‹ Guide de la Basilique St. Marc à VeniseChapitre 10 sur 46 · NEF MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

NEF MÉRIDIONALE

La voûte de cette nef offre inférieurement, à côté des petites voûtes des tribunes, deux figures colossales, savoir: à l'e. l'Eglise debout sur un grand piédestal, et avec les mots : Lapis angularis ; sur un livre, qu'elle tient ouvert, on lit : Venite ad me^ omnes qui

concupiscitis me, et a generationihus

(Eccl.^ XXIV. 26.); au-dessus il y a l'inscr. : IHS XPI (sic) adaperiat ^ vohis janua {sic) coeli: Cart. du Tintoretto. À l'o. la Synagogue, debout et les yeux bandés, porte une lance avec la Couronne d'épines et avec les Clous de la Croix, et déroule un écriteau avec ces

mots : Confusio faciei meae cooperitit me. (Ps. 43.16.); inscr : Siim, velut. obscuris, legis, velata, figitris : M. Laur. Ceccato ; cart. A. Aliense.

Qu'il me soit permis de noter, qu'aussi dans la Cathédrale de Fribourg (Brisgau) le portail est décoré de deux ^grandes statues (l'une vis-à-vis de l'autre) l'Église et la Synagogue.

Le sommet de cette voûte a un disque très-orné, et ^ plus bas on voit de chaque côté deux mos.s A l' e. l' inférieure montre des miracles et la mort de Philippe, l'apôtre, et la conversion des Scythes ; inscr. ^ : Mars ruit^ angnis ahit, surgimt^ gens Scitica crédit; et : Sanctus Philippics Apostolus, redieiis a Scitis, Berapolim in pace quievit. Dans la supérieure est représenté le martyre de S.* Jacques le Mineur, qu'on précipite d'une tour, qu'on assomme et qu'on enterre ; inscr. : Pelititr a tergo, percicssics ohit, sepelititr.

Du côté opposé il y a en haut la prédication et le martyre de S.^ Barthélémy ; inscr. : India stcperior, quam (qua in) praedicans manches Bartholomaeits occidittcr. Excoriant^ scindimt ; victi se vincere fingunt : et en bas ^n trois compartiments les travaux et le martyre de S.^ Mathieu ; en voici les trois inscr. ^ explicatives : Etiopia, ubi regem Egipciîcm cum suis baptizavit S, Mateus : Hos lavacro curât, patitur, sacrificans orat : Hirtacius rex huic praecipit hune feriendo finire. On voit l'apôtre qui célèbre la Messe sur un autel éclairé par une lampe, et avec

un calice à deux anses ; sur le missel ouvert on lit : In mamts tuas, Domine, commendo spiritum meum.

Considérons le mur mer. divisé en trois rangs. Le supérieur est percé de six fenêtres, trois sur trois, et dans les trumeaux intérieurs il n'offre que des ornements en champ d'or ; entre les deux rangs des fenêtres on lit : Jtissu Sanctoritm peretmt simulacra Beoriim, A g. en haut il y a la statue du soleil, et plus bas le martyre de l'apôtre Simon ; inscr. supérieure : Statua solis ; inférieure: Causa suhversionis statue solis occisus est SJ Simon : à dr., également en haut, on voit la statue de la lune avec ces mots : Statua lune, et au-dessous le martyre de S.^ Jude ou Thaddée ; l'inscr. relative, gâtée ou restaurée (synonimes parfaits) offre quelque difficulté à la lecture ; c'est probablement la suivante : Propter suhversionem simulacri lune occisus est S, Judas,

Les deux apôtres, ayant fait tomber par leurs prières les idoles du soleil et de la lune dans la ville de Senamur, y furent martyrisés.

Une grande mos. occupe la partie moyenne du mur ; on y a représenté la Prière de N. S. à Gethsémani ; inscr. : Dummodo. rex, orat, supplex, sua, turha, soporat. Ad, quos, mox, tendit, et, eos, super hoc, reprehendit.

Le rang inférieur offre cinq rectangles droits : dans le central la S.*^ Vierge, richement habillée, assise sur un trône magnifique et avec ses mon.^ grecs, tient sa main droite toute étendue. Le rectangle à dr. de Marie

contient David, couronné et avec un écriteau ; inscr.: De fructit ventris tui ponam stcper sedem meam (Ps. 131. v. IL).

L'autre rectangle a Isaïe qui montre sur son écriteau : Ecce Virgo co)icipiet, et pariet filhcm, et vocahitur Emmanuel (VIL 4.). À g. de la Vierge on voit Salomon, dont Técriteau a : Que est ista que ascendit sicut aitrora consurgens ( Gant. VI. 6.). Enfin Técriteau d'Ezéchiel contient le v. 2. du ch. XLIV. de son livre : Porta hec, qtcam vides, claitsa erit, et non aperietitr.

On voit bien que tous ces textes sacrés sont relatifs à la Mère de Dieu.

Quant aux arcs qui soutiennent la tribune sur la porte S.^ Clément, l'on doit remarquer que Tocc. n'olFre aucune figure et que le mér. en ofî*re deux, mais anépigraphes ; par rapport aux deux autres, sous le sept, il y a les saints Gordien et Epimaque, et sous l'or, on voit d'tin côté un Saint presque nu et maigre comme un cadavre, dont__répigraphe (à présent très-gâtée ) est Scf. Èilarion , et de l'autre S.* Paul l'hermite ; inscr. : iS... primo Remita, En haut entre ces deux anachorètes on voit un beau médaillon.

Des quatre arcs soutenant la galerie, deux (le premier et le dernier) ofi'rent les saints Julien et Césaire, et les saints Félicien et Premier, pendant que les deux centraux n'ont qu'une croix au sommet. De telles croix sous les arcs des galeries il y en a douze dans r intérieur de l'église ; c'est pourquoi il est plus que probable, qu'elles aient été

— Dé-

faites exprès en souvenir de celles que signe> avec le saint chrême TEvêque en consécrant une église.

Cette nef à Te. finit avec une tribune : sous les arcs qui lui servent d'appui sont représentés au n. les frères martyrs Gervais et Protais, à l'e. les saints Hyppolite et Cassien^ au s. deux saintes, Madeleine et Catherine, et à To. deux saints anonymes ; ils n'ont que le titre SCS.

La calotte a le Christ entre deux anges : d'un côté la S.^^ Vierge le regarde d'un air suppliant, de l'autre une femme couronnée, avec son nom signé ainsi : Regina Smri : tient une tablette où on lit : E coelo veniet, P, Cette initiale est sans doute celle du M.; je ne saurais cependant pas affirmer, lequel des trois M.^ du XVIL® siècle (Pasterini, Paulati et Pizzato) y soit désigné.

Le nom de cette reine a été sans doute gâté par quelque restaurateur ; il doit être Austri, (V. pag. 75). Chacun des pendentifs contient un ange.

Quant aux quatre petites voûtes, l'occ. est consacrée au massacre des Innocents : on y voit le roi HERODES, qui de son trône ordonne à ses bourreaux de les égorger, RA- CHEL pleurante, et deux anges qui dans une espèce de tablier portent au ciel les petites victimes ruisselant de sang (M. Roncato ; cart. Vecchia) : au sommet de la voûte il y a l'Agneau avec une croix sur le livre mystique ferme par les sept sceaux ; en bas on lit la date : MDCLIL La mér. représente

d'un côté les images de S/ Constantin et de S.^^ Hélène qui embrasse une grande croix portant la tablette INRI (deux petits anges sont appuyés sur sa traverse), et de l'autre le Doge un cierge à la main, et deux évèques qui placent le corps de S.^ Marc dans un tombeau ; inscr. : CoUocatio Sancti Marci, MDCXLVIII. (cart. P. Vecchia). Les évêques Basile et Libéral, habillés à la latine, sont représentés sur la petite voûte or. avec la date MDCLVL (cart. P. Vecchia), et la sept, offre d'un côté les saints frères Cosme et Damien (M. Ceccato ; cart. J. Tintoretto), et de l'autre les martyrs Hermolâus et Leumon : ce dernier est sans doute Pantéléemon, le médecin converti à la Foi par le prêtre Hermolâus ; on lit au-dessous: L. C. F. 1609. (Laurent Ceccato).

En retournant à la porte qui met dans le vestibule, on voit au-dessus une Vierge grecque, les mains étendues ; elle est incrustée en marbre entre quatre candélabres, également en marbre et incrustés dans le mur.

Tout près de la porte sur le mur mér. il y a un ancien bas-relief avec trois images debout; la centrale représente N. S. qui bénit à la latine et qui tient un volume dans sa g.; à sa dr. il y a la Vierge et de l'autre côté le Précurseur : tous les deux tendent leurs mains suppliantes vers le Rédempteur.

On dit, que le sculpteur de ce bas-relief, un chrétien ardent qui travaillait à Aquilée, ait été martyrisé sous Dioclétien ; on lui avait commandé de sculpter Jupiter, Junon et Mer-

cure, et lui au contraire il fit les saintes images qu'on a décrites.

Tout près une grande porte donne entrée à la chapelle du Baptistère ; ses vantaux de bronze sont percés à jour.

Vis-à-vis de cette porte il faut s'arrêter devant un bénitier dont la vasque, circulaire et très-évasée, est un précieux monolithe de porphyre oriental, ayant en diamètre m.^ 1.52. La base, en beau marbre grec et de forme cylindrique, est très-remarquable ; elle est formée de deux parties bien distinctes. Sur un plinthe rond, orné de quatre pattes d'animal (chacune avec deux petites ailes au coude-pied) s'élève un ancien autel dédié à Neptune ; on y voit en bas-relief seize tritons en quatre groupes séparés l'un de l'autre par un trident : deux des tridents sont surmontés d'une coquille.

Sur cet autel païen il y a un autre cylindre, duquel se détachent quatre enfants dont un seul est ailé; trois sont nus, le quatrième tient sur ses bras une espèce de manteau.

Dans cette nef il y a quatre arcades, qui d'un côté sont soutenues par des colonnes de granit oriental, et de Tautre s'appuient à un pilier massif.

Pour achever la description de la nef mér. il reste à dire du pavé, et à faire connaître à l'étranger qui visite S.* Marc les endroits, où l'on y a représenté des animaux.

Il est plus que probable, que ces mos.^ figurées du pavé soient emblématiques, mais

les limites bornées, dans lesquelles doit se restreindre un petit ouvrage tel qu' un Guide, ne me permettent pas d'en chercher la clé, d'autant plus que dans de semblables recherches on ne parvient après de longues études qu'à un résultat hypothétique. Qu'il suffise de noter, qu'on croit que toutes, ou presque toutes, soient des emblèmes allusifs aux Croisades.

Près de la porte S.^ Clément il y a six médaillons chacun avec un animal ; deux cerfs, deux chiens, une colombe et un aigle : à présent ces mos.^ sont dans un état pitoyable, et l'on a de la peine à distinguer un animal de l'autre.

Quatre paons bien conservés sont au milieu de la nef, et latéralement (vers le milieu de l'église) on voit quatre rectangles avec de petits animaux.

Dans sa partie supérieure cette nef présente six autres médaillons ; les deux inférieurs contiennent, celui à g. une femme qui joue du violon et celui à dr. une sirène couronnée : dans les deux médaillons au-dessus sont représentés un aigle aux ailes déployées et un cheval ailé : enfin les médaillons supérieurs offrent à g. un lion monté sur le dos d'un loup, et à dr. un aigle également monté sur un quadrupède qui ressemble à un cochon.

À l'instar de celles près de la porte, ces mos.s sont très-gâtées ; la seule qui est encore suffisamment conservée est celle du second rang à g., c'est-à-dire la femme qui joua du violon.

Sous l'arcade sept, de la tribune au s. e.. on voyait autrefois quatre médaillons ; il y avait deux couples de colombes dans les deux premiers, et un aigle dans le troisième, le dernier représentait un cheval ailé : à présent il n'en reste plus que quelques traces, et dans deux seuls.

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