‹ Guide de la Basilique St. Marc à VeniseChapitre 31 sur 46 · e CRYPTE · texte numérisé non relu

e CRYPTE

En descendant dans la Crypte du côté de la chapelle S.* Pierre, on lit gravée en marbre sur la muraille à g. Tinscr. suivante composée par le chanoine Al. Piegadi. Ante. cryptant, qitam, lustres, civis, hospesve. ejiis, vices, haheto — Aquae, marinae, sahulis, limosis. immiœtae. hanc, annos. integros.

ce. LXXXVIIL — inundaverunt, quae. qiiandoque, ad, epîstylia, usque, mtumuerant — Anno, demum. M. DCCC. LXVIIL opère, quam. lahorioso, et, mdiistrio, fuit — exsiccata. cemento, hydraulico. solidata, pavimento, marmoreo, constrata — laqiœarihus, parietihus, sedilihus, pictitris, affahre, restaitratis — Exoptata, die, XVIII, Kal, Fehr. M. DCCC. LXXI. iterum, patefactast, urhe — tota. acclamante, ejus, altare, rite, sacratum. Sancto, Marco, Evang, — dicatum, a, Patriarcha, n, presh, card, qui, primitm, post, secula, fere, tria — sacrum, fecit, hahititq. orationem, in, laitdem, eorum, qui. locim, hune — reviviscere, sategerunt,

Tanti. operis, auctore, et. auspice, Aloisio. Torellio, Urhis, praef, — loh. Bapt, Meduna, — Angelo. Milesio, architectis — Franc. Faletro, Archid, Ferdi7i, de, Medici, can — Ant. Saccardo — Petro, Rosa, curatoribus. aedis, Marcianae,

Cette épigraphe résume l'histoire de la restauration de la Crypte, qui dès 1580 jusqu'à 1868 avait été en proie de l'eau et de la houe. Pendant cette période il y a à noter:

1. "^ En 1762 le doge Marc Foscarini, ayant voulu visiter ce souterrain, le trouva envahi par les eaux à une hauteur considérahle : il résolut aussitôt de le redonner au culte, mais quelques semaines après il mourut.

2. "^ En 1811 on conçut des craintes sur la solidité du baldaquin du maître autel, et Ton entra dans la Crypte pour le consolider; c'est pourquoi on y dressa quatre grosses,

colonnes verticalement sous celles qui soutiennent ce baldaquin : malheureusement l'eurythmie de la Crypte en fut altérée, mais nécessité n'a point de loi. Ce fut alors, qu'on ouvrit une porte à l'e. pour donner accès au souterrain par la petite cour de la sacristie, et qu'on découvrit le corps de S.* Marc qui fut placé dans le Trésor, où il resta quelques mois (9 mai — 30 sept.).

3.*" En 1834 on parvint à débarrasser la Crypte de l'eau et de la vase bourbeuse, et l'on espérait l'avoir rendue praticable, mais ce ne fut que pour peu de temps : les eaux y suintaient de tout côté, et, malgré bien des tentatives pour y apporter un remède sùr et durable, il fallut de nouveau abandonner cette chapelle intéressante à son triste sort.

Oui : elle est en effet intéressante sous tous les rapports. Il paraît, qu'elle soit en partie la première église bâtie sous le doge Justinien Participace en 829 (l'ancien pavé était de 30 cent.^ plus bas que l'actuel) et que, deux siècles et demi après, on élevât audessus la Basilique à peu près telle qu'elle est à présent.

Au commencement du XIII.® siècle une confrérie sous le patronage de la Vierge y tenait ses réunions, et cela dura jusqu'à ce que, les eaux y ayant pénétré, elle fut obligée de l'abandonner.

La Crypte, qui se trouve sous le presbytère et sous les deux chapelles latérales (S.^ Pierre et S.^ Clément), présente la forme à

peu près d' une croix grecque dont un des bras, Tor. , est demi-circulaire et les trois autres carrés; intérieurement elle offre trois absides vers l'orient.

Quant à ses dimensions, elle a m.^ 23 de longueur, et m.^ 28 en largeur; sa plus grande élévation, du pavé au sommet des voûtes, n'atteint que m.^ 2.56.

La Crypte est toute en voûtes, chacune à quatre arêtes et soutenue par des colonnettes de la hauteur de m.^ 1.60, en beau marbre grec, au n^ombre de cinquante-deux et la plupart avec d'anciens chapiteaux, ou par de petits piliers adossés à la muraille dans laquelle s'enfoncent plusieurs niches : à l'angle saillant n. o. et sur la muraille or. huit petites colonnes remplacent les piliers. Tout autour de la Crypte il y a une banquette en marbre.

Quant aux absides, chacune des deux latérales avait anciennement un autel dont il ne reste plus de traces. Sous quelques voûtes on aperçoit encore des restes de fresques qui datent, à ce qu'il paraît, du commencement du XVI.^ siècle.

Vis-à-vis de l'autel on voit trois bas-reliefs, jadis appartenant au monastère délie Vergini^ et qu'on gardait dans TArsenal d'oîi les tira le préfet Torelli pour en orner la Crypte.

On les a réunis et fort bien encadrés dans un grand rectangle en marbre de Carrare. Le central offre un Ecce Homo et dans les latéraux il y a un Ange debout: sur la

corniche supérieure on lit en beaux caractères : Ecce qioi tollit jpeccata mundi,

À Tangle s. o. par un escalier on monte près de la chapelle S.* Clément, et à Te. une porte, percée après 1811 et réduite à fenêtre en 1871, s'ouvre dans la petite cour de la Sacristie.

Il reste à parler de la partie centrale de la Crypte, qu'une basse balustrade, avec des parapets semblables à ceux des galeries de l'église, renferme des quatre côtés, en laissant toutefois dans chacun un passage. En haut il y a l'ancien locuhts, en marbre comun et ayant la forme d'un parallélipipède, où l'on avait caché le corps du saint Patron de Venise : orné de beaux bas-reliefs à l'intérieur, extérieurement il est tout simple et même grossier, s'élevant sur quatre grosses colonnes de cipolin aux chapiteaux très-anciens : trois petites fenêtres à arcade (au n., s. et e.) servaient à aérer le lociilûs.

En bas dix colonnettes, octogones (quatre postérieurement et trois des deux côtés) et aux chapiteaux effilés, soutiennent trois trapézoïdes élégamment ajourés : un escalier demi-circulaire à quatre degrés sert à monter à la petite fenêtre du loachcs.

L'autel, dont la table s'appuie au milieu sur une colonnette au fût carré, a pour rétabie un bas-relief représentant la Vierge entre S.^ Pierre et S.^^ Catherine d'un côté, et de l'autre S.^ Marc et S.^« Ursule. On y lit:

MCCCCXXXXIIII. DIE p MARCII EX ELE- MOSINIS. ^

Par rapport aux colonnes de la Crypte il y a à remarquer:

1."^ Que leur nombre total est de quatrevingt-quatre. 2."ï Qu'il y en a de carrées et d'octogones. 3."^ Que quelques-unes offrent en bas-relief sur leur fût une croix, et qu'on lit sur une d'elles (près de la balustrade du côté de l'Évangile) : NVS F.

La Crypte, qui pendant plusieurs années après 1871 avait été redonnée au culte par les soins de l'ingénieur Ange Milesi, milanais, qui l'avait parfaitement garantie des eaux moyennant le ciment hydraulique de Bergame, est actuellement dans un état pitoyable. Les limites fixées à un Guide ne me permettent pas d'en dire davantage.

Une seconde Crypte, semblable à la première mais moins haute de soixante centimètres environ, s'étend vers o. sous la nef principale de l'église une douzaine de mètres. Toujours envahie par l'eau, elle est absolument impraticable.

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