‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 25 sur 184 · TYPE MONGO · texte numérisé non relu

TYPE MONGO

(t) Il y a U une croyance absolument dissemblable de celle de la plupart dea Bantu et eitraordinairement plus élevée. Fiévez relate dam une notice envoyés à l'État du Congo en vue de l'Exposition d'Anvers et publiée dans le Congo illuslrt plusieurs renseignements, dont nous reproduisons le principal, sur la religion des Mongo, qui prouveraient i l'évidence l'origine biblique de cdle-cL

1 04 Région de la Grande Forêt.

N'est-il pas étrange de retrouver lû*bas des croyances aussi semblables aux traditions de Ihistoire sainte et cela non seulement chez les Mongo, mais encore ailleurs, ainsi dans le Kassa'i, où les Bachilange expliquent le motif pour lequel l'homme est mortel d'une façon ressemblant singulièrement à la tradition d'Adam et Eve chassés du paradis terrestre (i).

Les funérailles durent longtemps ; s'il s'agit d'une personne libre, le défunt est lavé des pieds à la tête, habillé en grande toilette et placé dans sa case sur une estrade jusqu'à ce qu'il entre en décomposition. Une ou deux lunes après le décès, le corps est enfermé dans un cercueil sculpté et peint prolongé par des sortes de cornes et surmonté d'attributs divers représentant les armes du défunt. Pour un grand chef, le cercueil représente le personnage lui-même et nous exposons deux de ces SARCOPHAGES, l'un d'homme, l'autre de femme, qui peuvent être rangés parmi les pièces les plus curieuses qui nous viennent de l'Afrique. Mais par une singulière anomalie ces bières ne servent pas à mettre le défunt ; elles se placent au-dessus, ce qui explique leurs dimensions étroites.

La cérémonie de l'enterrement est très compliquée. Elle consiste en danses et chants, promenade du défunt à travers les villages, parfois même en pirogue.

Chez les Wangata, la tombe est recouverte d'un hangar et parfaitement damée. Le goulot du flacon par où l'on abreuve le mort dépasse seul le sol uni.

Pendant la période de deuil le blanc et le noir sont exclus de la toilette; à la mort d'un chef, le deuil est porté par toute la tribu. Les indigènes professent le culte d«6 morts. La profanation d'une sépulture est un fait assez rare.

(i) Le Dr Dryepondt rapporte à ce sujet que le P. De Backer avait trouvé chez certaines peuplades entre le lac Léopold II et le Congo des vestiges de la notion d'un Dieu fait homme et mort pour racheter les fautes de l'humanité. Il pensait pouvoir attribuer cette croyance à un reste de l'influence des capucins portugais qui teatèrent jadis d'évangéliser le Congo. En tous les cas il est hors de doute que les capucins s'avancèrent ti^ loin à l'est, comme le prouvent des documents relativement exacts remontant à cette époque.

Au nord du Congo, depuis l'Ubangi jusqu'à, l'Itimbiri, habitent des peuplades dont les plus remarquables sont les Bangala et c'est la raison pour laquelle nous avons étendu leur nom à toute la région. Au nord, nous nous arrêtons à la haute Mongala où vivent les tribus banza et mongwaodi appartenant à la région de rubangi, sous le rapport ethnique.

PRINCIPALES PEUPLADES

lu / wS j y ^* principales peuplades sont : les Bangala et les Il BMBin Bspt^to à la rive du Congo ; les Balo'î et les Bondjo "" l/ïli le long de rUbangi dans la presqu'île formée entre /m f^**Hg '^ Congo et rUbangi; partout à l'intérieur, de "n^^~"^Mll l'Llbangi à l'Itimbiri, des tribus gombe, non moins """"' ■ ï f A intéressantes.

ÏJf S Les BANGALA, qui viennent du Ngirî et de rUbangi, sont établis sur les deux rives du fleuve, principalement sur la rive droite, en aval du confluent delà Mongala. Grands, beaux, forts, bien faits, les Bangala ont une superbe carrure ; ils peuvent compter parmi les plus belles peuplades du Congo. Leur tatouage consiste en une crête sur le front, prolongeant la ligne du nez et en trois séries d'entailles jointives simulant des feuilles de palmier, sur les tempes. Ces tatouages parfois énormes, loin de les défigurer, donnent au,x Bangala un aspect de singulière énergie. Sur le corps existe également une sériede tatouages, notamment au milieu de la poitrine une ligne verticale dont ils se montrent très fiers.

Ils s'arrachent cils, sourcils et se liment les dents de devant. Leurs coiffures sont très soignées; elles consistent en dessins symétriques sur le côté des tempes.

Ces noirs sont incontestablement bien doués sous le rapport intellectuel; leur intelligence est vive et particulièrement tournée vers la ruse et l'esprit de négoce. Leurs impressions et leurs résolutions

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Région de la Grande Forêt.

sont des plus mobiles; ils passent de l'insolence la plus audacieuse et de la jactance la plus insupportable à la peur la plus ridicule et à l'humilité la plus grande.

Les Bangala sont cruels; en revanche, ils sont susceptibles d'amitié. La jalousie, l'orgueil, la vanité, l'enthousiafiine les domine

L'Equateur et les BangaU.

comme nous et l'amour chante aussi dans leur cœur. Leur abattement peut aller jusqu'au désespoir et cette folie qu'ici nous attribuons souvent à nos mœurs civilisées : le suicide, fait parfois chez eux des victimes.

Tel est le résumé du caractère de ces peuplades ainsi que l'a décrit Coquilhat qui, mieux que personne, a pu les étudier pendant son long séjour au milieu d'elles.

Les Bangala. 107

Les BAPOTO, habitants riverains du pays d*Upoto depuis la Mongala jusqu'à Tltimbiri, sont de taille très élevée, de forte carrure et d'allure dégagée. Ils se tatouent affreusement : trois lignes de véritables' ampoules, ayant la grosseur de pois, descendent de la racine des cheveux au bout du nez; d'autres tatouages entourent les yeux, parcourent les joues. Le corps également est couvert de ces lignes hideuses de pois.

Leur coiffure est composée de tresses tombant de chaque côté de la tête ou bien s'échafaudent en chignons ayant souvent 20 centimètres de hauteur et terminés par une ou deux pointes. Ils ne portent pas de barbe ; les chefs ne laissent subsister qu'une tresse au menton.

Les femmes affectionnent le bâtonnet orné de perles qui traverse le cartilage central du nez et forme une sorte de moustache.

Les BALOI, riverains du bas Ubangi et du Ngiri, ont parfois comme tatouage cinq petites colonnes de traits horizontaux peu marqués, sur le front, mais le plus souvent ils n'ont pas de tatouage et sont caractérisés par un front assez proéminent et une tête forte complètement rasée. Leur corps est excessivement bien membre; leur taille bien au-dessus de la moyenne; ils s'arrachent les quatre incisives supérieures, ce qui achève de leur donner un aspect singulier.

Les BONDJO, habitant les rives de l'Ubangi jusqu'à Zongo, sont superbement bâtis; d'une charpente impeccable, impossible d'imaginer des êtres mieux faits. Leurs cheveux sont rasés, ménageant quelques houppes fantaisistes. Les incisives de dessus sont arrachées comme chez les Baloï; sur les tempes se remarquent trois petites lignes de tatouage, qui disparaissent elles-mêmes plus en amont ; sur le corps, des tatouages en losange sont du plus joli effet. Les lobes des oreilles sont percés et agrandis au moyen de rondelles de bois augmentant chaque jour de calibre.

En arrière des Bangala vivent des GOMBE qui n'ont pas dans leur tatouage la forme feuillue, mais celle du pois ; encore se distinguent-ils en deux catégories : les uns ont de très gros pois en lignes espacées entourant les yeux, le front, les pommettes, les lèvres et le menton, comme les gens d'Upoto; les autres ont toute , la face criblée de petits pois très serrés suivant les lignes du visage, comme les Gombe de la Lulongo.

Les ELOMBO ou Gombe d'Upoto sont les habitants de Tintérieur du pays d'Upoto. Ils diffèrent des Bapoto par des mœurs plus sauvages encore.

Région de la Grande Forêt.

MŒURS ET COUTUMES

ous disions à propos de la région de l'Equateur que les peuplades sylvaines poussaient le cannibalisme à hauteur d'une institution. Les Bangala, les Bapoto et les Gombe prisent énormément la chair humaine; cependant les Bangala n'en font pas une habitude et ne mangent pas les femmes, grâce à leur valeur commerciale. On ne peut lire sans frémir le récit que

fait Coquilhat d'une scène de cannibalisme à laquelle il a assisté : I Monojongo, chef de Monguele, avait acheté à Bolombo un

natif d'irebu, lequel avait été surpris par le mari en flagrant délit

de conversation non autorisée avec une femme de l'endroit. Il lui

lit d'abord casser les bras et

les jambes à coups de masse.

C'était le prélude, l'homme ne

devantétre mangéque le lendemain. 11 Bt ensuite tremper

toute la nuit sa victime, encore

vivante, dans te fleuve, ta tète

seule émergeant de l'eau. Le

but était de rendre l'épiderme

noir plus facile à enlever. Au

point du jour, on décapita le

malheureux, puis on lecorcha.

La tète fut bouillie dans un pot

séparé; quant au corps, on le

dépeça et on le mit dans la

marmite avec des quartiers de

chèvre, de l'huile de palme et

du sel, puis on se réunit en un grand banquet où fut servie cette

horrible cuisine, arrosée de grandes jarres de bière, o

La chair humaine, pour les Bangala, est un aliment noble, par

opposition au.f animaux qui ne fournissent qu'une nourriture vile.

L'homme est une viande (nyama) qui parle, u C'est e.vquis, avec

du sel; cela a un goût particulier », disaient les Bangala à

Coquilhat.

Non moins horrible est ce que rapporte Van Mons, en parlant

des Elombo.

Ce voyageur vit un jour sur un marché un indigène se promenant paisiblement de long en large. 11 avait le corps marqué de

stries rouges et blanches. Informations prises, cet homme était un

prisonnier destiné à être mangé. Il était e.xposé en vente, et les

TYFE BANGALA

Les Ban gala. 109

stries qui intriguaient si fort notre compatriote indiquaient les morceaux déjà vendus; les blanches étaient la marque des acheteurs riverains, les rouges celles des amateurs elombo!... Le bétail humain semblait parfaitement résigné à son sort; il déambulait tranquillement, s'arrêtant au gré des a. chalands », pour se laisser tâter et retourner, tandis que l'on marchandait le prix de sa viande et discutait les mérites de sa graisse !

Dans rUbangi, les esclaves destinés à la boucherie étaient à peu près la seule marchandise courante et c'est là que les trafiquants du Congo acquéraient de l'ivoire en échange des Mongo qu'ils allaient chercher dans les rivières de l'Equateur.

L'alimentation indigène de la région des Bangala est sensiblement la même que celle des noirs de l'Equateur; dans l'Ubangi il se fait une très grande consommation de mollusques de rivière.

Les Bangala usent beaucoup de a maleku » ou a malafu »,. provenant du palmier élais; de 0 samba », provenant du raphia ou de bière de canne à sucre et Mata-Buike pouvait boire en une seule journée, sans être ivre, vingt-cinq litres de cette bière très alcoolisée. L'ivresse n'est, du reste, pas honteuse chez les Bangala. Et souvent il s'organise des orgies invraisemblables auxquelles sont conviés les villages d'alentour. C'est fête ces jours-là et dès le lever du soleil les heureux invités, déjà animés par l'espoir dun repas largement arrosé, s'embarquent tumultueusement dans leurs pirogues pour se rendre au lieu du rendez- vous.

Les USTENSILES DE CUISINE ressemblent à ceux des Bokote ; les Bangala emploient de grands VASES DE BOIS SPHÉRIQUES; dans l'Ubangi il existe des POTERIES remarquables, entre autres des petits POTS GÉMINÉS d'une terre noire très fine. Les naturels possèdent aussi des TAMIS pour passer leur farine, et une série très complète de PANIERS RUSTIQUES. Les PIPES BANGALA sont des monuments dans leur genre ; elles se composent de lourds tuyaux recourbés recouverts de peau et d'une tête de terre cuite, quelquefois ornée.

Grands navigateurs, les Bangala passent des journées entières en pirogue et pour préparer leur repas ils entretiennent du feu dans des FOURNEAUX EN TERRE en forme de vase largement échancré, supportant un anneau de terre, cuite également, sur lequel se place le pot à frire. Le matin les Bondjo se rendent à leurs pêcheries et l'on voit alors des centaines de canots se détacher de la rive et gagner les îles.

Les hommes ont toujours le pagne, soit de fibres, soit d'écorce ; on en rencontre même chez les Bondjo, faits à l'aide de vieux filets de pêche. Les femmes portent un élégant PAGNE, composé de nombreuses franges de fibres superposées, teintes parfois en diverses couleurs, ayant l'aspect de jupes de danseuses. Ce

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Région de la Grande Forêt.

costume est général aux femmes de toute la région, sauf aux femmes d'Upoto, mais suivant les peuplades, il s'allonge, se raccourcit, se modifie, tout en restant un des plus jolis vêtements indigènes. A Upoto, le pagne des femmes se réduit à une petite ceinture de perles ou une cordelette de fibres. Sur le devant pendent quelques perles ou des feuilles vertes minuscules.

Les ornements de cuivre et de fer existent, mais, en général, moins volumineux qu'à l'Equateur. Toujours abondance de COL- LIERS de baies, de perles de fer, de cuivre, de dents de chiens, etc., et l'on rencontre quelques grossiers ANNEAUX D'IVOIRE, Certaines tribus bapolo s'ornent d'un diadème en fer forgé ; d'autres ont toujours la tèle couverte de BONNETS de peau ou de plumes, véritables colbacks. Les épingles à cheveux ne sont pas nombreuses et pour se raser, les L ndigèn es pos edentdes, lamdleii de fe gu se

L fa d nd gène poudre rouge de la takula, est très en honneur; il se mélange à l'huile de palme dont les naturels s'oignent le corps et on y ajoute parfois du charbon de bois pulvérisé.

Les HABITATIONS DES BANGAL.\ ont en plus de celles des Bokote une véranda formée par le prolongement du toit et appuyée sur des piliers. Les villages bangala sont coquets, ombragés par les bananiers et les palmiers, écimés alïn de développer leur feuillage. Chez les Gombe, les habitations sont souvent en écorce et construites sur une assise élevée d'argile. Certaines de ces HUTTES GOMBE ODt leur porte percée à la partie supérieure du mur et, pour pénétrer dans l'habitation, le propriétaire possède une perche posée sur

Les Bangala. iii

deux supports, servant d'escalier. Les villages de l'intérieur sont toujours beaucoup plus propres que ceux des rives.

Dans la haute Monaï (rivière noire), existent de larges surfaces marécageuses où habitent des êtres pauvres et misérables, vivant exclusivement de poisson et de racines. Ils s'élèvent des VILLAGES LACUSTRES, dont les habitations sont construites sur pilotis.

Dans le Bas-Ubangi, les agglomérations composées de huttes accolées, rangées perpendiculairement à la rive, ressemblent à celles des Mongo; la façade des habitations est ouverte et en arrière d'une véranda commune, des alcôves servent de chambres à coucher. Les cases des chefs ferment l'extrémité des rues.

Parmi les objets mobiliers qui n'offrent, du reste, rien de bien particulier comme forme, on doit pourtant remarquer un TABOURET exposé dans la section, agrémenté d'ornementations rouges et blanches ; la peinture polychrome étant exceptionnelle, nous n'avons pas voulu laisser passer l'occasion de la signaler.

Les riverains pèchent. Les Bapoto sont considérés à juste titre comme les meilleurs pêcheurs du Congo; on voit les couples s'en aller ainsi aux provisions, la femme conduisant adroitement l'étroite pirogue, l'homme jetant ses filets yi dans quelque crique poissonneuse. Un chapitre spécial traitant de la pêche, nous n'insisterons pas maintenant.

L'armement des Bangala est particulier. Les COUTEAUX sont de différents types ; le plus / Ijl connu est le « MBULU » en forme de large cercle, employé aux exécutions. Il est assez répandu. Un autre COUTELAS A DOUBLE CORNE émane d'Ibanza, centre de l'intérieur. Les Bapoto ont un couteau à large fer; dans l'Ubangi, le couteau ressemble en petit à celui de l'Equateur; chez les Baloï, il se place verticalement devant la poitrine complétant le tour de la CUIRASSE EN PEAU d'éléphant, de buffle ou d'antilope qui, venant du dos, passe endessous des bras.

La pique ou LANCE des Bangala est reconnaissable au long col de son fer et a un renflement ciselé vers le bas. La SAGAIE a un tout petit fer et le bouclier, en jonc tressé, est plus large, plus lourd et plus bombé que celui de l'Equateur; il est orné de dessins noirs. Les gens du Bas-Ubangi ont des lances superbes, à grand fer et des boucliers ovales en paille tordue de couleur fauve.

Encore une fois, nous renvoyons à l'examen direct des collections pour se rendre compte de la diversité des modèles des armes. C'est un tableau très vivant que l'appel des peuples bangala

1 1 2 Région de la Grande Forêt.

sous les armes, dit Coquilhat, et dans un récit plein de fougue, il décrit les scènes étonnantes de la concentration, la bataille, le carnage, Tenlèvement des prisonniers et des morts pour les orgies de chair humaine.

Dans les coutumes des Bangala, comme de beaucoup d*autres peuples du Congo, l'agresseur, vainqueur dans un combat, paie au vaincu une indenmité pour chaque personne qu'il a tuée.

L'organisation de la famille et des castes sociales est semblable à celle que nous avons décrite à l'Equateur.

La polygamie est commune et le divorce admis. La femme adultère aura une oreille coupée et le mollet traversé par un fer de lance. Néanmoins les Bangala ont des coutumes extra-conjugales qui chez nous mettraient un homme au ban de la société.

Il existe des chefs et des grands chefs pour les confédérations de plusieurs villages.

Le brigandage est tenu en grand honneur; un jeune Gombe n'obtient la considération générale que le jour où il a tué quelqu'un.

Les jours où l'orgie chôme, si la soirée est belle et que la lune se montre éclatante, la jeunesse organise des danses. Elles ont lieu au tambour, avec accompagnement de chansons. Des COL- LIERS, des BRACELETS et des JAMBIÈRES DE BAIES SÈCHES bruissent harmonieusement à chaque mouvement des danseurs ; les jeunes gens des deux sexes forment un vaste cercle et se trémoussent sur place en battant des mains et en chantant; en même temps, des extrémités d'un même diamètre, se détachent un homme et une femme qui exécutent un « cavalier seul en avant », viennent rapidement se placer l'un en face de l'autre dans une attitude lascive, se retirent aussitôt dans le rang, et chacun y passe.

Il n'existe pas d'instruments de musique à cordes ; seuls les TAMS- TAMS, TAMBOURS et OLIFANTS accompagnent les manifestations chorégraphiques. Mais ce ne sont pas là les uniques usages de ces objets ; le tam-tam, xylophone à deux ou quatre sons, est un vrai téléphone pour les noirs qui s'en servent pour correspondre à longue distance au moyen d'un langage frappé très complet. Ce langage est composé d'un certain nombre de phrases usuelles et aussi de mots qui peuvent s'assembler de diverses façons et permettent d'entamer une conversation quelconque. Tous les indigènes ne paraissent pas posséder à fond l'usage du tam-tam qui est fort souvent réservé aux hommes libres ou aux chefs.

Les nouvelles se transmettent par ce moyen de village en village, comme les ondulations à la surface de l'eau, mais aussi, pour nous permettre une comparaison osée, comme les vagues vont en s'élargissant, les « potins » nègres s'amplifient peu à peu et le moindre événement ainsi grossi de proche en proche prend bientôt de formidables proportions.

Les Bangala.

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Les chansons des indigènes sont toutes des improvisations; les événements du moment et les sentiments qu'ils déterminent y sont brièvement répétés jusqu'à cent fois. Les chants des piroguiers bangala sont d'une variété et d'une harmonie plaintive auxquelles on finit par trouver un charme extraordinaire.

Ils ont l'idée de l'immortalité, mais vague, indéfinie; ils croient même à la métempsycose. Ils n'ont pas d'idoles, mais écoutent

FEMMES BANGALA DANSANT

tous les présages, ont confiance en tous les fétiches et sont ta victime de tous les sorciers.

La foi superstitieuse de ces natures impressionnables les porte à des actes presque incroyables parfois, comme le prouve le fait suivant relaté en ces termes par Coquilhat : n Un matin, je vis la femme de Buike occupée à creuser un trou dans un des chemins de la station ; son mari me supplia de la laisser faire, ajoutant qu'il

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réparerait la route, mais qu'il s'agissait de remédier à la stérilité de son épouse. Et voici ce que je vis : la femme continuant à fouiller la terre, découvrit un squelette d'enfant; c'étaient les restes de son premier né ; elle l'embrassa, puis, assistée de la sorcière, elle adressa d'humbles prières à cet enfant mort, le suppliant de rentrer dans son sein pour lui donner encore la joie de la maternité. Je n'eus pas, je l'avoue, le courage de sourire devant ce naïf et touchant tableau. »

Les enterrements sont accompagnés de sacrifices humains ; le défunt est mis en terre, à un pied seulement sous la surface du sol, avec toutes ses richesses et sur le sol de sa tombe l'on place des vivres pour la « nourriture du mort ».

La toilette de deuil pour les femmes est l'absence de tout costume et le corps barbouillé de blanc. La tête de tous les parents est rasée et pendant plusieurs semaines, il y a des pleurs chantés officiels.

Depuis ritimbiri jusque non loin de la région des lacs du haut Nil occidental, se conla grande forêt, plu5 sombre et phis compacte Elle s'cicnd vers le sud jusqu'au! confins du Manjema; toute la contrée qu'elle embrasse alors, très peu connue, a été occupée par les Arabes el c'est pourquoi nous l'avons comprise dans un autre chapitre, décrivant la région de l'est.

Dans ta Lulu et dans l'Aruwimi, depuis les chutes de Panga jusqu'à U limite de la forêt, habitent des indigènes appartenant plutôt aux tribus azande. Dans les savanes de l'est que draine le haut Aruwimi appelé Iturï. les indigènes ont un aspect tout différent, secabtable d celui des habitants de l'Unloro el de l'Uganda (entre les lacs Albert, Albert- Edouard et Victoria).

Notre tâche s'est en conséquence singulièrement compliquée ; il eût fallu peutêtre diviser en trois parties le bassin du giand affluent du Congo et reporter les deux dernières aux régions qui les concernent, mais, faute de renseignements iment précis, nous avons préféré ledécrire tout d'une traite.

PRINCIPALES PEUPLADES

— I a forêt de l'Aruwimi est d'une telle intensité que, sauf à l'embouchure de la rivière, les tribus qui y vivent ne sont guère nombreuses ; l'occupation arabe, qui y a étendu i ses ravages, a contribué aussi à la dépopulation de la contrée. Les environs du lac Albert ont échappé à ce fléau et sont fort peuplés.

Les principales peuplades habitant l'Aruwimi sont : les Bazoko, les Lohali, les Walese, les Mobali ou Wapai et les Badjande.

Les BAZOKO vivent à l'embouchure de l'Aruwimi. Grands et forts, ils ont un visage ouvert et doux ; leur tatouage, très caractéristique, est presque uniquement réservé au visage; il est composé de gros points bordant les lèvres en lignes parallèles et couvrant le

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Région de la Grande forêt.

front ainsi que le menton. Les cils et les sourcils sont soigneusement épilés. Le bord extérieur de l'oreille est percé de sis, sept, huit trous dans lesquels passent des cordes et quelquefois des crins d'éléphants chargés de perles, terminés de chaque côté par de gros nœuds. Les tempes et le front sont rasés jusqu'à la ligne verticale passant par les oreilles ; d'habitude le restant des cheveux forme quelques tresses plates allant de l'avant à l'arrière pour se terminer dans la nuque par une série de mèches se déta- ' chant en crochets. Les gens de l'inférieur ont au sommet du front une tresse verticale de 1 5 à 20 centimètres surmontée d'une aigrette en sole de sanglier; ils sont également ornés de pompons de ce genreau-dessus de l'oreille.

Les Bazoko semblent être la continuation des peuplades gombe et bapoto. Ils ont de multiples points de ressemblance avec ces belles tribus et les collections ethnographiques qui proviennent de leur industrie ne sont pas moins primitives et intéressantes.

Au point de vue moral, ils se distinguent par leur intrépidité et ont su arrêter jadis les Arabesqui tentaient de franchir l'Aruwimi.

Dès que l'on avance vers l'est, une diflérence sensible se fait sentir. Les habitants n'ont pour domaine exclusif que la forêt; leurs physionomies sont parfois engageantes, parfois répulsives et dégradées à l'excès. Ils ont ea général la peau cuivrée, beaucoup plus pâle quecelle des noirs habitant les pays découverts.

Parmi les populations LOHALl, il faut signaler les gens de Popciîe, des BAGUNDA qui, d'après Chaltin, parlent une langue ressemblant à celle des Haoussa; les a et les r dominent, ce qui nous fait croire que ce sont des tribus nuba.

Les femmes, remarquablement jolies et d'une familiarité étonnante, semblent jouir d'une considération que le noir n'accorde généralement pas à son épouse. Il y a de ce côté un rapprochement à faire avec les Mangbettu.

CHEF BAZOKO

L'Artiwimi.

C'est dans le pays des WALESE que vivent les NAINS disséminés sur le pourtour des cssarts de quelques tribus agricoles, celles-ci presque toujours composées d'hommes forts et bien découplés. (Voir le chapitre spécial sur les pygmées.)

Les BADJANDE, avec les MABENDJA et les MABURU, habitent la Lulu.

Les Mabendja, doux et pacifiques, à rencontre des Badjande, ont trois sortes de tatouages :

1° Quatre cercles concentriques de points très rapprochés au-dessus de l'arcade sourcilière gauche ;

2° Deux tatouages pareils au-dessus des arcades sourcilières et tangents à la naissance du nez ;

3" Des lignes brisées de points sur le front.

Le premier de ces tatouages est très particulier; c'est en effet une des rares marques faciales asymétriques qui aient été signalées au Congo.

MŒURS ET COUTUMES

n aval des chutes de Panga, le régime des indigènes consiste surtout en manioc qui est converti en pain, gâteau ou bouillie. En amont, la banane plantain prédomine. Chaltin signale un tubercule qu'il nomme h motoko » dont le goût rappelle celui de la pomme de terre et qui ne serait autre que le « tubercule magique » de Schweinfurth. Les femmes bazoko poussent l'art du potier à on remarquable degré de perfection; elle connaissent le moyen de vernisser leur terre cuite, savent les faire assez résistantes pour pouvoir y

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Région de la Grande Forêt.

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ajouter une anse, cas presque unique pour tout le Congo, enfin elles font des POTERIES A RÉCIPIENTS MULTIPLES comme il s'en confectionne dans le Bas-Ubangi. Pour consolider certains vases, les Bazoko excellent dans l'art de les entourer d'un canevas de fibres tressées et les fibres sont aussi employées dans la Lulu pour ajouter un goulot aux calebasses servant à contenir l'huile de palme.

Comme pour les poteries, on voit des CRUCHES FORMÉES DE PLUSIEURS CALEBASSES réunies par un même col, particularité qui nous rappelle une fois de plus la prédilection qu'ont les nègres pour confectionner des objets géminés, remarque déjà faite par Hermann Frohbenius dans son ouvrage sur les nègres idolâtres du Soudan égyptien.

Les Bazoko consomment en abondance une boisson cuite et fermentée tirée de la sève du palmier bambou.

Pour l'absorber en évitant les nombreuses impuretés qui s'y trouvent, ils se servent d'un chalumeau-filtre.

Dans le moyen Aruwimi, les Bagunda pilent la noix de kola, y ajoutent du piment et en font un breu- W^^^f^ vage qu'ils hument également au moyen

^^^Bf/' d'un chalumeau.

^^^B / La PIPE DES BADJANDE, connue sur-

^^^^^^B / tout chez les Azande, mérite une men-

^flH^^^^ÉM^^ tion spéciale, en ce que l'on tire par la

m^F^9^^^^^^ partie qui semble être la tête et que l'on

n^^^^^^^^^^H met le tabac dans le tuyau. La tête est

^^^^^^^^^^^^^V faite de deux gros noyaux assemblés et

^^^^^V^^^^^ remplie de fibres destinées à absorber la

nicotine ; à l'extrémité du tuyau en bois

qui s'y emboîte, on enfonce un petit cornet de feuilles fraîches,

bourré de tabac que l'on allume, pour le fumer, au moyen d'une

braise incandescente. Quand on juge que la garniture de fibres de la

tête est sufiîsamment imprégnée, on la fait sécher et on la fume à

son tour.

Toutes les populations de rAruwimi«ont cannibales. Tel est leur goût pour la chair humaine que les indigènes mangent même leurs morts ; chez les Bazoko, sauf les chefs qui sont enterrés dans leur maison, on n'ensevelit pas les morts, on les fait cuire; cependant, ceux qui sont morts de maladies infectieuses sont jetés à l'eau. Ils

L'Ârummi.

prisent spécialement les reins et la poitrine humaine et mangent cette chair fraîche, boucanée ou marinée ; la chair d'une femme est préférée à celle d'un homme ; elle est, paraît-il, plus tendre et a un goût plus fin. Ces noirs sont du reste inconscients de la répulsion et de l'horreur qu'inspirent leurs abominables pratiques. En voici une preuve citée par Chaltin : Un chef avec qui il s'entretenait chez les Mangbua (tribu des Lohali), se leva brusquement et le quitta en disant : « Le soleil va se coucher, il est temps que je m'en aille, car je dois faire tuer un esclave ce soir pour le manger avec le chef Bolulu, qui est venu me voir et qui est grand amateur de chair humaine. 11

Le costume des indigènes est généralement très sommaire ; les hommes ont un P.AGNE D'É- CORCE BATTUE, retenu par PEAU, parfois très large, ou recouvert de perles de fer ou de cuivre; les femmes portent un petit carré d'étoffe indigène.

Les femmes bagunda s'entourent la taille d'une écharpe de cordes rouges, agrémentée devant et derrière de deux pendeloques en forme de glands.

Dans le Haut-Ituri les noirs endossent une veste en peau sans manches et très longue.

Comme ornements, on voit des JAMBIÈRES ou BR^VCELETS de fer et de cuivre, des COLLIERS de baies, de perles et de dents, etc., et parfois le DIADÈME de fer analogue à celui des Bapoto, dans le moyen Aruwimi.

Les hommes ont comme couvre-chef un BONNET de paille recouvert de peau, orné de cauris et de panaches de plumes.

Les chefs badjande possèdent des CANNES de grande dimension, largement sculptées.

Les HABITATIONS varient quatre fois le long du cours de la rivière; chez les Bazoko, elles sont rectangulaires, à double pente ; les murs et la toiture sont recouverts de feuilles du n maranta ou phrynium »; rarement les cases sont isolées; elles se succèdent d'habitude ayant les pignons communs et formant de longues rues. Lorsque l'on remonte l'Aruwimi et chez les Mabendja, les maisons

120 Région de la Grande Forêt.

sont circulaires et ont le toit conique recouvert des mêmes feuilles de maranta ; plus haut encore le toit de ces habitations s'élève tandis que le diamètre diminue et parfois n'atteint pas iJOi^o, au point que l'on se demande comment des êtres humains peuvent y passer la nuit.

En amont des chutes de Panga, les cases ont de nouveau des toits à pignons ; chacune s'entoure d'une solide palissade de planches grossières.

Dans le pays des Walese, sur l'Ituri, chaque village est une rue de 60, 100 et 120 mètres, flanquée de chaque côté d'une très longue construction en planches. A première vue, on dirait un long baraquement dont le toit à pignon aurait été scié en deux moitiés longitudinales.

Près du lac Albert, les huttes sont circulaires, à toits coniques.

I.e BOIS A FEU diflëre de celui des Mongo, en ce que, au lieu d'opérer par friction, on fait tourner rapidement la baguette de bois dur dans un trou préparé dans la baguette de bois tendre ; il rappelle ainsi celui de la région des Cataractes.

Les gens de l'intérieur sont chasseurs; il se ser\'ent pour l'éléphanl de la lance empoisonnée ou de pièges ; dans les endroits giboyeux les indigènes disposent aussi des FILETS dans lesquels le gibier, traqué par les chiens du pays, vient s'empêtrer pour être transpercé à bout portant. Les oiseaux et les singes sont abattus à coups de flèches.

Les Bazoko partagent avec les Bapoto la réputation d'être des pêcheurs émérites ; excellents pagayeurs, ils ont des PAGAIES fort grandes, élancées, finement travaillées et dont l'extrémité du manche porte une boule de métal ou d'ivoire.

Plus haut, dans les rapides, les pagaies ont encore leur palette en forme de feuille élégante, mais elles sont plus courtes, car les rameurs restent assis pour mieux conserver l'équilibre dans les eaux tourmentées.

En ce qui concerne les cultures, les hommes ne font que les défrichements ; les autres travaux incombent aux femmes.

Le travail est facultatif pour les hommes hbres e( obligatoire pour les esclaves, toutefois les chefs badjande exigent le même travail de leurs sujets, sans distinction de caste.

Quand elles reviennent des champs, les femmes placent le produit de leur récolte dans de jolies HOTTES qu'elles suspendent au moyen d'une lanière passant sur la tête.

L'Aruivimi. 121

Les MONNAIES en usage dans le pays sont formées de bracelets de fer ou de cuivre. Dans le Bas-Lomami et le long du Congo, on voit une MONNAIE EN FORME DE FER DE LANCE, longue de plus d'un mètre.

Les armes indigènes sont le BOUCLIER brun fauve, en fibres placées longitudinalement ; de section plate, mais croqué en son milieu ; une LANCE élégante à large fer, avec pique faite du même métal à l'extrémité de la hampe et un grand COUTEAU courbé. Les terribles FLÈCHES EMPOISONNÉES sont l'arme de prédilection des tribus sylvaines. Le poison est fait de fourmis noires séchées, réduites en poudre et cuites à l'huile de palme. Ceux qui en sont atteints meurent parfois en quelques minutes. 11 y a au^sl plusieurs sortes de poisons végétaux non moins mortels.

Pour défendre les viîlagçs, les indigènes font usage de défenses accessoires, Stanley parle de brochettes longues de i5 centimètres, apointées aux deux extrémités, enfoncées à moitié dans le sol et recouverti.î de feuilles. En partant pour la guerre, les Bazokn sont bariolés de rouge, blanc et noir et surchargés de tous leurs oripeaux.

La propriété mobilière et la propriété immobiliêie sont privées; l'esclave même a le droit de possédi;r, mais il est obligé d'abandonner à son maître une partie de sa récolte, de sa chasse et de sa pêche; il n'a pas le droit de disposer de ses biens. A sa moif, tout ce qu'il possédait revient à celui qui l'employait , ses enfants sont esclaves.

Sauf chez les Badjande, les biens d'un chef ou d'un homme libre vont au frère puîné du défunt; s'il n'existe pas de frère, c'est le fils aîné qui hérite. Chez les Badjande, comme chez les Niam-Niam, c'est tout le contraire ; le fils aîné hérite de tout l'avoir de son père; dans le cas où le défunt n'a pas de fils, ses biens passent à son frère puîné.

Lorsqu'un chef meurt sans laisser d'héritier, ses sujets abandonnent le plus souvent leur village et vont demander asile à leurs voisins; il arrive aussi que certains d'entre eux se réunissent et* fondent un nouveau village : dans ce cas, la dignité de chef échoit à celui qui la prend.

L'esprit d'épargne n'existe que chez les Badjande qui constituent d'ailleurs une race d'élite.

De même que les autres tribus sauvages de la région de la grande

123 Région de la Grande Forêt.

forêt, les indigènes de l'Arawiini ne sont pas dépourvus d'une certaine courtoisie. Pour foire une visite il est de bon ton d'avoir une nombreuse suite, d'être porteur d'un cadeau et de se Ëiirc annoncer. Pour témoigner de ses bons sentiments, l'ind^éne plante sa lance en terre et dépose son bouclier. Le* ■alotations en usage nous paraissent étranges quelquefois, Aim'i, chez certains riverains de l'Aruwîmi, le plus grand Mgne d'affection paraît être de verser de l'eau à pleines mains sur la tête du visiteur.

D'après Roget, les danses et les batteries de TAM-TAM diffèrent pour fSter une guerre, une victoire, un mariage, une naissance, une mort, la nouvelle lune ou un festin de cannibales. Dans l'Aruwimi, quelques spécialistes battent le TAMBOUR, une partie de l'assemblée, accroupie, frappe des mains, se disloque et chante pendant que les autres dansent. Il y a des danseurs ambulants qui vont de village en village produire leurs connaissances chorégraphiques dans des costumes burlesques en s'accompagnant de chants improvisés. La danse de guerre a un grand caractère.

Comme religion, les indigènes ont la conception d'une force supérieure, mais leur vie trop matérielle ne leur a pas permis un raisonnement assez puissant pour s'établir une croyance religieuse ; ils no sont pas idolâtres et possèdent de multiples FÉTICHES.

e n'est cependant que depuis vingt ans qu'on a la certitude que les écrivains grecs étaient dans le vrai lorsque, dans des écrits qui datent de plusieurs siècles avant l'ère chrétienne, ils signalaient l'existence d'un peuple nain habitant le centre de l'Afrique.

Le R. P. L. des Avranches, en 1866, puis Schweinfurth constatèrent le fait scientifiquement. Le premier nain que ce dernier voyageur aperçut chez Munza passait pour un géant : il avait i'°,5o de hauteur.

Un jour, rentrant d'excursion, l'explorateur se vit entouré de plusieurs centaines de petits bonhommes, armés de lances et de flèches minuscules et qu'il prit pour des gamins d'une rare insolence, le visant de leur arc tendu avec l'air le plus belliqueux, t Ce sont des nains, lui dirent ses porteurs, non des enfants et ces petits bonshommes se battent comme des lions. » C'étaient des Akka, une peuplade naine assez nombreuse qui réside au sud de TUelle.

(1) La première notion écrite du pygmée antique se trouve incidemment dans Homère (x™ siècle avant J.-C.)- (Mî^ Le Koy).

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