‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 19 sur 184 · LES HABITANTS · texte numérisé non relu

LES HABITANTS

émêler Thistoire des peuples de TAfrique est un \ problème des plus compliqués à résoudre et, faute de ^ données suffisantes, nous ne pensons pas qu'on puisse le faire actuellement. Le Congo, placé au centre du continent, a vu passer toutes les migrations, a été le théâtre de bien des invasions; aussi se pourrait-il que ce soit par l'étude complète de la géographie politique de cette contrée que Ton trouve la clef du mystère.

En attendant, nous nous contenterons d'une esquisse de la situation actuelle et émettrons quelques idées générales, sans trop oser conclure.

Il est probable qu'à une époque, moins reculée que nos temps préhistoriques, l'Afrique tropicale était peu peuplée; seules des colonies d'êtres de petite taille habitaient ses immenses forêts, vivant de racines, de plantes sauvages et du produit de leur chasse. Des descendants de cette race autochtone, les pygmées, subsistent encore aujourd'hui, éparpillés en différents points.

Ces pygmées n'avaient — et n'ont du reste actuellement — aucune industrie. On leur attribue l'usage des quartz ou des silex éclatés, dont on retrouve fréquemment des gisements. Ce qui confirme cette supposition, c'est que les Bushmen de l'Afrique australe se servent encore de flèches à dard de pierre taillée.

Vers le VIIF siècle de notre ère — et ici l'on se trouve dans le domaine absolu de l'hypothèse — de grands mouvements, auxquels l'influence musulmane n'est pas restée étrangère, ont agité l'Afrique. Une invasion partant de l'est s'est dirigée vers le Niger, parallèlement à l'équateur, bousculant les peuples sur son passage. Ceux-ci, chassés de leurs territoires, ont émigré en masse vers le sud, dépassant le tropique pour aller se butter à la race hottentote ; on les désigne aujourd'hui sous le nom de Bantu, et les auteurs s'accordent à placer le berceau de leur race aux sources du Chari (i).

Refoulant les autochtones, parfois se mélangeant avec eux, les Bantu ont formé deux courants, coupés par l'immense forêt équatoriale. Le moins puissant est celui qui a longé l'Atlantique ; le

(z) Le D' Jacques écrit que les Bantu proviennent d'un mélange de Nigritiens avec les peuples khamitiques, mélange qui se serait fait, d'après Fr. Mûller, six mille ans au moins avant l'ère chrétienne.

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Les Habitants

courant de l'est, qui n'a été arrêté par aucun obstacle naturel infranchissable, s'est étendu sur toute l'Afrique méridionale, contournant le bassin du Congo.

Par la suite, mais à une époque beaucoup plus récente, la forêt elle-même n'est pas restée indemne; peu à peu, remontant les rivières, les Bantu de l'ouest s'y sont installés; peu nombreux, il est vrai et sans pénétrer très avant dans l'intérieur des terres, mais les bassins des affluents du fleuve sont si rapprochés que toute la contrée s'est trouvée occupée.

Telle était la situation il y a un siècle peut-être ; depuis , de

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L'attaque de la grande forêt par les peuples qui l'entourent.

nouveaux mouvements se sont produits dans le nord ; les Nigritiens, a(tités par de grandes luttes religieuses, ont menacé la sécurité de leurs voisins bantu qui se sont mis à émigrer vers le sud, chassant à leur tour devant eux les tribus moins puissantes ; d'autres nécessites ont contribué à créer cette migration : le besoin de subsistances nouvelles, les terrains de chasse épuises. Et l'on voit ainsi les Bateke traverser le Stanley-Pool, les Bayanzi remonter le grand fleuve, les Bangala franchir l'Ubangi et le Congo et les peuples appelés improprement Gombe pénétrer chez les Mongo, les Banza qui vraisemblablement viennent du nord arriver à la Mongala, les

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