‹ Guide de la Basilique St. Marc à VeniseChapitre 16 sur 46 · TRANSSEPT MÉRIDIONAL · texte numérisé non relu

TRANSSEPT MÉRIDIONAL

Il est à noter, que sa coupole offre beaucoup moins de figures que les autres ; en effet on ne voit à son sommet qu'un médaillon avec une croix grecque, et dans tout l'hémisphère il n'y a que quatre Saints debout, chacun avec son titre et son nom, savoir Nicolas (s.) Clément (o.) Léonard (e.) et Basile (n.).

Les pendentifs offrent les images de quatres Saintes, Érasme, Euphémie, Dorothée et

Thècle : cette dernière, montée sur un piédestal, soutient avec sa dr. une croix hastile et porte dans sa g, une couronne de feuilles et de fleurs. Les trois premières sont d'anciennes mos.^ mais S.^^ Thècle fut exécutée par V. Bianchini ; on y lit : Vincentilts B. F.

Cette coupole au n. et au s. s'appuie sur deux petites arcades, dont la première a un très-beau disque à son sommet et plus bas quatre prophètes, deux d'un côté et deux de l'autre : à l'e. Moïse tient un écriteau avec ces mots : Non de solo "pane vivit homo. Non temptahis Domifiicm, Deitm timm adorahis^ et illi soli servies; ce sont là des sentences bibliques, tirées particulièrement du Deutéronome (VI. VIII.) : sous Moïse il y a Zacharie (ZAKARIAS) et sur son écriteau on lit : Ecce rex ticus venit tihi sedens super asinam (IX. 9.): le M. y a signé son nom : Peints F, A l'o. David montre sur son écriteau le 10.^ v. du Ps. 40. : Qui edehat panem meitm ampliavif adversus me sttpplantatio7iem. Plus bas on a représenté Jérémie ; inscr. : Hic est Beits noster^ et non estimabitur alius ahsqite illo (Bar. III. 36.).

L'autre arcade (la mér.)joffre en haut un médaillon avec le mon. IHS et plus bas quatre Saints, deux à l'e. et deux à l'o. : les premiers sont S.^ Bernardin; inscr. :lHS. t07iio fecit, et l'hermite S.^ Antoine ; inscr. : Silvester fecit 1458 : les seconds sont S.^ Vincent ; inscr.: Silvestro F, et S.^ Paul, le premier hermite ; inscr. : Ant, fecit.

Le rebord de cette petite arcade offre en bas en mos. de chaque côté un candélabre soutenant un cierge allumé, et dans son contour cette inscr. : Le cruce descendo^ sepe^ liri cum nece tendo, Quae mea sit vita, jam surgam, 7norte relicta. Probablement ces 4eux vers avaient rapport à la chapelle voisine où Ton gardait une Relique de la Croix, et on les lit aussi sur la façade occ. (V. p. 25.).

La grande voûte mér. a une très-belle rosace à son sommet, et aux côtés ^ quatre " tableaux relatifs à la vie de J. G. A To. il y a la guérison de la belle-mère du prince des Apôtres; m^Q>v,: Pétri socrus curatur^ et servire parattcr. A bien comprendre les derniers mots de cette inscr. , il faut savoir, que, selon les trois Evangélistes qui racontent ce miracle, la femme tout-à-fait miraculeusement guérie se mit sans délai à exercer les devoirs de l'hospitalité envers le Christ et ses disciples {ministrahat eis). Plus en bas on voit la guérison de deux malades et d'un possédé, et Jésus reproche aux Juifs, témoins de ces miracles, leur incrédulité, selon l'inscr. : Curatas morhis curas his exprobo turbis. Du côté opposé sont représentés deux autres miracles de N. S. ; supérieurement les diables qui, chassés des hommes, se fourrent dans une troupe de cochons; inscr. : In grege porcorum prurit grex de-^ monioruin; et inférieurement la multiplication des pains et des poissons (S.^ Math. XV. S.^ Marc. VIIL); inscr. : Pisciculis paucis et panibus hos cibo septem.

De chaque côté de la terrasse il y a une petite porte ; Tocc. n'offre dans son contour que des ornements, mais Fautre présente en haut Raphaël avec Tobie, et latéralement les archanges Gabriel et Michel ; ce dernier porte sur son bouclier le mot Jéhovah écrit en hébreu. Dans la m. offrant Raphaël et Tobie le cart. a suivi fidèlement le texte >sacré, en n'oubliant pas même le chien trèsattaché à son jeune maître ; mais le poisson monstrueux {immanis V. Tob. VI. 2. 3.) qui mit tant de frayeur à Tobie, y est représenté plutôt appétissant que terrifiant. (J. Paulati M.).

Autour de la magnifique fenêtre circulaire (m. s 8. de diamètre) en style ogival il n'y a que des ornements, et dans les deux trigones mixtilignes en bas on voit deux beaux anges.

Passons à la grande voûte, qui couvre la nef latérale et qui à son sommet offre un beau carré en mos. et de chaque côté deux tableaux, tous les quatre relatifs aux parents de la S.^^ Vierge. Le tableau supérieur au fî. représente Joachim et Anne ; ils sont affligés, parce que le prophète Issachar les avait un peu brusquement traités à cause de la stérilité d'Anne. L'ancienne inscr. était la suivante : Hic spernit dantes stériles^ redeunt lacriynantes. Lorqu'on restaura toutes les mos.s de cette voûte sur les cartons de Fumiani, non seulement on effaça cette épigraphe, mais (ce qui pis est et on ne peut plus ridicule) on lui en substitua une autre,

qui n'y a rien à faire, et qui (de pis en pis)

est la copie de celle qui lui fait pendant du côté opposé ; la voici : Hec pa7nt, hec nutrit^ Me sicscipit, hec henedicit.

Le tableau inférieur montre les mêmes, qui peu après s'embrassent très-joyeux, car un ange venait d'annoncer à Joachim la prochaine naissance de la S.^^ Vierge ; inscr. : Hic flet^ mirantur, jiihet angélus^ osculcv dantitr.

L'autre côté de la voûte représente en haut S.* Joachim dans un bois ; il se réjouit en lisant les écrits des prophètes ; inscr. : Seripta legit, doeet angélus^ hic colit ispida silve. Au-dessous il y a la glorieuse naissance de Marie avec l'inscr. malheureusement répétée de l'autre côté : Hec parit, hec nutrit, hic sitscipit et henedicit^

Enfin cette voûte est ornée d'autres mos.' dans ses parties inférieures. Au s. près d'une petite porte on voit Jérémie avec la date MDCXXXIY; inser. : Hic est Lomimcs, iiiqtcit, noster et non est hahitus aleius (alius) absque illo. M. Jér. Pasterini ; cart. Pilotto. 11 est à noter, que cette petite porte s'ouvre sous deux arcades, dont l'extérieure présente quatre médaillons avec les saintes Anastasie, Catherine, Lucie {Liiccia) et Barbe {Barbera)-^ sous l'intérieure il y a S.^ Apollinaire (M. L. Marin ; cart. Padovanino) et S.^ Sylvestre {Silvestrus). M. André Venier ; cart. M. Verona.

De l'autre côté, vis-à-vis de Jérémie Joël avec la date MDCXXXVII a cette inscr, : In diebics illis effundam spiriticm meitm sicpe7^

omnem carnem et prophetqhunt filii vestrî et fdiae vestrae (II. 28.). À Tangle que fait ici la voûte avec la muraille on voit deux petits châteaux, ou deux tours, en mos.

La muraille occ, dans laquelle s'ouvrent trois fenêtres, offre dans la demi-lune supérieure Anne et Joachim qui présentent leur petite enfant au Temple ; inscr. : Virginis in Templo pi^aesentatio fit Domini verbo, M. Ant. Molinari. Le grand rectangle au-dessous (peut-être la plus ancienne mos. de l'église) représente l'apparition du corps de S.^ Marc ; l'inscr. en résume, pour ainsi dire, l'histoire : Per tynditum plehsjejimat, Lominumqite precantitr : Petra patet^ sanctum mooo colligit et collocantitr .

Trois arcs soutiennent la galerie qui sépare la petite nef de ce transsept ; sous les latéraux il n'y a qu'une croix sur fond d'or et avec des ornements ; sous celui du milieu on voit les deux martyrs Sévère et Géminien.

Au s. sous l'arcade ogivale de la porte du Trésor il y a en mos. deux anges debout, nimbés et tenant le labarum ; entre eux s'élève une croix à trois branches selon l'usage latin ; cette mos. a été reparée en 1648 : on voit aussi sur la porte une statuette du Christ,, et au sommet de l'arcade un bas-relief offrant une croix grecque inscrite dans un cercle qu'encadre un carré. Enfin sous l'arc supérieur il y a les images anépigraphes des deux saints Dominique et François.

Sur le pilastre s. o. de la Tribune on voit un autre petit bas-relief, à peu près carré^

contenant la Vierge assise avec l'Enfant sur son bras g. ; les nimbes sont dorés : c'est une sculpture italienne malgré ses mon.^ grecs. On r appelle la Madonna del Baso (du baiser); les dévots, montant pour cela sur deux marches, ont la pieuse habitude de baiser cette image, sur laquelle on voit réellement l'effet du frottement produit par plusieurs millions de baisers.

Quant aux mos.^ figurées du pavé il n'y a à remarquer que huit cercles très-joliment ornés, chacun desquels contient deux petits oiseaux.

Une porte met en communication par un corridor étroit l'église avec la cour du Palais ducal; il est à noter: 1». Que sur cette porte sous une étroite arcade surbaissée il y a une ancienne mos. représentant la demi-figure du Saint patron. 2<^. Qu'à côté d'elle sur une colonne de cipolin se trouve un petit bénitier d'un marbre noirâtre. 3^. Que sur la muraille occ. du corridor on voit sculptées sur un basrelief quadrangulaire quelques-unes des Reliques de la Passion gardées dans le sanctuaire contigu.

Du sommet de la coupole par une chaîne de fer doré pend une lampe en argent ; sur une tablette on y lit : Legato Giovanni Lanfritto. — Testamento XXXI Marzo 1833.

Le petit autel dédié à l'apôtre Jacques est un pendant très-exact de celui de S.^ Paul dans le transsept sept.; toutefois son devantautel offre une curieuse différence ; il y a sculptés en bas-relief cinq gros bouquets de

fleurs pendant de plusieurs rubans entrelacés. Il va sans dire, que la statue y représente le saint Apôtre auquel il est dédié.

Il faut donner un coup d'oeil aux deux magnifiques candélabres en bronze qui sont à l'entrée de la chapelle du S.^ Sacrament; ils furent donnés par le Légat apostolique Altobello Averoldo, évêque de Pola, qui les avait commandés à un célèbre artiste bressan, nommé Maphée Olivieri ; on les fondit dans les premières années du XVI.® siècle.

Relativement aux trois arcades devant la chapelle, les latérales n'offrent qu'une croix parmi des ornements bien beaux, et sous la centrale il y a les images des saints Démétrius et Procope.

Commençons, comme toujours, d'en haut la description de la chapelle. La grande muraille, percée supérieurement par trois fenêtres, montre dans la demi-lune le Sauveur qui soutient S.^ Pierre marchant sur la mer ;, inscr. : Cwn mergi cepit Pétries, pia deœtra recepit. Plus bas, la mos. dans les espaces libres entre les fenêtres représente le miracle de J. C. guérissant le paralytique à la Piscine ; l'inscr. est en dialogue : Sois te sanatitm ?' Scio. Sicrgito, toile gy^ahatiim.

Au-dessous en six tableaux, disposés en deux rangs, on a représenté des faits et des miracles de S.^ Léonard auquel était anciennement dédié l'autel ; ils sont anépigraphes.

En commençant supérieurement et à g.

on voit : 1."^ Le baptême de Léonard, tenu sur les fonts par le roi Clovis. 2.^^^ Le Saint

priant pour une reine. 3.^^ Il distribue des aumônes. 4."^ Il prie Dieu en faveur du peuple tourmenté par la soif. 5.^ Il délivre de malheureux prisonniers. 6.^^ Il apparaît à un condamné à mort en lui sauvant la vie.

Toutes les mos.^ de cette muraille ont été exécutées sur les cartons de P. Vecchia.

La grande voûte au s. offre à g. le sacrifice d'Abram, et à dr. une petite porte de communication laquelle s' ouvre sous une arcade ornée de onze médaillons en mos. ; le supérieur contient une grande main qui bénit, et dans les dix autres sont représentés autant d'anciens patriarches et prophètes ; ce sont, à g. Noé, Abraham, Isaac, Jacob et Joseph, et à dr. Melchisédech, Loth, Job, Moïse et Aaron ; Tavant-dernier porte un écriteau avec quelques lettres hébraïques à demi gâtées.

Tout près il y a le prophète Amos avec un écriteau ; inscr. : Praeparare in occursum Dei tai Israël (IV. 12.). Vis-à-vis à côté de la, voûte de la tribune s. e. Isaïe montre sur un écriteau : In trihulatione sua consicrgent ad me (VI. 1.). Au sommet de la grande voûte on voit une belle rosace.

Les quatre tableaux représentent des faits relatifs au Rédempteur. Au s. en bas il y a la conversion de Zachée ; inscr. : Precipis, aime Detcs ; properans descendo Zachetis ; et audessus la guérison de l'aveugle-né ; inscr. : Tu Unis, incedo^ lavo, cerno : Detcs, tihi credo. Dans ces deux inscr.^ ce sont Zachée et r aveugle qui parlent au Christ qui y est marqué par ses mon.^ grecs.

De Tautre côté la mos. supérieure représente le miracle de la multiplication des pains et des poissons avec cette longue inscr. sur une seule ligne : Panihits ictqicinis vos piscibus im" pleo hinis^ Sic cibo detectis vos psalmis, l^ff^9 prophetis (Math. XIV. Marc. VI. Luc. IX. Joh. VI.). L'inférieure se rapporte à la Samaritaine ; il y a deux inscr.s dont la première (historique) est la suivante: Lat.potitm.sane, fous, vivus. samaritane ; dans la seconde la femme raconte son aventure: Venite, videte, hominem, qui, mi, diooit, omnia, que, fecit, (feci) (Ev. S.^ Jean. IV. 29.). Au bas on lit : Vincentius B, (Bianchini) F,

Sous l'arcade étroite au s. on voit les images de S.^ Irénée et de S.* Hermogène, et sous celle au n. il y a l'évêque Boniface et S.^ Homobon qui fait V aumône à trois petits enfants : le sommet offre une croix à huit branches.

Sur les murs de cette chapelle on voit deux bas-reliefs; celui au s. était jadis le rétable du petit autel de S.^ Pierre (V.) : sa forme, originairement carrée, est hexagonale, car les angles supérieurs y ont été coupés : le prince des Apôtres bénit à la latine et dans sa g. il a un livre et deux clés. En bas aux angles deux figurines sont agenouillées.

L'autre bas-relief (du côté de l'Evangile) est un rectangle droit avec une Madone à qui ne manquent pas ses mon.^ grecs et qui tient sur son bras g. l'Enfant ; leurs nimbes sont dorés.

Vis-à-vis de ce bas-relief on voit un grand ange peint sur le pilastre ; les teintes en sont

faibles : de sa g. il soutient un grand globe signé d'une croix et il porte dans sa dr. (à ce qu'il paraît) le narthex. Sur le même pi-lastre il y a un rectangle très-orné en pieux souvenir de l'Apparition de S.^ Marc ; en haut fait saillie une belle tête d'ange en marbre doré, et une lampe y brûle devant jour et nuit : sur le pilastre mér. y fait pendant un semblable rectangle.

Quant à l'autel, sa construction date de l'an 1618 : on y plaça alors une très-précieuse Relique de la vraie Croix qui actuellement est dans la Sanctuaire. L'ancien autel était dédié à S.^ Léonard, et son rétable est enchâssé (V. p. 37) sur la façade sept, de la Basilique : à présent on y garde le S.^ Sacrement.

A cet effet en 1810 on y a élevé un tabernacle de marbre, qui est assez beau mais qui cache en grande partie les deux petits volets en bronze du premier tabernacle sur lesquels il y a en bas-relief les saints Léonard et Antoine l'hermite : supérieurement dans la demi-lune on voit, aussi en bas-relief, le Reliquaire de la Croix qu'on y gardait, entre deux petits anges agenouillés. On en ignore l'auteur ; mais il ne serait pas improbable, que ce fût le même artiste qui exécuta ceux de l'autel de la S.^^ Vierge, d'autant plus que les deux autels se ressemblent parfaitement. 11 n'y a que ces petites différences : parmi les colonnes qui soutiennent le ]Daldaquin, les antérieures sont en porphyre or. et leur fût à un tiers de sa hauteur est ceint

d'une grosse zone de bronze élégamment percée à jour ; en outre les deux petits anges dans les niches latérales du tabernacle ne sont pas de bronze, mais de marbre blanc ; enfin sous les susdites niches il n'y a aucune ouverture. Je note, qu'à la base de la colonne antérieure à dr. on voit gravés sur le socle trois A l'un après l'autre.

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