LE SALON DES GRANDES CULTURES
Architecte : G. Hobé.
Peintures de Wytsman.
Le Salon des Grandes Cultures termine TExposition de TÉtat abritée dans le Palais. Il est affecté à l'Exposition du Café, du Cacao et du Tabac et symbolise les cultures et exploitations forestières de la colonie.
Nous plaçons la notice qui s'y rattache avant celle traitant de la Salle des Exportations afin qu'elle suive immédiatement le chapitre relatif à la flore.
Sont exposés :
Cafés;
Cacaos, mis en oeuvre par M. DEL.\CRE;
Tabacs;
Six tableaux représentant des cultures, signés WYTSM AN ;
Agrandissements photographiques.
Le Salon lui-même constitue une très intéressante application de bois du Congo. Des produits de l'industrie textile : nattes et tissus de Kassaï, entrent dans sa décoration.
e Congo sera dans un siècle une grande colonie à café, comme le Brésil lest à l'époque actuelle. » Ainsi s'exprime le professeur Laurent dans son remarquable rapport sur le voyage qu'il fitautour du Congo en 189S-96. Cette opinion qui, à première vue, peut paraître optimiste, quand on considère que le Brésil pro- \ ^^ duit près de 3oo millions de kilogrammes de café.
^\^^ iWft soit la moitié de la récolte du monde, est basée sur ^^■^^^^^ des faits que le savant professeur a pu vérifier par lui-même ; elle est partagée par tous ceux qui ont été en situation d'approfondir la question et le chapitre spécial que nous consacrons au café permettra de se convaincre que la prédiction n'a rien d'exagéré.
Si nous envisageons la situation, telle qu'elle se produira pour nos contemporains, nous pouvons déjà augurer qu'à une époque peu éloignée le Congo prendra un rang honorable parmi les pays exportateurs de la précieuse denrée. Déjà à la fin de 1897 il sera à même d'en fournir une certaine quantité et si la progression que l'on constate actuellement se maintient — et elle ira plutôt en augmentant — dans dix ans la colonie sufifira aux besoins de la Belgique. 11. en sera de même pour d'autres produits d'une importance également considérable : le cacao et le tabac, qui peuvent être rangés avec le café parmi les produits-types des grandes cultures coloniales. Le développement que celles-ci ont pris dans l'État du Congo à l'heure actuelle, le véritable événement économique qu'elles provo-
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quent leur ont mérité une place d'honneur dans l'Exposition congolaise et le a Salon des Grandes Cultures », aménagé à leur intention, fait un digne pendant au Salon artistique. Ainsi se trouve consacré en cette année 1897 le nouveau et brillant résultat atteint par le gouvernement de l*État du Congo dans la voie qu'il s'est si largement tracée : Travail et Progrès.
D'aucuns disent le café originaire de TAbyssinie ou deTAngola; mais cette plante précieuse a si souvent été rencontrée en Afrique à letat sauvage, qu'il serait difficile, nous semble-t-il, de préciser à cet égard. Grâce à sa facilité de reproduction, les graines étant véhiculées par les singes, les chats sauvages et sans doute par d'autres animaux qui en sont très friands, il n'y a rien d'étonnant à ce que toutes les régions aptes à recevoir cette semence, tel le Congo central, se soient rapidement couvertes de caféiers.
11 est probable que l'usage actuel que Ton fait des graines du caféier est relativement récent, postérieur en tous les cas à l'occupation de la grande forêt par les Bantu, car ces nègres se contentent encore de manger les cerises — nom que l'on donne au fruit du caféier — pour leur pulpe sucrée.
Livingstone dit pourtant, mais jamais personne n'a vérifié le fait, que les habitants du Lomami boivent une infusion de café parfumée à la vanille. Les indigènes du Sankuru se servent des feuilles et des graines fraîches comme fébrifuge. Et puisque nous parlons des emplois accessoires de la plante à café, ajoutons qu'à Java et à Sumatra on grille les feuilles pour en faire une infusion et que de la pulpe sucrée des baies on peut extraire de l'alcool.
Ce furent sans doute les Arabes qui découvrirent les propriétés du café torréfié. Au XVII« siècle, l'habitude de consommer la décoction de café se répandit dans nos contrées; jusqu'à cette époque elle était restée connue seulement des marchands en relations directes avec le Levant. Aussitôt le café devint une denrée indispensable ; surtout dans certains pays, telle la Belgique, où l'usage du thé ne s'est pas introduit.
La forme typique du caféier est le Coffea arabica^ mais cette Rubiacée, transportée dans différents pays, se multiplia en nombreuses variétés, suivant le sol et le clhnat qu'elle y trouvait pour prospérer. Outre le Coffea liberica^ qui est une espèce distincte et connue depuis peu de temps, on enregistre actuellement plus de
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soixante-dix noms de caféiers, dont une douzaine au moins, y compris ceux mentionnés par nos explorateurs, appartiennent à TAfrique.
Notre cadre ne nous permet évidemment pas d'entrer dans les détails botaniques de la description de tous ces arbustes du genre Coffea; contentons-nous de celle des deux principaux : le caféier d'Arabie et le caféier de Libéria, qui nous intéressent plus particulièrement comme étant ceux qui ont été acclimatés en grand au Congo.