L'ARACHIDE
L'arachide ou « pistache de terre », Arachis hypogœa, est le fruit d'un petit végétal annuel de la famille des Papillonacées, probablement originaire du Brésil. (Durand.) Cette plante, haute de 3o à 5o centimètres, possède la curieuse propriété d'enfouir son fruit dans le sol, peu de temps après la fécondation de la fleur, aiin de le mettre ainsi à l'abri des animaux. (De Wèvre.)
Les graines, ordinairement au nombre de deu.\, sont enfermées dans une coque gaufrée, légèrement étranglée au milieu ; elles ont le goût de nos noisettes, mais sont plus huileuses.
La plante d'arachide est cultivée dans toute l'Afirique tropicale; au Congo les indigènes ne connaissent pas le moyen d'extraire l'huile de l'amande; ils mangent celle-ci telle quelle, crue, rôtie ou bouillie. Aux grands tacs et au delà, les femmes en tirent une huile de très bonne qualité, surtout quand elle est très fratche; elle a alors un goût d'amande qui la fait préférer à l'huile d'olives par les voyageurs.
En Afrique et même en Europe et aux États- Unis, les blancs savent préparer au moyen d'arachides des pâtisseries et des nougats d'une très bonne qualité. Enfin, la plaate elle-même peut constituer un bon fourrage pour les chevaux.
En tête des pays producteurs exportant l'arachide vient le Sénégal, où les plantations se sont développées principalement dans le Cayor que traverse le chemin de fer ; toutefois, la concurrence des arachides d'Egypte a fait beaucoup de tort à ce commerce. Les graines de la côted' Afrique sont e.\pédiées dans leur enveloppe, d'où le nom « d'arachides en coque » ; aux Indes on dépouille les graines qui sont dénommées alors n arachides décortiquées ».
L'exportation des arachides du Congo, lesquelles seraient très oléifères, présente un curieux caractère d'irrégularité; en 1889, on en a exporté 5o tonnes, en 1893, 91 kilos seulement, pour remonter à 4g tonnes en 1895. Il est probable que plus tard, lorsque le pays à exploiter ne sera plus limité à la zone c6tiére, ce produit oléagineux fera l'objet d'un trafic important et plus régulier.
Des graines d'arachides, dont le principal lieu de débarquement est Marseille, on retire t'huiie, excellente contrefaçon de l'huile
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d*olive et qui sert surtout pour les conserves de sardines (i). On remploie dans la parfumerie, la pharmacie, le graissage des machines délicates et aussi en mélange avec d'autres corps gras pour la fabrication des savons. Comme huile d'éclairage elle est de toute première qualité; 100 kilos de graines renferment à peu près 40 à 45 kilos d'huile.
Le résidu de la fabrication est un tourteau nutritif; il sert aux fumures, surtout celui provenant des arachides non décortiquées.
LETSÉSAMIER
Le sésamier, Sesamum indicumy est une herbe de 4 pieds de haut connue surtout dans le nord de l'Afrique pour Thuile que donnent ses petites graines blanches, rouges ou noires.
Ces graines sont contenues dans des gousses que Ton fait éclater après la cueillette en les mettant alternativement au soleil et à l'ombre. L'huile s'extrait par simple compression ; les noirs s'en servent pour les usages culinaires et pour s'oindre le corps et les cheveux. Le sésame est importé dans nos pays également pour en retirer l'huile qui sert en pharmacie, dans la parfumerie, pour l'éclairage, dans la savonnerie, dans l'horlogerie et pour la falsification de l'huiled'olive.
Les tourteaux, suivant leur provenance, servent à engraisser les bestiaux et à la fumure des terres.
A l'île de Crète, le sésame, qui est cultivé sur une petite échelle, est employé pour saupoudrer le pain avant sa cuisson et lui donne, dit M. L. Rosseels, un goût assez agréable.
Le sésamier, originaire des Indes, aurait pénétré en Afrique par l'Egypte; c'est une plante appartenant à la région des graines.
L'ANDROPOGON
Une plante oléagineuse intéressante est V Andropogon Schoenanthus, Graminée élevée et vivace qui produit une huile essentielle appelée « huile de géranium » ou « rosa », extraite du feuillage, dans la résidence de Bombay. Cette essence est exportée en quantité notable vers l'Angleterre et les ports de la mer Rouge; on en fait une large consommation pour la falsification de l'eau de rose.
Le feuillage frais est employé dans les Indes comme succédané du thé ; rôti, il a des propriétés stomachiques, le cœur du chaume est souvent mis dans le « curry ».
(i) En 1893 des tentatives d'introduction d'oliviers furent faites; elles ne donnèrent pas de résultat, le climat étant trop chaud. Déjà aux Canaries la culture de rolivicr ne réussit pas. Cependant il n'est pas impossible que plus tard on puisse propager cet arbre si utile sur les hauts plateaux du Katanga.
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Toute la plante a un goût amer et aromatique ; elle est très aimée du bétail. (Moloney.)
PLANTES OLÉIFÈRES DIVERSES
Momordica Charantia. — Cucurbitacée. Produit un fruit amer comestible quand il est cuit; les graines donnent une huile de toilette.
Hyptis spicigera. — Labiée. Plante herbacée, observée au Congo par Schweinfurth dans le pays des Mangbettu, donne également des graines oléifères.
Lophira aiata. — Diptérocarpée. Bel arbre dont la sève résineuse est balsamique. Les semences sont huileuses.
Anacardium occidentale. — (Voir produits alimentaires, fruits.)
Sont esjposés :
Etais et ses dérivés ;
Cocotier et ses dérivés;
Mulla-panija et ses dérivés ;
Arachide et ses dérivés;
Graines oléagineuses diverses :
Mise en œuvre des produits oléagineux pour la stéartnerie :
M. BOLLINCKX.
Mise en œuvre pour la savonnerie : M. EeckelaERS.
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resque tous les végétaux, surtout ceux des tropiques, contiennent plus ou moins de parties colorantes ou tannantes. CeUes*ci, dont le siège est souvent l'écorce, varient suivant l'âge de la plante. Les teintures qu'ils donnent sont fréquemment jaune, fauve ou rouge, ce qui explique la rareté des ornements polychromes bleus ou verts des objets des primitifs.
LE TAKULA
L'on ne semble pas bien d'accord sur l'origine de la poudre rouge, fard si en honneur au Congo et que nous connaissons sous le nom de TAKULA ou NGULA. D'après De Wévre, elle proviendrait du Pterocarpus santalindides, arbre de la famille des Papillonacées, le BARWOOD des Anglais, que Moloney appelle le Pterocarpus angolensis. Le CAMWOOD, Bapkia lauri/oHa, donne, comme le barwood, un bois de teinture rouge; râpé, il dégage une odeur de palissandre ou de violette; enfin, toujours d'après Moloney , barwood et carawood seraient connus sous le nom commun de Baphia nitida.
Quoi qu'il en soit, ces deux Papillonacées ^ fournissent des bois de couleur jaune orangé qui foncent par l'exposition à l'air, deviennent d'un rouge vif magnifique pouvant aller jusqu'au rouge noirâtre chez le camwood.
Ces bois sont exportés sous le nom de santal ROUGE D'AFRIQUE, toujours par piècesde minimes dimensions, à cause de la forme rabougrie des arbres; mais, tandis que le barwood ne valait que 80 francs la tonne en moyenne il y a dix ans, — seul renseignement que nous ayons pu avoir, — le camwood se vendait 800 francs & la mSme époque. C'étaient les Indes et l'Angleterre qui utilisaient ces bois comme contrefaçon de bois de
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santal. A Shefïield, lecamwood servait à faire des manches de couteaux. Des échantillons de bois rouge sont exposés ; celui-ci doit être fort conunun au Congo et si Ton envisage les merveilleuses applications que Ton peut en faire pour Tébénisterie de luxe, conune le montrent les pièces polies et surtout un coffret figurant dans le Salon d'honneur, dessiné par M. Paul Hankar, on est en droit de préjuger que le santal rouge pourra faire Tobjet d'un article d'exportation dans l'avenir, autrement que comme matière tinctoriale, usage pour lequel il est délaissé aujourd'hui.
De nombreux colorants, provenant de bois, d'écorces ou de feuilles, sont encore en usage chez les nègres, tels les écorces à' Acacia arabica^ Adansonii, horrida^ etc. ; le Gardénia ou Randia malleifera, employé par les Azande et les Mangbettu pour se peinturlurer le corps en noir ; mais beaucoup d'autres essences n'ont pas été botaniquement déterminées.
Il y a vraisemblablement là ample moisson de substances astringentes et tinctoriales exploitables qui pourraient rendre les plus grands services si leur qualité et leur abondance permettaient d'en revenir un jour, dans notre industrie, aux teintures végétales.