‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 16 sur 184 · ASPECT DU PAYS · texte numérisé non relu

ASPECT DU PAYS

I n trait qui caractérise spécialement la situation physique de l'Afrique au point de vue orographique, c'est l'absence complète de chaînes centrales (i). Contrairement à ce qui existe en Europe et dans d'autres continents, les montagnes sont principalement côtières.

Du nord au sud de l'Afrique tropicale, à l'ouest du bassin central du Congo se profile, parallèlement à la côte, une rangée de hauteurs appelées monts de Cristal. Au delà et à l'intérieur s'étend un vaste plateau s'exhaussant vers le sud et vers le nord par des pentes très peu sensibles où s'enchevêtrent tes branches des affluents supérieurs du Congo respectivement avec celles du Zambèze et du Nil, au point qu'il est presque impossible au voyageur de s'apercevoir, à moins d'étudier attentivement la direction des rivières, qu'il passe d'un bassin dans un autre.

On retrouve à la côte orientale une disposition de hauteurs analogues à celles de !a côte occidentale, mais entre les deux, le long de la ligne des grands lacs, se dressent, isolées, des montagnes d'origine volcanique, telles le Mfumbiro et le Ruwenzori aux neiges éternelles.

A part ces montagnes réelles, d'autres parties très accidentées, surtout le Katanga, ne le sont devenues que par les ravinements exercés parles eaux depuis des siècles.

On voit ainsi que l'Afrique centrale, et spécialement le bassin du Congo, forme une gigantesque cuve qui, aux époques secondaires et tertiaires, était le lit d'une mer intérieure dont les eaux étaient maintenues du côté de l'Atlantique par le barrage peu élevé des monts de Cristal. Les chutes de Livingstone sont aujourd'hui le déversoir séculairement approfondi de cette masse d'eau formidable.

Le plateau du Haut-Congo possède, grâce à sa formation lacustre, une étonnante fertilité. Il est couvert presque tout entier par une forêt dite a grande forêt équatoriale a. Les zones montueuses, pour peu que les versants des coteaux soient

(i) L'hypothèse de cette forme particulière de l'Afrique fut émise ei Sir Roderick Murcbison, trois ans avant que Livingstone, alors au Continent noir et séparé du reste du monde, ne constatât le fait.

Le Pays et ses Habitants.

abrupts, sont dénudées ; dans les vallées seules où l'humus est accumulé se développe une végétation arborescente. Quant aux croupes des montagnes, elles sont couvertes d'herbes géantes, brûlées tous les ans à la saison sèche et se prolongeant à perte de vue.

Nous ne nous étendrons pas plus longuement ici sur l'orographie du Congo, iious proposant delà détaillera propos de chaque région.

L'Étal Indépendant est traversé dans toute son étendue, écrit Droogmans, par le Congo qui, après l'Amazone et le Nil, est le fleuve le plus long de la terre. Ses sources les plus lointaines sont situées à 4,700 kilomètres de son embouchure, dans les montagnes du Tchingambo, qui s'étendent au sud-est du lac Tanganika. Elles

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