‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 115 sur 184 · COCOTIERS · texte numérisé non relu

COCOTIERS

forme des fourrés inextricables le long de certaines rivières ; ses feuilles se prolongent en un rachis garni de distance en distance de fortes épines avec lesquelles elles s'accrochent aux arbres voisins. Ces rachis sont importes du Congo en Belgique sous le nom de <i rotang » ; ils ressemblent, en effet, au rotang des Indes et peuvent servir au.*! mêmes usages, quoique étant d'une qualité inférieure.

Les indigènes utilisent l'écorce du calamus pour faire des liens extrêmement solides et De Wèvre dit que les crochets sont employés par les enfants en guise d'hameçon.

Certaines populations de l'Afrique occidentale mangent le cœur des jeunes plantes, après que celles-ci ont été rôties.

424 La Flore,

Le BORASSUS. — Le « rondier », Borassus flahelliformis, est un très bel arbre qui diffère totalement comme aspect des palmiers précédents, grâce à ses grandes feuilles palmées (les autres sont pennées). Son tronc est renflé sensiblement aux deux tiers de sa hauteur. Il paraîtrait que les éléphants sont fort friands de ses fruits, de la grosseur d'une orange et dont on peut, dit De Wèvre, retirer une gelée alimentaire. C'est encore un palmier à vin de palme et Ton voit dans les îles ou sur le bord des fleuves, endroits où les borassus sont généralement nombreux, des forêts entières de ces rondiers aux troncs ventrus, décapités et donnant au paysage un aspect singulièrement désolé.

Le tronc du borassus peut être très utilement employé. Le cœur est mou et spongieux, mais la partie extérieure constitue comme un aubier d'une extrême dureté et imputrescible. Enlevant l'intérieur on fabrique d'excellents tuyaux de drainage et sciant l'arbre dans sa longueur, on trouve deux gouttières parfaites.

La partie dure peut se tourner et se polir; on en fait des cannes et Taspect imprévu de sa texture, qui emprisonne comme un fourmillement d'épines, le rendra intéressant pour certains objets de fantaisie, tels les colonnes dessinées par M. Hankar et exposées dans le Salon d'honneur.

Des feuilles on fait aux Indes des écrans et les fibres ou les éclats de ces mêmes feuilles servent aux vanniers noirs pour confectionner des nattes et des paniers.

L'hyph^NE, Hyphœne guineensis, qui habite les terrains marécageux, est un palmier de 10 mètres de haut. Les feuilles sont palmées comme celles du borassus; les fruits, gros comme le poing, peuvent être tournés pour en faire des grains de chapelet; le tronc, à bois très dur, convient à la construction. Les feuilles servent à confectionner des nattes grossières.

Le PHŒNIX. — Le « dattier épineux », Phœnix spinosa, palmier assez commun, n'est pas employé au Congo; les indigènes d'Accra mangent ses fruits semblables à de petites dattes et tressent les jeunes pousses des feuilles pour en faire des bonnets.

Le DATTIER. — Le véritable dattier a, chose singulière, été introduit récemment par le nord. Le lieutenant Hanolet a expédié de Bangaso des semences de ce palmier dont cent soixante-quinze furent semées à Banzyville et ont bien poussé. Avant peu d'années ces plantes pourront sans doute être propagées de l'Ubangi dans tout l'État.

Textiles. 425

LE PIASSAVA

Le piassava est fourni par un palmier, Attalea f uni fera ^ dont la base du pétiole se désagrège quand la feuille meurt et donne ainsi de grosses fibres, sorte de crin végétal aussi épais que le crin d^éléphant, très employé pour faire les brosses à balayer. On peut également les tresser en paniers ; les indigènes en font des balais et des cordes de pêcheurs.

Différentes qualités de piassava entrent dans le commerce :

Le « Piassava Bahia », provenant du Brésil ;

Le « Piassava Para », provenant du Brésil ;

Le « Palmyrah fibre », qui est récojté aux Indes, à Ceylan, etc.

Le « Piassava d'Afrique », originaire du cap Palmas, du Grand- Bassam, Monrovia, du Gabon et du Congo.

La qualité du cap Palmas est la plus recherchée, celle du Grand- Bassam vient ensuite; c'est le piassava qui a le plus d'analogie avec celui du Congo, mais ce dernier peut s'améliorer par un travail plus soigné de désagrégation des pétioles.

En tous les cas, la valeur du piassava de première qualité est de 5oo francs la tonne à peu près, cours supérieur. C'est donc un produit de rapport sérieux, d'autant plus qu'il provient de la région maritime.

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