‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 65 sur 184 · LES ANIMAUX DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX DOMESTIQUES

Notice de M. Meuleman.

CHKVAL n'existe pas à l'état naturel ou aborigène dans l'Etat Indépendant du Congo. Ceux que l'on y rencontre sont d'importation récente et viennent le plus souvent des îles Canaries, parfois, mais plus rarement, du Sénégal, de Lagos, de Sainte-Marie de Bathurst.

La Société des Produits du Congo, en établissant son haras de l'île de Mateba, a introduit un étalon et deux juments ardennais. Cette Société a fait ainsi un essai qu'il était avantageux de tenter, étant donné que la présence de chevaux sur les rives du grand fleuve africain démontrait la possibilité du parfait acclimatement de ceux-ci.

Dans l'intérieur de l'Etat, outre les montures ayant conduit les voyageurs, il existe quelques chevaux ramenés des sources du Chari par le commandant Hanolet, qui les avait reçus en présent du Cheik Al-Sunusi. Ceux-ci appartiennent à la race barbe et sont destinés à former la souche d'un élevage que l'on tente à Mokoangay, Banzyville, Yakoma et Djabhir.

'ANE importé au Congo est généralement originaire des îles

Canaries. 11 est détaille moyenne, bien conformé, doué d'une

résistance peu commune et rend énormément de services pour

les explorations. Sa sobriété le fait préférer au cheval ; il se

sustente parfaitement avec les herbes qu'il trouve aux

ivirons des campements autour desquels on le laisse

brouter en liberté.

Dans la partie est de l'État on rencontre une race africaine : l'âne de Mascate, qui est pour le nègre arabisé ce qu'est le cheval pour l'Arabe du désert. Les grands chefs se font un luxe de couvrir leur monture de riches harnais ; ils l'entourent de soins spéciaux et ne consentent jamais à se débire des sujets de valeur.

Cet âne est plus grand et plus vigoureux que le premier; la finesse, la correction et la beauté de ses formes en font, en quelque sorte, le pur sang de son espèce.

Les Animaux Domestiques.

L'État possède quelques beau.x reproducteurs de cette race, destinés à améliorer celle importée des Canaries.

e MULET. — Ce sont encore les îles Canaries et quelquefois le Portugal et le Sénégal qui fournissent les mulets, mais ils sont moins répandus que les ânes et même que les chevaux. Cela tient à leur prix élevé, tout autant qu'à l'impossibilité de leur reproduction. Du reste, làne remplace parfai- I tement le mulet dans ses divers services 1 et n'est pas comme lui un animal de lu.xe, r si l'on paie 3oo francs un bon baudet, on doit évaluer à i,5oo et 1,800 francs le prix dune mule de réelle qualité.

e BŒUF est assez répandu dans le domaine de l'État; toutefois on ne le rencontre à l'état nsturel que dans les districts du Kwango oriental, du Kassa'i, du Lualaba, dans le Katanga, le Manyema, les environs du lac Albert- Edouard et le Haut-Uelle.

On doit à l'État Indépendant et à diverses Sociétés commerciales de l'avoir introduit - dans le Bas-Congo jusqu'au Slanley-Pool et des agents du gouvernement en ont même con- J duit au pri\de grandes difficultés jusqu'au.x Bangala ; ceux du Haut-Ubangi viennent du Wadaï. Le bétail du Bas-Congo, ainsi que celui du Kwango oriental et du Kassa'i, est originaire des possessions portugaises situées au sud de l'embouchure du Congo, Il est bien constitué, fort, vigoureux, très rustique, est caractérisé par un garrot et un fanon très développés ; il fournit une chair de bonne qualité et le lait des vaches, bien qu'en petite quantité, est suffisamment riche pour être comparé à celui de quelques-unes de nos races européennes.

Le bétail du Manyema est plus grand et remarquable par ses cornes très longues et très pointues. En quelques points de la région du Tanganika se rencontre le zébu.

Aux environs du lac Bangwelo existe une race à courtes cornes rappelant celle de l'AIderneyi au sud du Katanga une race sans cornes; dans les environs des lacs Albert et Albert- Edouard le bétail se ressent de la proximité du pays des Latuka et des Bari et appartient à la race hindoue (zébu). Enfin, le bétail ramené des sources du Chari par le commandant Hanolet se rapproche plutôt, comme

3o8 La Faune.

type, de celui de l'Angola, bien qu'il n"y ait entre les deux aucun lien de parenté.

On comprendra aisément les avantages qui résultent de la présence du bétail dans les stations de l'État. C'est le point de départ d'une amélioration successive dans la nourriture du personnel blanc et, dans la suite, de celle du personnel noir. Aujourd'hui déjà, le lait réservé avant tout aux fonctionnaires dont la santé laisse à désirer, est un aide puissant qui favorise leur guérison.

Différents essais d'emploi du bœuf comme animal de trait et de bat ont été tentés et récemment ils ont donné de bonsTcsuItats au camp de Zambi, où les bœufs dressés à tirer la charrue et la herse commencent à rendre de grands services à l'agriculture. Les habitants du sud de l'Etat nous ont initiés à un emploi du bceuf peu connu dans nos pays européens; nous voulons parler du bœuf de selle. Sans avoir la légèreté, la souplesse et la rapidité du cheval, il

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