‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 169 sur 184 · LES BALLOTS · texte numérisé non relu

LES BALLOTS

Il faut reconnaître que ce sont des modèles d'emballage étrangers qui ont montré à nos industriels le moyen de confectionner des ballots d'étoffes pour l'exportation coloniale; à l'heure actuelle, les Belges emballent parfaitement les tissus, ce qui ne pourra manquer de leur donner non seulement au Congo, mais dans toutes les colonies, un avantage des plus appréciables. Il ne sert à rien d'avoir de belles étoffes et d'être à même de les fournir aux prix les plus bas, si l'on ne peut les faire parvenir à destination.

Un industriel, fournisseur de l'État du Congo, nous signalait naguère à ce propos qu'une firme étrangère, établie dans un des États de l'Amérique du Sud, lui avait fait savoir qu'il avait été étonné de la façon dont il emballait ses produits, qui arrivaient intacts à destination, tandis que les étoffes de ses concurrents étaient la plupart du temps détériorées. Des commandes lui furent faites uniquement pour sa façon d'emballer. Maintes fois, dans la petite ville manufacturière où il habite, des confrères viennent lui apporter des marchandises à emballer d'après le système appelé « du Congo » !

Pour former un ballot de tissus, ceux-ci, empilés par pièces, sont comprimés dans la mesure du possible à la presse hydraulique ; plus la masse sera dure, pareille à un bloc de bois, moins elle aura de chances de s'avarier. Les tissus sont ensuite enveloppés d'un papier glacé fort, puis d'une toile imperméable les recouvrant parfaitement et enfin d'un canevas très solide cousu en nouant chaque point de couture de façon que la ficelle cédant en un point, le ballot ne soit pas défait.

Pour des régions éloignées, telles que l'Uelle, l'Ubangi et les Stanley-Falls, on met deux toiles imperméables placées de telle façon que l'une d'elles protège les extrémités de l'autre.

Quatre cercles de fer feuillard, fermés chacun par deux rivets, achèvent d'assurer la parfaite solidité du colis qui, soigneusement fait, peut alors supporter le voyage le plus mouvementé et même séjourner temporairement dans l'eau sans détérioration pour son contenu.

La forme des ballots est autant que possible allongée, le poids toujours de 35 kilos environ.

Musée Commercial. 5o5

LES RECIPIENTS DIVERS

VIN, — Le vin de consommation courante, qui était jadis du vin portugais, est aujourd'hui du vin de Bordeaux. Il est expédié dans des dames-jeannes protégées par un panier de rotin à deux anses; entre le verre et le panier est mise une couche de paille. Ce type d'enveloppe est tout récent et remplace le simple treillis qui jadis recouvrait les dames-jeannes; il donne d'excellents résultats et les bris pendant la traversée d'Anvers au Congo, auparavant de 1 5 et 20 p. c, n'ont été que de 3/5 à i p. c. environ dans les derniers envois.

Le bouchon est enfoncé au-dessous du niveau de la .tranche du goulot et cacheté à la marque du fournisseur; un capuchon fixé par un plomb de scellement achève de garantir contre les vols. Une planchette porte brûlées différentes marques dont nous parlons plus loin.

HUILES, COULEURS, VERNIS, SICCATIF, PÉTROLE, SAVON MOU, ETC. — Sont mis dans des barils de tôle emboutie qui, remplis, pèsent 35 ou 17 kilos, selon la densité du contenu; ainsi les charges de minium pèsent 35 kilos, celles d'huile, 17. L'intérieur des barils est galvanisé, sauf quand il faut mettre du pétrole et de l'huile qui s'altéreraient; l'intérieur est alors peint à l'aide de minium et de silicate.

Les barils pour couleurs ont un large couvercle soudé; ceux pour l'huile, vernis, pétrole ont une bande de remplissage et de vidange.

L'extérieur des récipients est peint au minium ; de petites plaques en métal sur lesquelles sont frappées les marques nécessaires sont soudées sur un des côtés.

COALTAR, GOUDRON, POIX, SU II". — Sont mis dans des bidons en fer galvanisé bien soudés.

LAITON. — Généralement envoyé en paquets oblongs allongés et arrondis aux angles, d'un poids de 16 kilos, afin qu'ils puissent constituer des charges pour les petits porteurs. Le laiton est simplement enroulé et ses extrémités trempées dans de l'étain fondu, ce qui permet de constater immédiatement si un bout a été coupé. De fortes et nombreuses ligatures serrent le paquet; ces ligatures sont toutes soudées au laiton même afin d'empêcher le vol ; l'une d'elles porte une plaque en métal donnant les marques nécessaires. Exceptionnellement on envoie encore des rouleaux de 3o kilos, surtout lorsque c'est du fil de cuivre ou de laiton de gros diamètre ; dans ce dernier cas les paquets sont ronds. Auparavant les paquets et rouleaux de fil de laiton et de cuivre étaient entourés d'une enveloppe en canevas. Cette mesure a été abrogée afin de faciliter le contrôle et constater, le cas échéant, le vol de cet article qui cons-

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titue dans la plupart des régions du Congo la monnaie courante des indigènes et qui, de ce fait, est en butte à leurs rapines. L'enveloppe extérieure a été supprimée, d'autant plus que le produit contenu n'est pas susceptible de se détériorer.

SEL. — Cette marchandise est mise en doubles sacs de forte toile, emballage qui paraît suffire, quoique les nègres aient un moyen ingénieux de s'approprier le contenu ; ils font simplement faire a trempette ! » aux sacs dont ils sont chargés et accusent la pluie d'être cause de la diminution du poids. Ils ont soin d'oublier de vous dire qu'ils laissent évaporer 1 eau dans laquelle les sacs étaient baignés.

FUSILS DE TRAITE. — Les caisses zinguées qui sembleraient préserver admirablement les fusils à silex et à piston, arrivaient rarement à destination en bon état par suite des chocs que donnaient à l'intérieur les parties saillantes de ces lourdes armes. Un système plus simple et plus sûr est en usage; les fusils bien graissés sont entourés de papier, puis de paille; on les lie ensemble, les crosses opposées aux canons, puis on les met dans une toile imperméable pareille à celle usitée pour les tissus. Ce paquet est de nouveau entouré de paille puis de toile d'emballage, une solide corde retient le tout ; ses extrémités sont réunies par un plomb de scellement.

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