UNE RIVIÈRE DANS LA RÉGION DES CHUTES
donnent naissance à un petit cours d'eau, le Tchambezi, qui se jette dans les vastes marécages de la partie méridionale du lac Bangwelo, d'où il sort sous le nom de Luapula pour aller rejoindre le lac Moëro. A l'issue de cette dernière nappe d'eau, le fleuve gagne l'équateur k travers un pays accidenté.
Au-dessous des Stanley-Falls il devient navigable, tourne bientôt à gauche, décrivant sa grande courbe, redescend au-dessous de l'équateur en se dirigeant vers le sud et, après le Stanley-Pool, le Congo entre dans les gorges des monts de Cristal. A l'exception d'un bief Manyanga-lsangila, tout son cours est coupé par des rapides violents. En aval de la dernière cataracte, appelée chute de
Le Climat. Sg
Yellala, il redevient navigable et le demeure jusque Banana où il se jette dans TOcéan par une bouche large de 12 kilomètres. Le volume d*eau qu'il déverse est évalué, àrépoqiie des crues, à 100,000 mètres cubes à la seconde ; la force du courant est telle qu'à trois lieues en mer on recueille encore de l'eau troublée. D'après Thompson, les sondages opérés démontrent que le vaste chenal du fleuve se prolonge au fond de l'Océan jusqu'à une distance de 55o kilomètres. De chaque côté se sont formées deux hautes montagnes sous-mariifes, composées de débris arrachés au cœur de l'Afrique et atteignant actuellement une hauteur moyenne de 1640 mètres.
Le Congo a deux crues : l'une en septembre-octobre, provenant des pluies tombées au nord de l'équateur; l'autre en mars-avril, due à la montée des affluents coulant au sud de la ligne équatoriale.
Plus loin est détaillé le cours du Congo et décrit celui de ses affluents; ceux-ci sont nombreux et forment avec le fleuve une ligne totale de cours navigable de plus de i3,ooo kilomètres, non compris le Tanganika. Dans cette répartition le haut Congo entre en compte pour i,5oo kilomètres, l'Ubangi pour 1 ,000, la Sanga pour 600, le Lomami pour 450, la Lulongo pour 5oo, le Ruki-Busera pour 5oo, le Kassai pour 700 et les autres affluents et sous-affluents pour près de 8,000 kilomètres. Tout cela d'une venue, sans obstacle sérieux et cet incomparable réseau fluvial, un des plus beaux du monde, n'est séparé de la côte que par une ligne rocheuse de 3oo kilomètres que franchira bientôt le chemin de fer.