LES OISEAUX
our être à même de constater la richesse du Congo en mammifères, il faut avoir séjourné quelque temps dans le pays ; à peine a-t-on pénétré dans l'estuaire du grand fleuve que l'on est frappé par l'abondance des Oiseaux.
Les oiseaux de proie sont à la faune de l'air ce L|ue sont les Carnassiers dans les plaines, nombreux là où vivent les animaux moins puissants dont ils font leur nourriture. On les voit, planant avec calme à la recherche d'une victime, fondre tout à coup sur celle qu'ils ont découverte et devoir la disputer aussitôt à d'autres Rapaccs venus de tous les points de l'horizon, avertis par leur instinct qui les appelle à la curée. AIGLES, VAU- TOURS, ÉFERVIERS, FAUCON'S, sans parler des oiseaux nocturnes comme les HIHOUX. sont au Congo les pires ennemis des oiseaux et des mammifères de petite taille.
Le PERROQUET du Congo est gris avec la queue rouge ; inconnu
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à l'est du Tangaiùka, il forme légion dans l'Afrique occidentale. A la tombée du jour on voit des nuées de ces oiseaux cocasses s'en retourner d'un vol lourd et sûr vers les endroits où ils bâtissent leurs nids ; toujours joyeux, ils sifRcnt et crient, semblant se moquer de ceux qui les regardent.
Peu de villages ne possèdent quelques perroquets, pris tous jeunes et aisément rendus sociables ; peu de blancs n'égaient leur ména- (jerie en y adoptant quelques-uns de ces éternels causeurs ; pas plus que les singes, avec lesquels ils font bon ménage, ces perroquets ne cherchent à s'échapper. Dans la même famille se classent quelques perruches vertes qu'on a vainement tenté d'importer en Europe, et surtout une série de CALAOS au bec grotesque.
Les Passereaux ou oiseaux chanteurs ne méritent pas cette dernière appellation au Congo, où les oiseaux sont presque dépourvus de chant; la nature paraît leur avoir réservé en place les chatoyantes couleurs. La liste des Passereaux est longue : BENGALIS, VEUVES, CARDINALS, BERGERONNETTES, TISSERINS JAUNES, MARTINS- PÉCHEURS, ENGOULEVENTS, MERLES, les merveilleux FOLIOTO- COLES ou oiseaux du bananier, les OISEAUX DU MIEL ou sucriers, vrais colibris d'Afrique et cent autres espèces. Mais il faut croire qu'en certains pays les incendies des herbes ont été causes de leur destruction, tels le Tanganika et le Kwango, où des voyageurs ont remarqué leur rareté.
Sur les bancs de sable, dans les marécages, vit une faune d'Échassiers où sont sans doute représentés les deux tiers des espèces habitant la surface du globe : HÉRONS, CIGOGNES, GRUES, dont la grue couronnée, IBIS, AIGRETTES, MARABOUTS, montés sur leurs longues jambes, circulent gravement par milliers à la recherche de leur nourriture; la POULE SU.LTANE; des POULES D'EAU remarqua , blés par leurs doigts
allongés déme&u ^^^B^^B^^^K. rément, courent avec
léuilles flotlanies des
plantes aquatiques ; l'OISEiVU-SERPENT, ainsi nommé vulgairement par les voyageurs congolais, à cause de son long cou, perché sur un tronc mort, immobile, les ailes déployées, attend le moment de plonger pour happer le poisson qu'il guette; quand il nage, son cou seul sort de l'eau ; le bizarre RINKOPS, ne vivant que de mollusques, parcourt les plages du Tanganika; le BALÉNICEPS a été
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signalé par Stanley; des milliers et des milliers du petits oiseaux aquatiques contribuent enfin pour leur part à faire du Congo le pays idéal du chasseur au marais. N'oublions surtout pas d'ajouter les Palmipèdes, PÉLICANS, canards de toutes espèces, et la grande OIE A ÉPERONS, presque aussi prisée que la pintade par les gourmets.
De la famille des Pigeons existent des RAMIERS, des PIGEONS VERTS et des TOURTERELLES; comme Gallinacés les TOURACCOS à l'admirable plumage, des PINTADES, le gibier à plumes le plus abondant, le plus facile à tirer et le meilleur; des PERDRIX grises
s voir au delà du Mbomu ; il est probable que cet oiseau pourrait être acclimaté dans certaines parties du Congo.
Nous ne saurions détailler ici re.\posîtion de cette faune merveilleuse. Comme nous le disions, les animaux ont été groupés dans leurs attitudes familières : ici une bande de singes franchissant un tronc darbre, pont naturel; puis deux chiens sauvages se disputant la dépouille d'une antilope ; des gazelles inquiètes, des antilopes naines aux grands yeux, de grandes antilopes de toutes tailles ; un buffle, pièce rare, blessé à ihort et écumant de rage; un phacochère à la crinière hérissée. Dans l'eau des hippopotames et sur la plage des crocodiles : un nid de ces affreux sauriens ; tout autour une collection fort complète d'oiseaux aquatiques ; enfin, partout, des mammifères de moindre taille, des oiseaux curieux ou aux brillantes couleurs, saisissant ensemble de la vie animale du Congo, le plus complet qui ait jamais été réuni.