‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 79 sur 114 · II · texte numérisé non relu

II

pas la viande, et, cependant, Ton sait combien ils sont peu difficiles et peu délicats.

Tomboka. — Le tomboka se manifeste par le refus de nourriture, le gonflement du fanon et des beuglements apeurés ; le foie des bêtes acquiert un volume démesuré. Si le bœuf ne boit pas, il peut vivre deux ou trois jours; sinon, il meurt de suite. En Imerina, notamment dans le cercle d'Arivonimamo, les animaux succombent presque toujours. Cette maladie sévit surtout en novembre et en décembre, c'est-à-dire après les premiers orages.

Voici le traitement employé dans le cercle de Miarinarivo : les bêtes atteintes sont immédiatement isolées et les indigènes leur administrent une potion composée de piment, d'œufs et de Therbe dite « anamamy » que l'on pile ensemble et que l'on fait infuser.

Le traitement sihanaka est le suivant : on prend du piment, des feuilles de citrouille et un peu de « ranomoahary » (?) ou de « ranomahery » (?) ; on fait bouillir le tout et on fait boire le liquide en même temps que l'on pratique des frictions chaudes sur le fanon ou bien que l'on applique des linges chauds sur les parties enflammées. On ne mange pas la viande des animaux morts de cette maladie.

Dans d'autres régions, notamment aux environs d'Ambohimanjaka (cercle d'Ankazobé), dès l'apparition du tomboka, on change de pâturages et de parc.

Dans la région d'Analalava, le tomboka sévit plutôt à la fin de la saison des pluies; les animaux jeunes et maigres ne sont'généralement pas atteints; les pertes des bœufs gras peuvent s'élever à 40 p. 100. Le traitement consiste à faire boire aux bêtes atteintes la valeur d'un verre à madère de rhum. Il n'y a pas eu d'épidémie depuis 1887.

Kitrotro. — C'est, pour les indigènes, la lèpre du bœuf, appelée également « bokan'omby ». Il y aurait plutôt de l'analogie avec une maladie éruptive, comme la variole ou la fièvre aphteuse, car des boutons et des pustules envahissent la bouche, les mamelles, les membres et les onglons, qui se détachent quelquefois.

On tue le bœuf malade du kitrotro et on le flambe comme on fait des cochons; la viande est consommée sans danger.

Si la maladie est bénigne, on racle la peau de l'animal, on la lave et on y fait des frictions de graisse de porc chaude, à laquelle on a mêlé du tabac (paraky).

Tsibohoka. — Le tsiboboka cause accidentellement, et en quelques heures, dit-on, la mort de bœufs qui avalent des œufs ou des têtards de grenouilles (??); le bœuf malade salive abondamment et manifeste des symptômes de violentes coliques. On fait macérer du tabac ou bien on froisse dans l'eau, qui devient verte, des feuilles de fanory ou fandemy, sorte d'arbuste; on donne à boh^e avec une corne.

Romotra. — Le bœuf « romotra » est enragé; les nombreux chiens à demi sauvages, qui errent aux approches des habitations, sont très sujets, à la saison sèche, aux atteintes de la rage et il est assez fréquent que des bœufs soient mordus à leur tour; ils meurent au milieu d'accès furieux ou bien de paralysie.

ÉLEVAGE

Tsingala. — Le tsingala est le type de ces maladies inconnues qui entraînent la mort d'une fayon brusque et pour lesquelles on a cherché une explication dans l'ingestion d'une bête ou d'im insecte venimeux.

« Il y a, dit Flacourt, une autre espèce de scorpion dans les marais et « eaux croupies, qui fait mourir le bétail et même les chiens, lesquels les « avalent en buvant. Il s'appelle «tsingala liala andrano », c'est-à-dîie espèce « de scorpion d'eau ».

Or, on nous a montré une variété brune de « notonecte » ihydrocorise ou hydrocanthare), qu'il nous semble difficile d'avaler, même par inadvertance. Il y aurait plutôt lieu de croire à une affection vermineuse (ascarides, strongles), si l'on s'en rapporte au dicton : « aza manao tsingala mahalala ombin-tena, n'imite pas le tsingala qui se tire toujours du bœuf (se tire d'affaire) ».

Le gardien qui voit un animal pris de violentes coliques, supposées dues au tsingala, fait boire au bœuf une macération de fanory ou d'écorce de harahara {Exocarpus xylophylloides)^ mais il n'arrive qu'exceptionnellement à sauver l'animal.

Kankana. — Le mot sert à désigner toute espèce de vers, aussi bien ceux qui causent la mort que ceux qui sont censés, comme le fiandrianaina, protéger la vie et ne sortir que lorsqu'on doit mourir.

C'est la maladie des veaux et des jeunes enfants, chez lesquels ces vers se développent d'une façon parfois excessive; nous avons vu un ascaride, de 40 centimètres de long sur 8 millimètres de diamètre, provenant des intestins d'un enfant de quatre mois. Les écorces amères sont employées en décoction*.

Dénombrement des bestiaux existant actuellement. — Au moment où nous écrivons ces lignes (fin avril 1898), le recensement des bestiaux n'est pas encore terminé dans toutes les parties de l'île, ou du moins les résultats de ce recensement ne sont pas encore connus pour les provinces de Nossi-Bé, de Majunga, de Tulléar, pour les cercles annexes du Betsiriry, de Fort-Dauphin, pour les provinces de Farafangana, de Mananjary, de Fénérive, de Maroantsetra, pour les cercles d'Ambatondrazaka, d'Ankazobé (en partie) et pour le Valalafotsy. En outre, l'état troublé des régions du versant Ouest, de Maintirano à Tulléar, n'a pas permis jusqu'ici d'y procéder à cette opération, et le pays au sud de l'Ambongo ainsi que celui des Mahafalys n'ont pas encore été pénétrés par nos troupes ni même par aucun Européen.

Il en résulte que le dénombrement, dont nous donnons, page 4"26, les chiffres, porte à peine sur les deux cinquièmes de la surface de l'île.

1. Le service vétérinaire, qui est organisé depuis trois ans, n'a encore observé aucun cas de tuberculose bovine.

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