RÉGION DES MONTS DE CRISTAL
Auteurs consultés ; CastrmiaKS. DannftU. Pire de Herl. Desiraiii. Dhams. E. Dupmt, Gorin. Grmftll. Hansstns, Hakatissoti. C. Lemairt, Ltrman. Lieintils. Haisari. Minse. SIesu. Thys. Pin Van Damme. L. Van it Veldi, Vireycken.
Frises : Monts de Cristal. — Caravane de porteurs.
De village à village existent des sentiers ; ces sentiers, mis bout à bout jusqu'au Pool, forment les routes des caravanes que parcourent sans trAve les porteurs.
Stanley-Pool. — Village bateke.
Quand on arrii-e du bas fleuve au Slanley-Pool, on éprouve une sensation nouvelle. Tout un ensemble de causes : la vue du fleuve libre en amont, la fertilité du sol, l'attitude déjà tière et originale des populations indigènes imposent un caractère nouveau à la contrée.
COQUILHAT.
Groupes : Les Porteurs, de D(LLENS.
Dés l'enfance, les noirs s'accoutument au portage. D'une grande précocité, ils deviennent rapidement très adroits et l'on rencontre des bambins de cinq à six ans, déjà chefa d'une caravane, la conduisant joyeusement au son de ta marimba et tenant en équilibre au sommet du crâne, qui une calebasse, qui un pot, voire même
Chef bateke, de Dillens.
L'on ne peut s'empêcher d'être saisi d'admiration devant la prestance de leurs chefs, drapés aVec un art infini dam leur long péplum, couverts d'hiératiques cuivres ciselés brillant sur une peau d'ébéne.
Agrandissements photographiques.
Type d'habitation : Hutte du Stanley-Pool
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d-iaitii: côtiêrcde l'Afrique occkk-ntale, séparant 1 Atl intique ilu bassin central du Congo, est connue •-ousi le nom de monts de Cristal. Jusqu'en ces dernieresi jnnêâs, elle a été un obstacle infranchissable pour les ^ oyafîeurs cherchant à pénétrer le secret di; l'Afrique mystérieuse et les populations qui l'habitent étaient le seul trait d'union i-ntrele monde civilisé et les sauvages primitifs peuplant le haut fleuve.
Au point de vue physique, nous décriions d'une seule traite cette vaste contrée ; lu point de vue politique, nous la subdiviserons en trois parties :
Les Catar.\CTES dont les habitants ont toujours convoyé au travers des monts de Cristailes produits de l'Afrique intérieure pour venir les échanjier contre des pacotilles européennes qu'ils trouvaient dans les factoreries de la côte.
Le Stanley- Pool où vivemdes tribus
plutôt sédentaires, sortes de factoriens nègres, intermédiaires entre les négociants d'amont et les porteurs d'aval et aussi ces
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négociants d'amont, les Bayanzi, qui sillonnent une grande partie du reseau fluvial du Haut-Congo pour aller acquérir sur place les marchandises qu'ils rapportent au Pool.
Le KWANGO où depuis toujours l'influence portugaise s'est fait sentir directement, mais dont les peuples produisaient eux-mêmes les produits que recherchait le blanc.
ASPECT DU PAYS. — La région des monts de Cristal, très accidentée, mais ne présentant guère de hauteurs de plus de 800 mètres, a servi jadis de barrage aux eaux de la mer intérieure. C'est entre Isangila et Vivi, dit Dupont, que les eaux de cette mer intérieure ont commencé à s'échapper vers l'océan. Par la force du torrent, la gorge s'est élargie; approfondi depuis des siècles, le déversoir suffit presque à vider la grande cuve et le fleuve en furie, bondissant parmi les roches accumulées, continue toujours à creuser son lit.
C'est aussi entre Vivi et Isangila que la chaîne des monts de Cristal est le plus accidentée; elle est plissée par une suite de pentes abruptes et de vallées étroites où coulent des rivières torrentueuses. Au delà de la Lukunga les vallées deviennent plus étendues et les plateaux plus larges. Tel le plateau de Bangu dont les flancs escarpés s'élèvent à 25o mètres au-dessus de la plaine. Au Pool et vers le haut Inkisi, les reliefs du terrain sont moins accentués encore et, vers l'est, le versant oriental des monts de Cristal descend en pente douce jusqu'au I^ssaï, sauf quelques ondulations bordant les vallées du Congo et du Kwango et les bouches du Kwa.
. Tout le pays est formé de vastes plateaux herbus souvent arides, coupés par lie fertiles bandes forestières suivant le cours sinueux des rivières.
Le CONGO traverse du nord-est au sud-ouest les monts de Cristal. Au-dessous du confluent de l'Ubangi, il entre dans la région sous forme d'un pool allongé atteignant des largeurs de i5 kilomètres. Les îles boisées et basses sont innombrables, comme en amont. Le fleuve est si vaste qu'on ne peut distinguer d'une rive à l'autre. Une large bande d'herbes aquatiques empêche en certaines places l'accès de la rive orientale ; ailleurs, se déroule ime ligne ininterrompue de villages. A Tchumbiri, le fleuve se resserre; il coule bientôt entre deux contreforts de près de 100 mètres de hauteur, séparés par de courtes vallées. Les sommets des collines sont partout arrondis et couverts de clairières d'herbe ressortant sur le vert sombre des bois et semblables à des coupes systématiques, tant leurs contours sont rectilignes. Le long de la rive gauche, quelques vallées plus larges déterminent des plaines basses où se dressent, décapités, les troncs ventrus de forêts de borassus ; de loin, dit Coquilhat, on dirait d'immenses champs de supplice. La rive droite est plus sauvage et beaucoup moins habitée que la gauche.
Tout à coup, l'on entre dans le Stanley-Pool ; au nord-est éclate la vive lumière des falaises blanches dites de Douvres, suivies de plateaux mamelonnés où les savanes se prolongent à perte de vue, coupées par de sombres ravins et par les bouquets de palmiers des villages indigènes. Sur la rive gauche s'étend, en large demi-cercle, la plate-bande qui faisait anciennement partie du lit de cette expansion lacustre, au delà, une chaîne de hauteurs boisées dominées par le pic de Manguele (pic Mense) ; près de l'eau, des groupes de baobabs se dressent monstrueux, donnant au paysage une note caractéristique.
A la sortie du Pool, l'énorme masse d'eau, enserrée ou embarrassée dans des rochers sauvages, se précipite en bonds furieux, formant des chutes d'un blanc de neige d'où s'élève un nuage d'eau pulvérisée ; des tourbillons s'entremêlent en tous sens, des vagues désordonnées se heurtent et des îles flottantes arrachées
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aux berges d'amont vont se perdre dans le goufire béant des cataractes. Le Heuve descend ainsi en franchissant plus de douze chutes importantes, à travers un pays sauvage et grandiose, jusque Manyanga où il devient relativement tranquille sur un trajet de près de 70 kilomètres. D'Isangila à Yellala, il se dirige droit vers le sud, franchit une nouvelle série de cataractes et sort de la chaîne côtière à Vivi, pour entrer bientôt dans son estuaire.
Dans cette partie de son cours, les principaux affluents de droite du Congo sont la Sang A et I'Alima, avant de pénétrer dans la région des monts de Cristal ; le premier, parallèle à l'Ubangi, vient du nord, le second, de l'ouest; dans la région montagneuse, le Congo ne reçoit plus que quelques rivières sans importance, telles que le Djub, la Nkenke, I'Eluala et la Tombe.
A gauche, il faut citer avant tout le Kwa ou Kassaï, formé du Kassaï dont nous parlons ailleurs et du Kwango ; I'Inkisi, la Lukumga, le Kwilu, I'Unionzo, la LuFU et la Mpozo, tous ces derniers de peu d'importance, relativement aux autres tributaires d'amont.
Le KwANGO prend sa source bien loin au sud de l'Etat du Congo à une altitude d'environ 600 mètres ; sa direction générale est sud-nord et il suit la base orientale des monts de Cristal. Il est barré par une série de chutes et, entre les deux dernières, les chutes François-Joseph et celles de Kingunchi, il présente un bief d'eaux calmes; en aval de Kingunchi jusqu'à son confluent, où il se divise en mille chenaux, il est également navigable.
Près de son embouchure, le Kwango reçoit successivement la Wamba et la DjUMA, longues et importantes rivières coulant aussi du sud au nord, entre le Kwango et le Loange. Ces rivières sont bordées de forêts, mais sur les plateaux s'étend la savane, sablonneuse et peu fertile, dont la seule richesse est constituée par le caoutchouc des herbes.
Les affluents de gauche de la région des Cataractes, sauf la Lukunga, descendent des hauteurs de la province de San-Salvador (Angola) ; aucun d'eux n'est navigable, leur cours à tous est parsemé d'îlots rocheux et coupé par des chutes; leur vallée supérieure est plus large que leur vallée inférieure et le pays qu'elles découpent alors est occupé par un plus grand nombre de territoires fertiles.
SOL. — La région montagneuse qui sépare le littoral, dit Dupont, est constituée par des massifs granitiques séparant des parties de schiste cristallin contre lesquelles viennent s'adosser des poudingues, des grès, des schistes et du calcaire redressés et plissés, sur lesquels vient se reposer un grés rouge presque horizontal recouvert lui-même de grès blanc friable. Les Dover Cliffs, qui sont blanches comme les falaises de Douvres, ne sont pas de la craie, mais du grès blanc très tendre en couches horizontales. Le sol des vallées, dit Liebrechts, est formé d'une épaisse couche d'argile jaune très sablonneuse, recouverte de terre végétale. Les rives du Pool sont argileuses et sablonneuses, peu élevées, rocheuses en certains points.
Ainsi que dans toute la chaîne bordant le plateau central, le cui\Te est commun.
Au nord de Manyanga, à Mboko Songo, en territoire français, il y a des gisements très connus de carbonate de cuivre (malachite). Au sud du fleuve, à i5o kilomètres de celui-ci, en territoire portugais, existent également des gisements de malachite. Dupont a trouvé, près du fleuve lui-même, le riche minerai abondant en plusieurs endroits.
On trouve, à Mboko Songo également, du minerai de plomb.
Dhanis parle d'importantes mines de fer situées à l'est de Mukisanti, dans lesquelles, au dire des indigènes, on pénétrerait par des puits profonds de lo à 20 mètres et des galeries souterraines dirigées en tous sens.
Enfin Johnston dit que des gisements de topaze existeraient près de Bolobo.
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FLORE. — Il n'y a pas de forêt proprement dite; à peint loin en loin quelques bouquets d'aibres couronnant te sommet des collines. Par contre, le fond des vallées est généralement boisé et notamment le long du Congo où la grande forêt équatoriale se prolonge jusque prés du Kassal. On voit quelques baobabs dans le district des Cataractes et ce géant végétal caractérise les rives du Stanley- Pool ; il n'existe pas au delà du Kassal.
Les plaines herbeuses sont parsemées d'arbres rabougris résistant péniblement aux incendies annuels de juillet.
L'élaïs se rencontre florissant partout où l'altitude n'excède pas 700 mètres. Au sud du septième parallèle, il est remplacé par le Raphia vim/tra qui donne une huile et un malafu hautement estimés et dont les indigènes tirent des fibres pour leurs élofTes. Le borassus ne se voit pas dans le Kwango, pas plus que l'arbre à copal ni le caféier sauvage.
La landolphia des herbes est l'objet d'une exploitation régulière de la part des indigènes du Kwango: avec le café, introduit par les Portugais, ce sont les produits commerciaux donnant lieu au trafic le plus important de l'Angola.
Le manioc est, sans contredit, la plante alimentaire caractéristique ; puis viennent le mais, le bananier plantain en petite quantité et enfin une très grande variété de produits du sol, originaires du pays ou importés. Parmi ces derniers, quelques fruits et surtout l'ananas qui tapisse le sol de toutes les forêts.
CLIMAT. — On remarque les deux saisons bien distinctes : la saison sèche et la saison des pluies. Les mois de la saison sèche ne présentent pas un caractère unique, pas plus que ceux de la saison des pluies. Pendant les premiers, le ciel est plus ou moins couvert, le vent assez fort et il se dépose une abondante rosée ; souvent le matin le brouillard est très intense.
La saison des pluies est coupée par une petite saison sèche; pendant les premiers mois, les pluies sont de longue durée et se reproduisent tous les quatre ou cinq jours ; pendant les derniers mois, les pluies amenées par les tornades sont violentes, mais courtes.
Le climat du Kwango est plus favorable que celui desCataraclesct duStanley- Pool ; tes fortes chaleurs y sont rares, même en pleine saison chaude, L.a grêle tombe, paralt-il, assez fréquemment.
FAUNE. — Les animaux sauvages ne sont pas moins at>ondants qu'ailleurs ; ils sont pourtant rares dans le Kwango ; exception est faite pour l'hippopotame : Massari dit en avoir vu plus de cinq cents réunis.
L'Éléphant se rencontre encore dans le district des Cataractes, on a parlé du lion sur la rive nord en amont du Stanley-Pool et Costermans a vu la dépouille d'un de ces fauves chez les Banfumu.
Les animaux domestiques sont la chèvre, le mouton, le cochon, les poules, les canards, tes pigeons. Les Bateke et les Wambundu prétendent ne pas savoir élever les chèvres à cause des léopards.
Dans le Kwango, vers le sud. les Portugais ont depuis lot^temps introduit le bétail de Mossamèdès.
Les rivières ont leur faune coulumière de poissons ; dans la région des Cataractes on pêche des crevettes et des crabes dont les noirs sont friands.
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Le nom de district des Cataractes est donné à la partie des monts de Cristal que traverse le Congo entre le Stanley-Pool et Vivi, par une suite de cataractes infranchissables. Cette barrière montagneuse est la véritable porte de l'Afrique centrale.
L'on a souvent accusé les populations qui y vivent d'être dégradées et inintelligentes; s'il est vrai que leur niveau intellectuel a été jadis déprimé par l'odieuse traite et l'alcool que prodiguaient les esclavagistes pour assurer le succès de leur trafic, ces noirs ont des qualités étonnantes d'endurance et de sobriété qui leur ont permis de remplir leur rôle pénible et ingrat de porteurs de façon à mériter une place d'honneur dans l'histoire de la civilisation de l'Afrique.
PRINCIPALES PEUPLADES
a population est inégalement répartie dans le pays des Cataractes; en général, elle n'est pas d'une grande densité; il faut attribuer cet état de choses aux différences de conditions de fertilité du sol et peut-être aussi à la traite qui sévissait encore pendant la première moitié de ce siècle.
Les principales peuplades sont les Basundi, les Babuendi et les Bakongo. Tous parlent la même langue, le fiote. Ils ont le nez épaté, les lèvres grosses. Les BASUNDI s'étendent au nord du Congo, depuis la Tombe jusqu'à l'Eluala. Ce sont les vrais types sauvages du Bas-Congo, dit Dannfelt ; leur taille moyenne est de 1=0,80. Leurs cheveux, presque rougeâtres, tombent en longues mèches ni peignées ni tressées. Ils ne portent guère d'étofifes européennes et s'habillent du tissu indigène de fibres appelé a mbadi ». Les BABUENDI sont, après les Bakongo, la tribu la plus nombreuse et la plus puissante du bas fleuve ; ils sont établis au nord
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depuis TEluala jusqu'au Stanley- Pool ; envahissants, ils se mélangent aux Bateke et ont traversé le Congo pour s'établir chez les Bakongo, notamment le long du Kwilu. Les Babuendi, qui sont aussi de grande taille, se reconnaissent au tatouage représentant un crocodile placé sur le milieu de la poitrine.
Tout le territoire situé au sud du Congo depuis Nokki jusqu'à rinkisi est habité par les BAKONGO. Ceux-ci se distinguent par l'absence d'incisives supérieures. Ce sont des cultivateurs et surtout de grands trafiquants d'ivoire, d'huile de palme, caoutchouc et arachides. Ils sont de mœurs douces, faibles et chétifs, d'une taille au-dessous de la moyenne, mais marcheurs infatigables.
MŒURS ET COUTUMES
'est le manioc, avons-nous dit, qui constitue la base de l'alimentation indigène. La viande fraîche et le poisson non fumé coûtent fort cher ; aussi n y a-t-il que les gens riches qui en mangent. Le piment et l'huile de palme entrent dans la confection de presque tous les mets. En dehors des repas, les hommes consomment beaucoup de malafu ; ils n'apprécient pas la bière de maïs.
Sur la route des caravanes, les porteurs s'arrêtent toutes les deux ou trois heures pour se réconforter. Dans les villages, les repas ont lieu le matin, le midi et le soir ; les hommes et les femmes mangent d'habitude séparément. LES USTENSILES DE CUISINE indigènes sont des plus rudimentaires : quelques récipients en poterie de diverses formes et de grandeurs variées, des CALEBASSES, ASSIET- TES, LOUCHES et CUILLERS en bois, mais les vanneries sont d'une perfection remarquable, notamment les corbeilles de Manyanga, étanches à l'eau et que l'on fait en toutes dimensions.
Hommes et femmes fument. Le tabac, cultivé, est récolté et vendu au marché sous forme de tresses, de feuilles ou en poudre. Les PIPES sont faites d une tête en terre, ornée et cuite, ressemblant à celles qui se fabriquent ici ; les tuyaux courts sont en bois ou en fer. Le costume habituel des hommes et des femmes se compose d'un morceau de tissu entourant la taille, ce tissu est presque toujours d'importation; cependant ils savent tisser des étoffes en fibre de raphia et d'ananas. Les femmes mariées se couvrent également la poitrine. Les jolies petites CALOTTES EN FIBRES de palmier ne sont connues que des gens de la rive nord. Certains chefs affectionnent
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les bracelets et la mode, pour les femmes, de se charger de CHEVIL- LÈRES, de BRACELETS et de COLLIERS de laiton sévit avec intensité ; on la retrouve ininterrompue jusque chez les Bangala.
Suivant le talent plus ou moins original de l'artiste capillaire les coiffures varient à Tinfini, mais les cheveux sont fréquemment coupés courts à cause du portage. Les chefs laissent souvent croître leur barbe; il existe des impériales de 1^,50 de long qui sont ramenées en pelote sous le menton. Le rouge de ngula et le pembe (kaolin) servent aux peintures du corps que Ton voit de plus en plus quand on s'avance vers Test.
Les porteurs, qui sont des esclaves presque toujours, sont très simplement vêtus. Ils se munissent d'un SAC qu'ils suspendent au bras pour placer leurs provisions journalières et ont ua talent tout particulier pour dissimuler quantité de menus objets dans les plis que leurs pagnes font à la ceinture.
L'habitation est rectangulaire; beaucoup d'entre elles ont de très larges vérandas sur le prolongement du pignon ; les parois sont faites de nervures de raphia, avec plus ou moins d'élégance. Les villages, construits sans aucun ordre entre la verte frondaison des palmiers et des bananiers, sont du plus agréable aspect. Dans le pays des Babuendi, qui est très peuplé, existent des agglomérations de plus de trois cents cases. Les villages basundi sont toujours établis à l'abri d'une surprise sur le sommet des montagnes.
Pour faire du feu, Jes indigènes tournent un morceau de bois dur sur un autre plus léger, mais ils emploient plus souvent le briquet ; en guise d'armoire, ils ont des coffres rustiques presque toujours ornés.
La chasse se fait à l'aide de chiens, dressés spécialement à cet effet ; ces chiens portent alors des grelots au cou ; les Basundi sont des chasseurs accomplis et font de grandes battues en septembre et en octobre, en ayant recours à l'incendie partiel des herbes. Parfois, ils creusent de grands trous au milieu des chemins fréquentés par les éléphants ; ces trous sont couverts de légers branchages. Pour les petits rongeurs, on emploie le collet; on se sert de pièges analogues pour prendre les oiseaux, 'mais alors ils sont plus légers encore et suspendus par centaines à des cordes reliant dM perches élevées ; tout ce système est déployé à proximité d'un bosquet où les oiseaux viennent passer la nuit.
La pêche ne présente rien de bien intéressant.
Les motifs les plus futiles sont causes de guerres ; lorsque celle-ci est déclarée, un fétiche est placé au milieu du sentier qui conduit au village ennemi ; chaque guerrier doit franchir ce fétiche d'un bond ; celui qui négligerait cette précaution serait certain de succomber pendant l'action. Ces rencontres ne sont au fait jimais très meurtrières. La seule arme est le fusil, dont la crosse et la
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batterie sont garanties par de jolies gaines en peau d'antilope ; lances et âèches sont déjà depuis longtemps oubliées ; au nord du fleuve on voit parfois une sagaie.
L'agriculture est assez avancée; les champs se trouvent ordiaairement à une grande distance des centres de population. L'homme libre s'occupe spécialement de l'élevagedu bétail, il fait cultiver ses terres par ses femmes esclaves ; la femme libre s'occupe de la bassecour et {ne travaille que quand il lui plaît, c'est-à-dire fort rarement.
Comme instruments aratoires, les indigènes ne connaissent que la HOUE en fer et une petite HACHE.
La navigation n'est guère développée, faute de rivières navigables. Les Basundi ont pourtant beaucoup de pirogues.
Par contre, le commerce est singulièrement actif.
Toutes les transactions se font sur les marchés. Les marchés semblent l'une des plus anciennes institutions indigènes, dit Slosse; ils sont très fréquentés, ont lieu en des endroits fixes et portent le nom du village le plus proche. La semaine fiote se conipose seulement de quatre jours: K.\NDU, KONZO, KENGE, SONA. Souvent les mar-
TYPES BAKONGO
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chës, au lieu de se tenir tous les quatre jours, ne se tiennent que tous les huit jours et alors, pour bien marquer cette di0ërence, on appelle ONDUELO la semaine où il n'y a pas marché (onduelo veut dire petit, insignifiant), ce qui prouve l'importance qu'ils attachent à ces réunions.
Le mot LALU s'applique aux marchés quotidiens ; ces derniers se tiennent en général sur les routes des caravanes et les indigènes D'y vendent que des vivres pour les porteurs. Quand le trafic devient mil ou que l'on abandonne la place du marché pour une raison quelconque, on dit que « le marché est mort ».
C'est habituellement en dehors du village, sur un mamelon dénudé, mais où quelques arbres projettent un peu d'ombre permettant aux marchands de se garantir des ardeurs du soleil, que se tiennent les marchés. Aux environs, les arbres et les grandes herbes deviennent le rendez-vous des commerçants en discussion qui désirent ne pas être dérangés dans leurs opérations et se réunissent a l'écart, des buveurs de vin de palme ou des politiciens qui discutent une réforme ou une opposition, des voyageurs apportant une impressionnante nouvelle.
Le spectacle qui s'offre aux regards, lorsqu'on débouche sur la place du marché, dit Thys, est vraiment curieux. 11 y a là deux cents ou trois cents marchands ou marchandes qui ont exposé dans des paniers ou sur des feuilles de bananier les objets qu'ils offrent en vente, tandis que la foule des acheteurs circule entre les étalages. Accroupies devant les marchandises, les femmes, plus nombreuses d'ailleurs que les hommes, se font remarquer par leurs aptitudes spéciales de vendeuses; elles interpellent le passant, font valoir l'article, s'exclament avec indignation devant une offre qu'elles considèrent comme trop peu élevée, ou se montrent insinuantes, pressantes, pour convaincre l'acheteur. La vente des légumes leur est exclusivement réservée.
Les articles offerts sont nombreu.\:
des chèvres, des porcs, des poules, du poisson frais, séché et fume, de la viande et de la peau d'hippopotame, des rats fumés enfilés en brochette, des chenilles, des sauterelles, des crevettes, des patates douces, du maïs, des hari cots, des petits pois, des ignames, des bananes, des arachides, des papayes, des œufs, du manioc cru ou bouilli, du pain de manioc en boules ou en pâtés longs, des ananas, de la canne à sucre, des citrons, des noix de palme, du tabac en feuilles en assez grande quantité; du vin de palme renfermé dans des calebasses; des choux.
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de l'oseille, des épinards et des salades disposées en bottes, absolument comme dans l'étalage de nos maraîchères; du piment, de Tivoire, des cordes indigènes, des nattes, des tissus européens de toutes espèces, de la poudre, des verreries, des poteries, des perles, des mitakos, etc., etc., en un mot, tous les articles d'échange connus.
Le marché est divisé en rues, en sections, par nature de marchandises : ici, c'est le coin au tabac, là, celui de l'ivoire ; plus loin, c'est l'étalage des légumes, de beaucoup le plus important. Il y a sur les marchés divers étalons monétaires : les petites nattes en fibres, le mitako ou fil de cuivre, la perle bleue, etc. Les Babuendi ont pour monnaie des clous de fer en forme de gigantesques clous de maréchal ferrant. Une place distincte est occupée par de véritables " changeurs chez lesquels les indigènes viennent troquer leurs articles suivant les besoins du marché.
La police est sévère, le vol est puni de mort.
Le marché commence généralement vers lo ou 1 1 heures du matin pour se terminer vers 3 ou 4 heures de l'après-midi.
Parfois les indigènes fournissent cinq à six heures de chemin pour se rendre à certains marchés et en font autant le même jour pour s'en retourner. Ils portent sur la tête des produits à vendre et qui bien souvent ne trouvent pas d'acquéreur. Slosse cite à ce sujet le cas d'un indigène venant régulièrement au kandu de Kimpese : « Cet homme était potier, écrit Slosse, et portait chaque jour de marché 3o kilogrammes de ses poteries. Un jour que, lui marchandant un vase, je ne voulais point payer le prix exigé par lui, il me dit qu'il préférait le garder, car il y avait six mois qu'il venait régulièrement au marché et n'avait rien vendu ! » Slosse ajoute que devant une constance semblable, il eût le désir de posséder un de ces vases en souvenir de cet homme patient et persévérant.
Pour les indigènes, le temps se partage en jour et nuit ; le jour est divisé en cinq parties par la marche du soleil. Nous avons dit que la semaine est de quatre jours; le mois est de sept semaines, soit une lune et l'année se renouvelle à la saison des pluies, vers le 1 5 novembre. Les noirs ne connaissent pas leur âge.
Le système de numération est aussi décimal et les mots employés pour désigner les dix premiers nombres sont aujourd'hui sensiblement les mêmes depuis le Bas-Congo jusque chez les Bangala, suite des relations commerciales. Les Bakongo auraient une numération écrite consistant à marquer successivement, par des nœuds dans une corde ou par des entailles dans un bâtonnet, les unités de temps. Ils ont peut-être aussi, comme dans la région maritime, un rudiment d'écriture. On peut voir exposés deux bois fétiches couverts de dessins signifiant vraisemblablement tout un récit et il est curieux de remarquer combien est grande la ressemblance entre ces inscriptions et les hiéroglyphes égyptiens.
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Les noirs pratiquent à un haut degré Tesprit d'épargne. Il existe des associations que les natifs appellent « temo » et qui ont pour but de procurer, à tour de rôle, à ceux qui en font partie, une somme suffisante pour leur permettre de commencer un commerce.
De village à village existent des sentiers; ces sentiers mis bout à bout depuis la côte jusqu'au Pool, forment les routes des caravanes que parcourent sans trêve les porteurs. Les Bakongo portent sur la tête, rarement sur les épaules. Pour assembler de menus objets, ils forment, à l'aide de feuilles de palmier, un ballot allongé appelé « mutète ». Le porteur se munit d'une CANNE sur laquelle il appuie sa charge pendant le repos, en l'emboîtant dans un petit BLOC DE BOIS fixé solidement à celle-ci ; ils s'aident aussi de cette canne pour soutenir la mutète quand ils la portent sur l'épaule. Les pieds exercés des porteurs suppléent à leurs mains quand celles-ci sont embarrassées par leur ballot ; ils parviennent, sans se baisser, à ramasser à l'aide de leurs pieds leur canne ou de menus objets qu'ils auraient laissé tomber.
Dès l'emfance, les noirs s'accoutument au portage. D'une grande précocité, ils deviennent rapidement très adroits et l'on rencontre des bambins de cinq à six ans déjà chefs d'une caravane, la conduisant joyeusement au son de la marimba et tenant en équilibre au sommet du crâne, qui une calebasse, qui un pot, voire même un œuf.
L'habitude de porter sur la tête est telle, dit le père Van Damme, que le nègre ne conçoit pas que l'on puisse faire autrement. Une fenmie a fini de fumer sa pipe, son vêtement sonmiaire ne comportant aucune poche, elle pose sur sa tête l'instrument si cher aux négresses et continue de trotter ou bien de vaquer aux soins du ménage.
La vie des noirs se passe presque tout entière à s'occuper les uns des autres ; dans leurs villages les indigènes boivent, mangent, dansent et discutent ; c'est même discuter qu'ils font le plus.
L'industrie métallurgique n'est connue que dans la partie située au nord du fleuve; les indigènes y exploitent le minerai fie fer, de cuivre et de plomb. Absorbés par le commerce et par le portage, les Bakongo produisent peu de chose au point de vue industriel, d'autant plus que la facilité de se procurer les marchandises européennes leur évite de longs mois de travail, nécessaires pour fabriquer leurs objets usuels. La fenmie file le coton au moyen de la quenouille, fabrique les balais. L'homme s'adonne aux travaux de couture, ses aiguilles sont de fortes épines ; il est aussi potier, fabricant de pipes, de nattes, construit ses engins de chasse et de pêche.
La polygamie existe partout; l'homme riche achète ou épouse autant de femmes que ses moyens le lui permettent, mais il faut distinguer entre le mariage d'amour et ce que l'on peut appeler le
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mariage de raison. Tous deux se traduisent par un achat de la part du mari ; mais, dans le premier cas, il achète une compagne et dans le second une esclave. Les fiançailles sont très longues et très coûteuses. Parfois les jeunes filles sont promises en mariage dès l'âge de quatre ans et à chaque visite du futur, celui-ci doit apporter un petit cadeau, en attendant le grand, qui rendra les accordailles définitives. Le sentiment de famille est très développé ; les enfants sont élevés par la mère, qui les aime beaucoup. Le chef de famille pourvoit à leurs besoins et les initie aux choses de la vie. Devenus adolescents, ils rentrent au village de leur mère, où leurs oncles maternels