LES MOLLUSQUES
ans toutes les rivières du Congo on trouve des HUITRES et des MOULES; à 1 embouchure du fleuve, au tronc des palétuviers, sont fixées des multitudes d'une petite huître, comestible pour les blancs ; les autres Mollusques le sont aussi pour les nègres.
Les MOLLUSQUES DU TANGANLKA offrent cette particularité d'avoir une forme extérieure très éloignée de celle qu'affectent généralement les coquilles d'eau douce: leur aspect les rapproche beaucoup plus de certaines espèces marines connues, dont ils semblent avoir aussi la solidité et les qualités de résistance. La solidité du test de ces coquilles, dit Briart, répond probablement à un besoin de résistance plus considérable ; le Tanganika est en effet un lac immense, une mer intérieure dont les eaux sont agitées par une houle incessante, qui bat les i-ochers et les plages de ses vagues et briserait les coquillages trop faibles.
LES CRUSTACES
de chose est à dire sur les Crustacés. On vend sur les marchés du Tanganika et sur la route des caravanes des CREVETTES; dans la région des Cataractes, les ÉCREvrsSES ne sont pas rares et à l'estuaire vivent les CRABES dont une espèce à longues pattes, curieusement alerte, offre un exemple de mimétisme en se confondant comme couleur avec le sable de la grève.
LE MIMETISME
C'est incontestablement sous les tropiques, dit Cornet, à qui sont encore empruntes presque tous les renseignements qui suivent, que les cas de mimétisme sont le plus frappants. Ils abondent notamment en Afrique.
On entend par MIMÉTISME l'habitude qu'ont certains animaux d'imiter par leur forme, leur couleur, leurs attitudes un animal d'un autre groupe qui, pour une raison quelconque, est dédaigne par un ennemi plus puissant.
La RESSEMBLANCE PROTECTRICE consiste dans
l'imitation d'un corps < feuille.
1 d'un être immobile : roche.
;e, tige.
Le Mimétisme. 3o5
Des papillons échappent aux animaux insectivores parce qu'ils portent sur leurs ailes les taches et les dessins propres à d'autres lépidoptères, généralement respectés à cause de l'odeur infecte ou de la saveur nauséabonde de leur chair. Des diptères, des coléoptères, absolument incapables du moindre mal, sont garnis de bandes alternativement noires et jaunes, caractéristiques des guêpes.
Ce sont là des cas de mimétisme.
Les cas de ressemblance protectrice sont très fréquents, surtout chez les insectes : les mantes religieuses ou prieuses, si communes au Congo, sont des insectes d'un beau vert. Leurs grandes ailes, ramenées le long de l'abdomen, ont assez bien l'aspect de feuilles et, quand l'animal est au repos, attaché à un rameau ou à une tige d'herbe, il faut réellement une certaine attention pour le découvrir. D'autres mantides se dissimulent par des procédés analogues el parviennent ainsi à capturer les insectes dont elles vivent.
La famille des phasmides présente des cas plus singuliers encore que les mantides. Parmi la collection d'insectes exposés, figure un phasme géant provenant du Kassaï ; on peut constater combien son corps ressemble à une branchette de bois mort.
Certains annelés, très communs en Afrique, présentent toujours une teinte analogue à celle du sol de la région.
On trouve au Congo une araignée qui, à l'aide de sa toile, ressemble étonnamment à une corolle de fleur. Passant aux animaux supérieurs, on peut citer le cas connu du caméléon; celui d'un serpent extrêmement dangereux, la Viper a arietens, commun dans le Katanga, dont la peau, couverte de taches jaunes et noires, fait qu'il se dissimule admirablement parmi les feuilles mortes. Les crocodiles, flottant à la dérive ou échoués sur les berges des cours d'eau, ressemblent à des troncs d'arbres, au point que des chasseurs s'y trompent. Les phacochères ont la peau nue présentant des teintes grises ou brunâtres, analogues à celles du sol des endroits qu'ils fréquentent.