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MORTUAIRE D'UN CHEF INDIGÈNE

complètent leur éducation. Ils n'ont aucune relation avec la famille de leur père.

Les fils aînés de parents esclaves sont libres; les fils cadets de parents libres sont esclaves; ainsi tous les aînés des familles forment la caste des hommes libres dans laquelle se trouve le chef de la tribu. Ce chef a rarement une autorité réelle, il est plutôt le porteparole de sa tribu; cependant on a vu des hommes intelligents étendre le pouvoir, même sur les villages environnants, et devenir de grands chefs et l'on se souvient que jadis le roi du Congo gouvernait d'immenses territoires dont le pays des Bakongo était une

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province. Chez les Babuendi Texistence des grands chefs est plus générale ; ces populations étant ainsi unies ne se sont pas décimées par les guerres intestines, d'où leur \4talité et leur force.

Il n'existe pas de lois communes à plusieurs tribus, sauf celles qui ressent les marchés.

Lliéritier du pouvoir est le fils aîné de la sœur; on a ainsi plus de garantie qu'il appartienne au même sang; ce mode de succession par ligne collatérale est en usage presque partout au Congo. A la mort d'un homme libre ses richesses sont réparties entre ses frères, parfois entre ses fils, jamais entre ses femmes.

Tous les différends se jugent par arbitrage et les frais de justice sont généralement très élevés, car ils reviennent aux arbitres. Le jugement pat le poison et le feu se pratique parfois sur les marchés. La lapidation est infligée aux meurtriers et aux adultères.

L'inférieur doit le salut à son supérieur, de même que l'on doit le respect aux vieillards ; les salutations sont variables et compliquées. Les productions artistiques sont assez limitées, dit Vereycken, à qui nous empruntons beaucoup de ces renseignements : quelques FÉTICHES en bois sculpté et les jolies NATTES DE LUVITUKU sont les seuls objets à citer.

L'indigène a l'instinct musical plus développé qu'on ne le croit généralement. Il possède un certain nombre d'instruments de musique d'où il tire des sons pour charmer ses loisirs : la MÂRIMBA ou ndimba, dont le noir joue quand il est en marche; le KOKOLO, sorte de guitare que Ton rencontre au Stanley-Pool ; les TAMBOURS de danse et funéraires; sept TROMPES D'IVOIRE de tons différents qui s'obtiennent par l'application, sur le pavillon de l'instrument, d'un morceau de calebasse d'un diamètre plus ou moins grand; la TROMPE EN CORNE d'antilope et beaucoup de trompes extravagantes en bois; les castagnettes et GRELOTS; la double cloche en fer et les SIFFLETS.

Ces noirs croient à un être suprême, mal défini du reste, qu'ils appellent Zambi, ils ne l'adorent pas; ils ont une peur réelle des mauvais esprits et c'est contre eux qu'ils s'arment de GRIS- GRIS ou fétiches, objets bizarres, planches, cannes et surtout bonshommes grotesques des plus curieux. Le plus terrible de ces esprits néfastes est Fankita, une sorte de démon que les nkimba, ordre secret des féticheurs, s'occupent d'apaiser quand il est en courroux.

Il y a une foule d'autres esprits néfastes que seul le féticheur sait conjurer, aussi la puissance de ce sorcier est effrayante ; exploitant la crédulité des noirs, il les terrorise pour en obtenir ce qu'il désire, mais, pour maintenir sa réputation, il a tout intérêt à réussir dans ses exorcismes et en cas de maladie, l'expérience ou la tradition lui ont donné quelques drogues qui sont vraiment efficaces. Le

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fcticheur est aussi le bourreau. 11 porte iin costume spécial d'étoffes indigènes et s'affuble de plumes et de bijoux.

Dans ces contrées fétichistes à l'excès, les cérémonies funèbres sont entourées de pratiques extraordinairement compliquées. Le principe de la vie future, si répandu, fait que l'on s'occupe presque plus des morts que des vivants. Le défunt est fumé et conservé dans sa hutte pendant plus d'une année, s'il était un chef ou un homme riche. Pour un esclave, l'enterrement est plus expéditif.

La mise en terre, dans des fosses creusées à proximité du village, est suivie d'une orgie innommable. Le cadavre est au préalable enroulé dans une grande quantité de tissus et forme alors un ballot ■ qui atteint plus d'un mètre de diamètre. Plus le mort était riche, plus il y a à son enterrement de pleureuses, de musiciens et d'honneurs et sa sépulture est couverte d'un monceau d'objets les plus imprévus : vases, plats, parasol, etc.

La durée du deuil est subordonnée au degré de parenté et surtout à l'importance des richesses laissées par le défunt.

Quand on arrii-e du bas fleuve a Pool, dit Coquilhal, on éprouve une nouvelle. Tout un ensemble de ci du fleuve libre en amont, la fertilité du sol, l'attitude déjà fière et originale des populatioi indigènes, imposent un caractère ni

;. Le paysage est d'une beauté grandiose ' rt inoubliable.

PRINCIPALES PEUPLADES

es plus importantes populations du district sont les Bayanzi, les Bateke, les Wambundu ; viennent ensuite les Babuma, les Batende, les Babali, les Banfumu, les Bizi-Batondu et entin quelques Bakongo.

^H Les BAYANZI ou Babangi sont des riverains du

^B fleuve en amont du Kassaï ; de même que les Bobangi et ^^ft les Apfuru, dont ils sont frères, ils seraient descendus

du nord il y a un siècle. Bien que peu a§;rèable$ d'aspect par suite de leur tatouage et de leur peinture, ils sont physiquement bien constitués, d'une taille au-dessus de la moyenne; les os sont épais et la musculature très développée ; toutefois leur long séjour en pirogue, dès l'enfance la plus tendre, leur déforme quelque peu les jambes ; le front est droit, le nez légèrement épaté, les lèvres peu prononcées ; les femmes sont très grasses et généralement stériles. Us ont comme tatouage une double ligne d'ampoules allant, sur le front, d'une tempe à l'autre et simulant une feuille de palmier; dans la ligne médiane du front, ils ont une série de cicatrices parallèles formant crête; contrairement à celles des Ban-

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gala, ces cicatrices ont peu- de relief. Parfois, deux feuilles de palmes partant de Toreille s'étendent sur le front. Les femmes ont sur le buste des tatouages artistement disposés.

Les hommes portent la chevelure fort longue et la divisent le plus souvent suivant la ligne médiane de la tête et tressent chaque partie pour en former une espèce de corne ramenée sur le devant ; les femmes ont des coiffures en cimier de casque, la tête étant rasée de côté.

La barbe est rare, clairsemée ; comme aux cataractes, les chefs seuls la portent au menton; elle est alors tressée.

Les Bayanzi se distinguent par leur activité, leur esprit d'initiative et leur habileté commerciale ; ils ont acquis sur tout le haut fleuve un véritable ascendant, au point que beaucoup de tribus riveraines adoptent leurs mœurs. Les Bayanzi sont en outre très turbulents et très belliqueux. Les femmes sont jolies et enjouées.

Le peuple BATEKE s'étend du nord, depuis les sources de rOgoue, vers le sud et l'est le long delà rive septentrionale du Congo jusque près de l'Alima. Ils occupent aussi le pays à l'est du Pool jusqu'au bas Kassaï et ont des colonies derrière Bolobo.

Ils forment du reste un peuple remarquable et l'on ne peut s'empêcher d'être saisi d'admiration devant la prestance de leurs chefs, drapés avec un art infini dans leur long péplum, couverts des hiératiques cuivres ciselés qui brillent sur une peau d'ébène.

Les Bateke ont le système musculaire développé et la taille petite ; leurs formes toutefois sont parfaites et les femmes sont très gracieuses; leur teint est extrêmement foncé, ce qui les fait remarquer parmi les Bantu à la peau d'une coloration plus claire et évoque l'idée qu'ils pourraient être des Nigritiens plus ou moins abâtardis. Ils paraissent venir du nord.

Ils ont comme tatouage des lignes parallèles de cicatrices peu profondes partant du menton et se dirigeant vers la tempe. Elles semblent être obtenues par les écorchures que feraient un peigne. Comme les Bayanzi, il s'épilent cils et sourcils. Leur coiffure, absolument particulière à la peuplade, est un gros chignon planté au sommet de la tête vers l'arrière et maintenu au moyen d'une carcasse de jonc dissimulée dans les cheveux. Ceux-ci sont tendus à tel point qu'il se produit à la base du chignon un bourrelet circulaire de chair. Le reste de la tête est rasé, ou bien les cheveux sont coupés courts et enduits d'une épaisse couche de teinture rouge.

Les Bateke ont les yeux vifs et mobiles, ils parlent avec volubilité. Ce sont de très habiles intermédiaires conmierciaux.

Les WAMBUNDU sont les véritables aborigènes de la région située à Test de Léopoldville; ils ont été chassés des rives par les Bateke ; ces indigènes ont les mœurs plus douces et s'occupent de culture.

Les BABUMA peuplent les rives du bas Kassaï. Ce sont des

Le Stanley 'Pool. 77

potiers très habiles et ils font un commerce actif non seulement des produits de cette industrie, mais de tabac, de poissons séchés, d'arachides, etc.

Les BATENDE habitent à lest de Bolobo; ils sont absolument sauvages et inabordables. D'autres populations vivent également en arrière des Bayanzi, tels les BAN UN U dont la limite nord paraît être Lukolela.

Les BABALI et les BANFUMU ont des tatouages semblables à celui des Bateke. Les premiers, concentrés vers Kwamouth, tendent à disparaître, dominés par les indigènes avec lesquels ils se trouvent en contact. Les Banfumu occupent la presque totalité du territoire compris entre le Congo, au nord de Kimpoko, le Kassaï et le Kwango. Ils constituent une race vigoureuse, ils sont fort barbares et Ton rencontre chez eux une grande variété de coififure formant souvent chignon.

Les BIZI-BATONDU s'étendent de Mfumu-Be jusque près de rinkisi. Ils se livrent au portage, mais sont loin, sous ce rapport, de valoir les Bakongo ; ils se rapprochent au point de vue anatomique des races européennes. Les os et les muscles, sans être prononcés, sont solides. Ces indigènes résistent admirablement bien à la fatigue.

xMŒURS ET COUTUMES

ous le répétons encore ici, la base de l'alimentation dans tout le district est le manioc sous ses différentes préparations. En écrasant la pulpe au moyen d'un caillou sur une sorte de meule, pétrissant la farine obtenue avec de l'eau, faisant cuire cette pâte au bainmarie, on en fait de la chikwangue; la farine se prépare en purée; les jeunes feuilles, écrasées dans un mortier et cuites avec de l'huile de palme et du poivre indigène, entrent pour une forte part dans la nourriture du noir; elles l'aident à manger plus facilement sa chikwangue. Cette pâte, dit Costermans, à qui nous devons quantité de renseignements, remplit un office qu'on ne saurait mieux comparer qu'à celui du fromage chez nous.

Les naturels mangent encore des arachides, des semences de courges, du maïs, des bananes, de la canne à sucre et apprécient énormément le fruit du safoutier. Dans chaque village l'on plante de ces arbres qui, outre leurs fruits, produisent beaucoup d'ombrage. Les safous, enfilés sur une baguette, sont cuits sous la cendre ou bouillis. On trouve encore, paraît-il, sur la rive gauche du Pool,

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de petits pains de mil et de mais qui font très heureusement diversion à la chikwangue.

Le poisson est particulièrement estimé. On le mange séché, fiimé ou préparé en < mohambe », c'est-à-dire à l'huile.

L'indigène est très sobre sous le rapport de la nourriture animale ; il lui suffit d'une petite quantité qui lui sert en quelque sorte d'apéritif. 11 est peu d'animaux, au reste, dont la chair lui répugne : chèvre, porc, antilope, hippopotame, rat, chat sauvage, zibizi, criquets, chenilles, fourmis, vers blancs, ces derniers surtout très estimés parce qu'ils contiennent un corps gras. En général, les indigènes se contentent pour la cuisson de la viande de la déposer

TYPE BATEKE

directement sur la cendre du foyer. Ils la laissent ainsi exposée à l'action du feu jusqu'à ce qu'elle soit en quelque sorte carbonisée ou réduite à l'état de matière cornée.

Les repas ne sont jamais copieux ; ils se prennent en famille, principalement le midi et le soir ; les ahments sont préparés dans de grands POTS EN TERRE; comme ASSIETTES on se contente de feuilles de bananiers. Après avoir mangé, chacun se rince la bouche avec le plus grand soin et se nettoie la denture au moyen d'une racine en bois tendre dont l'extrémité effilochée forme une sorte de brosse à dents.

Pour boisson de luxe ils ont le vin du palmier élais ou du borassus, la bière de maïs et la bière de canne à sucre. Quelle que soit la boisson dont ils font usage, les noirs ne la consomment

Le Stanley-PooL 79

jamais au jour le jour. Us en font des provisions qui leur sont amenées dans de grandes JARRES, si c'est du malafu, par les Babuma du Kassai.

Les indigènes fument ou prisent le tabac. Ils ont des PIPES en terre ou en métal, à tuyau de fer, cuivre ou bois souvent très long. La femme fume autant que l'homme. Le tabac à priser est obtenu en broyant du tabac fort sec avec de la cendre de feuilles de bananiers et du pili-pili. La poudre impalpable qui en résulte est renfermée dans une calebasse minuscule. L'habitude de fumer le chanvre est aussi répandue.

Presque toujours le costume se réduit au PAGNE. Les Bateke le portent très long, orné de franges et de lignes rouges ou noires, fait d'un tissu de fibres de palmier raphia d'une extraordinaire finesse. Le pagne des Bayanzi ne tombe que jusqu'au genou. Comme les fenmies des Cataractes, les femmes de cette région se couvrent la poitrine d'une petite pièce d'étoffe, serrée au moyen d'une cordelette. Les Bateke, quand il fait froid, ajoutent à leur costume ordinaire un châle qu'ils rejettent gracieusement sur lepaule.

Les anneaux ne sont guère portés aux doigts, mais il est de règle de porter au poignet et à la cheville des ANNEAUX d'ivoire ou de laiton et au cou des COLLIERS de laiton qui prennent chez les femmes bayanzi des dimensions énormes. Les colliers plats et ciselés dits de Makoko sont très connus.

Dans les coiffures on voit toujours un os appointé aux deux extrémités servant à calmer les démangeaisons du cuir chevelu et aussi à se coiffer. Chacun porte également une épingle-rasoir.

Nous avons dit plus haut combien les Bateke et les Bayanzi abusent de peintures sur le corps. Knfin, nous avons déjà parlé des diverses coiffures et nous n'y reviendrons plus.

Les cases bateke ont la forme d'un rectangle à pignon ; les parois sont de véritables chefs-d'œuvre de vannerie ; les toits, de forme ogivale, sont couverts d'herbe. Les habitations sont disposées par groupes, toutes les portes donnant vers une place commune. Dans les villages bateke, on voit peu de bananiers. Les Bayanzi ont des chimbèqucs analogues, et les Banunu possèdent, paraît-il, des cases plus grandes et distribuées avec plus d'ordre par groupes de quatre à six. Enfin, chez les Banfumu, dit Costermans, on voit des agglomérations immenses ; les chefs ont des cases à deux places et une véranda médiane, les huttes de femmes n'ont qu'une chambre.

L'intérieur de l'habitation est diversement disposé ; en général, on y trouve des lits fixés à demeure et de grands sièges mobiles, taillés d'une seule pièce dans un bloc de bois et des oreillers appuie-nuque.

Les indigènes se livrent avec passion à la chasse et à la pèche. Pour la chasse aux oiseaux, ils se servent d'arcs et de petites flèches empoisonnées. Ils ont des PIÈGES A RATS, sortes de nasses à parois

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flexibles se resserrant sur le gibier qui s'y aventure. Mais la chasse à laquelle ils se livrent de préférence, c'est la grande traque au fllet.

Ils pèchent au moyen de nasses, de claies et de filets et empoisonnent également l'eau en certains points de la rivière.

Les Bateke et Bayanzi sont d'excellents pagayeurs. Debout sur leur petite pirogue, ils parviennent à remonter facilement les courants les plus violents.

Gomme dans toute la région, les indigènes sont des commerçants très habiles. Les Bayanzi font de lointaines expéditions jusqu'à 5o et loo kilomètres de chez eux pour trafiquer l'ivoire, la poudre de bois rouge et d'autres produits. C'est une vue touchante, dit Coquilhat, que celle de ces convois de deux à dix pirogues, où

sont entassées plusieurs fa milles .femmes comprises et au centre desquelles est arrimé, avec un art infini, en un vaste ballot protégé par des nattes, la cargaison d'étoffes, de cuivre rouge, de fils de laiton, de perles, de fusils, de poudre, etc. En route, ils pèchent ou ils chassent ; le temps ne compte guère pourvu qu'ils arrivent sains et saufs à destination, fût-ce six mois après leur départ.

Les Bateke sont commerçants également, mais servent plutôt d'intermédiaires de commerce; ils gardent jalousement le monopole des transactions sur le Stanley-Pool, tenant ainsi la clef de tout le commerce du Haut-Congo,

Ce mouvement incessant a fait que depuis de longues années, bien avant l'arrivée des Européens, les riverains du Congo, jusque l'Aruwimi même, possédaient des marchandises européennes, arrivées de mains en mains depuis la côte, ayant acquis ainsi une valeur extraordinaire.

Le Sianley-Pooi. 8i

L'introduction des annes à feu a été la première cause de la disparition graduelle des armes indigènes; les boucliers sont complètement inconnus aujourd'hui ; les lances et les piques deviennent rares et celles qui existent sont apportées du Haut-Congo par les traitants. Les Banfumu se ser\-ent encore d'un grand arc et de flèches en bambou. Les couteaux sont pourtant remarquables ; il existe une série de sept à huit types de COUTE.\UX B.\TEKE de même allure, mais de silhouette absolument variable; lesCUtJTEAU.X B.WANZl prouvent que ces indigènes ont aussi de grandes aptitudes dans l'art du forgeron. L'indigène est très industrieux à sa façon et très habile, étant donné les instruments grossiers dont il dispose. Il obtient, dans ces conditions, des résultats surprenants, dont il . faut rechercher la cause dans son incroyable patience. Les très habiles potiers babuma ne connaissent pas le tour et, malgré cela, ils parviennent à donner à leurs vases des formes régulières et d'une certaine élégance.

On fabrique au Stanley-Pool beaucoup de N.\TTES et d'objets de vannerie ; les colliers, anneaux et autres ornements de toilette sont très travaillés, mais d'une facture assez grossière. Le déplorable exemple des pacotilles européennes et la possibilité de se procurer des marchandises de traite sont les principaux obstacles au développement du goût des indigènes.

Les trois castes habituelles se rencontrent. Il y a très peu d'hommes libres, Hanssens dit qu'à Msuata, sur deux cent quatrevingt-dix habitants logeant dans cent quatre-vingts maisons, il n'y avait que huit hommes libres, tous les autres étaient esclaves; le chef Gobila seul avait quatre- vingt<inq femmes. La condition de l'esclave est très douce. Chez les Bateke, le maître loge, nourrit, habille l'esclave et souvent lui achète une femme. L'esclave peut se créer des ressources et certains d'entre eux parviennent ainsi à devenir riches et à déborder leurs maîtres. Les chefs épousent des femmes libres et ont aussi pour épouses un certain nombre d'esclaves. L'esprit de famille est très prononcé et l'autorité du père est absolue. L'organisation politique est la résultante de celle de la famille, les habitants d'une contrée soumise à un même chef dérivant toutes de la même souche. Tous ces chefs de tribus sont indépendants l'un de l'autre, mais dans les villages l'autorité d'un des chefs de famille prédomine toujours.

En général la femme jouit de beaucoup de liberté, surtout si elle est stérile, ce qui est souvent le cas chez les Bayanzi. La moralité des femmes est plus grande chez les Bakongo et les Bateke que chez leurs compagnes d'amont.

Les tambours, les tams-tams et tes marimbas sont les instruments habituels; les Bateke ont une MANDOLINE appelée u ndjemlio jj, grossièrement faite et dont chacune des cinq cordes est maintenue

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par une tige différente. L'usage de cet instrument à cordes est tout à fait remarquable; on ne le retrouve, en effet, au Congo que bien loin au delà, chez les Azande.

On voit aussi le conmiun double gong en fer. Il est des fétiches de toutes espèces : coquillages, calebasses, semences, griffes, etc. D'après Costermans, les pirogues minuscules seraient des pirogues-fétiches. Il existe des figurines représentant des personnages, toujours de petites dimensions. Dès qu'un homme quitte la maison paternelle pour fonder une famille, il se rend chez le féticheur qui lui remet un FÉTICHE de l'espèce. Celui-ci, placé dans un coin du chimbèque, en constitue en quelque sorte le dieu familier. Il a l'abdomen entouré d'un lambeau d'étoffe et chaque matin, dit Costermans, le maître de la maison mâchonne un morceau de noix de kola dont il crache le jus sur le fétiche.

Le fétiche est toujours enterré avec son possesseur. Certains endroits et certains animaux sont encore déclarés fétiches et le féticheur, ce terrible tyran de l'Afrique, crée à plaisir des fétiches dont la vente est pour lui une source de puissance et de bénéfices considérables.

La mort, pour les indigènes, nest jamais due à une cause naturelle. Elle est toujours le résultat soit d'un crime, soit d'un ensorcellement et suivie de l'épreuve du poison, pour un innocent que le féticheur accuse au mieux de ses intérêts.

Lorsqu'un homme est mort, on replie son corps en N; il est fumé, puis entouré d'un ballot d'une importance proportionnée à la richesse du défunt. On dit que les Balali de Brazzaville usent de cercueils cylindriques en bois. Les tombes sont creusées soit dans les chimbèques, soit sous un toit; chez les Wambundu, les tombes sont surmontées d'un monument conique en argile, décoré d'ornements et de peintures. Quand on comble la fosse, on a toujours soin de placer un bambou creux dans la direction de la bouche du défunt; ce bambou doit émerger au-dessus du sol; fréquemment, les enfants et les esclaves du défunt déposent sur la tombe des bananes et du manioc et versent par le bambou creux une calebasse de malafu. Cette originale coutume se retouve souvent au Congo et prouve la croyance certaine à une vie future. La même croyance donne lieu chez les Bayanzi à des sacrifices humains.

Le deuil s'observe d'une façon assez compliquée; il est plutôt extérieur, car l'indigène reste absolument indifférent à la mort d'un parent.

Bien que ce COUTS d'eau a.ppartienDea.u bassin du Kassal.^rit Reclus, il traverse uue légion très distincte du pays des Lunda par le rôle historique. Connu par les Portugais dès le xvi* siècle, c'est le véritable Zaice. Tandis que les pa;s airosés par le Kassal et ses affluents orientaux ont été conquis à la géographie seulement à une période récente; la vallée du Kwangoest visitée depuis trois siècles, du moins dans sa partie moyenne, pai les traitants portugais.

PRINCIPALES PEUPLADES

ans la région des sources du Kwango, la race dominante est celle des KIOKO, la même qui peuple les hautes vallées du Kassaï; puis vient une série de populations habitant le territoire portugais, dont les Hollo, qui ont traversé le Kwango venant de l'ooest, peu après que cette rivière coimnence à longer la frontière de l'État.

Les HOLLO sont des tribus pacifiques et laborieuses. Drapés correctement dans de larges étoffes, dit Gorin, la face encadrée par de longues tresses, le front orné d'une légère bande de cuivre jaune, ils font songer par leur aspect à ces pasteurs éthiopiens que nous montrent les gravures anciennes.

Ce n'est pas la seule fois que l'on a l'occasion de rappeler, à propos des peuplades congolaises, les figures classiques de l'antiquité.

Plus en aval habitent les MAYAKKA, grands fumeurs de chanvre, qui s'étendent jusqu'aux rives delà Djuma. Enfin, au-des-

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sous des dernières chutes, les tribus sont celles signalées en parlant du Stanley-Pool.

Le pays habité par les Mayakka, comme presque toute la région située à l'est du Kwango, a été conquis il y a une quarantaine d'années par des guerriers venus du Lunda, sous la conduite d'un frère du puissant Muata-Yamvo et ce sont les successeurs du conquérant qui détiennent encore actuellement le pouvoir, Muene- Putu-Kasongo a tenu longtemps le pays sous l'empire de la terreur et par ses incursions et ses razzias l'a presque complètement ruiné.

MŒURS ET COUTUMES

resque tous les caractères des peuplades du Kwango, qui ont beaucoup d'analogie avec ceux des Balunda, peuvent se résumer dans les habitudes du redouuble Kiamvo et sont, du reste, sensiblement influencées par le contact fréquent des traitants de la côte. Ainsi que nous l'avons dit, la nourriture est principalement le manioc.

L'habillement est depuis longtemps composé en majeure partie d'étoffes européennes ; l'habitation offre peu de caractère, sauf chez les Hollo dont les huttes ont un aspect très original. Chaque chimbèque a la forme d'une immense meule de foin ; une porte de 2",5o y donne accès, c'est la seule hutte signalée au Congo, dont l'entrée atteigne de si grandes dimensions ; d'habitude celles-ci sont si basses que les habitants doivent se courber complètement pour pénétrer chez eux. L'intérieur, divisé en deux compartiments, donne l'illusion d'une cloche. Le premier appartement sert de chambre à coucher au chef de famille; le second fait office de magasin.

Muene-Putu-Kasongo exigeait qu'on lui apportât toute bête tuée à la chasse, sous peine d'une amende de deux ou trois esclaves. Le signal de brûler les herbes était donné par le Kiamvo ; c est alors qu'avaient lieu les grandes battues.

La principale occupation des indigènes est la récolte du caoutchouc, lequel est obtenu en travaillant les racines d'une variété rampante de landolphia. Ce caoutchouc fait l'objet d'un commerce très actif et de petits cubes de cette gomme sont la seule monnaie courante contre laquelle les indigènes acquièrent les marchandises européennes, par l'intermédiaire des marchands basombo, lesquels accaparent presque tout le commerce de la côte.

En somme, les terrains ne sont riches que dans les vallées, et les indigènes, sauf les Hollo, ne font guère de grandes cultures. Chez ces derniers, hommes et femmes sont constamment aux champs :

Le Ktvango.

partis dès 6 heures du matin, ils ne rentrent qu'au coucher du soleil. Le chef lui-même accompagne souvent les travailleurs.

Par suite de la facilité qu'ont les indigènes de se procurer des produits européens, ils n'ont guère d'industrie florissante. Leurs

TYPES DE HOLLO

longs COUTEAUX droits, si curieux d'aspect, viennent du Lunda. Le Kiamvo exerçait le droit de vie et de mort, sans conteste, sur ses sujets. Installé à Kasongo-Lunda, entouré constamment d'une garde dévouée forte de sept à huit cents hommes, il dictait ses ordres jusqu'au.\ extrémités du pays et tous s'empressaient

Région des Monts de Cristal.

d'envoyer au chef redoute les vivres, le gibier et les esclaves qu'il exigeait pour satisfaire aux exigences de son sérail et de sa garde. Pour donner une idée de la cour que tenait ce potentat nègre, reproduisons le récit qu'a fait Dhanis d'une entrevue avec lui :

n Le Kiamvo était assis, les jambes croisées, sur une estrade haute de un mètre, recouverte de peau de panthère; à sa gauche se tenait debout son porteur de fusil perfectionné, à sa droite était assis le féticheur masqué, homme ou fenune. En demi-cercle, autour du Kiamvo, étaient rangés six à huit cents hommes, tous armés de fusils ou d'ARCS et de Fr,ÈCHES ; ces hommes se tenaient debout. A l'intérieur du demi-cercle, les chefs secondaires étaient assis sur des peaux d'animaux et des nattes. Une dizaine de musiciens jouaient du TAMBOUR ou d'une espèce de TYMPAN formé de petites lames placées au-dessus de callebasses vides, le même instrument que Livingstone dit avoir rencontré à l'est du Kwango. »

Cet instrument est celui que l'on trouve chez les Baluba, les Balunda, au Manyema et chez les Azande et aussi plus loin vers li; nord-ouest, faisant ainsi le tour de la forêt équatotiale ; c'est là une observation digne d'être notée (i).

Ajoutons que, comme dans le Lunda, les chefs se font porter par un esclave et, coutume curieuse, quand le Kiamvo éternuaît, on entendait des cris épouvantables : tout le village hurlait et cent ou deux cents coups de fusil augmentaient encore le vacarme. Muene- Putu éternuaît à dessein quand il avait des visiteurs, pour leur en imposer.

Quand mourait un chef de sang royal, on battait du grand GONG DE FER exposé aujourd'hui dans les collections de l'État du Congo.

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