‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 111 sur 184 · CONGO · texte numérisé non relu

CONGO

600 à 700 fr

M. E. Resseler, d'Anvers, ayant examiné en 1895 un échantillon de rÉquateur dit : « Il y a des morceaux splendides pouvant valoir dé 4 à 6 francs le kilogramme, d'autres dont on n'obtiendrait pas I franc. »

La gomme du Bas-Congo a été taxée à fr. i-3o, valeur inférieure à celle de l'Equateur et de l'Aruwimi, mais elle n'a pas à supporter les frais de transport. D'autres échantillons de l'Equateur furent évalués de I franc à fr. 2-5o le kilogramme et un bel échantillon de l'Aruwimi au moins fr. 2-5o. Celle récoltée entre Isangila et Manyanga sur les rochers du fleuve, par le personnel des baleinières, s'est réduite en charbon par la cuisson et non fondue, comme cela arrive souvent avec les gommes d'Angola. Elle pouvait valoir de 2 francs à fr. 2-5o, quant à sa blancheur et à sa dureté. Il est à remarquer que les gommes d'Angola, auxquelles elle était comparée, atteignent le prix de 4 francs.

Enfin, M. L. Roussel, fabricant de vernis à Bruxelles, dit à son tour :

« Le copal du Congo à une valeur incontestablement plus grande

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que les gommes importées des Indes néerlandaises, de la Nouvelle- Zélande et du Brésil, il est beaucoup plus dur et donne des vernis très solides, très brillants et des plus pâles. »

« Je suis parvenu, ajoute M. Roussel, à faire avec les difiFérents copals du Congo des vernis de toute qualité et même des vernis gras presque incolores, résultat que je n'avais jamais atteint avec d'autres copals. »

La variation dans ces évaluations que nous citons un peu au hasard provient surtout de la difficulté d'énoncer un prix bien réel avant d'avoir pu se baser sur une expérience industrielle en grand.

En effet, la fabrication des vernis étant fort délicate il faut, pour pouvoir évaluer un nouveau copal d'une façon certaine au point de vue commercial, que le fabricant ait la certitude de pouvoir se procurer régulièrement une matière première identique, sinon les procédés de fabrications doivent varier et surtout on risque de mécontenter une clientèle difficile en modifiant les marchandises livrées.

A répoque où la plupart des analyses furent faites, on en était encore à la période d'essai ; ceux-ci étant des plus encourageants, des instructions furent données au Congo pour que l'on ne négligeât aucune occasion de récolter le copal, quitte à l'emmagasiner, en attendant le moment de le faire parvenir à la côte pour l'expédier en Europe.

La récolte et le transport demandent certaines précautions, sous peine de diminuer de beaucoup la valeur de la marchandise.

Il faut récolter le copal pendant la saison sèche, l'exposer au vent et au soleil ; le lavage et le triage doivent se faire sur place, la main-d'œuvre étant moins coûteuse là-bas qu'ici. 11 est bon de mettre pour le lavage la gomme dans une eau courante, en la plaçant dans des filets que l'on remue vivement ; un bain de vingtquatre heures, contenant i p. c. de soude caustique, est très favorable. L'emballage ne doit jamais être des sacs ou des caisses légères, car, outre la perte subie par l'effritement des morceaux, ceux-ci, par la chaleur et aussi la pression, peuvent s'agglomérer.

Il y aurait un double intérêt, dit M. De Keyn, à n'importer que de la marchandise ayant subi sur les lieux le lavage et le triage ; les produits ainsi préparés trouveraient cent acheteurs, tandis qu'importés à l'état brut, il n'y aurait pour les acquérir que quatre ou cinq spécialistes en manipulation des copals.

Ajoutons que les fabricants ne peuvent travailler que des lots de qualité uniforme, car du degré de fusion dépend la qualité ; or, si le lot est mélangé, certains morceaux entrent en fusion à une température donnée à laquelle d'autres résistent. (Bunge.)

Gommes et Résines.

Les indigènes ne connaissent de la gomme copal que son pouvoir éclairant ; ils s'en servent comme luminaire ; dans le Bas-Congo on l'emploie quelquefois pour faire de la glu.

Chacun connaît les applications illimitées de cette résine précieuse à la fabrication des vernis. Ceux tirés des gommes du Congo sont de très bonne qualité, ainsi que le montre la série exposée par M. De Keyn et les applications de vernissage de bais du Congo qui en ont été faites.

Tout récemment M. Roussel a réussi, à l'aide des gommes du Congo, soigneusement triées, à fabriquer des vernis et des laques extra ordinairement blanches, puis des emails, surtout l'émail blanc solide. Cet émail est obtenu par le mélange de copals incolores, de caoutchouc blanc et de couleurs; il peut s'appliquer à froid (la serre du palais est peinte de cette façon).

Si l'on examine les tableaux statistiques du commerce du Congo, on voit qu'annuellement s'exporte du Bas-Congo une petite quantité de copal rouge et de copal blanc; le haut fleuve n'entre que pour un millier de kilos environ en 1894, année de l'Exposition d'Anvers. Depuis lors, comme nous l'avons dit plus haut, on avait provisoirement renoncé, pour des raisons économiques, à faire revenir du copal, se contentant de l'emmagasiner. Les grands progrés accomplis dans la question des transports, grâce surtout à l'avènement du chemin de fer, ont permis de faire entrer le commerce de cette gomme dans une phase décisive. Le marché du copal du Congo est désormais créé en Belgique. Cent mille kilos réunis déjà dans le Haut-Congo, stock alimenté sans cesse par des récoltes nouvelles, descendent à Matadi, complétant les chargements d'ivoire et de caoutchouc destinés k Anvers. La première vente a eu lieu le 25 janvier de cette année ; elle ne comportait que 1 ,5oo kilos qui ont été payés fr. 1 1 2-5o les 100 kilos, prix qui, comparé à ceux obtenus par d'autres gommes de ce genre, peut être considéré comme favorable. Cependant on avait à lutter contre l'hésitation des acheteurs devant une marchandise de provenance nouvelle et surtout la gomme ne réalisant pas les conditions de propreté et de triage si nécessaires dont nous avons parlé.

Une fois que l'e-xcellence de la gomme du Congo sera reconnue, dit M. Bunge, il s'en fera une forte demande, d'autant plus que la production de certaines régions de l'Afrique, qui jusqu'ici avaient donné à l'Europe de fortes quantités de gommes dures, semble diminuer dans des proportions considérables, au point de donner des inquiétudes pour l'avenir. La conséquence en est que les gommes d'Afrique augmentent chaque année de prix.

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