‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 110 sur 184 · LE COPAL · texte numérisé non relu

LE COPAL

Les arbres à copal sont signalés comme très répandus dans la grande forêt équatoriale. 11 est probable qu'ils sont pour la plupart le Trachylobium Hornemannium, Cœsalpiniée signalée par Livingstone et Cameron. L'arbre à copal de la côte orientale est le Tracitylubium mojambicense; celui de Sierra-Leone est le Copaifera Guibourtiana, tous deux comme le premier étant des Ca; sa I pi niées.

Sa tige majestueuse, dit Burton, en parlant de l'arbre à copal de Zanzibar, a fourni des canots d'une longueur de 18 mètres; néanmoins il n'est pas toujours de pareille dimension ; généralement, il s'élève à 9 ou 10 mètres et a, près de terre, 1 ou 2 mètres de circonférence. L'écorce en est lisse; ses branches inférieures sont souvent à portée de la main et il n'est pas rare qu'il s'élance au milieu d'une végétation épaisse; sa tige, d'un blanc jaunâtre, le fait ressortir sur le fond brun des jungles desséchées ; elle est pointiUée d'essudations gommeuses qui gisent en morceaux épars autour de sa base et sont infestées de fourmis.

Le bois du « msandarusi », nom donné à l'arbre par les Suahili, est jaune et convient pour la menuiserie. Celui de l'arbre à copal de Sierra-Leone serait blanc et odoriférant.

(i) Congo d Btlgiqiu, par le lieutenant Lbmaire.

41 6 La Flore.

Il y a deux sortes de copal, le COPAL VERT récolte fraîchement à l'arbre, et le COPAL FOSSILE que Ton trouve enfoui dans la terre, même aux endroits où n'existent pas de forêts ; il serait alors le produit d'arbres ayant disparu. On le ramasse encore dans le lit des rivières où sa présence s'explique aisément.

Le copal vert, d'une faible dureté, est peu estimé par l'industrie européenne. Il s'emploie aux Indes et en Chine où l'on aurait trouvé le moyen d'en faire un bon vernis.

Le copal mûr ou fossile a été bitumisé en l'absence de l'air; le copal le plus ancien est le plus dur et par suite le plus précieux ; il contient souvent des insectes emprisonnés dans sa masse, preuve de son origine.

Nombre de contrées fournissent le copal : les Indes, la Nouvelle- Zélande, l'Australie, le Brésil, mais les copals d'Afrique sont les plus abondants comme les plus recherchés et sont à eux seuls classés dans le commerce en plus de quinze variétés, chaque variété ayant elle-même plusieurs qualités.

Ce que l'on demande aux copals, c'est d'être durs et transparents ; ils doivent se casser net, comme du verre; les teintes jaunâtres pâles et foncées sont préférées ; les teintes blanches ou cristallines ont moins de valeur. Voici, d'après M. De Keyn, quelles sont les principales nuances que l'on observe : blanc argenté, jaune citron, jaune ambre, jaune rhubarbe, rouge pâle, rouge foncé, brun et enfin vert. Ces derniers paraissent avoir subi l'action du feu.

Les copals sont aussi divisés d'après la grosseur des morceaux, les plus gros étant les plus recherchés.

Les copals d'Afrique ne se dissolvent qu'à chaud dans les essences et les huiles. Par la haute température que demande la fusion, leur couleur s'altère, elle devient plus foncée et les vernis s'en ressentent ; par contre ils sont très solides. Les autres gommes se dissolvent directement et fournissent des vernis incolores, mais moins résistants.

La gomme d'Afrique de meilleure qualité provient de Zanzibar ; elle est très reconnaissable par l'aspect chagriné de ses surfaces; on la surnomme pour cette raison a copal peau d'oie ». Sa valeur atteint parfois lo francs le kilo.

Il fut longtemps nommé « gomme animi de Bombay » et porte encore quelquefois ce nom sur le marché anglais ; on croyait qu'il provenait d'un arbre des Indes. Les Arabes le transportaient directement, dans leurs barques, de l'Afrique à Bombay (i).

Le copal de Sierra^Leone est également très estimé.

(i) M. Bbrnardin, Les Richesses naturelles du globe et V Exposition universel^ d'Anvers, i885.

Gommes et Résines.

Quant au copal du Congo, appelé à prendre une si haute importance dans le commerce de la colonie, il peut être classé parmi les bonnes gommes d'Afrique.

Déjà les agents de TÉtat ont envoyé des échantillons importants de l'Equateur et de l'Aruwimi, du district de Banana où on l'avait mis au jour en creusant la terre, pour planter des caféiers, d'Isangila, de Manyanga et du lac Lcopold II ; A. Delcommune et F. De Meuse ont également ramené de là-bas une série d'échantillons de différents points ; ceux-ci ont été étudiés par M. De Keyn et certains d'entre eux ont été fort appréciés, tel un copal du Sankuru, qui doit être coté au prix du copal de Madagascar de toute première qualité, soit 3 francs le kilo et une gomme rouge sang de la Lulongo qui se rapproche du « sang-de-dragon )). On a apprécié comme suit les gommes Equateur et Aruvvimi : D'une dureté extraordinaire ; en moyenne elle entre en fusion à 140- 1 5o degrés et se liquéfie à 220-230; elle est complètement liquide à 240 degrés. C'est donc une des gommes les plus dures que l'on connaisse.

Voici, du reste, un tableau comparatif indiquant le point de fusion des principales sortes ainsi que leurs prix sur les marchés :

Ambre

Gomme animal Zanzibar .

» Madagascar

copal Angola rouge.

» Henguela jaune

» Sierra- Leone.

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