quelques arbres à 6 ou 8 centimètres au-dessus de terre, dont les souches donnent naissance à de nombreux rejets, qui peuvent faire, tous les deux ans, d'excellentes « boutures à talon ».
Les boutures à talon s'enracinent plus facilement que celles par rameaux ; car, le talon, ayant une section plus grande, donne naissance à beaucoup plus de racines adventives.
La bouture « semée » se pratique de la façon suivante : Avant que la sève soit en mouvement, toutes les parties, suffisamment formées, d'un rameau de l'année précédente sont coupées en petites branches, munies chacune d'un seul bouton, qui sont semées en rigoles, en terre très légère; on les recouvre d une couche très mince de terreau et le sol est tenu constamment humide. Le bouton se développe bientôt, produisant une petite tige, tandis que le côté opposé émet un faisceau de racines.
Quel que soit le mode de bouturage que l'on ait employé, dès que les boutures sont bien enracinées, il est utile de les repiquer dans la pépinière d'attente, afin de développer leur enracinement, avant de les replanter à demeure, et, le cas échéant, de procéder à la formation de leur tige après les avoir recépées.
Formes à donner aux mûriers. — Lorsque les jeunes plants ont une tige suffisamment développée, il est bon. si l'on veut obtenir la plus grande quantité de feuilles possible, de ne laisser subsister que trois rameaux allant
flans un sens différent, qui sont eux-mêmes coupés à environ 50 centimètres de leur point d'insertion sur la tige. Sur chacun d'eux, on laisse se développer deux bourgeons terminaux, que l'on coupe également à 50 ou 40 centimètres du point d'insertion. On procède ainsi jusqu'à ce que l'arbre soit conduit par la bifurcation des rameaux terminaux, qui doivent être finalement au nombre de 48, à la forme définitive qu'il doit avoir et qui rappelle celle d'un vase vide à l'intérieur.
La disposition des branches ainsi conduites permet de réaliser la plus grande quantité possible de feuilles de la meilleure qualité, et cette direction à donner aux rameaux peut s'appliquer aussi bien aux mûriers cultivés en haute tige (2 à 2 m. 50) et en mi-lige (1 à 1 m. 50) qu'aux mûriers nains, c'est-à-dire à ceux dont la tête a été développée à environ 20 centimètres du sol.
Taille. — Lorsqu'on veut obtenir du mûrier cultivé au point de vue spécial de l'élevage des vers à soie la plus grande quantité possible de feuilles, il est indispensable de le soumettre à une taille raisonnée.
Les principes qui servent de base à cette opération sont les suivants :
1" Concentrer l'action de la sève sur un nombre restreint de boutons, de façon à en obtenir des rameaux longs, vigoureux, couverts d'un grand nombre de feuilles amples, substantielles, d'une récolte prompte et facile.
2" Donner à la tête des arbres, comme il est dit plus haut, la forme d'un vase vide, afin que les jeunes rameaux reçoivent bien la lumière.
5*^ Provoquer, entre chaque récolte de feuilles, des bourgeons vigoureux qu'on ne soumet pas à la cueillette et qui ont mission d'entretenir la vie dans l'arbre.
Il est difficile, dans une notice qui doit forcément rester sommaire, d'indiquer dans tous ses détails l'opération de la taille. Dans les pépinières où la culture des mûriers sera tentée, il sera nécessaire, le moment venu, de faire appel aux connaissances spéciales d'un jardinier qui pourra donner, en peu de temps, les indications pratiques indispensables.
Culture en taillis. — Le mûrier est un arbre à bois tendre et, notamment quand il a été obtenu par semences, sa souche est capable de fournir pendant longtemps des rejets vigoureux.
On peut donc avoir recours à l'exploitation en taillis pour la production des feuilles. Dans une industrie séricicole bien organisée, il sera sage d'avoir recours à ce procédé, en le combinant avec la culture des mûriers à haute tige ; les conditions de végétation ou de réussite pouvant varier d'un procédé à l'autre, dans une région déterminée, on évitera, de cette façon, les insuccès complets.
Plantation à demeurée. — Toute plantation de mûriers doit être faite dans un lieu abrité des grands vents. C'est dans un sol de consistance moyenne, profond, riche et frais, que le mûrier réussit le mieux; il redoute les sols marécageux et ceux qui sont peu profonds.
Les mûriers cultivés en haute tige doivent être placés à 6 mètres les uns des autres, de préférence en quinconce; ceux cultivés en mi-tige, à 5 mètres; les nains, à 4 mètres, et ceux en taillis, à 2 m. 50 environ.
CULTURES
Les plants doivent vivo placés dans des Irons cnhicpics (Fcnviron 00 centimètres de coté; si le sol n'est pas très riche, il est nécessaire d'y ajouter un peu de fumier.
Aménagement des mûraies. — Il a été dit plus haut (pie, pour ohtenir une récolte ahondantc de feuilles de bonne qualité, il était indisi)ensal)le de soumettre les mûriers à une taille méthodique ; mais si ce mode de procéder était appliqué, en même temps, à tous les mûriers d'un domaine, on ne pourrait se livrer à l'éducation des vers à soie que tous les deux ans. On remédie à cet inconvénient en partageant, en un certain nombre de séries égales, la mûraie du domaine, et on ne les soumet à la cueillette que successivement, d'année en année. C'est ce qu'on appelle « l'aménagement de la mûraie ».
Dans certaines régions de la Provence, on a admis, suivant les localités, des rotations de deux, trois et quatre ans. L'expérience a montré que celle de quatre ans, si elle a l'avantage de ne pas fatiguer les arbres, a, par contre, rinconvénient de nécessiter la coupe de grosses branches à chaque cueillette, tout en fournissant des feuilles de qualité médiocre. La rotation de trois ans paraît donc la meilleure et, étant données les conditions généralement favorables à la végétation dans l'Ile, la rotation de deux ans parait pouvoir être adoptée également avec avantage.
Au lieu de diviser la mûraie en deux parties égales, il pourrait être préférable, pour appliquer raménagement biennal, de considérer chaque ligne d'arbres isolément et de n'effeuiller, dans le cours d'une année, qu'un arbre sur deux. Cette pratique paraît être la plus avantageuse.
Labours. — Pour que la végétation ne se ralentisse pas, il est indispensable que les mûraies soient labourées deux fois par an, c'est-à-dire au moment de la taille et après la récolte des feuilles.
On profitera de ces labours pour donner l'engrais convenable, ce qui pourra d'ailleurs n'être fait que tous les deux ans.
Cueillette des feuilles. — On peut commencer la récolte des feuilles dès que les rameaux en ont un certain nombre de développées. Il faut se garder d'enlever toutes les feuilles d'un seul coup sur un même arbre, mais la récolte complète ne doit pas se prolonger au delà d'une quarantaine de jours, afin de permettre aux arbres de profiter de la montée de la sève pour développer de nouveaux organes foliacés.
Si, dans une exploitation, on cultive à la fois les mûriers en taillis et en haute tige, on devra commencer la récolte par les bois tailHs, dont le produit, plus précoce, convient mieux d'ailleurs pour le premier âge des vers à soie.
La cueillette des feuilles ne doit être pratiquée que lorsque le soleil a dissipé l'humidité, car les feuilles mouillées nuisent aux vers à soie. On évitera également la cueillette des feuilles en temps de pluie, car elle est très nuisible aux arbres. On évitera, enfin, de blesser les arbres pendant la récolte ; il suffit de quelques plaies sur un mûrier pour diminuer sérieusement sa production foliacée.
"Vigne. — La vigne qu'on rencontre dans beaucoup de villages d'Imerina
et du Betsileo ne donne qu'un raisin d'un goût assez désagréable, qui mûrit pendant l'hivernage .
Malgré d'assez nombreux essais particuliers, pour la plupart en cours d'exécution, il n'est pas encore possible de se prononcer d'une manière sérieuse sur la réussite des cépages européens à Madagascar, qui, surtout en ce qui concerne le raisin de table, paraît probable, mais non certaine. On a commencé à Xahanisana des expériences sur quelques cépages envoyés par le Muséum d'histoire naturelle ; la station agronomique ne manquera pas de publier les résultats de ces expériences aussitôt qu'elles seront terminées.
Liste des cépages mis à l'essai à Nalianisana :