‹ Guide de la Basilique St. Marc à VeniseChapitre 14 sur 46 · Le brancard · texte numérisé non relu

Le brancard

Que le tableau soit une peinture byzantine très-ancienne (probablement du YIII.^ siècle) il n'y a pas de doute ; ce qui manque de fondement c'^est la pieuse tradition qui l'attribue à l'Evangéliste Luc : peut-être un peintre de ce nom en aura été l'auteur.

Elle est coloriée sur bois à l'encauste, et en grande partie recouverte d'une lame de vermeil, comme presque tous les tableaux byzantins. La Vierge, en demi-figure, porte sur sa tête un voile; son nez est tant soit peu aquilin et son regard doux ; son nimbe en or est divisé en neuf compartiments ornés de pierres fines : en haut deux médaillons en émail blanc offrent ses mon.^ grecs.

L'Enfant, apparemment âgé de trois ans, assis sur les genoux de sa divine Mère et appuyé à son sein, porte un très-beau nimbe orné de trois grenats cabochons ; il a dans sa g. un rouleau, et bénit, mais à la latine : il est donc à présumer que la peinture à son arrivée à Venise ait subi une restauration et que le peintre ait ainsi colorié la dr. du petit Jésus. Le tableau subit une autre restauration en 1594 par un grec, Thomas Bontà ou Bathà, et ce ne fut pas la der-

nière. Â présent la partie inférieure de la table est très-gâtée et toute noircie.

L'ancien cadre contient dix petits carrés, cinq en haut et cinq en bas, avec autant d'images émaillées en or et en demi-figure, et six rectangles, chacun avec un Saint debout. Deux des carrés sont anépigraphes ; dans les autres il y a N. S. bénissant à l'orientale, la Vierge, le Précurseur, l'Evangéliste Jean, et les martyrs Eugène, Damien, Eustrace et Auxence ; dans les rectangles on voit debout S.^ Pierre, S.* Paul, S.^ Basile, S.^ Jean Chrysostome et deux saints Nicolas ; un de ces deux (placé en bas à g.) est moderne, mais les autres quinze images sont byzantines et datent du siècle ou XI.^; le cadre leur est postérieur. Sur ce cadre et sur le tableau sont enchâssées cent-deux pierres fines. En outre cette image est surchargée de bagues, de joyaux, de boucles et de colliers en brillants, de perles, de chaînettes d'or, etc.; ce sont tous des ex-voto.

Le cadre moderne, tout d' argent et travaillé en 1672 par Pierre Bortolotti, est également orné de belles pierres, et couronné d'un fronton sur lequel sont couchés deux anges; •dernièrement on y a placé une grande topaze : toute la partie postérieure du tableau est délicatement ciselée.

L'Image est fixée sur un grand brancard en argent et en cuivre doré, d'un travail très-fin et très-délicat ; on y voit aux angles quatre anges portant une corne d'abondance où l'on place une bougie ou un bouquet de

fleurs. Moyennant deux longues barres en bois qui le traversent quatre jeunes ecclésiastiques portent dans les processions la sainte Image.

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