‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 126 sur 184 · II · texte numérisé non relu

II

Pour comparaison, nous donnons le tableau cicerne les principales essences de bois, généralement l'industrie.

Désignation des bois.

Sapin rouge . .

Orme ....

Chêne du pays .

Chêne d'Amérique X ecK • . • .

Hêtre ....

Pitchpin .

Frêne ....

Charges de rupture à la compression par Densi té. cen t imètre carré de

surface.

Kilogr. Kilogr.

700 5oo

625 5oo

après, qui conemployées dans

Limites de tensiom.A la flexion dans les fibres extrêmes par millimètre carré de section.

Kilogr.

Bois. 441

L'EXPLOITATION DE LUKOLELA. — Est représentée à l'Exposition par une très belle série d'échantillons, mais en attendant l'achèvement de la voie ferrée, des échantillons seuls peuvent parvenir en Europe. On peut déjà prédire pour le commerce des bois du Haut-Congo un avenir extraordinaire.

EXPLOITATIONS DIVERSES. — La section forestière du compartiment de TEtat du Congo montre encore des échantillons de bois de diverses origines, parmi lesquels nous pouvons citer : le PALISSANDRE dont les Vuagenia font des pirogues (Stanley- Falls) ; les BOIS ROUGES et divers bois de luxe ou de construction dans la nomenclature desquels il serait difficile d'entrer, car on n'est pas encore en mesure de décrire scientifiquement la plupart des espèces de bois qui nous sont venues du Congo, soit comme échantillons, soit pour être lancées sur le marché. Elles ont été dénommées provisoirement sous des noms indigènes; donnons à titre de curiosité un extrait des listes qui accompagnaient certains envois :

« Minga-minga », bois très dur, rougeâtre, pouvant servir pour travaux de force et pour irieubles ;

« Mundia-nuni », bois rouge, canots et meubles ;

(( Mblolat », ressemble au buis;

« Mongo-bazi » ou laurier indigène ;

« Sariia », bois jaune employé par les indigènes pour faire des planches, nest jamais attaqué par les insectes ;

« Mbota-mazi », ébène;

(( Senia-mazi », acajou ;

« Ngulu », bois jaune, etc.

Cette série peut se continuer interminable ; aussi le classement de ces bois est-il souvent difficile si pas impossible, d'autant plus que la variété est très grande et que les appellations changent de tribu à tribu, parfois de village à village.

Nous terminerons par une nomenclature des essences signalées au Congo et susceptibles de donner des bois à l'industrie; il est plus que probable que certaines d'entre elles peuvent être attribuées aux échantillons exposés, c'est ce que l'avenir nous apprendra.

Rappelons d'abord les arbres signalés ailleurs, savoir :

Aux produits alimentaires : citronnier, anacardier, tamarinier, citron de mer, Xylopicum œthiopicum.

Aux produits pharmaceutiques : kola, eucalyptus.

Aux produits oléagineux : les palmiers, le pentaclethra, Je cèdre bâtard.

Aux produits tinctoriaux : le camwood, le barwood, les palétuviers, le: Morinda citrifolia.

442 La Flore.

Aux produits textiles : « l'arbre à coton » ; le Bauhinia reticu^ luta et le Bauhinia tomentosa.

Puis vient une série forcément très incomplète, mais qui donne pourtant une idée de l'immense variété de bois que produisent les régions tropicales.

Xylopia parviflora^ se rencontre dans le Bas-Congo, le Bas- Niger, la Sénégambie ; arbre de 7 à 8 mètres de haut, dont le bois est employé pour faire des pagaies, des mâts, etc.

Khaya senegalensis, cèdre ou acajou de Gambie, bois de construction. L'écorce est amère et employée comme quinine.

Sesbania punctata, petit arbre dont le bois est employé en charpenterie.

Herminiera Elaphr oxyton^ « ambash », arbre de 5 à 7 mètres, croissant au bord de l'eau, dans les terrains inondables. Son bois extrêmement léger sert aux indigènes à faire des flotteurs pour leurs filets de pêche.

Les habitants du Haut-Nil en font des radeaux de petites dimensions qu'ils transportent avec eux lorsqu'ils sont à terre.

C'est peut-être le même arbre que Diderrich appelle parasolier et qui sert comme flotteur pour les bois transportés du Mayombe à la côte.

Pterocarpus erinaceus, santal rouge d'Afrique, bois de rose d'Afrique, de la même famille que le Pterocarpus sanialinoides (bois de teinture rouge d'où proviendrait le ngula), est un arbre de 20 mètres de haut, au bois rouge très dur, finement graine, employé pour les constructions navales.

La gomme qu'il laisse exsuder est connue parles Portugais sous le nom de sangue del drago « sang-dragon » et employée en médecine.

Lonchocarpus sericeus, arbre de 10 à 12 mètres très commun à la côte. Son bois, d'un grain serré, est très durable; son écorce est laxative.

Çynometra Mannii, arbre d'un grain serré et dur.

Af:{elia africana^ arbre à bois dur, à grain serré nuancé en violet clair; il est difficile à travailler, mais bon pour l'ébénisterie et le tour. Ses branches donnent d'excellentes courbes pour les constructions navales.

Mimosa asperata^ arbuste très branchu dont le bois est utilisable en charpenterie.

Erythrophlœum guinecnse. Grand arbre de 40 à 100 pieds de haut. Le bois est d'une haute valeur pour sa dureté et son incorruptibilité ; on l'emploie en certains endroits pour faire des afifûts de canons et on le dit même à l'épreuve du feu. Il sert à confectionner les ustensiles de ménage des noirs.

Son écorce contient beaucoup de poison, lequel, d'après Moloney, sert à faire le poison d'épreuve chez les indigènes.

Bois. 443

Parinartum polyandrum, arbuste dont le bois sert aux forgerons indigènes à faire du charbon de bois.

Corynanthe paniculata^ arbre donnant un bois employé en charpenterie.

Gardénia Thunbergia, arbre dont le bois dur et fort sert à faire des instruments aratoires au Cap de Bonne-Espérance.

Maba buxr/olta, bois de couleur foncée, extrêmement dur et durable, quand il n'est pas exposé au soleil ; les feuilles dé Tarbre ressemblent à celles du buis.

Ânthocleista Vogelii^ arbre d'où les indigènes tirent des tiges pour fabriquer leurs flèches empoisonnées.

Oldfieldia af ricana^ 0 teck » ou « chêne africain », bois extrêmement dur, convient pour les constructions navales.

Musanga Smithii^ « bois-bouchon », bois extrêmement léger, peut être employé comme bouchon ; les fruits sont mangeables.

L'industrie belge consomme d'énormes quantités d'acajou, de teck, de palissandre, etc., pour l'ébénisterie, la construction du matériel des chemins de fer et des voitures de tramways, les constructions navales, etc., mais pour s'approvisionner de ces bois, elle doit encore — comme c'est le cas pour tant d'autres produits coloniaux ou tropicaux — les demander aux pays étrangers : Londres et Liverpool en Angleterre, Le Havre et Marseille en France, Amsterdam et Rotterdam en Hollande, pour ne citer que les marchés les plus voisins, sont actuellement ses principaux fournisseurs de bois exotiques. Le Congo, ainsi qu'on a pu le voir plus haut, produit toutes ces essences, si pas identiques, du moins offrant des avantages économiques souvent égaux, parfois supérieurs et les applications qui en sont faites depuis quelques années donnent les plus belles espérances.

Il serait à souhaiter que, lorsque l'exploitation forestière du Bas et du Haut-Congo aura atteint un développement suffisant, ce qui ne tardera guère, Anvers crée un marché de bois exotiques qui non seulement permettra à nos industriels de se fournir en Belgique et d'éviter par là les frais onéreux de courtage et de transport qu'ils ont à subir dans les conditions actuelles, mais encore pourra devenir un centre important d'approvisionnement pour l'étranger.

Sont exposés :

Bois en blocs (jardins) ;

Collection d'échantillons de bois du Bas-Congo, du Mqyombe, de Lukolela, de Nouvelle- Anvers, de Ba\oko,

444 ^^ Flore,

Mise en œuvre par les indigènes :

Pirogue en bois cT acajou du Congo (Jardins) ; Objets en bois figurant aux collections ethnographiques (pour mémoire).

Mise en œuvre par notre industrie :

Meubles du Salon d* Honneur (pour mémoire) ; boiseries de la Salle d'Ethnographie^ de la Salle des Importations^ de la Salle des Exportations^ du Salon des Cultures;

Meubles et installations diverses ;

Voitures de tramway exposées par M, FiCHEFET.

'admirable végélalion tropicale est presque tout entière composée de plantes d'une exubc- ; de croissance magnifique que l'on pourrait Ltasbcr comme i plantes ornementales » ; parmi elles les gracieux palmiers méritent la première place Les Dracœna, les fougères, les bananiers possèdent le même aspect décoratif et parmi les végétaux de moindre taille, il en est un grand nombre qui sont cultives précieusement dans nos serres pour leur beau feuillage permanent, tels les Coleus, les Plectranthus et les Leuconotis; VAdianlum Capillus-Veneris, « chevelure de Vénus », dont on extrait le sirop capillaire ; VOxatis sensitiva, plante fétiche, dont les feuilles composées reploient leurs foholes comme celles de la sensitive et beaucoup de Lycopodiacées.

La collection des plantes recherchées pour la beauté et k parfum de leurs fleurs est loin aussi d'être parfaitement connue; on peut citer les glaïeuls, les Amaryllidées, dont \' Hœmanthus Lindeni et autres plantes bulbeuses, et surtout les Orchidées dont la famille n'est pas représentée par des spécimens merveilleux aussi nombreux que ceux qui nous viennent du Brésil, mais qui en revanche possède la plus belle variété du monde : le Lissochilus giganteus. Cette Orchidée fut découverte il y a trente-cinq ans environ dans le territoire d'Angola. Grâce aux envois du capitaine Weyns, le Jardin botanique de Bruxelles, les serres de Gembloux et les collections particulières en possèdent aujourd'hui beaucoup d'exemplaires et de plus l'activité de cet infatigable chercheur a permis à l'État de satisfaire à une demande venue des Indes par l'intermédiaire de M. Charmanne pour acclimater là-bas le fameux Lissochilus. Cette plante croît dans les marais; sa tige florale s'élève jusque

La Flore.

4 mètres de hauteur et porte une grappe de fleurs magnifiques mauve, rouge et or telles qu'à peine une fleur au monde, dit Johnston, puisse les égaler en beauté et en délicatesse de forme.

Malheureusement le Lissochilus fleurit fort difficilement dans nos serres; cela n'est arrivé qu'une seule fois à Londres en 1888.

Les n fleurs de paradis 1 ornent le Cœsatpinia puln cherrima, une Légumlneuse; le n tulipier du Gabon » r produits pharmaceutiques) est un fort bel arbre. De Wévre cite le Camœnsia maxima, belle Papillonaccc dont les grandes fleurs exhalent un parfum délicieux; diverses Rubiacées, notamment des Gardénia et des Mussaenda ; le Thuiibergia alata, une Acanthacce; l'Hibiscus surratensis (voir produits textiles).

Parmi les parfums d'origine végétale viennent : Les GR.\INES D'AMBRETTE, semences de VHibiscus Abelmoschus, ont une odeur musquée très prononcée, sont employées comme parfum et aussi en pharmacie. La plante est cultivée surtout à la Martinique.

La CASSIE est exUaitc des fleurs de Y Acacia Farneiiana.

On brûle le bois de VEvolvulus ahiiidides pour parfumer les appartements; enfin. De Wévre dit que les parfumeurs pourront tenter l'exploitation des essences fournies par le Camcensia maxima, cité plus haut ; le Baphia nitida (voir produits tinctoriaux), le Crinum -{eylanîcum et bien d'autres végétaux encore.

L'exposition des plantes ornementales se trouve tout entière dans les serres et jardins.

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